Plus de 5700 communes françaises ont une forte exposition aux risques climatiques

À l’échelle du territoire national, l’exposition de la population aux risques climatiques est nulle ou faible pour 55 % des communes (26 % des communes en indice faible) ; moyenne pour 30 % des communes ; forte pour 16 % des communes, soit 5 717 communes. Cette vulnérabilité des territoires exposés est susceptible de s’accroître avec le changement climatique dans la mesure où certains événements météorologiques extrêmes devraient devenir plus fréquents, plus répandus et/ou plus intenses.

Exposition_population_risques_climatiques

Ces chiffres nous sont révélés par une étude du Commissariat général au développement durable publiée en juillet 2015 sur « Les Français face aux risques environnementaux ». Ainsi, on apprend qu’avec 100 % de leurs communes en indice fort, la Guadeloupe et Mayotte sont les départements les plus exposés. La Martinique et la Réunion sont quasiment au même niveau d’exposition, avec respectivement 94 % et 92 % de leurs communes en indice d’exposition fort. En métropole, les régions les plus exposées sont l’Alsace (48 % des communes en indice fort) et Paca (41 % des communes en indice fort). En Alsace, la densité de population explique cette forte exposition. Les régions les moins exposées sont le Limousin, avec 92 % des communes de cette région non exposées ou faiblement exposées. Viennent ensuite la Guyane et Champagne-Ardenne avec respectivement 86 % et 83 % de leurs communes non exposées ou faiblement exposées. Le nombre moyen de risques peu élevé par commune conjugué à une faible densité de population communale induisent cette faible exposition.

Méthode d’évaluation : l’exposition communale de la population aux risques climatiques est évaluée grâce au nombre de risques naturels liés au climat pouvant survenir dans chaque commune croisé avec la densité de population de la commune. L’indicateur d’exposition est représenté suivant trois classes : faible, moyen, fort. Pour la réalisation de cet indicateur, seules les communes déclarées à risque inondations, feux de forêt, tempêtes, cyclones, avalanches, mouvements de terrain ont été retenues. Un aléa naturel constitue un risque pour la population seulement si des enjeux humains sont présents dans le territoire soumis à l’aléa. C’est pourquoi l’indicateur utilise la densité de population communale. Plus cette densité est forte et le nombre de risques par commune élevé, plus l’indicateur est fort.

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Les Français toujours peu concernés par les risques environnementaux

Interrogés par le Commissariat général au développement durable dans le cadre d’une étude intitulée « Français_face_aux_risques_climatiques_2015 » afin de savoir s’ils se sentent exposés à un ou plusieurs risques environnementaux là où ils habitent, une grande majorité des enquêtés vivant dans ces communes ne considère pas être concernée par les risques existants ou juge que son exposition y est faible. C’est dans les DOM que s’exprime le plus fréquemment un fort sentiment d’exposition. D’autre part, seul un tiers des Français pensent être exposés à plus de deux risques environnementaux.

Perception_risques_CGDD_2015

C’est en matière de risques climatiques que la conscience du risque paraît être la plus élevée en France, et plus particulièrement dans les DOM. Face aux inondations auxquelles elles pourraient être confrontées, les populations ultramarines se montrent également plus conscientes de ce risque naturel (37 %) que les métropolitains (28 %).

Métropolitains et ultramarins s’accordent à penser que la pollution atmosphérique constitue un risque notable (56 %). Les aléas naturels (séismes, inondations) sont plus fréquemment évoqués en outre-mer, tandis que les risques technologiques (industriels et nucléaires) sont surtout cités en métropole.

Les risques liés au changement climatique sont quant à eux redoutés par 56 % des ultramarins et par 42 % des métropolitains, ceux sont les tempêtes et les cyclones auxquels les Français ont été le plus confrontés. Ils sont 41 % de métropolitains et 67% d’ultramarins à avoir personnellement vécu un épisode de vent violent.

Dans la majorité des cas, plus une catastrophe a eu des effets directs sur les enquêtés, plus ceux-ci ont tendance à considérer qu’elle pourrait se reproduire. Cette influence des expériences passées sur le sentiment d’une forte exposition s’observe notamment dans le cas des inondations en métropole et des séismes aux Antilles.

À l’échelle nationale (métropole et outre-mer), le niveau d’inquiétude des Français reste faible  avec une notre de 3,6 / 10 pour les personnes ayant déjà été confrontées à des risques et de 3,5 / 10 pour la population affirmant n’avoir jamais été confronté (ni directement, ni indirectement) à l’un des risques évoqués.

Catastrophe_niveau_inquietude

Être acteur de sa sécurité : une posture encore peu pratiquée par les Français

Encouragés à œuvrer par eux-mêmes pour se prémunir des risques auxquels ils sont exposés, les Français se montrent plus ou moins bien disposés face à cette idée. Seuls 15 % des Français exposés à un ou plusieurs risques déclarent avoir connaissance des actions préconisées par les pouvoirs publics afin que les citoyens se protègent par eux-mêmes des risques qui les concernent. En métropole, la part des enquêtés jugeant que c’est d’abord aux pouvoirs publics d’agir pour éviter ou limiter les éventuels dégâts est très nettement supérieure à celle des personnes qui pensent au contraire que c’est à chacun de mettre en œuvre des actions pour se protéger face aux risques. Dans les DOM, les enquêtés adoptent une posture inverse.

La principale raison évoquée pour expliquer l’absence de suivi des préconisations est principalement liée au fait que les individus ne voient pas l’intérêt d’agir dans ce sens. Seuls 5 % des enquêtés résidant dans des communes exposées à un risque d’inondation en métropole agissent effectivement ou sont disposés à agir en correspondance avec les préconisations visant à prévenir le risque d’inondation à l’échelle des ménages. Même si la proportion de réponses de ce type est double concernant les actions préconisées en matière de risques industriels, cela ne représente cependant que 10 % des métropolitains qui y sont exposés.

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Un déficit de crédibilité des autorités

Deux tiers des opinions exprimées soulignent la faible efficacité des lois et réglementations visant à protéger les biens et les personnes face aux risques environnementaux. Enfin, un tiers des enquêtés ont confiance dans les mesures prises par les pouvoirs publics concernant les risques naturels et technologiques. Concernant le risque d’inondation, la défiance (49 %) dépasse de peu la confiance (47 %), en revanche, le décalage est bien plus important en matière de risques industriels (56 % de défiants contre 40 % de confiants).

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Les accidents routiers dus à la fiabilité des GPS se multiplient

Vers cinq heure du matin dimanche 26 juillet, un autocar reliant Bilbao à Amsterdam qui transportait 56 jeunes espagnols, âgés de 18 à 29 ans, et un organisateur, s’est encastré sous un tunnel de La Madeleine, près de Lille. Le chauffeur, âgé de 59 ans est réputé être bon professionnel. Effondré face aux événements, il a indiqué aux enquêteurs avoir suivi son GPS, comme l’a fait savoir le procureur de Lille.
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Le maire de La Madeleine Sébastien Leprêtre quant à lui réclame une table ronde sur la signalisation à mettre en place. Les accidents de ce type se sont effet multipliés ces dernières années. Dans un communiqué le maire souhaite « la pose d’une signalisation GPS_alerte_signalisationlumineuse « agressive » pour dissuader les véhicules de trop grande hauteur de s’engager dans les mini-tunnels« . Et ajoute « Voilà des années (!) que je préconise la mise en place d’une alerte GPS poursuivant le même objectif. Il est plus que temps de passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultat« .

Tout ceci laisse tout d’abord dubitatif sur la formation des chauffeurs au regard de la fiabilité réelle des GPS dont chacun intuitivement et in vivo a déjà pu tester les limites et les errances surréalistes et ensuite sur la capacité des pouvoirs publics quelqu’en soit l’échelon et l’articulation en terme de compétences à intégrer effectivement le retour d’expérience in concreto et sans délai. En l’occurrence, il nous est rapporté qu’au mois de décembre quatre accidents similaires s’étaient produits, le dernier datant du 5 juin lorsqu’un camion s’est coincé sous un pont. En avril, février et décembre derniers, trois camionnettes avaient subi le même sort, sans faire de blessés. Autant de signaux dont on ne peut pas dire qu’ils étaient de faible intensité et qui ont été de fait ignorés.

Une étude britanique (2008) fait état de 300.000 accidents causés par l’utilisation d’un système GPS. Pire, 1,5 million d’automobilistes affirment avoir déjà effectué une manœuvre dangereuse à cause d’un navigateur et 5 millions se sont déjà engagés sur une voie à sens unique en suivant les conseils erronés de leur appareils. De plus, les navigateurs grand public ne sont pas adaptés aux transporteurs routiers et des GPS répondant à leurs besoins ont récemment été mis sur le marché.

En conclusion et en attente des alertes GPS, on ne peut que rappeler que suivre les instructions d’un système de navigation ne dispensent pas de regarder la signalisation routière, bien au contraire, d’ailleurs ces appareils le rappellent eux-mêmes lors de chaque démarrage.

Le Journal des Accidents et des Catastrophes

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Feux de forêt : malgré un risque global très élevé, nous sommes loin de l’année 2003

Depuis plusieurs semaines tous les indices de sensibilité aux incendies émises par Météo France révèle des niveaux élevés (sévère à très sévère) sur de nombreux départements de l’arc méditerranéen mais aussi en Aquitaine, en Rhône alpes et dans le centre de la France. Les conditions climatiques (vent et fortes chaleurs) ainsi qu’une très forte progression de la sécheresse, en un mois le nombre de départements frappé par des restrictions d’eau est passé de 10 à 70, élèvent encore le niveau de risque global. Fort heureusement, à ce jour, excepté l’incendie de Saint-Jean-d’Illac en Gironde qui a détruit près de 600 ha, nous sommes très loin de l’année catastrophique de 2003, où, dans le Var et la Haute Corse près de 20 000 ha étaient partis en fumée.

Il y a 10 ans, l’année noire pour les incendies de forêts

Souvenez-vous, juillet 2003, les hommes de la Sécurité civile n’avaient jamais connu en France d’incendies aussi violents. Le département du Var était embrasé, en vingt-huit points dont le massif des Maures qui était durement touché, sur plus de huit mille hectares.

Le 28 juillet, les flammes arrivent en ville (récit d’un Varois)

Ce Lundi vers 17 heures, les flammes se sont approchées près, très près des villes côtières, sur la plage de la Nartelle, à l’est de Sainte-Maxime. Au loin, vers Fréjus, on aperçoit une colonne de fumée. Cinq Canadairs passent et l’on comprend que la forêt brûle. Mais l’attention des baigneurs est attirée par un autre foyer, qui semble beaucoup plus proche.

Vers 17 h 30, le soleil disparaît derrière la fumée. Tous devinent que la situation est sérieuse. Les gens quittent la plage et commencent à former ce qui va devenir dans la soirée d’interminables bouchons sur cette nationale 98, déjà saturée en temps normal. Dans le centre de Sainte-Maxime, on se croit au crépuscule. La radio annonce que douze feux ont démarré quasi simultanément, vers 16 h 30, dans le massif des Maures. On compte déjà deux morts à la Garde-Freinet. Et les flammes progressent rapidement vers Sainte-Maxime, en passant par Plan de la Tour.

Sur la départementale 25, qui relie la ville à l’A8, les gendarmes obligent à faire demi-tour. Impossible de pénétrer dans les terres. Les routes doivent rester libres pour les véhicules de pompiers, qui passent par dizaines toutes sirènes hurlantes. En tout, mille cinq cents hommes sont engagés et mille autres doivent arriver en renfort, dont certains d’Italie.

Aux collines de Guerre-Vieille, une résidence privée où se nichent, dans la forêt, plusieurs centaines d’habitations, on prépare ses bagages. A 22 heures, le parking de la plage, d’habitude désert à cette heure, est plein.

RSA_feux_1 Au nord, les crêtes rougeoient et des explosions se font entendre. On dirait la guerre. Des bouteilles de gaz et quelques bombes oubliées de 1944, expliquent les pompiers. Les violentes rafales de vent, jusqu’à 70 kilomètres-heure, attisent l’enfer. En quelques secondes, des bosquets entiers s’embrasent. Il n’y a plus d’électricité et l’eau a été coupée en certains endroits. Pour suivre l’évolution de l’incendie, il ne reste que les autoradios : la panique n’est pas loin.

Avec la nuit, les bombardiers d’eau ont dû rentrer. Le feu se dirige maintenant vers les Issambres. A l’issue d’efforts surhumains, les pompiers l’arrêteront à la lisière de la départementale 25.

RSA_feuxLes habitants de Guerre-Vieille, rassurés, rentrent chez eux. Pas pour longtemps. A minuit et demi, l’appel à l’évacuation est lancé par trois véhicules de secours qui sillonnent les allées de la résidence. Pas le temps de frapper aux portes, les sirènes doivent suffire à réveiller tout le monde : les habitants sont invités en catastrophe à rejoindre le bord de mer ou le centre d’accueil de Saint-Tropez. Le feu, qui s’est scindé au Plan de la Tour, avance des deux côtés de la départementale. Il menace de franchir la colline qui le sépare du bord de mer, à l’ouest de la ville.

Le danger sera écarté en fin de nuit. De l’autre côté de la route, la lutte durera jusqu’au petit matin. Certains pompiers ne seront pas relevés. Au camping des Baumettes, à la sortie nord de Sainte-Maxime, le feu s’est arrêté à quelques centaines de mètres. Juste à côté, sur le parking du supermarché Champion, les pompiers ont installé leur poste de commandement. Ils doivent désormais éteindre les derniers foyers.

Le long des routes rouvertes, le paysage est lunaire. Rien n’a résisté au feu. Les habitations ont été sauvées mais pas les arbres qui les entouraient. Les poteaux électriques finissent de se consumer. Une odeur acre flotte partout. Le vent s’est calmé, mais les pompiers n’ont pas l’intention de partir avant la fin de la semaine. Ils savent que d’ici là, ils n’auront sans doute guère le temps de se reposer.

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