En prévision de la marée du siècle, Landerneau se dote d’un système d’alerte aux crues plus efficient

Le 21 mars prochain, la marée du siècle (coefficient de 119) est attendue sur le littoral Atlantique et de la Manche. Mais la date que redoutent le plus les services de surveillance de la mairie de Landerneau correspond au 21 février. L’Elorn, la rivière qui irrigue cette commune du Finistère nord, pourrait atteindre 7,90 m de haut, soit 4,60 m à l’échelle de la mairie. A titre de comparaison, le 3 mars 2014, l’Élorn avait atteint 4,93 m et provoqué 50 centimètres de débordement en centre-ville. Aussi, pour mieux prévenir à l’avance de la montée des eaux sa population, la municipalité vient de mettre en place un nouveau système d’alerte aux crues moins cher, plus complet et, surtout, plus pratique. Reste que son niveau d’efficacité sera conditionné par la participation de la population concernée à qui l’adjoint au maire à la sécurité, demande de s’inscrire très rapidement via le formulaire en ligne sur le site de la mairie.

PCS Resilience Landerneau_telealerte

Reportage réalisé par le Télégramme

Neuf communes face aux crues

Coupable de se montrer intempestif ou, pire encore, totalement négligeant, Medialert finissait par prendre l’eau de toute part. Adopté en 2009 par la mairie, ce système d’alerte téléphonique présentait en outre les défauts d’être cher (30 centimes par communication) et de manquer sérieusement de discernement, le déclenchement d’une alerte provoquant un appel téléphonique chez tous les abonnés, jusqu’à ce que quelqu’un décroche, menace d’inondation proche ou pas. Pour les riverains excédés, la série de crues de l’hiver dernier a fait déborder le vase.

La mairie a choisi la TéléAlerte de Gedicom.

Ce logiciel, également adopté par Quimperlé en septembre 2014 (une référence), utilisé depuis un ou deux ans par Quimper, coûte plus cher à l’achat mais est moins cher à l’usage que son prédécesseur (5 centimes par minute vers un fixe, 12 centimes le SMS). Sans « rien rogner sur la qualité », selon le service municipal de sécurité et de protection de la population, particulièrement séduit par la souplesse d’application : « Le système d’information géographique (SIG) ayant été intégré, nous pouvons limiter les appels en fonction de la zone la plus exposée au risque (une crue de rivière n’impactera pas le même quartier qu’une crue maritime). Ce à distance. Il suffit à l’agent municipal ou à l’élu d’astreinte d’utiliser un mobile ou un point d’accès à Internet. Cette grande nouveauté permettra de gagner en rapidité », apprécie Katia Mariller, responsable du service.

6.780 contacts en moins de dix minutes

Gedicom présente aussi l’avantage de ratisser plus large : « Nous avons ajouté à la liste des abonnés Medialert les coordonnées pages jaunes ou pages blanches des habitants situés dans le périmètre de risque d’inondation ». Un périmètre qui s’est d’ailleurs élargi aux alentours de la Palud ou rue Michelet après les débordements plus conséquents de l’Elorn, début 2014. Les coordonnées des parents d’élèves des écoles publiques en première ligne figurent également sur le listing de Gedicom. Soit, en tout, 6.780 contacts que le logiciel peut intégralement toucher en moins de dix minutes. Une voix moins synthétique que celle de Medialert informera toujours sur la hauteur d’eau attendue, sur tel secteur et à telle heure.

Appel à contribution

Séduisant sur le papier, le logiciel ne fonctionnera cependant pas à plein régime sans participation de la population : « Il donne les moyens de prévenir, à condition de disposer de toutes les coordonnées. Or, nous n’avons pas toutes les adresses des personnes précédemment abonnées à Medialert », signale Jean-Jacques Boniz, adjoint au maire à la sécurité. Cette indication, permettant d’affiner le périmètre d’alerte, pourra être délivrée en passant par le site Internet de la ville ou en remplissant un formulaire en mairie. Sans trop traîner en route, le premier test grandeur nature pourrait bien être le 21 février prochain.

Gare au 21 février

Même s’il est gratuit, le système de télé-alerte ne revêt toutefois aucun caractère obligatoire. Chacun peut refuser d’y figurer par simple demande à faire à la mairie. Toutefois, nous ne saurions cependant trop recommander d’attendre au moins deux mois avant de faire valoir son droit à l’oubli. La marée du siècle (coefficient de 119) débarque le 21 mars. Mais la date que redoutent le plus les services de surveillance de la mairie correspond au 21 février. La rivière pourrait atteindre 7,90 m de haut, soit 4,60 m à l’échelle de la mairie. Pour se remettre dans le bain, rappelons que le 3 mars 2014, l’Élorn avait atteint 4,93 m à cette mesure et 50 bons centimètres en centre-ville. À bon entendeur…


Landerneau. Les inondations 2014 en moins de 2… par Letelegramme

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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