La résilience territoriale commence par l’échelle locale

En octobre dernier, la nouvelle équipe en charge du Pavillon Orange©  au Haut Comité Français pour la Défense Civile participait à la web-conférence organisée par l’association SOS Maires, au cours de laquelle plusieurs initiatives de résilience locale étaient présentées et débattues.

Une fois de plus, il a été rappelé que les maires sont les premiers responsables concernés par les risques qui se multiplient à l’échelle du territoire et que les outils mis en place par le HCFDC pour accompagner les communes sont toujours d’actualité. C’est notamment le cas de note site http://www.resilience-territoriale.fr/.

La résilience territoriale est d’ailleurs le sujet de notre prochain petit-déjeuner qui sera l’occasion pour M. Sébastien Maire de présenter en détail ses missions en tant que Haut Responsable de la Résilience de la Ville de Paris.

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Crue de la Seine, crue médiatique .. Mais qu’y a-t-il que nous ne voyons pas dans tous ces reportages ?

Deux jours entiers de BFM TV sur la crue de la Seine, les téléspectateurs sont inondés, c’est pour ceux qui travaillent à un titre ou un autre à la résilience des organisations et à la préparation des populations une bonne chose, même s’il faut prendre garde à ne pas saturer le créneau. En effet, cela sensibilise les populations à ce risque extrêmement conséquent, notamment en termes de désorganisation sociale et de coûts économiques (15 à 30 milliards de coûts directs et le double en indirects) et trop souvent oubliés de la majeure partie de la population francilienne, à l’exception de ceux qui vivent près du fleuve… Ce n’est pas non plus une campagne de publicité payée par l’État ou les communes.. Donc tout le monde peut se faire un peu de pub, et pourquoi pas.. C’est très bien…

Et, je dois avouer qu’à la vue de l’ensemble des reportages, tout se passe à peu près bien… les salles de crise sont opérationnelles… Tous les services de l’État, des départements, des villes et communes sont mobilisés et tout se passe relativement bien… même si certains nous expliquent que si c’était la « vraie crue » cela ne se passerait pas de la même manière Néanmoins, le sentiment général est que « nous savons faire », même si tout n’est pas parfait….

Or, cela n’est absolument pas vrai, l’ensemble des salles opérationnelles parisiennes et gouvernementales sont dans des zones inondables et seraient inopérable en cas de crue majeure (1901). C’est vrai pour les salles de commandement et de crises de la Préfecture de Police, de la Mairie de Paris, du Centre de crise du MAE, du Centre de crise de Bercy (COBER), du CPCO à Balard (mais ce dernier a semble-t-il été conçu pour opérer malgré cela), et même de la CIC, place Beauvau… toutes sauf une en sous-sol. Certes, des plans de continuité existent, quelques déménagements sont prévus (souvent pas ou peu tester) mais dans des modes tellement dégradés que l’on ne voit pas, face à un niveau de sollicitation extrême, comment ces salles opérationnelles pourraient remplir leurs fonctions. De même, au plan économique, combien d’entreprises ont réellement des plans de continuité d’activité à jour pour faire face à la crue de la Seine ? Je ne connais pas de statistiques disponibles à cet égard, mais je serais surpris que cela dépasse 5 % sur l’ensemble des entreprises de l’Île-de-France. De même combien de communes d’ile de France ont leur Plan Communal de Sauvegarde fait, à jour et complet ?

Car, le rapport de l’OCDE paru cette semaine le dit bien : Globalement depuis quatre ans une prise de conscience a été entreprise, mais force est de constater que les résultats ne sont pas là : les décisions concernant les grands investissements d’aménagement ne sont pas prises, la planification n’a pas beaucoup évolué, les dispositifs de gestion de crise ne seraient pas toujours opérationnels au niveau il conviendrait (cf Page 15 du rapport OCDE), compte tenu de la nature de l’événement… les plans post-crise de reconstruction de réaménagement n’existent pas.

Les effectifs des personnes en charge de la planification à la zone de défense de Paris n’ont pas beaucoup évolué, en tout cas, nous sommes très loin de l’effort en regard des enjeux. Seuls les grands opérateurs, qui ont compris les enjeux et leur responsabilité, commencent à investir de manière notable sur la réduction de vulnérabilité de leurs réseaux et améliorent de manière continue leurs dispositifs de gestion de crise.

Or les enjeux sont majeurs: tout d’abord les enjeux olympiques, que deviendrait la candidature de Paris si au printemps 2024 la crue centennale frappait Paris ? – Les enjeux économiques, entre 30 et 60 milliards, un poids énorme sur les finances publiques nationales, et une attractivité « Parisienne » serait perdu pour plusieurs mois voire plusieurs années..

Il faut donc réaliser un vrai programme pour faire face à la vraie crue (la centennale ou la millénaire), ce qui n’est aujourd’hui pas fait, et je dirais même pas prévu, aucune déclaration politique n’est venue du plus haut niveau de l’État depuis cette première crue du quinquennat.

Certes, Paris a rejoint le club des 100 villes résilientes de la Fondation Rockfeller, c’est un beau coup de pub, cela permet aussi de financer le poste de « chargé de résilience de la Ville de Paris », et de donner aux associés (les grands cabinets US) de la fondation Rockfeller la possibilité de réaliser une belle opération de « Social engineering » (comme le disait M. Christian Harbulot, directeur de l’école de guerre économique, lors de notre dernier petit-déjeuner)… mais cela ne fait pas une politique.

Où sont les structures et les investissements pour accroître la résilience et la réduction des vulnérabilités d’une région comme l’ile de France, ne faudrait-il pas un vrai pilote pour coordonner et prioriser les investissements qui manquent aujourd’hui ? Et ce, tant en termes de finances, que de lisibilité entre réduction de vulnérabilités, prévention, préparation, gestion de crise et de post- crise. Nous pourrions nous inspirer fortement de nos amis hollandais, qui eux savent faire la péréquation entre risques et enjeux, au niveau adéquat.

Cette crue 2018 (décennale ou trentenale) est à la fois un exercice grandeur nature profitable à tous, en espérant qu’une « plus violente » n’intervienne pas d’ici quelques semaines, mais elle doit surtout nous interroger, sur notre capacité réelle de prendre en compte les événements majeurs en rapport avec les enjeux, et ne pas toujours jouer sur la Com… un jour cela ne suffira pas.

Christian Sommade – Délégué Général du HCFDC

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En prévention aussi, « une image vaut mille mots »

Vous avez peut être remarqué à quel point les enfants peuvent être fascinés par les dessins, les schémas et a fortiori, les maquettes. Quand il est question de prévention des risques majeurs, attirer l’attention du lecteur est un enjeu crucial. À ce titre, comme le disait Confucius « une image vaut mille mots », et ce que l’on soit petit ou grand.

Le passage de l’ouragan Irma dans les Antilles, puis de José et Maria, a été l’occasion pour nombre de personnes de se poser la question : « Comment une chose pareil peut-elle se former ? ». Pour y répondre, je vous propose de consulter quelques infographies. La plupart d’entre elles sont en anglais, mais elles n’en demeurent pas moins évocatrices.

Source : Chelsey Kilzer, DailyInfographic
Source : Ria Novosti

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sans entrer dans les détails, notre œil est rapidement attiré par le coté graphique, les couleurs, l’aspect synthétique, les chiffres mis en évidence, etc.

Une infographie peut aujourd’hui contenir beaucoup de données, sous des formats différents : graphiques de toutes sortes, cartographies, chronologies, organigrammes, schémas, etc. Le tout doit avoir un format agréable à lire (souvent en hauteur), être assez coloré (mais pas trop) et comporter des illustrations (en évitant les photos).

Aux États-Unis, on trouve un grand nombre d’infographies concernant les risques, notamment en lien avec les ouragans Sandy, Katrina et consorts. Voici quelques exemples plutôt réussis :

  • Katrina
  • Preparing for a storm (Se préparer à une tempête)
  • Hurricane Sandy : One year later (L’ouragan Sandy, un an après)
  • How to hurricane proof your home (Comment rendre votre habitat résistant face à un ouragan)
  • Infographie Pluie-inondation – Risques.gouv.fr
  •  Infographie Cyclone – FF72

En France, on trouve quelques exemplaires d’infographies auprès de l’IRSTEA, sur le site risques.gouv.fr, ou bien sur notre site FF72.org

L’infographie est un moyen très efficace d’attirer l’attention du lecteur et diffuser de l’information rapidement et efficacement.

Quelques conseils pour réaliser une infographie :

  • Pas forcément besoin d’un graphiste pour créer une infographie. Il suffit d’une bonne dose de créativité, d’un peu de temps ainsi que d’un logiciel qui vous permet de créer des images et que vous savez manipuler facilement. Beaucoup de ressources sont également disponibles en ligne (pictogrammes, motifs de fonds, etc.).
  • Ne tombez pas dans le piège de la prose : trop de texte et ce n’est plus une infographie !
  • Choisissez un panel de couleurs harmonieux, avec si possible de petites touches de couleur vive. Pour vous aider, vous pouvez utiliser ce site.
  • Inspirez-vous de ce que font les autres, prenez des conseils (ici par exemple) et acceptez les critiques !

À défaut, il y a énormément de gens très doués pour s’en occuper…

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L’inventaire des accidents technologiques 2016, par le BARPI

Le Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industriels (BARPI) a publié l’ « Inventaire des accidents technologiques survenus en 2016 ». Cette synthèse présente un panorama de ces accidents, des circonstances de leur survenance à leurs conséquences. 

Le Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industriels (BARPI)

Le BARPI a vocation à centraliser et analyser les informations sur l’accidentologie industrielle et technologique en France et à l’étranger afin de fournir des outils de prévention et de réduction des risques. Par sa base de données ARIA*, le BARPI a collecté et analysé des informations sur plus de 46 000 accidents survenus en France ou à l’étranger, ce qui représente près de 1200 événements par an.

Etudes spécialisées

Cette synthèse éclaire quatre secteurs particulièrement accidentogènes pour les exploitations industrielles et technologiques :

  • Le secteur des déchets, 3ème secteur industriel le plus accidentogène du fait de la nature des produits traités (combustible, inflammable, toxique) ;
  • Les équipements sous pression, dangereux du fait de l’énergie contenue par les équipements et par la nature des fluides ;
  • Les installations industrielles vieillissantes, sujettes à la corrosion et à la fatigue ;
  • Les événements météorologiques ou naturels, impactant le fonctionnement normal des industries et pouvant mettre leur sécurité en danger.

Bilan annuel

Le BARPI référence également l’ensemble des failles de sécurité et des accidents survenant :

  • Au sein d’installations classées :

Le BARPI a recensé 827 accidents et incidents dans les installations classées en France en 2016 ; le principal risque survenu est l’incendie.

Les installations classées ont été particulièrement touchées par des phénomènes naturels externes, notamment par les inondations du 29 mai au 15 juin.

37 individus extérieurs aux installations ont été blessés par un accident industriel ou technologique, dont 19 par des émanations toxiques.

  • Au sein d’ouvrages hydrauliques :

48 incidents sur ouvrage hydraulique ont été recensés en 2016, dont 36 événements importants pour la sûreté hydraulique (EISH). 37 incidents ont concerné un barrage et 11 une digue. Le BARPI a identifié plusieurs points accidentogènes sur les ouvrages hydrauliques et a notamment repéré le danger posé par les vannes automatiques lorsqu’elles réalisent des manoeuvres non souhaitées. 

  • Lors de transport de matières dangereuses (TMD) :

7 incidents de TMD sur 10 sont des pertes de matières dangereuses, et un incident sur deux a des conséquences humaines. Près d’un incident sur deux est causé par un accident de la route.

  • En lien avec des canalisations de gaz :

En 2016, les travaux de voirie ont provoqué 3 incidents ou accidents liés aux canalisations de gaz sur 4. Tous les incidents ou accidents causent d’importantes contraintes sociales. La vétusté, le mauvais état et l’utilisation inadaptée des équipements de gaz est souvent à l’origine des accidents domestiques de gaz.

L’inventaire 2016 du BARPI fournit plusieurs retours d’expérience d’accidents qui permettent de réfléchir sur les problématiques spécifiques de la sécurité industrielle. En ciblant les failles de sécurité récurrentes comme les cas singuliers d’accident, l’inventaire permet aux secteurs industriels de se préparer mieux aux situations extraordinaires et de réduire les risques à l’échelle de leur structure.

*Base de données ARIA : https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/

Accéder à l’étude 

Article rédigé par Tiphaine Gaudin, chargée de veille au HCFDC

Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017
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