Feux de forêts : l’Aquitaine sous haute surveillance grâce à la vidéosurveillance et aux drones

Chaleur, sécheresse, l’été 2015 s’annonce beaucoup plus compliqué que l’an passé en région Aquitaine. En effet, les 4 départements, Dordogne (24), Gironde (33), Lot & Garonne (47) et Landes (40) qui composent actuellement cette région affichent depuis le début de l’été un niveau de risque « modéré » aux incendies de forêts. S’il ne pleut pas dans les prochains jours et que les températures restent élevées, le risque va s’élever et les services départementaux d’incendie et de secours vont être extrêmement sollicités.

Carte_vigilance_FdF_Aquitaine

Focus sur le dispositif mis en place par le SDIS des Landes (reportage Léa Stassinet pour Sud-Ouest)

Depuis le mois de mars, début de la saison des feux de forêt, un dispositif spécial visant à lutter contre les incendies a été mis en place. « Lorsque le niveau de risque est établi à « modéré », des centres de secours en Haute Landes sont activés et gardés par des sapeurs pompiers, alors que le reste de l’année, ces centres sont gérés par des pompiers volontaires », explique le colonel Olivier Bourdil, du Sdis 40. C’est le cas de Sabres, Luxey et Ygos.

Deuxième étape, la surveillance des forêts, assurée par des caméras placées en haut de tours de guet, qui sont à l’affût du moindre départ de feu sur plus de 650 000 hectares composant le massif landais.

Troisième outil permettant la maîtrise rapide de l’incendie, les drones qui survolent la zone touchée et permettent de donner des indications sur l’ampleur du sinistre aux pompiers présents au sol.

Drone_feux_landes

Share Button

Guingamp (Côtes-d’Armor) : un drone pour modéliser les crues du Trieux

gingampDepuis six mois, la Ville, avec le Pays de Guingamp et la Commission locale de l’eau, réfléchit sur la problématique des inondations. Un gros travail de croisement de données a été effectué : hauteurs de crues, documents historiques, témoignages de riverains, relevés topographiques, analyses des études établies depuis 30 ans et actualisées… Grâce à un survol du Trieux par drone effectué la semaine dernière, une modélisation des crues est aussi réalisée.

« Ce travail va nous permettre de réfléchir aux aménagements les plus appropriés, en fonction de leur rapport coût efficacité », déclare le maire, Philippe Le Goff. Dans une démarche préventive, quatre repères de crue ont été installés en ville : deux à Sainte-Croix, un à Saint-Sébastien et un au Moulin-de-la-Ville.

Une réunion publique est également organisée demain mercredi, à laquelle ont été conviés les 120 foyers habitant en périmètre rouge, inondable. « Il est important de maintenir une culture du risque. Nous voulons re-sensibiliser les citoyens à la problématique des crues, intimement liée à notre territoire, quoi qu’il arrive. »

drone_modeilisation_crues

Deux mètres cinquante d’eau à Sainte-Croix en 1880
C’est ce qu’ont fait les spécialistes du Sage et du Smega qui ont exhumé des archives municipales deux crues terribles dont la plus significative est survenue… en plein mois d’août ! « C’était en 1880. Il a plu 53 heures non-stop. Il y avait 2,50 m d’eau rue Penquer », rapporte Xavier Le Gal, coordonnateur du Sage Trégor-Goëlo, qui évoque aussi l’inondation de 1773 (1,50 m d’eau), comptée parmi celles qui éprouvèrent le plus durement la partie basse de la ville. « Se plonger dans la mémoire, c’est important, car cela permet de maintenir la culture du risque sans céder au catastrophisme », soutient le maire, un oeil sur les premiers repères de crue (un autocollant indiquant les niveaux atteint par les eaux lors de la tempête Xynthia, en 2010) posés à Sainte-Croix, à Saint-Sébastien et au Moulin-de-la-ville.
 Si la municipalité n’a pas attendu les derniers scrutins pour s’interroger sur les zones inondables (un système d’alerte crue est, entre autres, déployé depuis plusieurs années), cela fait « six mois » que le maire, le Pays de Guingamp et la Commission locale de l’eau ont mis un coup d’accélérateur pour dresser un diagnostic général, le long des rives du Trieux. Études des documents hydrographiques, épluchages topographiques…
C’est aussi à l’aide d’un drone (celui acquis l’an dernier par le Pays) que la collectivité a capté des clichés susceptibles d’étayer les réflexions. Se souvenir et anticiper « À l’aide d’images aériennes, on va pouvoir faire des simulations qui permettront d’envisager précisément quelles sont les zones inondables en fonction de la pluviométrie », expliquent les techniciens. « En qualité d’élus, notre devoir c’est de se souvenir et d’anticiper », résume Philippe Le Goff qui, sur la base des premiers rapports, pourra ensuite envisager « les aménagements adéquats et leurs financements » afin de mettre un maximum la population à l’abri. Cela signifie-t-il que la mairie et ses partenaires auront d’emblée les moyens de réaliser des aménagements efficaces et significatifs ? « Il faut envisager un niveau d’intervention réaliste », tempère le maire qui sait, comme le souligne Xavier Le Gal, que le problème global ne peut se traiter « qu’à l’échelle du bassin-versant ».
Source : le Télégramme

 

Share Button

Drones et sécurité des installations nucléaires

Depuis quelques semaines, une vingtaine de drones au moins a survolé les centrales et autres installations nucléaires françaises, en violation de la loi. Pour contribuer à l’analyse de la situation, l’l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a organisé une audition publique, réunissant les principales parties prenantes de la sécurité et de la sûreté des installations nucléaires. L’OPECST souhaitait d’abord mieux connaître les potentialités réelles des drones ; ensuite, de faire le point sur l’état d’avancement de la réglementation qui leur est applicable ; enfin, d’examiner dans quelle mesure la situation pourrait justifier une réorganisation des responsabilités en matière de sécurité et de sûreté nucléaires.

OPECST_Drone

Cette table ronde intitulée « LE SURVOL DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES PAR LES DRONES : QUEL CONTRÔLE POUR QUELLE RÉGLEMENTATION ? » s’articulait autour de 3 sujets.

1 –  Le besoin d’une prise de recul sur l’événement vu par Patrick Lagadec, docteur d’État en sciences politiques
2 – Les drones : constructeurs, opérateurs, utilisateurs et règlementation avec la Fédération professionnelle du drone civil (FPDR), la, Fédération française d’aéromodélisme (FFAM), Airbus Defence & Space , la direction générale de l’aviation civile (DGAC), l’Office national d’études et de recherches aérospatiales (ONERA), UVS International.
3 – La répartition des rôles pour la sécurité et la sûreté nucléaires avec le haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS), le chef du service de défense, de sécurité et d’intelligence économique (SDSIE), le haut fonctionnaire de défense et de sécurité adjoint (HFDS-adjoint), le responsable de la sécurité nucléaire, service de défense, de sécurité et d’intelligence économique (SDSIE), le secrétariat général du ministère de l’écologie, le chef d’état-major de l’armée de l’air, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Greenpeace France.

Vivre les débats en Replay avec vidéos Assemblée Nationale :

OPECST : Drones et sécurité des installations nucléaires

Share Button

Des drones vont mesurer l’érosion du littoral

Dans notre précédent article sur l’érosion du littoral varois, nous avons présenté la technologie Lidar qui permet d’ausculter les falaises du littoral et analyser ainsi le risque d’éboulement des falaises et de retrait de côte. Drone_Phantom L’usage des drones ouvre en effet de nouvelles perspectives pour atteindre des zones difficilement accessibles, à moindre coût.

Atteindre une précision d’au moins 10 cm sans contrôle au sol

Le premier projet intitulé Drone 2 Coast se concentre sur les milieux sableux, plages ou dunes. L’innovation en vue est d’améliorer le géoréférencement des erosion_languedocimages produites par le drone. Pour une précision suffisante sur ces applications, les méthodes actuelles nécessitent en effet un contrôle au sol, avec des points de repères trop peu nombreux ou contraignants à relever dans le cadre d’un suivi régulier. L’idée est donc de s’en affranchir en adaptant des algorithmes spécifiques pour un bon positionnement des images obtenues, avec la détection automatique de repères propres à ces milieux. Tout en conservant une précision de l’ordre de 10 cm qui permet d’évaluer la dynamique sédimentaire et les mouvements de sable.

L’enjeu est enfin d’obtenir un suivi côtier complet, sans perturber l’environnement ce qui peut aussi être une difficulté avec des mesures au sol. Les tests seront menés dans le Languedoc-Roussillon. Le projet est mené en partenariat avec la PME L’Avion jaune, spécialisée dans l’imagerie aérienne par drone et plus particulièrement dans les domaines agricoles, fluviatiles et forestiers.

Prévoir les éboulements sur des versants rocheux

Le second projet dénommé Suave a aussi pour objet d’utiliser des capteurs photographiques embarqués sur drone, mais l’application est différente : il s’agit cette fois de surveiller des versants rocheux soumis aux éboulements. Le BRGM a mis au point une méthode probabiliste pour évaluer l’aléa d’éboulement propre à chaque versant. Cela signifie de pouvoir donner pour un site précis les chances qu’un éboulement de taille connue se produise dans un avenir plus ou moins proche. Alimentée avec des données acquises par un drone aérien, cette méthode débouchera sur un produit à coût sensiblement plus faible pour une meilleure exhaustivité que les mesures disponibles jusqu’à présent. La technique sera testée sur le cas de la falaise de Mesnil Val (Seine-Maritime).
erosion_littoral

L’objectif de Suave est de transférer vers une PME, avec l’embauche d’un doctorant, l’exploitation d’une méthode scientifique mature, fruit de plusieurs années de recherche menée au BRGM. Le partenaire Azur Drones, qui propose un service d’imagerie aérien, peut ainsi miser sur la plus-value d’une méthode précise, rapide d’exécution et économique pour inspecter les parois rocheuses surplombant les axes de communication et les agglomérations.

Perspectives économiques pour les PME associées

Ces deux projets permettront aux PME impliquées de développer de nouveaux marchés. Dans le premier cas, la perspective économique se situe dans la capacité de mesure en milieu sableux, sans repère au sol. Dans le second cas, les applications sont possibles dans la surveillance des réseaux ferrés et des axes routiers.

carte erosion littoral

Share Button