Culture du risque : un webdocumentaire interactif sur l’explosion de l’usine AZF du 21 septembre 2001

« AZF, une usine à souvenirs » est un webdocumentaire interactif réalisé par trois jeunes journalistes toulousains, sur l’explosion de 2001 à l’usine d’AZF à Toulouse qui permet d’écouter les témoignages vidéo de plusieurs personnes ayant vécu cette catastrophe. Il propose par ailleurs, aux Toulousains de déposer leurs propres souvenirs de cet événement et fonctionne ainsi comme un objet de mémoire, pour ne pas oublier.

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Quel souvenir gardez-vous du 21 septembre 2001 jour de l’explosion à Toulouse de l’usine AZF ?

Avec « AZF, l’usine à souvenirs », trois jeunes journalistes toulousains (Robin Panfili, Rémi Khelif et Thomas Liabot), reviennent près de 13 ans après sur les traces que ce drame a laissé dans la mémoire des Toulousains.

  • un webdoc qui s’écoute et se regarde : en immersion dans ce format enrichi vous pouvez écouter les témoignages vidéos de victimes, de journalistes, ou de personnalité comme le rugbyman du Stade Toulousain Clément Poitrenaud.
  • un webdoc participatif : votre témoignage intéresse aussi les auteurs. Quel souvenir en gardez-vous ? A travers une carte interactive, lisez les témoignages des Toulousains et livrez le votre. Le webdoc sera ainsi mis à jour régulièrement et enrichi de vos témoignages pour devenir une véritable « usine à souvenirs ».

Ce webdocumentaire est mis en ligne depuis le 9 mai sur le site internet de France 3 Midi-Pyrénées qui a décidé de soutenir le travail de ces journalistes.Quel souvenir gardez-vous du 21 septembre 2001 jour de l’explosion à Toulouse de l’usine AZF ?

http://usineasouvenirs.fr/#Bienvenue_a_l_usine

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AZF: la cour d’appel condamne TOTAL pour homicides involontaires

TOULOUSE (Reuters) – La justice française a estimé lundi que l’ancien directeur de l’usine AZF et la société Grande Paroisse étaient pénalement responsables de l’explosion qui a endeuillé Toulouse en septembre 2001, mais ce feuilleton judiciaire se prolongera en cassation.

La déflagration, pire catastrophe industrielle française depuis la Seconde Guerre mondiale, avait fait 31 morts, plusieurs milliers de blessés et de sinistrés et des milliards d’euros de dégâts.
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Contredisant la relaxe prononcée en première instance, la cour d’appel de Toulouse a condamné lundi Serge Biechlin, ex-directeur de l’usine AZF, à trois ans de prison dont deux avec sursis pour homicides et blessures involontaires. Grande Paroisse, filiale de Total et propriétaire de l’usine, a été condamnée à 225.000 euros d’amende.

Cette décision implique le versement par Grande Paroisse d’indemnités, dont, pour les plus importantes, un million d’euros à l’association de victimes Familles Endeuillées, 520.000 euros pour l’association des Sinistrés du 21-Septembre ou encore 260.000 euros pour le Comité de défense des victimes d’AZF.

La cour a toutefois mis hors de cause le groupe pétrolier et son ancien PDG Thierry Desmarest, rejetant les demandes de citation directe à comparaître.

« La cour déclare Serge Biechlin et la société Grande Paroisse coupables d’avoir par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou en commettant une faute caractérisée (…), involontairement causé la mort » des victimes, a déclaré le président de la cour, Bernard Brunet.

Serge Biechlin a été en outre condamné à 45.000 euros d’amende, soit au-delà des réquisitions formulées en mars par l’accusation qui avait demandé 18 mois de prison et 15.000 euros d’amende. L’ex-responsable effectuera la partie ferme de sa peine, soit un an de prison, sous le régime de la semi-liberté.

« JUSQU’À LA COUR DE STRASBOURG »

L’avocat des prévenus, Me Daniel Soulez-Larivière, a aussitôt annoncé un pourvoi en cassation, suspensif de l’application des peines prononcées.

« C’est une affaire qui ne fait que commencer », a-t-il dit, annonçant ne pas exclure de saisir ensuite la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de Strasbourg, voire de soulever une question prioritaire de constitutionnalité.

« Le dossier n’a pas changé malgré l’arrêt (de la cour d’appel) et il n’y a rien dedans. Par conséquent on fera le pourvoi, on le nourrira et on ira jusqu’à la cour de Strasbourg si c’est nécessaire. »

Retenant, pour expliquer l’explosion, le scénario d’une mise en contact accidentelle de produits chimiques, la cour d’appel a dressé une liste de « dysfonctionnements », notamment l’absence de formation des entreprises sous-traitantes chargées de la manipulation des produits toxiques.
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« En commettant une pluralité de fautes caractérisées et graves, M. Biechlin, qui connaissait parfaitement la caractéristique des produits chimiques et des risques encourus, a directement créé ou contribué à créer la situation (…) et n’a pas pris les mesures pour l’éviter », a dit Bernard Brunet.

« En conséquence de quoi il est jugé pénalement responsable. »

Cet arrêt intervient trois jours après la commémoration du 11e anniversaire d’un désastre qui a fait, outre 31 morts, quelque 20.800 blessés selon des documents judiciaires officiels.

« LA VICTOIRE DE LA VÉRITÉ »

Selon l’explication avancée par les experts judiciaires et retenue par la cour, la catastrophe est due au stockage imprudent dans le même hangar de matières chlorées et nitratées, explosives lorsqu’elles sont combinées.

En première instance, en novembre 2009, le tribunal correctionnel de Toulouse avait jugé cette hypothèse trop fragile et relaxé les prévenus, relevant toutefois des « manquements graves » dans la gestion de l’usine.

De son côté, la défense a allégué tout au long du procès en appel que la piste criminelle n’avait pas été suffisamment explorée et s’est même appuyée pendant l’été sur l’affaire Merah pour tenter de relancer l’hypothèse d’un acte intentionnel.

« On ne peut être que satisfait », a déclaré Gérard Ratier, président de l’association de victimes Familles Endeuillées, dont le fils est mort dans la catastrophe.

« Ça va permettre au moins d’évacuer de l’esprit du grand public la thèse de l’attentat. Que cette thèse, avec des supports rocambolesques, qui a été développée par la défense de Total pendant plusieurs années, soit évacuée des esprits, ce n’est pas malheureux. Ce n’est pas souvent qu’un industriel est condamné », a-t-il ajouté, parlant de « grande victoire ».

Son avocate, Stella Bisseuil, a dit qu’elle s’attendait à la décision des prévenus de se pourvoir en cassation.

« C’est sans surprise. Actuellement la stratégie de Total est une stratégie de déni en permanence (…) Si ce procès a été aussi compliqué, c’est aussi dû à la stratégie de Total, cette façon d’utiliser les fausses pistes, les rumeurs. »

Pour le maire de Toulouse, Pierre Cohen, l’arrêt de la cour d’appel est « la victoire de la vérité ».

« Cette fois-ci on a quand même un coupable donc j’espère que ça va ouvrir une nouvelle page. Evidemment, il ne faut jamais oublier, mais panser les plaies et faire que l’espoir prenne le pas sur la souffrance », a déclaré l’élu à la presse.

La municipalité était partie civile dans le procès.

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Risques technologiques : 10 ans après AZF, les revendications des Maires

En 2011, où en est-on ? Pourquoi la situation est-elle bloquée ? L’association AMARIS, présidée par Yves Blein (Maire de Feyzin et Vice-président du Grand Lyon), dresse un état des lieux des mesures déployées sur la décennie et pose les revendications pour agir concrètement pour la prévention des risques industriels.

Cette association de prévention des risques qui regroupe plus de 200 collectivités locales et EPCI exposés à des risques technologiques majeurs, a pour objectif d’aider ses membres à mieux gérer les risques et développer un culture de la sécurité sur leurs territoires. Reconnue comme un interlocuteur de référence, AMARIS défend les intérêts des communes dans toutes les négociations avec l’État ou les industriels. L’association accompagne également des collectivités dans l’analyse et la résolution de leurs situations conflictuelles. AMARIS offre ainsi aux collectivités locales une tribune pour faire part aux pouvoirs publics et aux industriels de leurs difficultés et propositions.

10 ans après AZF, qu’en est-il de la sécurité des riverains de zones à risques ?

La Loi Bachelot, votée en 2003 sous le coup de l’émotion, témoignait d’une volonté des pouvoirs publics d’améliorer la prévention et la réduction des risques industriels majeurs. Pour autant, sur le terrain, la situation est inquiétante. En mai 2011, sur 420 PPRT (Plans de Préventions des Risques Technologiques) prévus, 374 étaient prescrits et seuls 101 approuvés. En cause, la complexité des dispositifs à mettre en œuvre, mais aussi et surtout, de graves insuffisances dans la prise en charge financière des travaux nécessaires à la protection des populations concernées.

Comment imposer à un riverain de débourser 10 à 15 000 euros, avec une aide des pouvoirs publics limitée à 3 000€ (crédit d’impôt de 30%), lorsque ce ménage ne dispose généralement pas suffisamment de revenus pour être imposable ? Hélas, la sécurité a un prix, trois fois hélas, ce sont des personnes qui n’ont généralement pas choisi de vivre à proximité d’un site dangereux qui doivent payer.

En France, 900 sites sont placés en zone Seveso, et 9 millions de personnes vivent dans des villes concernées par le risque industriel. Ne faisons pas de ces populations des hors la loi et demandons à l’Etat de prendre ses responsabilités pour assurer leur protection.

LE DOSSIER AMARIS :
· Qu’a-t-on fait après AZF ?
· 2011, où en est-on ?
· Les revendications d’AMARIS
· Un autre « AZF » peut arriver : les alertes

entretien avec le President d'Amaris
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