La Grande Combe (30), un exercice dans les règles de l’art

La Grand-Combe est une commune située sur le Gardon, à quelques kilomètres au nord d’Alès dans le département du Gard et la région Languedoc-Roussillon.

Berceaux de l’exploitation des Mines de charbon des Cévennes, la Grande-Combe comptera dans les années 1960 jusqu’à 17 000 habitants. Aujourd’hui, depuis la cessation des activités des mines, la ville s’est vidée de plus de la moitié ses habitants et atteint aujourd’hui à peine 5 150 habitants.

grande combe vue d'avionSoumise aux alés du Gardon lors de « orages cévenols », au risque sismique, et inscrite dans la zone du Plan Particulier d’Intervention (PPI) du barrage de Sainte-Cécile-d’Andorge), la commune s’est doté depuis plusieurs années de plans de prévention d’alerte et de sauvegarde relatifs à ces risques majeurs. Pour alerter sa population en cas de risque majeur, la commune dispose par ailleurs d’un système téléphonique d’alerte (everyOne d’Orange).

Aussi, dans la continuité de sa politique de prévention des risques et de sécurité civile, la municipalité vient de réaliser un exercice grandeur nature en impliquant les services de secours.

Un effet de surprise digne d’un événement réel

Le secret avait été bien gardé, afin que le Plan communal de sauvegarde (PCS) déclenché mardi matin, puisse se dérouler grandeur nature.

Il pleut très fort sur les Cévennes et la Vallée Longue et, dès 8 h 30, la mairie reçoit de la préfecture un message de vigilance orange, ‘pluies inondations’. Une demi-heure plus tard, la situation s’aggrave, le Gardon occupe tout son lit, nombre de quartiers avec des points bas, sont déjà sous les eaux et la phase pré alerte est activée.

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Le PC de crise est installé en mairie et va gérer toutes les opérations pendant l\’exercice

Une cellule de crise est mise en place en mairie, le personnel est mobilisé. Les pompiers du centre de secours par le capitaine Rouquette, l’adjudant-chef Kubica et le lieutenant Martinez rejoignent les élus, ainsi que les services de gendarmerie.

Le PCS est rythmé par les informations provenant de Prédict-Services au moyen d’un système de Webconférence. Dans la salle du conseil municipal, transformée en PC de crise, le maire assisté par Joseph Perez et Allain Faure, ainsi que les services techniques et Christine Cros, directrice des services, coordonne les opérations au travers de trois cellules, de commandement, de transmission et de logistique, le tout en relation avec la sous-préfecture.

À 11 heures, un premier message à partir de l’automate municipal est envoyé à la population du quartier du Riste. Le niveau de l’eau ne cesse de monter et submerge le quai du 11-Novembre-1918 (Plan 1). Le centre de loisirs Françoise-Dolto à Ribes est ouvert, et transformé en centre d’hébergement.

Des employés municipaux sont dépêchés dans les quartiers afin de faire remonter les informations. Aux alentours de midi, on passe à une étape supérieure (Plan 2), avec le risque de rupture des digues. Vers 14 heures, un deuxième message d’alerte est lancé au Riste où le quartier et ses abords doivent être évacués. A 15 h 30, les précipitations faiblissent et peu après la décrue est amorcée.

Aux alentours de 17 heures, l’heure d’un premier bilan est venue.

Pour Patrick Malavieille, « ce premier exercice grandeur nature a été lourd à gérer, mais on a pu juger de l’efficacité des moyens mis en œuvre dans ce PCS. De plus la motivation n’est pas là même auprès de la population et c’est normal. On ne réagit pas pareil lorsque le Gardon passe par-dessus les parapets. Dans l’ensemble cela a bien fonctionné. Au Riste, 134 personnes ont été recensées, soit 50 %, ce qui n’est pas mal pour un exercice. » D’autres villages devront également actionner leur PCS.

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