Risque et perceptions

Source : vincentabry
Source : vincentabry

Dans une société où l’être humain, siècle après siècle, n’a cessé de faire reculer et d’amoindrir les conséquences des risques auxquels il est exposé, par la maîtrise du territoire et l’évolution technologique, comment se fait-il qu’il soit toujours plus préoccupé par le risque ? En une trentaine d’années, la notion de risque a conquis le lexique courant pour aujourd’hui devenir un concept-clé. Bien que nous nous dotions d’un arsenal législatif et que nous nous prémunissions à travers l’aménagement du territoire, la question du risque ne cesse d’alimenter nos craintes, ainsi que nos aspirations à rendre nos vies toujours plus sûres. Dans cet article, nous nous proposons d’identifier quelque-uns des facteurs qui influencent nos perceptions et nos représentations du risque.

L’effet du genre, ou la différence de perception homme-femme du risque, selon de très nombreuses études que cite Slovic (1999), ont montré que les hommes tendent à appréhender les risques de façon plus faible et moins problématique que les femmes. Qu’ils s’agissent des femmes françaises, chinoises, roumaines, des adolescentes américaines, ou encore des femmes de Chicago, celles-ci ont donc toute la même point commun. Le niveau de risque perçu par les femmes est plus important que celui des hommes qui tendent à la considérer d manière plus faible.

L’effet de l’âge est également un déterminant profond de la perception du risque, bien que les études menées n’aient pas permis de mette en évidence une tendance nette. Néanmoins, nous savons, que selon les pays, la culture, etc, les perceptions et représentations du risques fluctuent avec l’âge. Certaines études mettent en évidence que les plus jeunes ont une perception des risques moins élevée que les plus âgés, et qu’à l’inverse, d’autres ont montré que les plus jeunes avaient une perception des risques supérieure à celle des plus âgés.

L’effet du du niveau d’éducation influence directement nos perceptions et nos représentations. Les études dans ce domaine sont très explicitent et sans ambiguïtés, les individus moins instruits perçoivent globalement plus de risques que les individus plus instruits.

L’effet de la profession sur le risque est bien documenté. Selon de nombreuses études, la perception des risques par les infirmières est la plus élevée, alors que dans un même temps, la perception du risque la moins élevée concerne les étudiants diplômés. Le niveau d’études ne semble pas être déterminant, alors que la confrontation plus ou moins fréquente à certains risques, dans le contexte professionnel, apparaît influencer la perception des risques.

L’effet du niveau de revenus et leur analyse tend à confirmer que les individus les plus pauvres ont les perceptions des risques les plus élevées. Effectivement, ayant des moyens financiers moins élevés, les personnes les plus pauvres semblent plus préoccupés par les risques car elles se sentent exposées plus personnellement.

Les influences ont également un impact non négligeable sur les perception et représentations des risques. On notera par exemple l’influence du statut des individus dans la société, l’influence de l’exposition médiatique,  l’influence des visions du monde, l’influence de l’anxiété, l’influence de la confiance sociale, l’influence des croyances religieuses, ou encore l’influence de la personnalité.

– Influence des variables distales sur la perception des risques : une revue de littérature

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