Le Pavillon Orange aux Irisés 2016

Les Irisés 2016 se sont tenues à Nantes les 16 et 17 novembre derniers.

Au delà de ses conférenciers de haut niveau délivrant des témoignages instructifs ou présentant des projets intéressants, les Irisés sont un rendez-vous majeur des acteurs de la sauvegarde des populations. Les pauses ont permis, comme chaque année, des rencontres conviviales, riches et constructives.

Le Général François Vernoux, fondateur du Pavillon Orange était présent et a participé au jury. Le point fort des Irisés est sans contexte la remise des trophées.

Le Jury des Irisés 2016
Le Jury des Irisés 2016*

Cette année les thèmes étaient :

  • Participation et Implication citoyenne
  • Les nouveaux outils en faveur de la mémoire et de la culture du risque
  • La culture du risque en direction des non-résidents

On retrouve à cette occasion des thèmes d’actualités, car si la mise en place des dispositifs communaux de sauvegarde progressent (lentement), la participation de la population est toujours trop faible. Initiée par l’information préventive, la sensibilisation de la population est le premier pas à franchir. Or la diffusion de la culture du risque ne coûte pas cher. Elle réclame néanmoins l’implication des élus relayée si possible par la réserve communale ou des citoyens ressources.

Les candidats nous ont présentés avec passion des projets prometteurs. Il est rassurant de savoir que derrière la léthargie observée de trop nombreux élus dans ce domaine, certains innovent et déploient une énergie remarquable pour la sauvegarde de leurs citoyens. Merci à eux, ils nous donnent le courage de persévérer dans nos actions de sensibilisation, de formations et d’entrainements.

Le jury a eu beaucoup de mal à choisir les lauréats. Le public dans sa sagesse a exprimé son coup de cœur.

Vous pouvez découvrir les projets des lauréats sur le site des Irisés. Ils vous donneront peut être des idées car ils sont adaptables à votre commune et à vos besoins.

Naturellement, le trophée des nouveaux outils fût remis par le Général Vernoux du HCFDC. Il valorise l’utilisation de la 3D dans la diffusion de la culture du risque en offrant à la population la modélisation d’une catastrophe potentielle.

Le lauréat du thème « La culture du risque en direction des non-résidents » a présenté une réalisation surprenante d’art de rue, qui encourage la mémoire des inondations qui ont ravagé les lieux où aujourd’hui le passant se promène admirant le paysage sans imaginer la désolation de la catastrophe passée et qui reviendra.  Le principe est simple : peindre à la chaux teintée en bleu (produit respectueux de l’environnement) les tronc d’arbres de la cité à hauteur de l’eau. Cela interpelle plus que les repères de crue !

Pour le premier thème, la passion d’un réseau de sentinelles fût mis à l’honneur : le citoyen participant à la sauvegarde communale par sa disponibilité, comme le souhaite la loi de 2004.

Enfin, le public récompensa l’implication des étudiants du master de Lyon III pour la conception et la réalisation d’un jeu à l’intention des jeunes écoliers : former le citoyen de demain par le jeu, c’est aussi atteindre aujourd’hui les foyers familiaux.

Ces deux jours intenses se sont clos sur un atelier pratique très instructif. Une belle réussite 2016. Nous sommes impatients d’être aux Irisés 2017.   

*Cette année, le jury des Irisés était composé de :

  • Philippe TROUTOT, Vice-président de l’IRMa – Maire-adjoint de Gresy Sur Isère
  • Sandrine MASSON, Chargée de projets risques, Nantes Métropole
  • Karen GAUTIER, Responsable de la mission coordination sécurité et risques, Département de Loire-Atlantique
  • Frédéric BESSET, Directeur, IFFO-RME
  • Général François VERNOUX, HCFDC, Fondateur du Pavillon Orange
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Conscience et culture du risque : les médias premier vecteur d’éveil

En matière de risque, comme dans bien d’autres domaines, l’information éveille la conscience, nourrit la décision et veille au devoir de mémoire. Alors comment les Français, à qui on reproche une absence de culture du risque, un déni de leur vulnérabilité, un manque d’auto-prévention et protection, et plus encore, s’informent-ils sur les risques. Un enquête menée par le Commissariat général au développement durable que nous avons déjà traité sur l’angle « les Français peu concernés par les risques environnementaux » nous apprend que les médias s’imposent comme la principale source d’information des Français en matière de risques naturels et technologiques.

Source_information_risques

Ainsi, en matière de risques naturels et technologiques, les médias s’imposent comme la principale source d’information, pour plus de trois quarts des Français. Cette propension aux médias progresse significativement avec les niveaux de revenus et d’études.

Si un peu moins de 50% des personnes citent internet, un effet générationnel apparaît : le web contribue à l’information sur les risques de deux tiers des 18-24 ans, mais seulement d’un quart des personnes âgées de 65 ans et plus. De manière générale, les métropolitains évoquent de moins en moins internet quand leur âge avance.

C’est à l’échelle locale que les pouvoirs publics sont les plus reconnus comme étant une source d’information en matière de risques environnementaux. Alors que les collectivités locales sont citées par 22 % des métropolitains, l’État est deux fois moins identifié par les enquêtés comme une source d’information sur les risques.

Pour les enquêtés jugeant que c’est d’abord aux pouvoirs publics d’agir pour prévenir les situations de risque, ils citent l’État (+ 40%) ou les collectivités locales (+ 25 %)comme source d’information. Pour ceux qui considèrent que c’est à chacun d’agir pour se protéger des risques, ils ont en revanche tendance à évoquer les échanges personnels avec des proches ou des collègues.

Ce bouche à oreilles, amical ou familial, constitue une source d’information sur les risques pour 18 % des métropolitains interrogés. C’est tout particulièrement le cas chez les plus jeunes (réponse donnée par 23 % des 18-34 ans), chez les femmes (20 % contre 15 % du côté masculin) et dans le sud de la France. On peut supputer, ce n’est pas précisé dans l’enquête, que ce bouche à oreilles s’est digitalisé avec les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter.

Complément d’enquête

Une autre question posée aux Français par le Baromètre de la communication locale nous éclaire un peu plus sur les médias locaux qu’ils utilisent. En effet, le terme média rencontré dans l’étude du CGDD est un peu trop générique à l’ère du plurimédia. La question posée par la cabinet Harris auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d’après la méthode des quotas, était la suivante « Pour vous informer sur la vie locale (que ce soit à l’échelle de votre commune, de votre intercommunalité, de votre département, de votre région), utilisez-vous souvent, de temps en temps ou jamais…? ».
Barometre_com_locale

Avec 84% d’utilisateurs, les journaux d’information des collectivités restent le support préféré des français pour s’informer sur la vie locale, devant l’affichage (72%), la télévision (68%) ou la presse régionale (50%). Les usages numériques progressent rapidement, notamment le recours aux sites internet des collectivités (+18 points en deux ans).

Le journal papier arrive en tête des supports en terme de consultation, mais aussi pour sa capacité à bien informer. La boite aux lettres reste son canal de diffusion préféré, également pour tous les profils (y compris ceux qui ont un stop-pub). La préférence pour ce choix de distribution est même en hausse par rapport à 2011.

Le papier et digital n’entrent toutefois pas en concurrence : ils se complètent, le web apportant une plus-value essentiellement pratique (accessibilité et services en ligne). Les Français se saisissent des outils numériques davantage pour les services qu’ils apportent (45%, pour réaliser des procédures administratives en ligne) que comme levier démocratique (9%, pour disposer d’une relation directe avec les élus).

A noter, les comportements changent selon la taille de la collectivité : plus on est urbain, moins on utilise de supports différents pour s’informer. Le journal de la collectivité et le bouche à oreille sont les deux vecteurs universels, utilisés en priorité quel que soit l’endroit. Les Français des communes de moins de 20 000 habitants profitent davantage des événements locaux pour s’informer que les habitants des moyennes et grandes agglomérations. L’information par affichage est un peu plus présente en région parisienne qu’ailleurs. La presse gratuite ressort davantage dans les agglos de 2 000 à 100 000 habitants.

Virtuel ou présentiel

Les usages des outils digitaux sont « naturellement » propulsés par les jeunes. Chez les 18/24 ans, l’échange entre les habitants passe évidemment, par le web : 32% des 25/34 ans vont sur la page officielle de la collectivité (contre 25% pour la moyenne les Français) et 13% de la même tranche d’âge déclarent utiliser les applis des collectivités (contre 9% pour la moyenne nationale).

Les séniors n’ont pas la même conception des espaces d’échange : la participation aux réunions publiques, très appréciée par les plus âgés (40% des plus de 65 ans) ne convainc que 7% des 18/24 ans, soit un écart de 33 points.

C’est une véritable fracture générationnelle qui est en train de se produire  : aux communicants et aux élus de s’adapter pour trouver les bons vecteurs relationnels.

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Concours national « Ma ville se prépare »


Ce concours porte sur la mémoire et la perception d’un risque naturel local. Aussi, les communes et les écoles sont invitées à travailler ensemble sur la découverte d’un risque naturel local et à créer un dialogue avec les parents d’élèves sur la prévention des risques dans la commune.

Avec l’aide de la méthodologie Memo’Risks – projet pilote UNESCO et « Bonne pratique 2010 » des Nations-Unies – les élèves auront pour mission de retrouver la mémoire des catastrophes passées et d’enquêter auprès des parents de l’école sur leur perception du risque.

Une restitution du travail des élèves se fera devant les parents, en présence du Maire ou de son représentant. La presse locale sera invitée.
Trois lauréats seront désignés par un jury selon les critères suivants : qualité des témoignages recueillis, pertinence des questions posées, nombre de personnes interrogées, retentissement donné par la Mairie à cette action dans la commune.

Comment participer au concours ?

Pour participer, les écoles doivent s’adresser à leur Mairie, qui se chargera de les inscrire sur le site dédié au concours : http://www.mavilleseprepare.fr
En aucun cas une classe ou une école ne peut s’inscrire elle-même.

Dates clés

Contacts

Pour les rectorats, académies et circonscriptions

La Fondation La main à la pâte propose d’accompagner les équipes locales (enseignants et formateurs) par des animations pédagogiques, des conférences ou des formations. Ces interventions ciblent à la fois les thématiques de l’enseignement des sciences, de l’éducation au développement durable et de l’éducation aux risques.
Pour plus d’information : contact@quand-la-terre-gronde.fr

Pour les acteurs de la prévention des risques

Pour devenir partenaire du projet et organiser un concours régional, contactez l’association Prévention2000 : concours@mavilleseprepare.fr

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Quel courant de pensée, deux ans après Xynthia

enquete xynthiaEn septembre dernier, près de 18 mois après la tempête Xynthia, j’avais réalisé une enquête sur la perception de Xynthia par les citoyens. Cette étude a été réalisée dans le cadre des activités de recherche de l’Académie de l’Eau sous le pilotage de la sociologue et administrateur de l’Académie de l’eau, Bernadette de Vanssay, et supporté par le site Sécurité Commune Info. Le questionnaire adressé à toutes les communes de la Charente maritime et de la Vendée, entendait recueillir des pistes de réflexion pour une meilleure prévention à l’échelle de la société civile.

Pour 65% des répondants (170), Xynthia marquera l’histoire des catastrophes et sera un tournant dans les politiques de prévention. Si pour 32%, cette tempête a été un événement traumatisant, un tiers seulement estiment qu’il s’agit là d’une manifestation du changement climatique.
La signalisation des impacts de la tempête avec, entre autres, les repères de crues est la mesure prioritairement attendue (70%) pour que Xynthia reste présente dans la mémoire collective. Pour que cette mémoire reste en Eveil, 60% des citoyens attendent une communication continue sur le risque majeur. Enfin, l’éducation des jeunes enfants doit devenir aussi une priorité. Les reportages sur d’autres catastrophes telles le Japon ou le Var ainsi que les annonces de vigilance émises par Météo France ravivent le souvenir de Xynthia (60%).

Pour mieux prévenir, anticiper et préparer la survenue d’autres phénomènes similaires, la société civile demande d’être initiée à la problématique des risques naturels (58%) et veut être impliquée dans sa propre protection (50%). Ils ne sont toutefois que 31% à être prêts à investir du temps personnel pour participer à la prévention d’événements comme la tempête Xynthia. La refonte des procédures d’alerte et de gestion de crise doivent être revues. Enfin, il faut redonner son importance aux anciennes techniques de gestion des eaux comme les mares.

Si vous souhaitez recevoir l’analyse détaillée de cette étude, contactez moi : espace.territorial[@]online.fr (Patrice LAYA)

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