Bonne pratique : l’exercice annuel d’Orsay

Labellisée Pavillon Orange 3 étoiles depuis 2012, la commune d’Orsay (91) est investie dans la protection et la sauvegarde de ses 16 000 habitants. Preuve de son engagement, le vendredi 18 mars se déroulait dans les locaux de la mairie un exercice de crise, dont le scénario n’est pas sans rappeler les événements récents. Élus et agents municipaux, regroupés en cellule de crise, ont eu la lourde tâche de gérer les équipes et les moyens afin de déjouer une prise d’otages dans une crèche. Ce ne sont pas moins de 60 enfants et 28 adultes qui étaient retenus par des terroristes déterminés. Bien heureusement, la cellule de gestion de crise, qui s’entraîne en conditions réelles depuis un certain temps en multipliant les exercices, a su désamorcer cette situation délicate, et tous les terroristes ont pu être neutralisés…

Entretien avec Frédéric Henriot, Conseiller municipal délégué à l’amélioration des transports, et membre de l’équipe organisatrice et animatrice de l’exercice.

– Comment s’est déroulé cet exercice ?

Chaque année depuis 2012, nous nous efforçons d’organiser un exercice. Il y a quelques années, c’était une chute de neige, une autre fois un camion de produits chimiques renversé, et cette année nous avons décidé de nous intéresser au risque d’attentat.
L’idée est que le personnel ne connaît pas à l’avance le scénario de l’exercice. Je leur propose juste une petite formation de deux heures à la gestion de crise, pour expliciter le contenu du PCS.

– Quels étaient les objectifs de cet exercice ?

Par ces exercices, nous cherchons à tester plusieurs choses. Parfois, nous mettons à l’épreuve notre capacité de coordination et de soutien logistique aux forces de l’ordre. Cette année, il s’agissait de voir comment nous échangerions des informations en cas de crise, entre services de la commune. Comment nous nous coordonnerions, pour aller à l’essentiel en quelques heures, et produire ce qu’il faut.
Ces exercices sont aussi l’occasion de faire des essais de matériel. Par exemple, cela fait plusieurs fois que nous changeons de salle de crise. La première fois, nous avions choisi la salle des mariages de la mairie… Mais c’était un peu bruyant, et trop grand. Ensuite, nous avons revu l’aménagement, mais ça n’allait toujours pas. Cette fois, nous étions dans une plus petite salle, mais il y avait trop de soleil !Ça sert à ça, aussi, un exercice : tester les petits détails qui pourraient devenir irritants en cas de crise, avec la pression, etc.

– Pensez-vous déjà à votre prochain exercice ?

À Orsay, ces exercices sont devenus une coutume au fil des ans. Beaucoup d’agents participent et sont contents de le faire. Ils savent que la situation sera tendue, mais ils trouvent cela très intéressant. En plus, nous disposons d’une salle d’animation, qui nous permet de suivre l’évolution de la situation en salle de crise, en vidéos. Comme ça, on peut analyser les moments où les choses deviennent plus délicates, ou même les mots qui posent tout de suite problème. Ça permet ensuite d’être plus précis et de se faire mieux comprendre.

– Auriez-vous des petits conseils pour les communes organisant (ou souhaitant organiser) de tels exercices ?

Un seul : faire l’exercice !
Au départ, il ne faut pas partir dans des choses trop compliquées. La première année que nous l’avons fait, l’exercice s’est plutôt terminé en formation. On suivait le scénario ensemble, autour d’une table, et on échangeait sur ce qu’on pourrait faire. Il n’y a pas besoin d’un dispositif gigantesque. D’année en année, on progresse.
Aussi, il peut être intéressant de se joindre à un exercice de la préfecture, ou des pompiers : pour voir comment on se synchroniserait avec eux dans ces cas. En tout cas, grande ou petite commune, on peut le faire ! Se poser des questions, c’est déjà ça !

Visionnez la vidéo de l’exercice en cliquant ici.

La cellule d'animation de l'exercice de crise d'Orsay. Source : Mairie d'Orsay
La cellule d’animation de l’exercice de crise d’Orsay. Source : Mairie d’Orsay
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Faire face aux catastrophes naturelles par le prisme des nouvelles technologies : « Geeks contre tsunami »

Plus que jamais d’actualité, l’investissement de la population dans sa propre sauvegarde est un véritable débat de société. Dans le cadre de l’exercice de simulation de tsunamis qui se déroulera le 17 mars en Guadeloupe et sur l’île de Marie-Galante, organisé en parallèle de CaribeWave, un groupe de geeks* a décidé de se mobiliser à l’aide de stations radios, de drones, et de capteurs. Objectif : préparer, alerter, et secourir les millions de personnes concernées en sollicitant les moyens de télécommunications modernes.

La France, et plus particulièrement ses îles d’Outre-mer, sont exposées à un risque tsunamique élevé. Les porteurs du projet, dont Gaël Musquet est le chef de file, ont fait le constat que les techniques de communication contemporaines, au titre du numérique, d’internet, et des réseaux sociaux, restent largement sous-exploitées. Face à la menace qui pèse, ces  « geeks citoyens » ont décidé de s’impliquer dans cet exercice de crise en s’appuyant sur des moyens aériens, de télécommunications, ainsi que d’hébergement de données cartographiques, météorologiques et sismiques en temps réel. Pour cela, les instigateurs du projet appellent aux dons qui s’élèvent déjà à plus de 30 000 euros, via une plateforme de crowfunding en ligne (lien disponible en bas de page).

Novatrice par la touche innovante qu’elle apporte à la gestion des risques naturels, l’entreprise menée par ces citoyens 3.0 est un exemple d’investissement du plus grand nombre dans la protection et la sauvegarde de tous.

*Geek : fan d’informatique, de science-fiction, de jeux vidéo, etc., toujours à l’affût des nouveautés et des améliorations à apporter aux technologies numériques (Larousse.fr).

Liens utiles :

Geeks contre tsunami

Sources : Geeks contre tsunami
Sources : Geeks contre tsunami

 

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L’exercice EU SEQUANA 2016, plus qu’un test des moyens, une mobilisation générale des acteurs de la gestion de crise

Ce 7 mars 2016 débutera à Paris l’exercice de crise EU Sequana 2016 qui a pour objectif de simuler une crue exceptionnelle de la Seine, et tester, de surcroît, le dispositif de gestion de cet événement majeur.

Etalé sur la période du 7 au 18 mars dans toute l’Île-de-France, la simulation du retour d’une crue centennale concernera le débordement de la Seine et la Marne qui entrainera des inondations. Ce sera l’occasion de tester les acteurs de la gestion de crise et la chaîne de prise de décision.

Les chiffres de l’OCDE sont éloquents pour une inondation de type 1910. Au total, ce ne sont pas moins de 5 millions de personnes qui seraient potentiellement sinistrées, 400 000 emplois qui seraient affectés, et 1,5 million de personnes privées d’électricité.

Le docteur Magalie Reghezza (ENS), dont la thèse soutenue en 2006 traite de la vulnérabilité de Paris face à une crue centennale, souligne que l’exemple de Katrina n’est pas un modèle de bonne gestion de crise. « Elle explique que dans le cas de la Nouvelle-Orléans la gestion de la crise était à un tel point ratée que les conséquences ont largement dépassé les prévisions, et que 80% de la ville a été inondée pendant plusieurs semaines. »

Bien que la magnitude intrinsèque de l’aléa soit un paramètre qui conditionne l’amplitude d’une catastrophe, une gestion de crise efficiente demeure être la meilleure arme pour limiter les impacts dommageables d’une crue exceptionnelle de la Seine.

 

Liens pratiques : 

Le programme des actions de l’exercice 

Quand la Seine submergera Paris

Vidéo, Bilan 2015 dans le monde

 

Les 7 sites où se dérouleront l'exercice - Source : Préfecture de police de Paris
Les 7 sites où se dérouleront l’exercice – Source : Préfecture de police de Paris

 

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Un exercice de confinement sur le thème de la menace terroriste dans un lycée de Metz

Source : Lycée Robert Schuman Metz
Source : Lycée Robert Schuman Metz

Suite aux attentats de Paris en novembre dernier, les établissements scolaires ont réactivé leur Plan particulier de mise en sûreté (PPMS). Ceux-ci détaillent, en cas de crise liée à un risque naturel, technologique ou autre, les référents ainsi que les comportements et les lieux de confinement à privilégier. Selon la circulaire du 25 novembre 2015, de tels exercices doivent être organisés annuellement dans chaque établissement.

Au lycée Schuman, l’exercice a mobilisé tant les élèves (1600 jeunes) que le personnel pendant une demi-heure. Respectant les consignes de sécurité prescrites en cas de menace de type terroriste ou intrusive, les participants se sont barricadés tout en tentant de maintenir le calme.

Engageant plusieurs acteurs, cette initiative a permis de souligner la complexité de la coordination entre acteurs d’une même structure. Les élèves, quant à eux, ont pu acquérir certains réflexes et approfondir leur réflexion sur les risques majeurs.

Lire l’article du Républicain Lorrain 

 

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