Decize (58) : un exercice d’évaluation du PCS et du dispositif Orsec révèle des disfonctionnements

Prendre conscience des risques et les anticiper au maximum,  tel était le but de l’exercice d’évacuation mis en place, en novembre dernier, à Decize, dans le cadre du nouveau dispositif Orsec inondations Loire et de la révision du Plan communal de sauvegarde. Une crue centennale semblable à celle de 1907 où la cote de la Loire avait atteint plus de 6 m, servait de scénario virtuel. Une simulation qui, à 5,65 m, obligerait plus de 2.000 Decizois à quitter leur domicile pour se mettre en lieu sûr. Après cette mise en pratique du dispositif de l’automne dernier, l’heure était au bilan en ce jeudi 22 janvier. Aussi, le retour d’expérience à froid a soulevé plusieurs disfonctionnements et points pour améliorer le dispositif…la culture de l’exercice est-elle en mutation, fini l’époque des congratulations excessives entre les autorités et les communiqués idylliques remis au préfet et aux médias.
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Reportage d’Estelle Pion pour

Une quarantaine de Decizois se sont prêtés au jeu de l’exercice d’évacuation. Pendant toute la journée, les services de l’État et tous les acteurs des secours étaient sur le pont pour organiser les secours. Hier, ces derniers avaient rendez-vous en mairie pour pointer les secteurs à améliorer. Avant le tour de table où chacun a transmis les problèmes rencontrés, le maire, Alain Lassus, a noté « la grande réactivité ce jour-là des acteurs locaux comme l’hôpital, les ambulances, les transports Gonin, ErDF… »

De son côté, le chef du service interministériel de défense et de protections civiles, Jean-François Quien, a précisé qu’en cas de forte inondation, « plusieurs villes du département seraient touchées, mais à Decize, il s’agirait d’une évacuation massive puisque la quasi-totalité de Decize devrait être évacuée, ce qui n’est pas le cas ailleurs ».

Points à améliorer

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Crue de la Loire en 2003 à Décize

Au niveau du bilan, ce dernier s’est accordé à dire que « l’échange d’informations entre les postes de crise n’était pas des plus satisfaisants. Il faut revoir ce point et s’assurer de maintenir le lien entre tous les postes. Il faudra aussi bien redéfinir le rôle de chacun. C’est au maire, par exemple, d’alerter les habitants, d’informer tout au long de la crise et de soutenir la population. Pour l’organisation des secours c’est à la préfecture de s’en charger. »

Au total, pour la directrice des services du cabinet de la préfecture, Catherine Fourcherot, « une quinzaine de pistes sont à améliorer, dont définir précisément les lieux où évacuer les habitants (1), prévenir les problèmes d’alimentation en eau potable (2) », ou encore améliorer l’information des données techniques sur l’évolution de la crue.

D’autres réunions devraient notamment se mettre en place entre la municipalité et la préfecture pour affiner les modifications à inscrire sur le Plan communal de sauvegarde. Alain Lassus a également soumis l’idée d’organiser ce genre d’exercice sur la durée réelle d’une crue, « sur trois jours environ, afin d’étudier vraiment toutes les problématiques ». « Je comprends votre demande, mais c’est plus compliqué à mettre en place », a répondu Catherine Fourcherot. En attendant, elle a invité l’élu à renouveler chaque année la sensibilisation auprès de la population.

(1) Pour l’exercice, la quarantaine d’habitants devaient se rendre dans la salle des fêtes de Cossaye. Mais en cas de crue, il faudrait prévoir divers lieux pour pouvoir accueillir davantage d’habitants.

(2) Au-delà de 5,40 m, plus d’eau potable à Decize, mais également à Saint-Léger-des-Vignes et La Machine qui dépendent de la même station, soit 10.000 personnes concernées.

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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