La commémoration de Xynthia permet aux Elus de fustiger la folie procédurale de l’Etat

A l’occasion de la commémoration du troisième anniversaire de la terrible tempête Xynthia, qui a provoqué dans la nuit du 27 au 28 février 2010 la mort de 53 personnes et causé plus de 2,5 milliards d’euros de dommages, les Elus Vendéens fustigent la lenteur de l’Etat dans sa gestion post-événement.

C’est Bruno Retailleau, le Président du Conseil Général et rapporteur de la mission sénatoriale sur Xynthia qui a ouvert les hostilités le vendredi 1er février lors d’une session du conseil général. Répondant à une remarque de son conseiller général de Noirmoutier sur le profond malaise des élus et de population face à la folie procédurale de l’Etat dans la gestion post-crise de la catastrophe, le sénateur Bruno Retailleau dénonçait la lourdeur et la complexité des dispositifs de prévention des risques littoraux mis en place.

En effet,  « Bien malin qui peut s’y retrouver entre les PPRI, les Papi, les PPRL, les Plu…Toutes ces procédures, ces contraintes entraînent un profond malaise dans la population et chez les élus… » fustige le sénateur. Même si la majeure partie des Littoraux ont conscience que le niveau de la mer continuera à monter dans les années qui viennent et que les tempêtes seront de plus en plus violentes, chacun s’interroge en voyant toutes ces procédures qui s’ajoutent les unes aux autres.

 « Y’en a marre ! À quoi servent-elles ? À protéger les populations ou à couvrir les administrations ? On ne protégera pas les habitants du littoral en coloriant en rouge, en bleu marine et en bleu foncé les cartes marines. Il faut que les règles soient intelligibles pour les citoyens et surtout, elles ne doivent pas apparaître comme des règles arbitraires. On a construit une machine administrative extraordinairement complexe », tacle le parlementaire.

Quelques jours plus tard, Bruno Retailleau poursuivait ses attaques lors d’une visite à l’Aiguillon-sur-Mer pour évoquer le plan digue vendéen. Dans le cadre d’un vaste plan départemental de renforcement des digues, 92 chantiers répartis sur les 276 kilomètres de littoral vendéen, soit un investissement global de près de 100 millions d’euros financé par l’Etat via le fonds Barnier à hauteur de 40 %.

Toutefois, avant que les travaux ne démarrent, les gestionnaires d’ouvrages de défense déplorent un véritable parcours du combattant pour pouvoir bénéficier du soutien financier de l’Etat. L’enchevêtrement des procédures allié à la multiplicité des acteurs et à la lenteur administrative freinent voire bloquent de nombreux dossiers. Le dispositif mis en place par l’Etat est d’une complexité redoutable. Avec une telle situation, le renforcement des digues n’est pas assuré. Pour le Président du Conseil Général, ce serait la cause essentielle du retard pris dans la réalisation de nombreux ouvrages de protection, que ce soit à La Faute ou à L’Aiguillon, mais aussi plus au nord de la Vendée, à Noirmoutier, considéré comme l’un des maillons faibles. «Il faut simplifier les procédures», réclame-t-il.

Aussi, le Président du Conseil général a souhaité mettre en avant trois solutions pour que les chantiers s’accélèrent  à savoir :  une simplification urgente des procédures, le recours à la procédure d’urgence et la désignation d’un interlocuteur unique et de proximité par l’Etat.

En tout état de cause, il faudra bien un jour « Savoir rendre des terres à la mer » dans les zones très vulnérables  Car il ne sera pas possible édifier des digues sur l’ensemble du littoral comme le souhaitent la plupart des maires. La déconstruction de 700 maisons en Vendée est une première étape de repli raisonnable. Quant à la mer, si l’homme croit pouvoir la dominer, des événements comme Xynthia lui rappelle une nouvelle fois qu’il n’est que l’hôte de la nature…et en ces temps de révolution spirituelle, nos décideurs devraient faire preuve d’humilité dans leur ambition urbanistique.

Xynthia_commemoration

La réponse de Delphine BATHO, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie

La ministre a profité de la commémoration de la tempête Xynthia pour décider d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle et concrète de ces décisions.

Des travaux de réparations d’urgence ont été mis en œuvre juste après la tempête, avec 190 chantiers réalisés pour un montant de travaux de 31,9 M€ dont 15,5 M€ financés par l’État. Après la phase d’urgence, 13 programmes d’actions de prévention des inondations (PAPI) et 3 renforcements de digues (label plan submersion marine) ont été élaborés en Charente-Maritime et en Vendée.

Si les premiers confortements de digues ont été réalisés à Charron (Charente-Maritime), la complexité des procédures environnementales et techniques, qui sont actuellement en cours, est à l’origine des retards pris pour la réalisation des travaux des digues de la Pergola et des Grands Relais (Vendée), du Boutillon et de Port des Barques (Charente-Maritime).

Afin de mener l’ensemble des travaux prioritaires au plus vite, Delphine BATHO a désigné une mission d’appui auprès des services de l’État qui veillera à la simplification et la réduction des délais.

 

 

 

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Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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