Mesurer la résilience communautaire

L’Université de Manchester a mené une étude sur la vulnérabilité des ménages au changement climatique et aux risques afférents. En fonction de plusieurs variables (niveau de richesse, présence d’enfant, parents isolés, etc.), Climat Just génère un indice de vulnérabilité à l’échelle d’une zone, regroupant entre 2000 et 6000 habitants. Cet outil permet notamment de comparer et d’établir, entre quartiers, des stratégies différenciées de réponse en cas de crise.

Le Comté de Somerset (GB), touché par des inondations en 2014. Source : telegraph.co.uk
Le Comté de Somerset (GB), touché par des inondations en 2014. Source : telegraph.co.uk

Au-delà de cette approche statistique, Ruth Cole, titulaire d’un Master of Science de l’Université de Portsmouth, a quant à elle étudié la résilience à l’échelle d’une communauté. La résilience fait alors appel à la notion de compétence communautaire. Il s’agit de la capacité des membres d’un groupement à travailler ensemble pour prendre des décisions et engager des actions ayant pour objectif d’améliorer une situation donnée. Six dimensions ont à ce titre été retenues pour mesurer la résilience communautaire : le degré de confiance entre les membres, le lien social, l’attachement au lieu, la participation à la prise de décision locale, la capacité à se mobiliser (physiquement, collectivement, et avec des compétences adaptées), et enfin l’expérience vécue, ou non, d’une crue. Pour étudier la notion de communauté, l’échelle de la paroisse semblait alors la plus pertinente, s’appuyant davantage sur des dynamiques communautaires qu’une zone géographie définie statiquement.

Plusieurs facteurs déterminant le degré de résilience communautaire ont ainsi été mis en avant. Les quartiers où les habitants se déplacent majoritairement en voiture, laissant moins d’espace pour que les gens créent des liens entre eux, semblent ainsi moins résilients. De même, l’aide psychologique apportée par des personnes résidant à proximité, et ayant vécu une expérience similaire, est souvent aussi importante que le soutien de la famille et des amis.

Entre approche quantitative et qualitative, cette étude a permis de révéler une corrélation entre densité du lien social et capacité à répondre et se relever suite à une crue. Par ailleurs, les communautés présentant les facteurs de vulnérabilité les plus élevés (forte prévalence de personnes isolées et vulnérables par exemple), ne sont pas systématiquement les moins résilientes au vu des témoignages de leurs membres.

Bien que focalisée à l’échelle de la paroisse, cette étude permet d’améliorer notre compréhension des dynamiques de groupes en temps de crise. Elle ouvre ainsi une réflexion sur les moyens d’encourager cette résilience communautaire pour permettre une meilleure réponse collective.

Sommaire du dernier numéro de Crisis Response Journal (eng)

Voir le site Climate Just (eng)

Share Button

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*