Construire ensemble un axe Seine résilient

Le 3 novembre dernier avait lieu dans l’enceinte de Sciences Po Paris une conférence intitulée « L’axe Seine : Comment concilier son développement avec la prise en compte du risque inondation ? »

L’axe Seine, de Paris à l’estuaire du Havre, est au cœur d’une stratégie ambitieuse de développement territorial, menée de concert par nombre de collectivités et d’établissements publics traversés par la Seine.

L’aménagement durable et l’amélioration du cadre de vie occupent une place importante dans les réflexions en cours et à venir. Cette rencontre a ainsi permis de mettre en relief les enjeux auxquels la Vallée de Seine fait face en termes de résilience, ainsi que les initiatives élaborées pour valoriser ce territoire en prenant en considération les aléas propres au bassin de la Seine.

Une communauté d’agglomération parle de risques majeurs : exemple de la CODAH

Vue de l'estuaire du Havre. Source : arthur-loyd-lehavre.com
Vue de l’estuaire du Havre. Source : arthur-loyd-lehavre.com

La Communauté de l’Agglomération Havraise (CODAH) s’est depuis plusieurs années engagée en faveur d’une démarche coopérative à travers la mise en œuvre d’un comité des élus de l’estuaire visant à favoriser un développement économique durable. La CODAH s’est par ailleurs dotée d’une compétence facultative en matière de risques majeurs, ce qui lui offre une légitimité dans les discussions à l’échelle du bassin. Elle joue à ce titre un rôle d’animateur des démarches des différents acteurs locaux en matière de risques, tant naturels qu’industriels.

La Communauté de l’Agglomération Havraise a ainsi formé un groupe scientifique et technique pour la modélisation hydraulique du risque de submersion marine, supervisé par Pascal Mallet. L’expertise ainsi forgée a permis à la CODAH d’ouvrir un dialogue avec la Préfecture afin de requalifier les modèles centennaux de submersion marine et d’y intégrer les phénomènes de marées.

ZAC Gare des Ardoines, Vitry-sur-Seine (94) : un aménagement incluant le risque inondation

Créée en 2012, la ZAC de la Gare des Ardoines est l’un des plus ambitieux projets d’aménagement du Grand Paris. Déclaré Opération d’intérêt national, ce secteur gagnerait 4 000 emplois, 660 000 m2 de plancher dont deux tiers à vocation économique et un raccordement à l’horizon 2022 à la ligne 15 du Grand Paris Express.

Le risque inondation à Vitry-sur-Seine. Source : IAU ÎdF
Le risque inondation à Vitry-sur-Seine. Source : IAU ÎdF

Dans son récit, Guillermo Martin, directeur de projet à la Ville de Vitry en charge du réaménagement des Ardoines évoque la difficulté initiale à concilier les approches des ingénieurs et des architectes face à la problématique de la crue. Ainsi, l’enjeu pour l’EPA ORSA*, la ville et ses partenaires était de créer un quartier résilient mais aussi agréable pour ses habitants, en évitant de transformer systématiquement les rez-de-chaussée inondables en parkings. Ce conflit primaire entre ingénieur et architecte a, au fil des discussions, fait émerger la nécessité d’accepter le risque plutôt que de le combattre. Plutôt que de lutter contre la crue, il s’agit alors de « vivre avec ».

Le projet prévoit ainsi de créer un réseau de promenades hautes, permettant d’accéder à des rez-de-chaussée surélevés. En cas de crue, cette solution permettrait ainsi aux services de secours d’évacuer les populations vulnérables, ou bien de mettre en place des réseaux de solidarité pour soutenir celles qui désireraient, au moins dans un premier temps, rester chez elles.

La trame viaire des deux ZAC de Vitry, accessibles en cas de crue. Source : IAU ÎdF
La trame viaire des deux ZAC de Vitry, accessibles en cas de crue. Source : IAU ÎdF

Sébastien Maire, Haut responsable de résilience de la Mairie de Paris a salué ces initiatives qui permettent une gestion intégrée des problématiques d’inondation. Il a par ailleurs prôné une approche pragmatique, fondée sur l’information des citoyens et la solidarité lors d’une crue. Comment encourager ces dynamiques ? À quelle échelle ? Comment communiquer à propos des risques de nos territoires sans susciter la crainte et le rejet des citoyens ?

 

logoFFtxtnoir - copie> Découvrez Faire Face 72, le site pour la préparation des populations aux risques majeurs : une approche ludique pour que chaque citoyen puisse se préparer à être autonome pendant 72 heures en cas de catastrophe.

L’Ecole Urbaine de Sciences Po Paris propose a ses étudiants un parcours Risques, permettant d’acquérir les concepts clés en matière de gestion des risques et des catastrophes à l’échelle des territoires.
En savoir plus

 

Bibliographie :

– Laetitia Van Eeckhout, « À Vitry-sur-Seine, vivre avec le risque de crue », LeMonde.fr, 24 mars 2016, lien
– Élisabeth Bordes-Pagès, Simon Carrage, Ludovic Faytre, « Aménagement et risque inondation : une démarche innovante en Seine Amont », Note Rapide n°709, IAU Île-de-France, mars 2016, 6 pages, lien
– EPA ORSA, « La ZAC Gare Ardoines », lien
– Site « Réinventer la Seine », lien 

* Établissement public d’aménagement (EPA) Orly Rungis – Seine Amont : Créée en mai 2007,  cette structure partenariale associe l’État, la région Île-de-France, le département du Val-de-Marne et les douze communes concernées par l’opération d’intérêt national. Elle assure à la fois la gouvernance politique et l’ingénierie stratégique et opérationnelle de ce grand projet. 

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L’AMF 33 invite le Pavillon Orange à propos des RCSC

Le 29 septembre dernier, l’AMF 33 a réuni plusieurs municipalités à Cestas (33) pour une information sur les réserves communales et citoyennes.

Le général (2s) François Vernoux, fondateur du Pavillon Orange qui ouvrait les présentations, avant la Gendarmerie, a orienté ses propos sur une idée force : Une Réserve communale de sécurité civile (RCSC), pour quoi faire ?

Et de revenir sur les fondamentaux opérationnels d’une bonne sauvegarde :

  • Chasuble RCSC
    Chasuble d’un volontaire de réserve communale de sécurité civile. Source : salondeprovencebonsplans.com

    Rédiger un PCS pour recenser les risques majeurs qui pèsent sur la commune (sources : le DDRM et l’histoire locale), évaluer les enjeux et les conséquences. Ensuite, il s’agit de programmer des préventions et des protections au niveau communal en complément de ceux réaliser par l’État, le département, le bassin de risques… La commune doit se préparer à faire face en organisant un PCC, en rédigeant des fiches reflexes et des fiches actions, en regardant ce qui peut être pris en compte par la Police municipale et les services communaux. Neuf fois sur dix, le besoin d’une création de réserve communale apparait. On établit alors ses missions et on en déduit son format et son organisation. Le questionnaire du Pavillon Orange vous offre la possibilité d’une évaluation gratuite d’un tel dispositif. Pour y accéder, il suffit de s’inscrire en ligne et de répondre aux quelques 400 questions classées par capacités opérationnelles.

  • Rédiger et diffuser le DICRIM afin que chaque citoyen soit le premier acteur de sa sauvegarde (loi de 2004) et en fonction de ses moyens artisan de la sauvegarde collective sous la direction du Maire, Directeur Opérationnelle de la Sauvegarde, mission qui lui revient même s’il n’est plus Directeur des Opérations de Secours. Chaque habitant peut donc être soit citoyen ressource ou volontaire à servir bénévolement au sein de la RCSC.

Les missions d’une RCSC vont de la sensibilisation de la population, à l’aide aux sinistrés en phase post-urgence, en passant par des formations dans les écoles, l’organisation de manifestations communales et naturellement des actions de soutien et d’entraide aux cotés des secours, sans oublier les nombreuses actions de prévention et de protection avant et pendant la crise.

Les organisations des RCSC sont aussi très variées comme le souligne régulièrement ce blog (ici http://www.pavillon-orange.org/blog/?tag=reserve-communale-de-securite-civile et . Ces réserves doivent répondre aux besoins locaux et au recrutement des volontaires. La mixité intergénérationnelle est toujours un plus.

Un fondamental opérationnel s’impose : Formations, entraînements et exercices. Il s’agit d’une trilogie impérative si vous souhaitez que le volontariat soit efficient, telle qu’explicitée dans « Conduire les Opérations Communales de Sauvegarde / Partie II chapitre 5 », TERRITORIAL EDITIONS.

Le général Vernoux a conclu sa présentation en témoignant de la satisfaction des maires qui se sont dotés de RCSC et des services rendus par celles-ci lors des catastrophes passées.

Osez la RCSC sans modération !

 

RAPPEL : les AMF départementales peuvent demander des interventions de sensibilisation à l’équipe du Pavillon Orange. Contacter le Général Vernoux au 06 01 91 65 85.

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Colloque HCFDC « Retex sur les inondations en France de mai et juin 2016 »

Suite aux crues qui ont touché le bassin parisien aux mois de mai et juin dernier, le HCFDC organise un colloque de retour d’expérience intitulé :

« Retex sur les inondations en France de mai et juin 2016 »

Cet événement sera l’occasion de réunir des collectivités, des experts et des acteurs locaux afin de dresser le bilan de ces crues et des réponses qui ont été mises en oeuvre. Dans l’après-midi, des tables rondes permettront de recenser des pistes pour mieux se préparer à faire face à de tels événements et de faire un tour d’horizon des outils disponibles pour y parvenir.

Cette rencontre se déroulera dans les locaux de la Fédération Française de l’Assurance :

26 Boulevard Haussmann, 75009 Paris
Métro : Richelieu-Drouot, ligne 8 et 9
L’accès se fera par le 9 place Adrien Oudin

Accueil des participants ouvert de 8H30 à 9H00.
Inscription et présentation d’une pièce d’identité obligatoires.

 Programme détaillé

Bulletin d’inscription

Colloque HCFDC, le 27 octobre 2016 dans les locaux de la Fédération française de l'Assurance.

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Congrès Lambda Mu, du 11 au 13 octobre à Saint-Malo

Le congrès « Lambda Mu 20 » organisé par l’IMdR se déroulera à Saint-Malo du 11 au 13 octobre 2016 sur le thème « Maîtriser les risques dans un monde en mouvement« .

Le monde change et avec lui les organisations, les technologies, les mentalités… Tout se modifie de façon lente, rapide, voire brutale. Ces évolutions des systèmes et de leurs environnements sont porteuses de fortes incertitudes qui peuvent offrir de véritables opportunités mais ne sont pas sans conséquence sur la maîtrise des risques. Cette 20ème édition du congrès Lambda Mu montrera comment nos métiers et nos disciplines abordent ces questions au travers de démarches méthodologiques, d’applications industrielles, d’outils et quelles réponses sont apportées selon les secteurs d’activité.

Plus d’informations sur le site de l’IMdR.

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