Japon, une terre de résilience

Alors que le Japon est frappé une nouvelle fois par une série de séismes depuis ce 14 avril, nous revenons sur l’emblématique système de gestion des séismes nippon. Ce modèle d’excellence, a été soumis à de rudes épreuves à de nombreuses reprises comme en témoignent les cicatrices que porte le pays. Malgré les coups répétés de la nature, les bilans humain et matériels très lourds, l’archipel continue de tenir la dragée haute et poursuit ses innovations en matière de lutte et de prévention.

En janvier 1995, le tremblement de terre d’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter qui frappa la métropole de Kobe ne fît pas moins de 6 000 morts, pour plus de 40 000 blessés. A ce bilan humain très élevé, il faut additionner plus de 100 milliards d’euros de dégâts matériels, soit 5% du PIB japonais. Plus de 300 000 personnes se retrouvent sans-abri alors que 100 000 logements sont détruits et autant sont endommagés. Le port de Kobe, 2ème du Japon par son importance car il assure 30% du trafic maritime du pays, est grandement détruit. Cette catastrophe de grande ampleur n’empêchera pas la ville de se relever. Avec l’aide du gouvernement, Kobe met en place au moment de la reconstruction un plan novateur. Sur les ruines d’anciens quartiers seront construites de larges avenues pour mettre un meilleur accès au secours, de grandes zones boisées seront également aménagées afin de permettre aux habitants de se réfugier en cas de nouvelles secousses.

2011 est une année noire pour le Japon. Un séisme de très forte magnitude, 9 sur l’échelle de Richter, se produit le 11 mars à une centaine de kilomètres de la côte est japonaise. La secousse est telle qu’elle va générer par la déformation de la croûte terrestre des ondes de tsunami, dont la plus haute qui a touché la côte va dépasser les 30 mètres de hauteur. La région de Sendaï est fortement impactée, tout comme celle de Fukushima, dont la centrale nucléaire Fukushima Daiichi. 3 réacteurs sur les 6 que compte la centrale vont entrer en fusion et entrainer la catastrophe technologique qui va suivre. Sur l’ensemble du territoire qui est dévasté, on comptabilisait plus de 200 000 personnes, résidentes et autres, au moment où le tsunami a frappé. Le bilan définitif fait état de «seulement» 18 879 morts. A quoi doit-on un bilan humain finalement si faible ? La rapidité de réaction des autorités qui ont su informer la population du danger imminent. Certains analystes n’hésitent pas à dire que si ce drame c’était déroulé dans un autre pays le bilan aurait pu être bien plus conséquent. Cette capacité à anticiper et à sauvegarder la population, le Japon le doit également à un système d’alerte aux raz de marée perfectionné composé de capteurs en haute mer, qui a été mis en place à partir de 2007. Il permet de signaler les régions menacées du Japon dans un délais de 4 minutes après le séisme via la télévision et la radio.

En matière de résilience et d’adaptation, nous pouvons citer également le Japon comme le fer de lance des techniques d’amortissements des chocs sismiques pour les bâtiments. Ce sont plus de 2 000 grands immeubles qui sont équipés de cette innovation sur l’ensemble du territoire. Lorsque nous savons que seulement 400 autres bâtiments sont dotés de ce système dans le monde. En outre, la commune de Tokyo a mis à disposition pour la population de la métropole un manuel, plutôt exhaustif et pratique, sur l’ensemble des bonnes pratiques et des bons gestes à avoir lorsque un aléa se manifeste. Ce document est tourné vers l’aléa sismique, mais nous comprendrons aisément la volonté des autorités, d’informer et de sensibiliser face à un tel risque.

 

 Guide de prévention pour la ville de Tokyo

 

Source : Tokyo Metropolitan Government
Il était une fois… un hippopotame tokyoïte qui se préparait. Source : Tokyo Metropolitan Government
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Pour une utilisation plus juste du terme « catastrophe »

Avec les derniers événements climatiques majeurs de ces 8 dernières semaines, le terme catastrophe semble être utilisé par le monde médiatique comme la sauce tomate dans les spaghettis…et il en va de même pour le mot « crise ».  Aussi, revenons quelques instants sur l’échelle de gravité des dommages définie en mai 1999 par la Mission d’Inspection Spécialisée de l’Environnement qui définit précisément ces événements naturels.

Cette table à double entrée range les événements naturels en 6 classes, depuis l’incident jusqu’à la catastrophe majeure.

Les 6 classes sont répertoriées selon 5 seuils, pour les dommages humains d’une part, pour les dommages matériels d’autre part.

La classe retenue de l’événement est celle qui correspond à l’impact humain ou matériel le plus élevé.

Ainsi, 3 morts et 50 M€1 correspondent à un événement de classe 3 ; 20 morts et 50 M€ correspondent à un événement de classe 4.

Les dommages matériels sont les dommages qui peuvent être couverts par une garantie d’assurance (tempête, ouragan, cyclone, grêle, poids de la neige, catastrophe naturelle), mais aussi les dommages aux biens publics, aux infrastructures, aux réseaux, à l’environnement qui font rarement l’objet de tels contrats.

Echelle phenomene naturel

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Twitter lance un service d’alerte pour les situations d’urgence

Twitter vient de mettre en place un nouveau système d’alerte pour les situations d’urgence. Fort de son expérience lors de l’ouragan Sandy, du tsunami au Japon ou de la fusillade de Boston, le site de microblogging permet désormais aux autorités et institutions de diffuser le plus rapidement possible les informations et conseils en cas de catastrophes naturelles ou humanitaires.

twitter-alerts

Mercredi 25 septembre, Twitter a annoncé dans un communiqué le lancement d’un service d’alerte qui permettra aux utilisateurs du réseau d’être avertis, par les organisations internationales, associations ou gouvernements, des informations ou conseils à suivre en cas de catastrophes naturelles ou situations d’urgence.

Comment ça marche ?

Baptisé « Twitter Alerts », le système permet aux organisations de poster en direct des informations pratiques en cas d’urgence.

Les internautes inscrits au service reçoivent sur leur téléphone ou leur ordinateur un message « pop-up » ou une notification par SMS dès lors que les autorités gouvernementales ou associatives indiquent que leur tweet est une alerte.

« Les alertes apparaissent différemment sur votre page d’accueil : elles sont repérables par leur petite cloche orange » à côté du message, détaille Twitter dans un communiqué.

Qui peut participer ?

Le programme d’alerte Twitter est ouvert à « toutes les institutions locales, nationales et internationales qui fournissent des informations essentielles pour le grand public. »

Organismes de sécurité publique ou de gestion des urgences, administrations municipales, comités et organismes régionaux, agences nationales, ONG… Actuellement, plus de 100 organismes gouvernementaux et ONG participent à ce système aux Etats-Unis, au Japon et en Corée du Sud. « Nous allons étendre le service afin d’inclure davantage d’organisations à travers le monde », indique Twitter.

Dangers, instructions, itinéraires…

Les organisations participant au programme pourront ainsi envoyer des alertes pour avertir de dangers imminents, donner des instructions préventives, indiquer des itinéraires d’évacuation, donner des informations sur l’état du trafic, avertir d’éventuelles pannes d’électricité, ou encore informer sur l’accès aux premiers secours et aux ressources essentielles pour survivre.

Twitter avait déjà montré son utilité en la matière lors de l’ouragan Sandy l’année dernière, ou plus récemment lors de l’attentat pendant le marathon de Boston. Deux événements pendant lesquels les autorités américaines avaient fait usage du réseau pour tenir la population informée en temps réel.

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Situation des PCS sur le bassin de la Cèze, haut lieu des phénomènes cévenols

Le bassin de la Cèze est situé au nord du département du Gard. Il commence sur les flancs du Mont Lozère, et se déploie des Cévennes gardoises jusqu’au Rhône, en empiétant sur le sud du département de l’Ardèche. Le bassin de la Cèze est un territoire relativement peu urbanisé et peu industrialisé (3% de la surface totale), qui compte environ 77 500 habitants permanents répartis dans une centaine de communes. La commune la plus peuplée est Bagnols-sur-Cèze (18 000 habitants à elle seule).
Bassin de la Cèze


11 crues importantes depuis la fin du 19° siècle

Le bassin de la Cèze est particulièrement concerné par les phénomènes dits « cévenols *» avec 11 crues importantes depuis la fin du 19° siècle. Les crues du 30 septembre 1958 et des 8-9 septembre 2002 ont d’ailleurs fortement marqué le territoire.

L’intensité des événements à l’origine des crues induit des temps de réponse courts, en particulier sur les petits bassins versants correspondant aux affluents. La montée des eaux est souvent très rapide et les actions à mettre en oeuvre pour la sauvegarde des populations doivent être très rapidement opérationnelles.

Seule la Cèze est dotée d’un dispositif de prévision et d’alerte

L’alerte de crue réglementaire, assurée par l’état (Service de Prévision des Crues Grand Delta), n’est effective que sur le cours principal de la Cèze. Aussi, les Communautés de communes Val de Tave et Rhône – Cèze se sont dotées d’un système d’assistance et conseil pour l’alerte (Prédict). Sur le reste du bassin, il n’existe aucun dispositif de prévision et d’alerte en dehors de celui géré par le SPC GD relatif aux seules crues de la Cèze. Pourtant, la plupart des affluents peuvent aussi être à l’origine de dégâts en cas de crues importantes.

Situation des plans communaux de sauvegarde (PCS)

Une fois les outils de prévision et d’alerte élaborés, la gestion locale du risque d’inondation qui incombe au Maire au titre de son pouvoir de police, est assurée par le plan communal de sauvegarde. Celui-ci permet d’assurer l’organisation et l’efficacité de l’action communale en en déclinant les mesures à prendre le jour où l’événement se réalise.

En 2011, sur la bassin de la Cèze, il y a 17 PCS approuvés : Allègre-les-Fumades, Bordezac, Chusclan, Goudargues, Rochegude, Bordezac, Laudun, Le Garn, St André-de-Roquepertuis, St Victor la Coste, Communauté de communes du Val de Tave (Tresques, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Pons-la-Calm, Cavillargues, Le Pin, Gaujac, Connaux). 7 autres PCS sont en cours : Gagnières, St Nazaire, Vénéjan, Rousson, Bagnols-sur-Cèze, Sabran et Salindres.

Il reste à réaliser un PCS pour 5 communes en risque fort (Codolet, Montclus, Robiac-Rochessadoule, La Roque-sur-Cèze, Saint-Ambroix), ces communes auront d’ailleurs obligation de le réaliser lorsque le PPRi en cours seront approuvés. 14 communes en risque moyen vont également avoir obligation de le réaliser.

La réalisation de chaque PCS est appuyée et suivie par un Comité de pilotage qui regroupe notamment la commune Maître d’ouvrage, le CG 30 et le SMAB Cèze.

Afin d’aider les communes dans leur démarche de mise en place des Plans Communaux de Sauvegarde, le Conseil général du Gard apporte un appui technique, qui consiste à :
– fournir un cahier des charges type et à l’adapter à chaque cas
– aider au dépouillement des offres et suivre le travail du prestataire
– fournir des éléments techniques notamment sur la propagation des ondes de crue
– valider les documents définitifs.

Le Coût moyen d’un PCS est de 15 000 € HT. Il est financé pour moitié par l’Union Européenne et pour 20% par la région Languedoc-Roussillon.

Découvrir le Syndicat Mixte ABCèze: http://www.abceze.fr/index.php?id_rubrique=11

*Définition du phénomène « Episode Cévenol » par la préfecture du Rhône

« Les orages « cévenols » Un épisode « cévenol » se dit d’une situation météorologique durant laquelle soufflent des vents de Sud chargés d’humidité en provenance de Méditerranée vers les versants sud du Massif Central (Cévennes), des Alpes ou des Pyrénées. En arrivant sur le continent, l’air chaud rencontre de l’air froid, condition idéale pour que se forment des orages. De plus, en présence de reliefs, l’air chaud est forcé de s’élever en se refroidissant, ce qui aggrave considérablement le phénomène orageux. De fortes quantités d’eau se déversent alors. Par abus de langage, le terme d’épisode « cévenol » est désormais utilisé pour désigner des épisodes à fortes pluies sur de petits bassins versants, ou sur des bassins versants à fort relief, situés entre la Catalogne et le Piedmont italien. »

De façon générale, il s’agit de ces pluies qui nous affectent au printemps et à l’automne mais le propos de cette rubrique est de tenter avant tout de favoriser une prise de conscience globale et de contribuer au développement d’une culture du risque.

Episode cevenol
source : www.prim.net

Quelques événements mémorables :

29 septembre 1900 : en 10h, 950 litres d’eau au m² à Valleraugue au pied de l’Aigoual, record qui tient toujours en France métropolitaine. L’Aigoual, sommet des Cévennes aux confins du Gard, recueille la plus forte pluviosité annuelle moyenne de la France continentale(Aigoual, du latin aqua…).

Automne 1958 : 40 morts dans le Gard.

3 octobre 1988 : Un énorme cumulo-nimbus fait du surplace durant 6 heures sur les Hauts de Nîmes, y déverse plus de 200 litres au m² et transforme les cadereaux (torrents locaux secs hors saison) en torrents furieux qui dévalent les pentes des artères principales de la capitale gardoise, entassant les autos et causant la mort d’une dizaine de personnes.

29 janvier 1996 : Des faubourgs de Béziers sont inondés par la crue de l’Orb, bilan 4 morts.

12-13 novembre 1999 : Des pluies diluviennes s’abattent sur l’Aude, le Tarn, les Pyrénées Orientales et l’Hérault, les inondations qui s’ensuivent tuent 37 personnes.

8-9 septembre 2002 : Un phénomène cévenol s’abat entre Alès et Quissac et provoque des inondations qui coûtent la vie à une dizaine de personnes.

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