Éboulements en série au Mont Granier

Le Mont Granier, situé au Nord-Est du massif de la Chartreuse dans les Alpes, a récemment été le théâtre d’une série d’éboulements impressionnants.

Mont Granier, 7 mai 2016. Source : Acl Process
Mont Granier, 7 mai 2016. Source : Acl Process

Un éboulement de grande ampleur s’était déjà produit sur ce site, en 1248. Les récits de l’époque évoquent entre 1000 et 10 000 victimes directes selon différentes sources. La ville de Saint-André, comptant à l’époque environ 3000 habitants, a été ensevelie. La plupart des auteurs ayant décrit l’événement évoquent une punition divine, des thèses évoquant un tremblement de terre ou l’érosion des roches se font également jour. Le volume de l’éboulis est alors estimé à 500 millions de m3. Seulement 1% de ce volume aurait été responsable du déclenchement de l’éboulement.

Depuis janvier 2016, la série des éboulements du Mont Granier a repris. Un premier événement a été relevé dans la nuit du 8 au 9 janvier, réveillant plusieurs habitants aux alentours de 5h du matin. Des éboulis ont été retrouvés à 300 mètres de plusieurs habitations. Trois autres éboulements ont été constatés fin avril et début mai.

Ces phénomènes seraient liés aux fluctuations récentes des températures et aux infiltrations de pluies continues dans les fractures de roche calcaire. Selon Fabien Hobléa, enseignant-chercheur au CNRS : « La face nord du Granier est tout le temps active. Il n’y a pas un jour sans qu’un bloc se détache. C’est comme un volcan en activité qui émet toujours des fumerolles. Ca n’empêche pas les gens de visiter de temps en temps. Et il y a des périodes d’éruption. Et là, on est dans une période d’instabilité massive liée aux conditions climatiques essentiellement. »

Grâce à des fissuromètres, installés directement à l’intérieur de la montagne, les scientifiques pourront établir si des mouvements géologiques internes à la roche sont à prendre en considération. Les géologues de la Restauration des Terrains de Montagne (RTM) surveilleront également la zone depuis les airs, afin de relever tout mouvement.

La randonnée est déconseillée dans ce périmètre.

> Une historiographie du Mont Granier
> Isère / Savoie : le Mont Granier se comporte « comme un volcan », France 3 Alpes

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La ville d’Amiens reçoit le Pavillon Orange pour la sauvegarde des populations

Le 1er février 2013, le Haut Comité Français pour la Défense Civile décernait officiellement à la Ville d’Amiens le label Pavillon Orange pour la Sauvegarde des Populations. Ce label est décerné depuis 2009 aux communes qui répondent à un certain nombre de critères en termes de sauvegarde et de protection des populations face aux risques et menaces majeurs, et qui ont réalisé un Plan Communal de Sauvegarde.

Amiens_PavillonOrange

Seules 35 communes françaises – dont 6 de plus de 100 000 habitants – ont été labellisées à ce jour. La présence d’Amiens dans cette liste vient saluer toute une série d’actions menées ces dernières années en faveur de la protection des populations face aux risques majeurs que nous présente Emilie Thérouin, adjointe au maire d’Amiens en charge de la sécurité et de la prévention des risques urbains.
  •  Assumer pleinement le rôle du maire et celui de la commune en matière de sécurité civile.

La loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 consacre le rôle prépondérant du Maire comme premier maillon de la chaine de sécurité civile. Il assume la fonction de Directeur des Opérations de Secours (DOS) tant que le préfet ne décide pas de prendre cette charge personnellement. A ce titre, il définit la stratégie et supervise la mise en œuvre de la réponse de l’ensemble des pouvoirs publics en cas d’accident. Il est spécifiquement responsable de l’alerte et de la sauvegarde de la population, y compris quand le préfet prend la direction des opérations.

De manière à assumer pleinement ces responsabilités à l’échelle d’une ville comme Amiens, la collectivité s’est engagée depuis 2008 dans une démarche volontariste de préparation, de prévention et de gestion des risques majeurs sur le territoire amiénois. Un service spécifique a été créé dans ce but, composé de 5 agents à temps complet : le service Gestion des risques, rattaché à la Direction de la sécurité et de la prévention des risques urbains. En cela, j’ai la chance de pouvoir compter sur d’excellents collaborateurs !

  •  Analyser les aléas et les enjeux de notre territoire

La première étape a été de recenser les aléas naturels et technologiques présents sur le territoire amiénois, ainsi que les enjeux (personnes, activités, biens ou patrimoines naturels) qui présentent des vulnérabilités face aux aléas. C’est en superposant ces aléas et enjeux que l’on obtient une carte des risques majeurs. Ainsi, un programme de reconnaissance du sous-sol a été entrepris avec le Bureau de Recherche Géologique Minière (200 000 €) afin de cartographier et diagnostiquer le risque lié aux anciennes carrières de craies situées dans la partie nord de la ville.

  •  Anticiper l’urgence et préparer l’action avec la mise en place d’un Plan Communal de Sauvegarde (PCS)

Véritable pierre angulaire de la préparation de la collectivité à faire face à un risque majeur, le Plan Communal de Sauvegarde s’articule autour d’un objectif unique : être prêt à assurer rapidement et efficacement les missions dédiées au maire en cas d’accident majeur (direction des opérations de secours, alerte et sauvegarde de la population).

– une organisation spécifique qui se substitue à l’organisation habituelle des services le temps de la crise et qui permet notamment de raccourcir la chaîne de commandement. Elle est composée de cinq cellules de crise thématiques et de représentants su le terrain en communication directe avec les organes de décision situés au poste de commandement communal.

– des moyens humains, formés et entraînés. La collectivité a créé une Réserve Interne de Sécurité Civile, composée de 170 agents, tous volontaires pour participer aux opérations de sauvegarde de la population en cas de besoin. Ceux-ci sont formés et entrainés de manière à être pleinement opérationnels le cas échéant.

– du matériel de gestion de crise. Que ce soit en termes de transmission (réseau tétranumérique indépendant des infrastructures électriques et téléphoniques publiques par exemple) ou de stock d’urgence (lits de camps, couvertures, kits hygiènes, rafraichissements, café, etc.), la dotation en matériel permet de faire face à de nombreuses situations de crise.

– des outils opérationnels. Un certain nombre de procédures ont été formalisées afin de gagner un temps précieux en cas de crise. Les lieux pouvant accueillir la population évacuée ont également été recensés précisément, ainsi que les modalités d’accès. Des cartographies thématiques ont été réalisées grâce au Système d’Information Géographique de la collectivité (SIG), qui permettent d’organiser une réponse pertinente à l’échelle de la commune.

Ce travail de préparation est testé lors d’exercices réguliers, y compris en association avec des partenaires extérieurs comme les pompiers et la préfecture. Ces exercices permettent non seulement de tester les dispositions du plan et d’apporter des améliorations, mais également d’entrainer les acteurs à un rôle qu’ils n’ont pas l’habitude de jouer dans leurs fonctions habituelles.

  •  Alerter la population

Le maire est responsable du relais d’une alerte envers ses administrés. Pour être exhaustive, l’alerte doit être relayée par plusieurs moyens de diffusion complémentaires.

Tout d’abord, la Mairie s’est dotée d’un automate d’appel, permettant d’envoyer un message téléphonique à grande échelle. La base de données utilisée pour la diffusion de cette alerte est celle de l’annuaire public France Télécom. Les personnes qui ne figurent pas dans cet annuaire (sur liste rouge, abonnés à un autre opérateur que France Télécom, téléphone mobile) ou qui y figurent mais veulent laisser leur n° de portable pour être joignables, sont invitées à venir s’inscrire via un formulaire présent sur le site amiens.fr à la rubrique Les risques majeurs ou en contactant directement le service gestion des risques de la Mairie, au 03 22 22 23 45.

Le dispositif a été complété par l’achat de quatre ensembles mobiles d’alerte. Il s’agit de haut-parleurs à installer sur un véhicule et permettant de sillonner les quartiers en diffusant un message à l’aide d’un microphone ou préenregistré.

Enfin, le maire aura dans le futur la possibilité de déclencher une ou plusieurs des 12 sirènes du Système d’Alerte et d’Information des Populations (SAIP) que l’Etat va déployer d’ici 2015 sur la commune d’Amiens. Le message unique délivré par les sirènes est le confinement dans le bâtiment le plus proche.

  •  Renforcer la coopération avec les partenaires

Si le maire possède un rôle prépondérant en matière de sécurité civile, il n’est pas le seul à intervenir. C’est pourquoi l’élaboration du Plan Communal de Sauvegarde a été l’occasion de nouer des partenariats opérationnels avec de nombreux services de l’Etat (préfecture, police nationale, DREAL, etc.) mais aussi avec les services de secours (SDIS, SAMU) et les organisations agréées sécurité civile (Croix-Rouge Française, la Protection Civile, la Fédération française de sauvetage et de secourisme).

  • Développer la culture du risque auprès des Amiénois

logos-amiens-01La loi de modernisation de la sécurité civile de 2004 met également l’accent sur la place du citoyen dans la gestion de sa propre sécurité. C’est pourquoi la Mairie d’Amiens n’a de cesse de participer au développement d’une culture du risque à grande échelle. Celui-ci prend tout d’abord la forme de la diffusion d’une information préventive à travers le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM), dont la version 2013 a été distribuée sur l’ensemble de la commune en décembre 2012. Cette plaquette, dont une version vidéo est en cours de réalisation, présente de manière simple et concise les différents risques présents sur le territoire communal ainsi que les comportements à adopter en cas de réalisation d’un de ces risques. La première diffusion du DICRIM en 2010 a été accompagnée de sessions de sensibilisation grand public organisées avec les comités de quartiers. La même démarche est en cours en ce début d’’année 2013. L’action est également ciblée sur les futures générations, vecteur indispensable de développement de la culture du risque. Des projets pédagogiques à destination des écoles ainsi qu’une exposition itinérante visant plus particulièrement les classes de 5e ont été proposés aux enseignants, avec le soutien des services de l’Inspection académique.

Enfin, l’entretien de la mémoire du risque fait aussi partie intégrante de la stratégie de gestion des risques. Ainsi, cinq repères de crue, rappelant les niveaux atteints par la Somme lors des inondations de 2001, ont été installés le long du cours d’eau.

=> La labellisation Pavillon Orange salue l’action volontariste de la municipalité engagée depuis 2008, mise en œuvre par les collaborateurs du service Gestion des risques.

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SAINT ETIENNE (42) : le multi-canal informationnel du risque@

La ville de Saint Etienne, labellisée Pavillon Orange, poursuit sa stratégie d’information et d’éducation de sa population aux risques majeurs, en produisant et diffusant deux vidéos sur ce domaine.

La première intitulée  « Que faire en cas d’inondation ? » présente clairement les gestes à faire et ceux à ne pas faire lorsque la mairie déclenche une alerte inondation.


DICRIM – Que faire en cas d’inondation ? par carbone42

La seconde « Que faire en cas d’accidents de transports de matières dangereuses ? » met le citoyen en situation si un camion transportant des produits dangereux pour lui, venait à se renverser dans la commune. La vidéo présente là aussi, les gestes à faire et à ne pas faire.


DICRIM – Que faire en cas d’accidents de… par carbone42

Une nouvelle fois, la municipalité de Saint Etienne est à la pointe de l’innovation en matière d’information préventive qui rappelons le est obligatoire pour toute commune soumise à un risque. En effet, dès lors qu’un risque est recensé sur le territoire d’une commune, le maire doit mettre en place une information préventive, comme l’en oblige d’ailleurs l’article 21 de la loi du 22 juillet 1987 qui stipule « que le citoyen a le droit à l’information sur les risques qu’il encourt en certains points du territoire et sur les mesures de sauvegarde pour s’en protéger ».

Les outils et moyens d’information préventive à disposition du maire

Ainsi le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs plus connu sous l’acronyme DICRIM fait aujourd’hui figure de point d’entrée et de passage obligé, au regard du décret 90-918 du 11 octobre 1990, des outils et moyens d’information préventive. Il est établi par le maire à destination de la population de la  commune. L’objectif du DICRIM est  d’informer le citoyen sur les risques  majeurs auxquels il peut être exposé, sur leurs conséquences et sur ce qu’il doit faire en cas de crise. Le maire y recense les mesures de sauvegarde répondant aux risques sur le territoire de la commune. Le citoyen informé est ainsi moins vulnérable.

Outre le DICRIM, d’autres actions réglementaires sous la responsabilité du maire contribuent à l’information préventive de la population, à savoir :

  • L’affichage sur les risques
  • Les réunions publiques
  • Les repères de crues
  • L’information des acquéreurs et locataires

Au-delà des obligations réglementaires,  d’autres actions peuvent contribuer à diffuser l’information préventive sur les  risques, comme :

  • Le travail avec les scolaires
  • L’Information régulière dans la  presse, le journal municipal  et le site internet de la commune
  • Le réseau de la Réserve Communale de Sécurité Civile
  • L’implication de la population  dans un exercice sur le Plan Communal de Sauvegarde .

 Saint Etienne : une démarche informationnelle du risque multi-canal  

Si, la version papier du DICRIM avait été réalisée par la Ville de Saint-Etienne en 2007, une version électronique, avait été inaugurée en juin 2012. Réalisée en lien avec l’Université Jean Monnet, ce e-DICRIM permettait aux Stéphanautes  (internautes Stéphanois), par le biais d’une cartographie interactive, de découvrir les nombreuses situations de crise connues à travers les siècles sur le territoire de la commune. L’objectif de ce DICRIM interactif est de donner les moyens à chaque citoyen de développer une « culture et une mémoire du risque » par l’intermédiaire de contenus les plus attrayants et ludiques possibles.

Aujourd’hui, grâce à ces deux vidéos, le Service Prévention des risques et du handicap, piloté par le Colonel François DRIOL, répond aux nouvelles attentes de sa population en matière de communication multimédia. En effet, après son système d’alerte à la population, son DICRIM en ligne, sa cartographie interactive d’information sur les risques et ses vidéos sur les gestes à faire et à ne pas faire lorsque le risque se réalise, il ne reste plus qu’à la municipalité de diffuser via les écrans de télévision installés un peu partout dans la ville, toutes ces informations relatives à la prévention et à la gestion du Risque.

Ps : La Ville de Saint Etienne est labellisée Pavillon Orange 

 

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Remise en état des carrières : modalités de mise en place des garanties financières

Une récente circulaire (1) précise les modalités d’application des garanties financières prévues aux articles L.516-1, R.516-1 et suivants du code de l’environnement pour les carrières. Elle annule et remplace la circulaire n°98-48 du 16 mars 1998 relative aux garanties financières pour la remise en état des carrières (ICPE).

Les garanties financières pour la remise en état des carrières ont été introduites par l’article 4-2 de la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l’environnement. Elles sont notamment encadrées par l’article R.516-2 du code de l’environnement et l’arrêté du 9 février 2004 relatif à la détermination du montant des garanties financières de remise en état des carrières.
Le décret n°2010-1172 du 5 octobre 2010 modifiant l’article R.516-2 du code de l’environnement a institué des garanties financières supplémentaires pour certains stockages de déchets inertes et terres non pollués présentant des risques particuliers, dits de catégorie «A». Désormais, l’article R.516-2 prévoit que les garanties financières tiennent compte de:

– la surveillance des installations de stockage de déchets inertes et de terres non polluées résultant de l’exploitation de la carrière lorsqu’elles sont susceptibles de donner lieu à un accident majeur à la suite d’une défaillance ou d’une mauvaise exploitation, tel que l’effondrement d’une verse ou la rupture d’une digue;
– l’intervention en cas d’effondrement de verses ou de rupture de digues constituées de déchets inertes et de terres non polluées résultant de l’industrie extractive lorsque les conséquences sont susceptibles de donner lieu à un accident majeur.

Par ailleurs, les installations de la nouvelle rubrique 2720 relative aux stockages de déchets non inertes, dangereux ou non, des industries extractives, sont soumises aux garanties financières visées au 1°, IV, de l’article R.516-2 du code de l’environnement.

Le commentaire rappelle que «la procédure pouvant aboutir à l’appel des garanties financières doit être lancée par le préfet conformément à l’article R.516-3 quand les obligations de remise en état, de surveillance et d’intervention tels que prévus par l’article R.516-2 ne sont pas réalisées selon les prescriptions de l’arrêté d’autorisation. Les garanties financières doivent toujours être appelées par le préfet avant leur échéance».

Lorsque le préfet fait appel aux garanties financières, «l’Etat se substitue à l’exploitant et devient alors maître d’ouvrage pour la remise en état de la carrière, l’intervention en cas d’accident ou de pollution ou de rupture de digue ou de verse».

(1) Circulaire du 9 mai 2012 relative aux garanties financières pour la remise en état des carrières et au stockage des déchets de l’industrie des carrières.

Télécharger la circulaire :
www.legifrance.gouv.fr
(source : mairie info)

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