Chikungunya: la métropole peu consciente du risque d’épidémie

Malgré la grande probabilité d’une introduction du virus du chikungunya par des voyageurs venant de zones affectées – le trafic de voyageurs entre la France métropolitaine et les Antilles représente plus de 2,5 millions de passagers aériens – la prise de conscience des Métropolitains d’une transmission autochtone du virus semble relativement faible comme les requêtes sur Internet relative à la chose.

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Pourtant, du 2 mai au 4 juillet 2014, sur un total de 350 cas suspects signalés aux ARS, 126 cas importés de chikungunya et 47 cas importés de dengue ont été confirmés dans les départements colonisés par Aedes albopictus (moustique tigre). Et cette importation va se poursuivre.

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Un risque réel d’épidémie de chikungunya en France dans les mois à venir

Pendant l’été 2014, période d’activité du moustique en métropole, un grand nombre de voyageurs en provenance des Antilles va venir en France métropolitaine. Une proportion élevée de ces voyageurs sera en phase virémique au moment de son arrivée, augmentant la probabilité de survenue de cas autochtones de chikungunya dans les départements colonisés par Aedes albopictus et rendant ainsi réel le risque d’épidémie de chikungunya en France métropolitaine.

Surveillance du chikungunya et de la dengue en France métropolitaine (INVS)

Suite à la mise en évidence de l’implantation d’Aedes albopictus dans le sud de la France, le ministère de la Santé français a mis en œuvre depuis 2006 un plan anti-dissémination du chikungunya et de la dengue en métropole. En raison des similarités cliniques et entomologiques des deux maladies, un système de surveillance commun a été mis en place, comprenant un volet entomologique et un volet épidémiologique.

La surveillance entomologique mise en œuvre localement par différents opérateurs publics de démoustication, est assurée grâce à des pièges pondoirs installés le long du littoral méditerranéen et à l’intérieur des terres sur le réseau autoroutier.

La surveillance épidémiologique a pour objectif de prévenir ou limiter l’instauration d’un cycle de transmission autochtone du chikungunya et de la dengue. Elle repose sur trois composantes :

  1. la déclaration obligatoire (DO) des cas confirmés par le laboratoire ;
  2. le dispositif de surveillance saisonnière renforcée, dans les départements colonisés par le vecteur. De mai à novembre, période d’activité du vecteur, tous les cas suspects importés doivent être signalés sans délai aux Agences régionales de santé (ARS) ;
  3. la transmission quotidienne à l’Institut de veille sanitaire (InVS), par un réseau de laboratoires, des résultats des diagnostics de chikungunya et de dengue par sérologie ou amplification génique par RT-PCR.
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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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