Hyères lance sa propre app sur les risques majeurs

Le Ville de Hyères (83) a récemment mis en œuvre une application d’information et d’alerte sur les risques auxquels son territoire est soumis. À cette occasion, le Pavillon Orange a interrogé M. Jean-Brice Cortez, qui fait partie de l’équipe à l’origine du projet.

Hyères-les-Palmiers dispose au sein de son équipe municipale, d’un pôle « Infrastructures et outils numériques », qui s’emploie à développer des dispositifs variés. De l’application pour aider l’automobiliste à localiser en temps réel les places de parking disponibles, à celle permettant de signaler les dégradations matérielles, la ville a mis en ligne pas moins de sept applications mobiles.

L’une d’entre elles, baptisée Hyères Risques, permet au citoyen d’être informé en temps réel, via une cartographie de la ville, des aléas sur le territoire, ainsi que des voies interdites à la circulation en cas d’événement. Elle propose également aux utilisateurs de suivre en direct la hauteur du Gapeau via Vigicrue, ainsi que les vigilances de Météo-France en cours dans le département. L’application permet d’accéder rapidement aux numéros de téléphone d’urgence et aux flux Twitter à suivre en cas de crise. De même, elle comporte des conseils de comportements en cas de crise et un lien vers le formulaire d’inscription au système d’alerte de la population mis en place par la mairie.

Pour mettre en place cette app, la mairie a fait le pari de la rendre accessible au plus grand nombre. Ainsi, le citoyen n’a pas besoin de disposer d’un compte spécifique ou d’un mot de passe pour accéder à l’application. De même, il peut, s’il le souhaite, désactiver sa géolocalisation.

Au vu de son succès (près de 300 téléchargements durant les trois premiers jours de sa publication), l’équipe municipale réfléchit à la manière de l’étendre au niveau de l’Agglomération de Toulon Provence Métropole. Elle souhaite aussi en faire un outil pédagogique à destination des publics scolaires, qui joueront ainsi les ambassadeurs auprès de leur famille.

Enfin, soulignons l’efficacité de l’équipe municipale dans le déploiement de cet app : deux ingénieurs informatiques et deux concepteurs ont permis, par leur savoir-faire et leur implication, de mettre en place ce service en seulement deux mois.

Bravo pour cette initiative. Nous espérons qu’elle sera pérenne et éveillera la curiosité d’un grand nombre de citoyens.

Source : Ville de Hyères
Source : Ville de Hyères
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Bonne(s) pratique(s) du mois, par la Ville d’Anglet

Pour clore cette année 2016, voici deux idées qui nous viennent de la commune d’Anglet. Comme d’habitude, ces bonnes pratiques ne sont pas onéreuses mais peuvent rapporter gros en termes opérationnels et donc assurer une meilleure sauvegarde de la population.

Anglet
source : experg.com

UNE CELLULE « RÉSEAUX » AU SEIN DU PCC

L’organisation d’un PCC est décrite au chapitre II de la partie 3 de Conduire les opérations communales de sauvegarde : initiation opérationnelle chez Territorial Editions. En sus des 5 cellules de base dites par fonctions (renseignement, anticipation, logistique, action et communication) le RAC gagne à se doter d’une cellule transverse dite « population sinistrée ». La municipalité d’ANGLET a mesuré l’importance opérationnelle des réseaux (électricité, eau et internet…), elle s’est donc dotée d’une cellule RÉSEAU. Cette cellule transverse fait du renseignement en collectant les remontées d’informations « terrain » et les prévisions des opérateurs, elle participe pour son domaine à l’anticipation, gère l’action de son secteur et informe les cellules logistique et communication.

L’importance des réseaux a été soulignée lors de très nombreux RETEX comme ceux consécutifs aux inondations de mai-juin 2016. Voilà une excellente solution!

RÉDACTION DES PPMS PAR LES ÉCOLIERS 

Maintes fois dans ces lignes, il vous a été suggéré de faire rédiger un DICRIM Jeune en projet scolaire par les élèves de CM2. Un bon vecteur pour former le citoyen de demain et sensibiliser les familles.

La Ville d’Anglet a adapté ce conseil à la rédaction des PPMS. Sans remettre naturellement en cause le bien fondé du PPMS officiel qui assure, au delà de l’organisation interne de l’établissement face à un danger, la coordination avec les services régaliens du secours et le dispositif municipal de sauvegarde. La rédaction du PPMS par les élèves est une excellente méthode d’appropriation des gestes et comportements qu’ils devront adopter. C’est aussi un bon anti-stress : nous allons jouer ce que l’on a écrit !

Maman, papa, ne vient pas me chercher à l’école! J’y suis en sécurité, ne te mets pas en danger, je t’en prie!

N’est-ce pas plus percutant que le conseil du Maire : N’allez pas chercher vos enfants à l’école, nous assurons leur sécurité ?

L’équipe du Pavillon Orange vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’années sereines et joyeuses.   

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Pérennité de la diffusion de l’alerte

Cette bonne pratique nous vient (ce n’est pas coutume) d’une question posée au général Vernoux par un DGS.

« Dans Conduire les opérations communales de sauvegarde (Territorial Editions) vous prescrivez à la page 157 d’être attentif à la maintenance du dispositif communal d’alerte. Ma commune dispose de panneaux lumineux, d’un véhicule avec haut-parleur et s’est abonnée à un automate d’appel. Comment vérifier ce dernier dispositif sans déclencher une panique ? »

Tout d’abord, bravo pour la redondance de votre diffusion de l’alerte. Comme explicité dans le guide cité, l’automate d’appel permet de prévenir tous vos administrés inscrits, même ceux non présents dans la commune, qui pourront ainsi prendre des dispositions à distance. Bravo aussi pour votre volonté de vérifier la pérennité de vos dispositifs.

Pour l’automate d’appel, il faut naturellement diffuser un message de type « Exercice, exercice, exercice » puis un texte rassurant. Éviter la routine du premier mercredi du mois ! Vous pouvez alterner les destinataires : les membres du PCC et leurs suppléants, les volontaires de la réserve communale, les citoyens ressources… Vous pouvez aussi (pour flirter avec l’excellence) effectuer une «  diffusion générale » à l’approche de la saison à risque. Profitez alors de cet essai pour diffuser des consignes de prévention. C’est une façon originale de faire de l’information préventive, qui reste malheureusement trop souvent le parent pauvre de la sauvegarde.

Ces essais ne coûtent pas cher, surtout s’ils sont ciblés (membres du PCC ou de la RCSC…). Ils vous permettent de vous assurer du bon fonctionnement technique de votre dispositif, de vous entrainer à diffuser un message (ce n’est pas le jour J, en proie au stress, qu’il faut chercher le mode d’emploi et les codes d’accès !) et surtout de rappeler aux artisans de votre sauvegarde communale (élus, agents, volontaires, citoyens ressources ou simples administrés) qu’ils doivent être prêts.

Si vous le pouvez, liez cet assai à un entrainement ou à un exercice. Faites-en alors un évènement qui maintient la culture du risque au sein de la population. Réalisez un Retex puis un communiqué dans la presse municipale et locale.

Par François Vernoux.

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Bonne pratique du mois : la RCSC de Corbeil-Essonnes

La bonne pratique de ce mois nous vient de Corbeil-Essonnes. Elle ne coûte rien et porte ses fruits selon deux axes majeurs. Corbeil vient de subir les grandes inondations de l’Essonne et de la Seine ; Autant dire que cette bonne pratique a été expérimentée !

Renforcer la capacité opérationnelle de la RCSC et favoriser la culture de sauvegarde au sein des services municipaux

Corbeil s’est doté d’une RCSC en 2010 et a proposé à certains agents municipaux d’y être intégrés. On ne peut être au four et au moulin ! Un agent qui intervient au titre de la RCSC ne le fait plus au titre de son service. Cette pratique parait donc relever de l’affichage !

Cette pratique surprenante présente en fait deux avantages non négligeables. La RCSC de Corbeil est forte de 117 volontaires hommes et femmes, jeunes et retraités, issus de tous les quartiers. Les agents y sont au nombre de 17. Ils y apportent par leur professionnalisme une ossature déterminante pour la capacité opérationnelle du groupe. Ainsi, chaque volonté, chaque dévouement des bénévoles est exploitée au meilleur profit de la population sinistrée. Le second avantage est moins visible et pourtant… Les agents volontaires de la RCSC insufflent, par leur engagement, l’esprit de sauvegarde au sein des services municipaux. Lorsque le PCS est mis en œuvre, les agents interviennent, souvent dans leur domaine du quotidien, parfois en heures supplémentaires. Toutefois la finalité de leurs actions est différente. Il ne s’agit plus d’améliorer le cadre de vie ou d’entretenir l’existant mais de porter assistance à la population en complément des services de secours. Porter assistance n’est pas obligatoirement être au contact des sinistrés, cela peut être mettre des batardeaux ou poser des barrières, de la tresse… C’est toujours participer à la sauvegarde des personnes et des biens. Porter assistance ne s’inscrit pas obligatoirement dans la réaction face à la catastrophe. La mise en place de l’architecture de prévention et du dispositif de protections permet de se prévenir du danger et de réduire ses effets. En fait, Corbeil a su, par cette bonne pratique, récolter deux effets complémentaires : Les agents intégrés dans la RCSC apportent leurs compétences techniques, les même agents volontaires au sein de leurs services développent l’esprit de sauvegarde. Or, il est bien reconnu qu’après les élus, le corps des agents municipaux est un excellent vecteur de diffusion de la culture du risque et de l’esprit de sauvegarde au sein de la population.

Cerise sur le gâteau : Ne pas retenir pour les agents volontaires intégrés à la RCSC le bénévolat. Ils sont donc rémunérés au même titre que leurs camarades des services. Certes pas d’économie budgétaire mais pas de dépenses supplémentaires. Cette bonne pratique, comme toutes les autres proposées par ce blog est donc accessible à toutes les municipalités. A consommez sans modération !

BONNE PRATIQUE ANNEXE :

Organiser votre RCSC en section selon les capacités des volontaires. Ceux ou celles qui mettent en place les barrières ou qui portent assistance aux personnes dépendantes doivent être en bonne condition physique. Ceux ou celles qui tiennent à jour le tableau de bord du PCC doivent avoir une expérience professionnelle. Cette diversité est la richesse des RCSC. Sachez l’exploiter par votre organisation.

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