Pour prévenir les incendies de forêt, le débroussaillement est essentiel

« Le débroussaillement est certes une obligation, mais aussi un acte civique responsable

qui vise à protéger la famille et le cadre de vie ».

debroussaillementDes dispositions relevant du Code forestier ou du Code général des collectivités territoriales imposent des obligations de débroussaillement pour certaines constructions.

L’article L. 322-3 du Code forestier précise les modalités du débroussaillement obligatoire, dans les communes où se trouvent des bois classés en application de l’article L. 321-1 ou inclus dans les massifs forestiers mentionnés à l’article L. 312-6 dudit code, sur des zones situées à moins de 200 m des terrains en nature de bois, forêts, landes, maquis, garrigue, plantations ou reboisements.

Cette servitude de débroussaillement concerne les abords des constructions et installations de toute nature sur une profondeur minimum de 50 ms (profondeur qui peut être augmentée jusqu’à 200 m sur décision du représentant de l’État dans le département afin de pouvoir graduer au cas par cas la stratégie de protection des personnes et des biens contre les incendies). Suivant l’implantation de la construction, le périmètre du débroussaillement obligatoire peut s’étendre sur un terrain voisin qui n’appartient pas au propriétaire de la construction. Si ce terrain est non construit et situé en zone urbaine, il appartient à son propriétaire d’en effectuer à sa charge le débroussaillement.

En revanche, si le terrain voisin non construit n’est pas situé en zone urbaine, aucune obligation de débroussaillement ne peut être imposée à son propriétaire au titre du code forestier. Dans ce cas, il appartient au propriétaire de la construction, d’effectuer le débroussaillement en totalité.

Ce principe évite, en zone non urbaine, qu’un propriétaire d’un terrain, parfois inconstructible, ait la charge d’une obligation de débroussaillement en raison de l’installation d’une construction sur un terrain voisin ne lui appartenant pas.

Ces mesures de débroussaillement ne sont pas spécifiques au Code forestier. Des dispositions existent parallèlement dans le cadre du Code général des collectivités territoriales pour assurer la sécurité publique, lorsque les terrains ne relèvent pas des dispositions du code forestier. Le Code de l’environnement prévoit également une servitude de même nature par la mise en place d’un plan de prévention des risques naturels.

Dans tous les cas la charge financière est supportée par celui qui bénéficie de la servitude, c’est-à-dire le propriétaire de la construction. Les propriétaires ont par ailleurs la possibilité de confier, selon une procédure amiable, la réalisation de leurs travaux aux communes, ou à leurs regroupements, afin de faciliter les opérations sur différentes propriétés et d’en réduire le coût financier.

sauvegarde debroussaillement_obligatoire

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Feux de forêt : lutter contre l’imprudence

Si les actions de lutte et d’équipement des massifs peuvent limiter les surfaces touchées et l’impact des incendies, elles doivent être complétées par des actions directes visant à diminuer le nombre d’éclosions, regroupés ici sous le terme générique d’actions “de prévention”.

combat_feuxLes statistiques sur les causes nous montrent que, si certaines causes accidentelles (décharges sauvages, lignes électriques, activité ferroviaire) ont considérablement diminué, les imprudences sont à l’origine de près de la moitié des incendies.
“Chaque citoyen doit donc être acteur de la prévention, par des précautions convenables et des comportements responsables. Cela passe par une connaissance des dangers, des interdits et des obligations.”

pictogrammes-prevention-incendie

Les 4 catégories de l’imprudent :

  • celui qui ne sait pas et qui n’agit pas,
  • celui qui sait, mais qui ne sait pas comment faire,
  • celui qui ne sait pas mais qui ne fait pas trop mal,
  • celui qui connaît la règle mais ne l’applique pas.

Consulter notre guide d’information et de prévention des feux de fôrets

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Premier bilan des feux de forêts sur l’arc méditerranéen

A la mi-campagne des feux de forêts, et malgré un début d’été caniculaire, le bilan des incendies est relativement positif.  Les relevés quotidiens effectués par la base « Prométhée » nous montrent que nous comptabilisons près de 60% d’incendies en moins par rapport à la même période 2012. En effet, au 17 août 2013, il y a eu 532 départs de feux contre 1312 à la même date en 2012 et 861 ha brulés toujours au 17 août contre 2962 en 2012.

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Ces bons chiffres actuels peuvent s’expliquer, au delà des mesures de prévention déployées chaque année, par l’humidité des sols importantes du fait des fortes précipitations du printemps (voir bilan hydrologique du juin) et d’une végétation à faible stress hydrique. Par ailleurs, et ce, sur l’ensemble du territoire, les vagues de chaleur de juillet ont toutes étaient entrecoupées d’orages très pluvieux.

Il faut toutefois rester très vigilant, les semaines pourrait être à haut risque. En effet,  si les températures restent élevées, la végétation va être plus sensible surtout qu’elle est très abondante du fait de ce printemps humide.

Il y a 10 ans, l’année noire pour les incendies de forêts

Nous sommes très loin de l’année catastrophique de 2003, où,  dans le Var et la Haute Corse près de 20 000 ha étaient partis en fumée.

feux_foret_2013_SurfGraphe à double échelles (à gauche 0 à 1000 ha pour les années 2012 & 13, à droite échelle de 0 à 25 000 ha pour l’année 2003.

Souvenez-vous,  juillet 2003, les hommes de la Sécurité civile n’avaient jamais connu en France d’incendies aussi violents.  Le département du Var était embrasé, en vingt-huit points dont le massif des Maures qui était durement touché, sur plus de huit mille hectares.

Le 28 juillet, les flammes arrivent en ville (récit d’un Varois)

Ce Lundi vers 17 heures,  les flammes se sont approchées près, très près des villes côtières, sur la plage de la Nartelle, à l’est de Sainte-Maxime. Au loin, vers Fréjus, on aperçoit une colonne de fumée. Cinq Canadairs passent et l’on comprend que la forêt brûle. Mais l’attention des baigneurs est attirée par un autre foyer, qui semble beaucoup plus proche.

 Vers 17 h 30, le soleil disparaît derrière la fumée. Tous devinent que la situation est sérieuse. Les gens quittent la plage et commencent à former ce qui va devenir dans la soirée d’interminables bouchons sur cette nationale 98, déjà saturée en temps normal. Dans le centre de Sainte-Maxime, on se croit au crépuscule. La radio annonce que douze feux ont démarré quasi simultanément, vers 16 h 30, dans le massif des Maures. On compte déjà deux morts à la Garde-Freinet. Et les flammes progressent rapidement vers Sainte-Maxime, en passant par Plan de la Tour.

Sur la départementale 25, qui relie la ville à l’A8, les gendarmes obligent à faire demi-tour. Impossible de pénétrer dans les terres. Les routes doivent rester libres pour les véhicules de pompiers, qui passent par dizaines toutes sirènes hurlantes. En tout, mille cinq cents hommes sont engagés et mille autres doivent arriver en renfort, dont certains d’Italie.

 Aux collines de Guerre-Vieille, une résidence privée où se nichent, dans la forêt, plusieurs centaines d’habitations, on prépare ses bagages. A 22 heures, le parking de la plage, d’habitude désert à cette heure, est plein.

RSA_feux_1 Au nord, les crêtes rougeoient et des explosions se font entendre. On dirait la guerre. Des bouteilles de gaz et quelques bombes oubliées de 1944, expliquent les pompiers. Les violentes rafales de vent, jusqu’à 70 kilomètres-heure, attisent l’enfer. En quelques secondes, des bosquets entiers s’embrasent. Il n’y a plus d’électricité et l’eau a été coupée en certains endroits. Pour suivre l’évolution de l’incendie, il ne reste que les autoradios : la panique n’est pas loin.

 Avec la nuit, les bombardiers d’eau ont dû rentrer. Le feu se dirige maintenant vers les Issambres. A l’issue d’efforts surhumains, les pompiers l’arrêteront à la lisière de la départementale 25.

 RSA_feuxLes habitants de Guerre-Vieille, rassurés, rentrent chez eux. Pas pour longtemps. A minuit et demi, l’appel à l’évacuation est lancé par trois véhicules de secours qui sillonnent les allées de la résidence. Pas le temps de frapper aux portes, les sirènes doivent suffire à réveiller tout le monde : les habitants sont invités en catastrophe à rejoindre le bord de mer ou le centre d’accueil de Saint-Tropez. Le feu, qui s’est scindé au Plan de la Tour, avance des deux côtés de la départementale. Il menace de franchir la colline qui le sépare du bord de mer, à l’ouest de la ville.

 Le danger sera écarté en fin de nuit. De l’autre côté de la route, la lutte durera jusqu’au petit matin. Certains pompiers ne seront pas relevés. Au camping des Baumettes, à la sortie nord de Sainte-Maxime, le feu s’est arrêté à quelques centaines de mètres. Juste à côté, sur le parking du supermarché Champion, les pompiers ont installé leur poste de commandement. Ils doivent désormais éteindre les derniers foyers.

 Le long des routes rouvertes, le paysage est lunaire. Rien n’a résisté au feu. Les habitations ont été sauvées mais pas les arbres qui les entouraient. Les poteaux électriques finissent de se consumer. Une odeur acre flotte partout. Le vent s’est calmé, mais les pompiers n’ont pas l’intention de partir avant la fin de la semaine. Ils savent que d’ici là, ils n’auront sans doute guère le temps de se reposer.

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