Un petit-déjeuner autour des effets cascades avec le projet Snowball

Projet Snowball
Source : Projet Snowball

Dans le cadre du petit-déjeuner organisé ce mardi 7 février 2017 par le HCFDC au Sénat, Gedicom et Engie-Ineo ont présenté le projet Snowball. Ce projet de recherche, financé par l’Union européenne, a débuté en 2014 et est sur le point d’aboutir.

Le projet Snowball a pour ambition d’analyser les effets dit de cascades, ou effets « boule de neige », autrement dit les possibles effets indirects d’une catastrophe affectant notamment les réseaux d’infrastructures et la population ou l’économie (paralysie des activités, eau polluée, …). Pour tenter de réduire ces conséquences, un outil a spécialement été mis en place : CaESAR (Cascading Effect Simulation in urban Areas to assess and increase Resilience) qui effectue des simulations en croisant différentes grilles d’interdépendances et des algorithmes modélisant des décisions humaines. La plateforme est principalement destinée aux zones à risques, et elle puise ses informations de retours d’expérience via les outils « Pre-Crisis Management System » et « Post-Crisis Report » afin de se préparer au mieux.

Toutefois, si une crise venait à se produire, les algorithmes de la plateforme seraient également capables de filtrer les tweets pour informer la population en temps réel grâce à des données géolocalisées (pertes, zones touchées, mise en place de plans d’action…). Ce service est disponible en plusieurs langues grâce à un module de traduction instantanée.

Accessible via un abonnement annuel, la plateforme « Snowball » fonctionne en complémentarité avec le projet CAIAC (Centre d’Analyse des Interdépendances et d’Assistance à la Continuité d’Activité) piloté par le HCFDC en proposant justement les modélisations issues du projet Snowball. En effet, CAIAC est une plateforme cartographique qui a pour but d’anticiper et, le cas échéant, de gérer la crise, puis la phase post-crise via une multitude d’outils proposés à la demande, comme des simulations ou des outils de télédétection. Il s’agit donc d’une plateforme ayant vocation à informer et à orienter les « Decisions Makers » dans leurs choix de gestion de crise en identifiant en amont les différents schémas de catastrophes les plus probables.

Par Boris Pietrzak

 Consulter le site du projet Snowball (en anglais)

 

Projet Snowball
Source : Projet Snowball
Share Button

Mesurer la résilience communautaire

L’Université de Manchester a mené une étude sur la vulnérabilité des ménages au changement climatique et aux risques afférents. En fonction de plusieurs variables (niveau de richesse, présence d’enfant, parents isolés, etc.), Climat Just génère un indice de vulnérabilité à l’échelle d’une zone, regroupant entre 2000 et 6000 habitants. Cet outil permet notamment de comparer et d’établir, entre quartiers, des stratégies différenciées de réponse en cas de crise.

Le Comté de Somerset (GB), touché par des inondations en 2014. Source : telegraph.co.uk
Le Comté de Somerset (GB), touché par des inondations en 2014. Source : telegraph.co.uk

Au-delà de cette approche statistique, Ruth Cole, titulaire d’un Master of Science de l’Université de Portsmouth, a quant à elle étudié la résilience à l’échelle d’une communauté. La résilience fait alors appel à la notion de compétence communautaire. Il s’agit de la capacité des membres d’un groupement à travailler ensemble pour prendre des décisions et engager des actions ayant pour objectif d’améliorer une situation donnée. Six dimensions ont à ce titre été retenues pour mesurer la résilience communautaire : le degré de confiance entre les membres, le lien social, l’attachement au lieu, la participation à la prise de décision locale, la capacité à se mobiliser (physiquement, collectivement, et avec des compétences adaptées), et enfin l’expérience vécue, ou non, d’une crue. Pour étudier la notion de communauté, l’échelle de la paroisse semblait alors la plus pertinente, s’appuyant davantage sur des dynamiques communautaires qu’une zone géographie définie statiquement.

Plusieurs facteurs déterminant le degré de résilience communautaire ont ainsi été mis en avant. Les quartiers où les habitants se déplacent majoritairement en voiture, laissant moins d’espace pour que les gens créent des liens entre eux, semblent ainsi moins résilients. De même, l’aide psychologique apportée par des personnes résidant à proximité, et ayant vécu une expérience similaire, est souvent aussi importante que le soutien de la famille et des amis.

Entre approche quantitative et qualitative, cette étude a permis de révéler une corrélation entre densité du lien social et capacité à répondre et se relever suite à une crue. Par ailleurs, les communautés présentant les facteurs de vulnérabilité les plus élevés (forte prévalence de personnes isolées et vulnérables par exemple), ne sont pas systématiquement les moins résilientes au vu des témoignages de leurs membres.

Bien que focalisée à l’échelle de la paroisse, cette étude permet d’améliorer notre compréhension des dynamiques de groupes en temps de crise. Elle ouvre ainsi une réflexion sur les moyens d’encourager cette résilience communautaire pour permettre une meilleure réponse collective.

Sommaire du dernier numéro de Crisis Response Journal (eng)

Voir le site Climate Just (eng)

Share Button

Risque et perceptions

Source : vincentabry
Source : vincentabry

Dans une société où l’être humain, siècle après siècle, n’a cessé de faire reculer et d’amoindrir les conséquences des risques auxquels il est exposé, par la maîtrise du territoire et l’évolution technologique, comment se fait-il qu’il soit toujours plus préoccupé par le risque ? En une trentaine d’années, la notion de risque a conquis le lexique courant pour aujourd’hui devenir un concept-clé. Bien que nous nous dotions d’un arsenal législatif et que nous nous prémunissions à travers l’aménagement du territoire, la question du risque ne cesse d’alimenter nos craintes, ainsi que nos aspirations à rendre nos vies toujours plus sûres. Dans cet article, nous nous proposons d’identifier quelque-uns des facteurs qui influencent nos perceptions et nos représentations du risque.

L’effet du genre, ou la différence de perception homme-femme du risque, selon de très nombreuses études que cite Slovic (1999), ont montré que les hommes tendent à appréhender les risques de façon plus faible et moins problématique que les femmes. Qu’ils s’agissent des femmes françaises, chinoises, roumaines, des adolescentes américaines, ou encore des femmes de Chicago, celles-ci ont donc toute la même point commun. Le niveau de risque perçu par les femmes est plus important que celui des hommes qui tendent à la considérer d manière plus faible.

L’effet de l’âge est également un déterminant profond de la perception du risque, bien que les études menées n’aient pas permis de mette en évidence une tendance nette. Néanmoins, nous savons, que selon les pays, la culture, etc, les perceptions et représentations du risques fluctuent avec l’âge. Certaines études mettent en évidence que les plus jeunes ont une perception des risques moins élevée que les plus âgés, et qu’à l’inverse, d’autres ont montré que les plus jeunes avaient une perception des risques supérieure à celle des plus âgés.

L’effet du du niveau d’éducation influence directement nos perceptions et nos représentations. Les études dans ce domaine sont très explicitent et sans ambiguïtés, les individus moins instruits perçoivent globalement plus de risques que les individus plus instruits.

L’effet de la profession sur le risque est bien documenté. Selon de nombreuses études, la perception des risques par les infirmières est la plus élevée, alors que dans un même temps, la perception du risque la moins élevée concerne les étudiants diplômés. Le niveau d’études ne semble pas être déterminant, alors que la confrontation plus ou moins fréquente à certains risques, dans le contexte professionnel, apparaît influencer la perception des risques.

L’effet du niveau de revenus et leur analyse tend à confirmer que les individus les plus pauvres ont les perceptions des risques les plus élevées. Effectivement, ayant des moyens financiers moins élevés, les personnes les plus pauvres semblent plus préoccupés par les risques car elles se sentent exposées plus personnellement.

Les influences ont également un impact non négligeable sur les perception et représentations des risques. On notera par exemple l’influence du statut des individus dans la société, l’influence de l’exposition médiatique,  l’influence des visions du monde, l’influence de l’anxiété, l’influence de la confiance sociale, l’influence des croyances religieuses, ou encore l’influence de la personnalité.

– Influence des variables distales sur la perception des risques : une revue de littérature

Share Button

La synthèse de 15 ans de données sur les catastrophes naturelles

Cartographie des catastrophes naturelles recensées en France métropolitaine depuis 2001. Source : catnat.net
Cartographie des catastrophes naturelles recensées en France métropolitaine depuis 2001. Source : catnat.net

Pour célébrer ses 15 ans d’existence, Ubyrisk publie une étude sur les catastrophes naturelles recensées en France et dans les DOM depuis 2001. Sur la période, 47% des évènements ayant causé des dommages sont d’origine météorologique.

Le rapport évoque la multiplication d’évènements de faible intensité occasionnant des dégâts limités. Cela est notamment lié à la croissance démographique et à l’évolution de l’organisation spatiale des territoires. Les populations se concentrent de plus en plus dans les zones urbaines, notamment à proximité des côtes, statistiquement plus exposées aux risques.

S’il est noté que le coût global des dommages assurés est en baisse par rapport à la période précédente, le rapport souligne que les coûts unitaires, eux, sont en hausse. Cette hausse est attribuée à l’augmentation de la valeur des infrastructures et des technologies irriguant le territoire. Les tempêtes restent les évènements les plus coûteux, suivis par les inondations et les canicules.

Enfin, le nombre de victimes est considéré comme élevé, car il englobe notamment les décès liés à la canicule de 2003. Les avalanches et les inondations figurent ensuite parmi les catégories les plus meurtrières.

Ce rapport, fondé sur les données de la BD CatNat, offre une synthèse éclairante. L’un de nos regrets est cependant le manque de mise en perspective avec l’évolution du contexte règlementaire suite à certains évènements (mise en place du Plan National Canicule à partir de 2004, par exemple).

 > Lire le rapport complet

Share Button