Prévoir les épidémies en combinant télédétection satellitaire et modéle informatique de santé

En combinant dans un modèle informatique des données environnementales captées par les satellites et des informations épidémiologiques, il sera possible de prévoir plusieurs mois à l’avance certaines épidémies comme la dengue, le paludisme ou le chikungunya. En effet, certaines infections sont très sensibles à leur environnement, surtout les maladies parasitaires et, avec la télédétection via satellite, il est possible d’identifier des endroits où la maladie peut proliférer.

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Pour parvenir à ces prévisions, les spécialistes analysent certaines données captées par les satellites, comme l’évolution de la température, l’humidité des sols, l’importance des précipitations et le type de végétation. Ils associent ensuite ces éléments à des informations de santé pour constituer des cartes de propagation pour les autorités locales qui peuvent ainsi déployer très en amont des mesures de contrôle et des stratégies visant à minimiser l’impact de cette maladie.

La clé de cette approche est de comprendre l’écologie et la dynamique de la transmission. Les épidémiologistes ont découvert dans le cas de la fièvre de la vallée du Rift que chaque fois qu’il pleuvait et que les habitations étaient inondées, cela faisait éclore des oeufs de moustiques contenant le virus. Pour la dengue en Afrique, la sécheresse accroît l’habitat de reproduction des moustiques près des populations humaines et les températures chaudes augmentent la transmission de l’infection. Et ces connaissances sont un préalable obligatoire avant de pouvoir utiliser les autres données satellitaires.

Le dispositif a été présenté à l’occasion de la conférence annuelle de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS), qui s’est tenue du 14 au 15 février à San José, en Californie par Archie Clements, directeur de la faculté de santé publique de l’université nationale australienne à Canberra.  Pour Kenneth Linthicum, directeur du Centre d’agriculture médicale du ministère américain de l’Agriculture (USDA), cette approche a permis à ses services d’utiliser les données environnementales, particulièrement celles portant sur le changement climatique pour prédire à l’échelle du globe certaines maladies avant leur apparition.

Toutefois, l’observation satellitaire des épidémies présente néanmoins quelques limites. Pour certaines maladies, comme le paludisme et le chikungunya, les conditions de transmissions diffèrent selon l’environnement. Par exemple, en Asie de l’Est, le risque de contamination est accru s’il y a une augmentation des précipitations, alors qu’en Afrique, c’est la sécheresse qui pose problème.

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Publié par

Patrice-Louis Laya

Avec plus de 35 ans d'expérience dont 10 ans dans le Groupe BASF, 20 ans dans la sphère IBM (Business Partner, Agent, Architecte solution sécurité), et la création en 2005 d'un Pôle dédié à l'infomédiation sur les problématiques du risque majeur et l'architecture des TIC appliquées aux risques majeurs, Patrice-Louis LAYA a été appelé par le HCFDC pour créer et animer ce blog sur la Résilience et la Sauvegarde des territoires au travers de sa structure dédiée au community management et à la communication digitale e-relation Territoriale. Depuis janvier 2012, Patrice LAYA est auditeur de la Session Nationale Résilience et Sécurité Sociétales. Il a par ailleurs, une formation initiale en agronomie, complétée par une maîtrise d'informatique appliquée à la gestion et un DESS en ingénierie de l'innovation. Dialoguer sur Twitter : @iTerritorial - sur Facebook : http://www.facebook.com/Plan.Communal.Sauvegarde Par mail : espace.territorial@online.fr

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