Japon : un pays où le courage et la résilience sont une façon de vivre

Du 24 au 31 octobre 2011 se tenait un séminaire d’études au Japon organisé par l’Association des collectivités locales pour les relations internationales du Japon (CLAIR), section New York. Lors de ce voyage réservé aux élus et gestionnaires nord-américains travaillant au sein d’une administration publique, les participants ont pu observer les efforts de reconstruction amorcés à la suite du tremblement de terre du 11 mars 2011 et mesurer la capacité de résilience de ce peuple. En exclusivité, nous vous livrons le récit de M. Daniel Perron du Service de sécurité incendie de Sainte-Julie.

Un pays dûrement touché

Lors de notre passage dans la préfecture de Miyagi, huit mois après les événements dramatiques, on avait toujours devant les yeux un décor de guerre épouvantable et incroyable.  Les vestiges parlaient d’eux-mêmes!

L’hôpital de Minami-Sanriku-Cho où plus de 300 patients et membres du personnel sont morts.

À Sendai, les participants ont été reçus par les responsables du Bureau de l’énergie atomique. Ils ont discuté de reconstruction et de revitalisation avec des membres de la division gestion des risques de la préfecture. Ils ont pu constater l’ampleur de la catastrophe, des travaux étant toujours en cours lors de leur passage. Une visite du port et de l’aéroport de Sendai, lourdement endommagés, a également permis de mieux saisir l’affaiblissement de l’économie de cette région et du reste du pays à la suite de cette catastrophe.

Centre de coordination des mesures d’urgence de Minami-Sanriku-Cho, construit pour résister à des tremblements de terre de magnitude 8, a été détruit par le tsunami.

C’est à Minami-Sanriku-Cho qu’on a compris l’ampleur de ce désastre naturel.  Même l’installation de brise-lames et de barrières, à la suite de dommages importants subis lors d’un tremblement de terre qui avait secoué le Chili en 1960, n’a pu contrer le déferlement d’une vague de plus de dix mètres qui a détruit 70 % des infrastructures et causé la mort de plusieurs milliers de citoyens de cette petite ville de 30 000 habitants située face à l’océan Pacifique.  Marcher dans ces rues rasées nous donnait l’impression de fouler un lieu sacré où tant de souffrances avaient été vécues.

Par la suite, une tournée dans les rues d’Ishinomaki City, deuxième ville en importance de la préfecture de Miyagi, a révélé la puissance destructrice du phénomène de la liquéfaction des sols qui a entraîné l’affaissement, sur une distance de 1,5 kilomètre, d’environ deux mètres d’une bande riveraine de l’océan Pacifique. Ce qui provoque l’envahissement du centre-ville par l’océan à chaque marée haute. Le problème le plus criant a été la relocalisation de milliers de personnes dans des logements temporaires, de style maisons mobiles.

Culture de sécurité civile

L’histoire du Japon nous apprend que ce pays, durement éprouvé par de nombreux désastres par le passé, a su développer au fil des années de bons outils pour améliorer son état de préparation. Et les pompiers sont des intervenants de première ligne.

Le Service de sécurité incendie de Tokyo s’avère le plus gros service incendie au monde avec 15 000 pompiers qui desservent une mégalopole de 13 millions d’habitants. « Lors de notre passage à Tokyo, nous avons assisté à plusieurs exercices majeurs exécutés par les pompiers. Nous avons aussi visité le centre de formation, le centre de recherche et le laboratoire d’expertise du service de sécurité incendie ainsi qu’un centre de prévention des tremblements de terre. On y trouve des simulateurs de tremblement de terre où les citoyens peuvent vivre une expérience des plus réalistes.

pompiers de Tokyo en formation pour devenir paramédicaux, devant un simulateur d’ambulance

Il ne faut pas oublier que ce sont les pompiers de Tokyo qui sont intervenus les premiers lors d’une explosion survenue à la centrale nucléaire de Fukushima, située dans la zone touchée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Il ne faut jamais oublier leur courage et leur héroïsme.

Cette expérience unique au cœur d’un pays si différent du nôtre m’a permis de faire la connaissance d’un peuple fabuleux où le courage et la résilience sont une façon de vivre quotidiennement.

L’Association des collectivités locales pour les relations internationales du Japon (CLAIR) a été mise sur pied en 1988 par le gouvernement japonais. Dans le but avoué de favoriser les relations et les discussions internationales sur la gestion et sur l’administration publique, le Japon a créé sept succursales à travers le monde, dont une à New York. La mission principale de cette organisation est de promouvoir des liens entre le Japon et les gouvernements en organisant entre autres des programmes d’études internationales pour les administrateurs locaux. http://www.jlgc.org/

 

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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