Les Français toujours peu concernés par les risques environnementaux

Interrogés par le Commissariat général au développement durable dans le cadre d’une étude intitulée « Français_face_aux_risques_climatiques_2015 » afin de savoir s’ils se sentent exposés à un ou plusieurs risques environnementaux là où ils habitent, une grande majorité des enquêtés vivant dans ces communes ne considère pas être concernée par les risques existants ou juge que son exposition y est faible. C’est dans les DOM que s’exprime le plus fréquemment un fort sentiment d’exposition. D’autre part, seul un tiers des Français pensent être exposés à plus de deux risques environnementaux.

Perception_risques_CGDD_2015

C’est en matière de risques climatiques que la conscience du risque paraît être la plus élevée en France, et plus particulièrement dans les DOM. Face aux inondations auxquelles elles pourraient être confrontées, les populations ultramarines se montrent également plus conscientes de ce risque naturel (37 %) que les métropolitains (28 %).

Métropolitains et ultramarins s’accordent à penser que la pollution atmosphérique constitue un risque notable (56 %). Les aléas naturels (séismes, inondations) sont plus fréquemment évoqués en outre-mer, tandis que les risques technologiques (industriels et nucléaires) sont surtout cités en métropole.

Les risques liés au changement climatique sont quant à eux redoutés par 56 % des ultramarins et par 42 % des métropolitains, ceux sont les tempêtes et les cyclones auxquels les Français ont été le plus confrontés. Ils sont 41 % de métropolitains et 67% d’ultramarins à avoir personnellement vécu un épisode de vent violent.

Dans la majorité des cas, plus une catastrophe a eu des effets directs sur les enquêtés, plus ceux-ci ont tendance à considérer qu’elle pourrait se reproduire. Cette influence des expériences passées sur le sentiment d’une forte exposition s’observe notamment dans le cas des inondations en métropole et des séismes aux Antilles.

À l’échelle nationale (métropole et outre-mer), le niveau d’inquiétude des Français reste faible  avec une notre de 3,6 / 10 pour les personnes ayant déjà été confrontées à des risques et de 3,5 / 10 pour la population affirmant n’avoir jamais été confronté (ni directement, ni indirectement) à l’un des risques évoqués.

Catastrophe_niveau_inquietude

Être acteur de sa sécurité : une posture encore peu pratiquée par les Français

Encouragés à œuvrer par eux-mêmes pour se prémunir des risques auxquels ils sont exposés, les Français se montrent plus ou moins bien disposés face à cette idée. Seuls 15 % des Français exposés à un ou plusieurs risques déclarent avoir connaissance des actions préconisées par les pouvoirs publics afin que les citoyens se protègent par eux-mêmes des risques qui les concernent. En métropole, la part des enquêtés jugeant que c’est d’abord aux pouvoirs publics d’agir pour éviter ou limiter les éventuels dégâts est très nettement supérieure à celle des personnes qui pensent au contraire que c’est à chacun de mettre en œuvre des actions pour se protéger face aux risques. Dans les DOM, les enquêtés adoptent une posture inverse.

La principale raison évoquée pour expliquer l’absence de suivi des préconisations est principalement liée au fait que les individus ne voient pas l’intérêt d’agir dans ce sens. Seuls 5 % des enquêtés résidant dans des communes exposées à un risque d’inondation en métropole agissent effectivement ou sont disposés à agir en correspondance avec les préconisations visant à prévenir le risque d’inondation à l’échelle des ménages. Même si la proportion de réponses de ce type est double concernant les actions préconisées en matière de risques industriels, cela ne représente cependant que 10 % des métropolitains qui y sont exposés.

Connaissance_preconisations_risques

Un déficit de crédibilité des autorités

Deux tiers des opinions exprimées soulignent la faible efficacité des lois et réglementations visant à protéger les biens et les personnes face aux risques environnementaux. Enfin, un tiers des enquêtés ont confiance dans les mesures prises par les pouvoirs publics concernant les risques naturels et technologiques. Concernant le risque d’inondation, la défiance (49 %) dépasse de peu la confiance (47 %), en revanche, le décalage est bien plus important en matière de risques industriels (56 % de défiants contre 40 % de confiants).

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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