Médias numériques en situation de crise : projet national et initiative locale

La loi de modernisation veut rendre le citoyen acteur de sa sécurité. En d’autres mots, qu’ils soient en capacité de réagir et de s’organiser face à une situation préjudiciable pour lui, ses proches.

Cette volonté politique sera possible si le citoyen est conscient des risques potentiels qui l’entourent et si il a acquis un minimum de connaissance et de pratique concernant la bonne attitude à tenir face à la réalisation de ces risques. Ce travail d’acculturation dit de « culture du risque » est en route au travers des DICRIM, des exercices PCS, de l’affichage et de multiples autres actions d’information et de communication initiées par les services de l’Etat, des Collectivités et des associations spécialisées.

Pour être acteur de sa sécurité, le citoyen a besoin d’information

Reste qu’en situation exceptionnelles, et nous venons d’en vivre plusieurs ces dernières semaines comme les intempéries dans le Roussillon et l’épisode neigeux du 12 & 13 mars, pour que le citoyen puisse être acteur de sa sécurité et adapter ses comportements à l’évolution de l’aléa, il doit être informé quasi en temps réel. D’autre part, lors de tous ces événements, on constate que l’individu quitte son égoïsme naturel pour déployer spontanément des gestes de solidarité.

Cette adaptation et cette solidarité en situation critique, bien connue et reconnue des Français, voit aujourd’hui leur efficacité optimisée et augmentée grâce aux médias numériques.

Pour revenir sur l’épisode neigeux de mars, dès les premières difficultés, dans les départements concernés, des internautes ouvraient des pages facebook mettant en lien les naufragés de la route et des citoyens solidaires proposant un hébergement, à l’instar de la page »entraide neige » ouverte dès le 11 mars. Ainsi, un jeune agriculteur branché a pu découvrir sur le net que plusieurs véhicules étaient bloqués à quelques kilomètres de sa ferme. Il a immédiatement pris son tracteur et il est allé secourir 8 personnes qu’il s’est empressé d’héberger chez lui.

Par ailleurs, avec le mico-blogging comme Twitter, les acteurs concernés par cet événement comme les Ministères, les Préfectures , les opérateurs de transport @SNCF_Direct et d’énergie (ERDF,..), les collectivités (Mairies, Conseil Généraux) diffusaient en temps réel des twitts soit sur l’évolution des conditions climatiques, soit sur les comportements à tenir, soit sur la situation des transports,…La petite commune de Saint-Vaast-la-Hougue privée d’électricité avait ouvert un point de recharge des téléphones portables grâce à son groupe électrogène et permis ainsi aux habitants de rester en lien avec leur famille.

Médias numériques en situation de crise : un réel besoin d’une plateforme collaborative et fédératrice

Toutefois, pour que l’utilisation simultanée ou alternée de ces différents canaux de contact numériques en situation de crise soit pertinente et organisée, il convient en préambule (avant la réalisation de l’événement perturbant) d’inventorier les Abonnés d’Importance Vitale et Stratégiques sur une plateforme dédiée. Il conviendrait aussi de référencer des « diffuseurs » de ces informations sur le territoire, des personnes en capacité d’analyser la situation et les messages descendants des Abonnés d’Importance Vitale et Stratégiques (AIVS°) et du théâtre des opérations (victimes, secouristes, spectateurs,…). Les associations de sécurité civile pourrait parfaitement répondre à ce cahier des charges, et là, je pense aux ADRASEC, association habituée à manier la télécommunication et les catastrophes. Si ce travail n’est pas rapidement réalisé, et cela par une instance légitime et qualifiée, l’utilisation de ces médias électroniques en situation de crise risque de devenir anarchique et contre-productive.

Plateforme « médias numériques en situation de crise » : projet national et initiative locale

Un projet national est actuellement en développement au sein du Service d’Information du Gouvernement (SIG), il a d’ailleurs été présenté lors du dernier colloque « Internet & Défense nationale » du HCFDC. Plus localement, j’aimerai revenir sur l’initiative du quotidien régional l’Indépendant qui, pendant les intempéries du 5 & 6 mars dans les Pyrénées Orientales, a lancé en quelques heurs un mico-blogging avec l’application CoveritLive. Grâce à ce micro-blogging dédié à cette crise, tous les Roussillonnais pouvaient suivre l’évolution des débordements des rivières et les phénomènes concomitants tout en interagissant par le biais du modérateur de l’Indépendant. J’ai personnellement était concerné par cet événement et je peux vous assurer que l’utilisation de cette application numérique en situation de crise fut très utile. Vous trouverez ci-dessous la main courante de cet épisode.

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