Sécurité à l’école : 2 mois après

Deux mois après la parution des consignes de sécurité applicables dans les établissements scolaires (En savoir plus : ici), revenons sur les mesures mises en place à travers le territoire, tandis que le délai pour le premier des trois exercices annuels préconisés est arrivé à son terme.

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Source : Jacques Risso

Exercice alerte-intrusion : on s’fait un p’tit cache-cache pendant le cours de maths ?
Plusieurs témoignages décrivent la difficulté qu’ont les enseignants à réaliser l’exercice de confinement préconisé par la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Celui-ci se termine souvent en un jeu désordonné de cache-cache sous les tables, ou pire, par une agglutination d’élèves aux fenêtres pour voir « ce qu’il se passe ».

Nombre de membres d’équipes pédagogiques soulignent ainsi l’importance d’expliciter la démarche aux enfants, avec des mots adaptés. Expliquer un exercice alerte-intrusion en disant qu’il servira « en cas de problème » ne suffit pas. Les élèves, quant à eux, ne seront pas dupes et poseront des questions*.

Plusieurs pédopsychiatres conseillent ainsi de commencer à expliquer les raisons de cet exercice dès la grande section de maternelle, moyennant des termes adaptés à chaque classe.

Bric-à-brac de mesures, ou le retour du fameux « système D »
Les mesures de sécurisation des établissements fleurissent à travers le pays : portails électriques, visiophones, périmètres de sécurité, alarmes anti-intrusion, murs rehaussés, vidéoprotection, systèmes d’identification par puce intégrée au carnet de correspondance, etc. La liste est longue et hétérogène. Certaines collectivités ont les moyens de faire appel à des agents de sécurité et de médiation, comme dans le département des Alpes-Maritimes. Pour d’autres, ces mesures ressemblent davantage à un bricolage fragile, en raison notamment d’un manque de moyens… Et cela n’augure rien de bon pour la continuité du système au-delà de l’année scolaire en cours (voire du premier trimestre). On parle beaucoup des mesures prises par Gérard Collomb à Lyon, mais (trop) peu des difficultés d’autres communes face à cette question, malgré les 50 millions ajoutés au FIPD pour financer ces mesures.

Un motif de tensions entre parents d’élèves, un étau pour les équipes enseignantes
Les avis des parents sur ce type d’exercices vont du dédain face à sa futilité, à un appel à la persévérance malgré les difficultés. Leur inquiétude est compréhensible et reflète celle, plus profonde, de certains élèves.

Les parents doivent ainsi prendre part à la démarche, via des réunions, qui permettent ainsi de faire concorder les messages délivrés dans le cadre scolaire et dans le cadre familial. Des modules d’apprentissage de techniques de défense peuvent par ailleurs s’avérer rassurant pour les enfants face aux nombreux discours alarmistes auxquels ils sont confrontés.

Restons vigilants et responsables
Cependant, l’éternelle question demeure : comment parler d’attentat, de menace généralisée et d’intrusion à des enfants, tandis que les va-et-vient se doivent de continuer pour le bon fonctionnement d’une école (livraisons, visites de « tuteurs enseignants », etc.) ?

Cela est d’autant plus complexe lorsque des alertes sont signalées, comme à Cherbourg le 19 octobre dernier. Des militaires ont ainsi été déployés devant le lycée Grignard et le lycée Tocqueville suite à une série de rumeurs diffusées via les réseaux sociaux…

Il y a bien un message qui ne semble pas passer : déjà la veille, un colis suspect devant le collège Charcot avait entraîné l’évacuation de l’établissement. La vigilance se heurte semble-t-il à une certaine défiance face aux forces de l’ordre, menant à des jeux potentiellement dangereux.

Ainsi, le rôle des collectivités est de poursuivre leur effort en faveur d’une vigilance accrue de chacun, s’appuyant sur des mesures concrètes pour sécuriser les établissements.

 

Bibliographie :

– Dalya Daoud « Exercices de sécurité antiterroristes à l’école, quelle est votre expérience ? », Rue89Lyon, 11 octobre 2016, lien
– C.C, « Alerte attentat : sécurité renforcée devant les écoles de Cherbourg », Tendance Ouest, 19 octobre 2016, lien
– Charline Vergne, « Comment les écoles se préparent à l’éventualité d’un attentat », Le Figaro, 13 octobre 2016, lien
– Elodie Corvée, « La rentrée des écoles sous le signe de la sécurité », La Nouvelle République, 13 octobre 2016, lien
– B.K, « Cette commune équipe ses écoles d’alarmes intrusion et veut des caméras au collège », Var Matin, 21 octobre 2016, lien
– Vincent Tanguy, « Comment sécuriser les collèges en 5 points », Nice Matin, 21 octobre 2016, lien
– « Risque d’attentat : nouvelles mesures de sécurité devant les écoles de Lyon », Radioscoop, 26 septembre 2016, lien 

*Bonus

 

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Corbeil-Essonnes, une gestion adaptée

Labellisée Pavillon Orange 3 étoiles depuis l’année 2013, la commune de Corbeil-Essonnes a mis en place une gestion efficiente de l’épisode de crue qu’a connu la France aux mois de mai et juin 2016. Alors qu’au 7 juin le débit de l’Essonne était de 38,1 m3 /seconde contre 8,17 m3 /seconde en temps normal, aujourd’hui 22 juin, un bulletin prenant la forme d’un retour d’expérience a été publié sur le site de la mairie. Au-delà d’une bonne gestion de cet événement de crue exceptionnelle, nous souhaitions féliciter la commune et ses équipes pour leur investissement en matière de sauvegarde et de protection de la population.

À situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle

« En conséquence des violents orages qui ont frappé la région fin mai, la Seine a atteint son pic de crue à 4,84 mètres, a inondé les quartiers riverains et affecté une centaine de foyers. Le niveau du fleuve s’est ensuite stabilisé avant de redescendre progressivement. Cependant, le risque n’était pas écarté car le débit de l’Essonne continuait d’augmenter et une nouvelle action communale a été déclenchée pour prévenir la montée des eaux dans plusieurs secteurs de la ville. […] Des dégâts ont été constatés dans plusieurs centaines de foyers ». Tel est l’état des lieux dressé le 3 juin par les services de l’Etat et les équipes communales quant à la situation en cours à Corbeil-Essonnes.

Face à cet état de faits, M. Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes, a déclenché dès le 31 mai le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) et a activé le Poste de Commandement Communal (PCC) qui est resté mobilisé 24h/24 tout au long de la crise. La force naturelle d’un PCS, c’est que celui-ci soit opérationnel, c’est-à-dire qu’il permette d’éviter ou de limiter l’impact d’un événement dommageable. C’est à partir du 2 juin que le PCC a organisé les actions du plan de sauvegarde : fermeture des écoles et prévention du public, mise en sécurité des archives communales et déploiement des équipes de logistique sur le terrain, plan d’évacuation des rues et parkings, mobilisation de la Réserve Communale de Sécurité Civile (RCSC). Autant d’actions, qui préparées en amont, menées au bon moment, et coordonnées entre elles, permettent de limiter les conséquences d’une situation critique.

Pour faire face à la catastrophe la solidarité comme rempart

Le chemin de la résilience et du retour à la normale passe également par une entraide sans faille. La commune de Corbeil-Essonnes en a conscience, puisque les équipes municipales, dont la réserve communale, ainsi qu’un réseau de volontaires ont été mobilisés pour recenser les besoins de la population dès la montée des eaux. C’est naturellement que l’aide s’est organisée sur le terrain mais également sur les réseaux sociaux, qui jouent de nos jours un véritable rôle fédérateur. Bien que la commune ait gérée avec brio cette expérience, tous les impacts ne peuvent pas être évités, et une centaine de foyers ont été touchés à divers degrés. C’est pour cela que le 6 juin la commune a déposé un dossier en préfecture en vue de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle afin de permettre aux victimes assurées d’être indemnisées.

Ce bulletin réalisé par la mairie est une fois de plus à citer, car il permet d’impliquer les équipes communales ainsi que la population dans une démarche globale de résilience. Si la commune de Corbeil-Essonnes a pu limiter les effets négatifs de cette crue et éviter une crise majeure, c’est parce qu’elle était préparée à faire face, qu’elle a su déployer toutes ses ressources, et qu’elle a su mobiliser l’ensemble des acteurs de la société, notamment sa population.

Pour en savoir plus : La lettre du Maire

 

Le pont Patton à Corbeil-Essonnes. Source : Le Parisien
Le pont Patton à Corbeil-Essonnes. Source : Le Parisien
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Hendaye : un DICRIM et une vidéo multilingues pour mieux préparer la population aux risques

HendayeDepuis quelques jours, une vidéo d’information sur le thème « Comment réagir en cas de risques majeurs ? », dans le cadre du Plan communal de sauvegarde (PCS), est consultable sur le site Internet de la Ville. Dans la lettre municipale du mois de juillet distribuée dans les boîtes aux lettres, les habitants ont également pu trouver un livret de quatre pages, le Document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim), qui répertorie les risques qui peuvent être rencontrés à Hendaye et les conduites à tenir.

Frédéric Tranché, adjoint à la sécurité, explique la démarche municipale et souhaite aller encore plus loin.

Cette vidéo est dans la continuité de la volonté communale que d’essayer de préparer et d’informer au maximum les Hendayais. C’est aussi la possibilité d’avoir un appui vidéo facile à regarder quand on visite le site de la commune. On sait que la prévention passe par de la répétition d’informations de manière régulière. On a trouvé que c’était un outil de communication un peu plus moderne et dynamique dans un domaine où la compréhension au niveau de la langue est importante. Ce film, il sera à la fois en français, en basque et en espagnol. Et aussi à destination des personnes en situation de handicap, sous-titré. Il s’agit d’essayer de toucher un maximum d’Hendayais, dans sa langue maternelle ou au travers de ses difficultés.

Cinq risques sont ciblés : crues, ruissellements, submersion marine, transports de produits dangereux et risques sismiques.

C’est l’État, au travers du dossier départemental des risques (DDRM 64), qui nous demande de travailler sur ces cinq risques. En sachant que nous, en annexe, on aurait souhaité travailler sur la problématique de l’aéroport de Fontarrabie, qui peut être aussi accidentogène et similaire, par exemple, à un accident ferroviaire. Mais le dossier départemental des risques majeurs ne nous le demande pas. On se base sur les cinq risques ciblés par la préfecture et en plus, on veut aussi travailler dans les prochains mois sur le risque de crash d’avion. On a également demandé un exercice aux services préfectoraux, en sachant que nous n’en sommes pas maîtres, que c’est l’État. Mais, a priori, on aurait une réponse favorable pour l’année 2016.

L’aéroport, un autre risque qui inquiète quand les avions arrivent bien bas.

On peut dire que les Hendayais sont habitués. Nous, en tant qu’élus, et moi particulièrement, en tant qu’adjoint à la sécurité, on voit toujours le mal un peu partout. Mais effectivement, quand on voit les avions survoler la commune d’Hendaye, même si le risque est faible et que l’on sait que c’est un des modes de transports le plus sûr de notre société , il n’empêche qu’on se rend compte que lorsque l’on est sur le secteur de la plage, les personnes extérieures sont un peu plus sensibles et on entend souvent « on dirait qu’il va s’écraser ». Il y a un faible pourcentage, mais c’est un risque qui est fondé. D’où notre préoccupation, depuis notre arrivée au Conseil, que d’essayer de trouver avec l’état la possibilité de réaliser un exercice qui pourrait être transfrontalier, pour voir comment on serait préparé à ce genre de situation. Et ce même si ce n’est pas dans le PCS. C’est vraiment une volonté municipale que d’aller plus loin dans le suivi de ce dossier.

Une journée similaire à celle que nous avions orchestrée en mars, avant les grandes marées. Les retours d’expérience avaient été plutôt favorables. On s’était rendu compte que nos systèmes d’alerte avait fonctionné, mais qu’ils étaient améliorables. Dans la prévention, on détecte toujours des améliorations à envisager.

La commune est-elle à l’abri d’un incendie comme à Saint-Jean-d’Illac et Pessac, en Gironde ?

Ce n’est pas pareil, même si le département a quand même une connotation forestière et connaît ce risque-là, mais beaucoup plus au niveau de l’écobuage et des broussailles que du risque de feu de forêt. Même si aujourd’hui on a des massifs comme celui d’Ibardin ou d’Iraty qui sont très développés. Mais peut-être que nous sommes aussi plus arrosés que la Gironde et qu’on a un risque qui est dissipé avec les pluies. Parce qu’on pourrait être sur des risques plus sévères sur les secteurs que je viens de citer.

Que dire de la sécurité des plages pour ce mois de juillet chargé ?

Au regard de la très haute population que nous avons en ce moment, on ne peut être que satisfait du très faible taux d’accidentologie. Mais on se doit de rester vigilant et méfiant.

Source : Sud Ouest

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La SAUVEGARDE des POPULATIONS DECORTIQUEE devant les MAIRES du 35

« Je remercie le général VERNOUX pour son intervention, car ce ne fût pas un exposé de plus, mais une présentation pragmatique illustrée d’exemples accessibles même par les petites communes »

sauvegarde Maires_ 35

Ainsi, s’est exprimée Madame la Sénatrice Françoise GATEL, Présidente des Maires d’ILLE et VILAINE, vendredi 17 janvier, au village des communautés territoriales à CESSON SEVIGNE où était venue une bonne cinquantaine de Maires du département.

Sauvegarde AMF 35Sur demande de l’association, le format horaire était réduit à 2 heures. Cela a laissé place à de nombreux focus sur des thèmes pratiques : analyse des risques, promotion de la culture de sauvegarde chez les élus, agents et la population, organisation du PCC, des points de regroupement et des centres d’accueil, le PCS avec ses fiches, le DICRIM et son actualisation, la réserve communale et les citoyens ressources…Et pour ceux qui sont resté au-delà des 2 heures, quelques conseils ont été proposés pour une bonne communication de crise.

Le BLOG a été présenté. L’intérêt du questionnaire du PAVILLON ORANGE a été aussi mis en valeur, tant pour ceux qui sont en train d’établir leur PCS et leur dispositif opérationnel qui y trouveront un bon complément au mémento de la DGSCGC, que pour ceux qui souhaitent évaluer leur situation actuelle et trouver des marges de progrès…

Madame GATEL s’est félicitée de la présence de l’Adjoint au Maire et de la DGS de GUICHEN, la seule ville PAVILLON ORANGE du département. Espérons qu’en 2015 de nombreuses communes du 35 rejoignent la liste des villes labellisées. Le label est certes une reconnaissance du travail souvent obscur des équipes communales, l’affichage de la volonté politique municipale dans ce domaine, mais c’est surtout la possibilité chaque année d’évaluer votre dispositif et de trouver de nouvelles pistes de progrès (car le questionnaire s’enrichit des bonnes pratiques mises en œuvre par les villes PO) et enfin, c’est un excellent vecteur d’information vers chaque citoyen afin qu’il fasse sienne l’introduction de la loi de 2004 : « Le citoyen est le premier acteur de sa sauvegarde et concours à la sauvegarde collective »

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