Chronique d’une crue

L’événement rare qu’a connu l’Île-de-France en ce début de mois de juin nous remémore que ce territoire à forte vulnérabilité est exposé à un risque important. Bien qu’au mois de mars dernier l’exercice de simulation de crise EU Sequana 2016 ait sonné comme une piqûre de rappel, la crue de la Seine en cette fin de printemps est venue justifiée la mobilisation des moyens de la sécurité civile quelques mois auparavant. En outre, une telle catastrophe tend à sensibiliser la population aux risques auxquels elle est exposée, et à développer ou maintenir, dans une certaine mesure, une conscience du risque. Nous revenons dans cet article sur quelques-uns des papiers qui ont été écrits pendant le déroulement de cet épisode de juin.

 

Comme il est introduit dans l’article, la Seine a atteint un pic de plus de 6 mètres et les voies sur berges ont été inondées. Au rang des vulnérabilités, nous retrouvons la vulnérabilité humaine, économique, structurelle, patrimoniale, pour ne citer que celles-ci. Aussi, l’actualité de la crue nous fait associer la notion de risque extrême aux catastrophes naturelles. Ainsi, les franciliens les plus aguerris auront connaissance des crues de 1570, 1910, ou encore de 1953. Nous retrouvons dans l’article une différence importante entre ce qu’est un événement extrême et un événement rare, à ne pas confondre. Un événement extrême est un événement qui a une faible probabilité de se produire mais qui, lorsqu’il se produit, prend de très petites ou de très grandes valeurs et a un grand impact. On notera la différence avec un événement rare qui, par définition, est un événement dont la probabilité d’occurence est faible. 

L’article poursuit son chemin sur les méthodes qui permettent d’anticiper des événements de nature extrême. Nous retrouvons l’analyse des événements passés qui, selon la fiabilité et la quantité des données, vont permettre de créer des modélisations à multiples scénarios. Sur le plan mathématique la théorie des valeurs extrêmes sur laquelle il est possible de construire des modèles statistiques est abordée. Autre et dernier domaine d’application historique que nous redécouvrons dans cet article, l’hydrologie. L’objet est finalement de donner aux lecteurs quelques clefs sur les méthodes qu’ils existent pour se prémunir contre les risques avec ces différentes probabilités.

Paru le 7 juin 2016, l’article revient sur le fonds d’extrême urgence mis en place par l’Etat pour aider les sinistrés dans l’urgence. L’aide débloquée a été de l’ordre de 500 euros par foyer en moyenne, pour un total de 30 millions d’euros de crédits publics. D’autres aides exceptionnelles ont été octroyées aux artisans, commerçants, et aux commerces de proximité. Déjà à ce stade, l’Association française de l’assurance estimait le coût des inondations compris entre 900 millions et 1,4 milliards d’euros. Encore affectés par la crue de la Seine, 7 départements étaient toujours placés en vigilance météo orange, et l’aval de la Seine, bien que la décrue était amorcée, demeurait toujours menacée par des orages et des débordements de cours d’eau.

Le jeudi 9 juin 2016 a été publié au Journal Officiel l’arrêté interministériel déclarant l’état de catastrophe naturelle dans des centaines de communes de 17 départements français. Comme il l’est évoqué, cet arrête ouvre la voie à l’indemnisation des victimes des 812 communes. Malheureusement, pour certains sinistrés, la facture sera peut-être plus lourde que pour le sinistré de la commune voisine. Effectivement, les sinistrés paieront plus cher de franchise s’ils habitent dans une commune qui n’a pas de plan de prévention des risques et que cette commune a été touchée par des inondations reconnues « catastrophe naturelle » dans le passé. Des exemples avec les habitants des communes d’Etampes (Essonne) et de Noyers (Loiret), qui ont déjà connu à trois reprises des inondations de ce type et n’ont pas mis en place de plan de prévention, devront ainsi débourser 1 140 euros avant d’être indemnisés pour ce quatrième sinistre en cinq ans.

Ici, le focus est placé sur des communes résiliantes dont l’impact de la crue a été moins important que prévu. Retour sur l’exemple à suivre de Blois, Orléans, ou encore Romorantin. Dans la dernière, le quartier Romo 1 a été pensé pour être résilient aux inondations. Aménagement intelligent et adapté aux risques de crue, des chenaux d’écoulement des eaux ont été aménagés en amont, et les immeubles ont été surélevés. Bien que la crue a dépassé de 60 cm le niveau des plus hautes eaux connues, les logements n’ont pas été inondés. A Blois, un choix fort en matière d’urbanisme a été réalisé et tout un quartier a été rasé à titre préventif. Alors qu’il y a une dizaine d’années de ça le quartier comptait 300 habitants, aujourd’hui il ne reste que quelques occupants et cela a permis de limiter l’impact négatif de la crue. Orléans est également à l’honneur en matière de résilience une forte culture du risque : organisation de crise favorisée, activation de la cellule de crise efficace avec l’accueil des automobilistes bloqués sur l’autoroute A10, ou encore la bonne tenue avec de lourds investissements financiers des réseaux de collecte d’eau et des ouvrages d’assainissement. 

 

A travers la rédaction de ce billet nous souhaitions revenir, de manière non exhaustive, sur la couverture des médias tout au long de la crue de la Seine de ces mois de mai et juin 2016. A travers ces quelques articles, nous voulions donner un aperçu du déroulement des événements, de leurs impacts (humains, financiers, et structurels), des aides nécessaires, ainsi que des comportements adaptés en matière de résilience de quelques communes.

 

Nemours, coupée en deux par la crue
Nemours, coupée en deux par la crue. Source : Les Echos/Dominique Faget/AFP

 

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