Risques feux de forêts : 6 000 communes françaises exposées

Chaque année, en moyenne 6,000 départs de feu ont lieu et 25,000 hectares de forêt sont incendiés en France métropolitaine. Les trois quarts des communes françaises qui ont subi des feux, sont situées dans la moitié sud de la France. Les zones boisées du Sud de la France ont un potentiel combustible élevé dû aux essences présentes et aux sols secs. La présence croissante de biens et de personnes à proximité et dans les forêts augmente les zones de vulnérabilité face aux incendies. Cette présence diffuse de l’habitat, conjuguée au relief, rend la lutte et la prévention des feux plus difficiles pour les services de secours. Par conséquent, des plans de prévention des risques sont mis en place dans les communes concernées.

Les communes exposées au risque ‘feu de forêt’

La Corse, la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le Languedoc-Roussillon, la Drôme et l’Ardèche et l’Aquitaine ont des conditions de milieu (vent, chaleur), de végétation favorables aux déclenchements de feux de forêts. En France, 6,000 communes sont classées à risque de feu de forêt, c’est-à-dire exposées à ce risque, soit une commune sur 6. Les trois quarts sont situées dans la moitié sud de la France. Feux-forets_communes

communes_exposees_feux

Un risque grandissant avec le changement climatique

Une modélisation obtenue pour les années 2031-2050 montre que la surface des massifs forestiers à risque élevé ou très élevé, devrait augmenter en PACA, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Corse et Aquitaine et deviendrait significative en Poitou-Charentes, Pays de la Loire, Centre, Bretagne et au Nord de Midi-Pyrénées. Le Sud de l’Île de- France et de la Basse-Normandie devrait également faire partie des territoires à risque élevé. La Corse et les Alpes-Maritimes, devraient quant à elles, profiter d’une pluviométrie plus abondante et ainsi voir leurs surfaces à risque élevé diminuer. Feux-Foret_projection

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GARD : Un bilan des incendies de forêt satisfaisant en 2014

feux forets bilanle jeudi 5 février dernier, s’est tenue la sous-commission contre les risques d’incendie de forêt, lande, maquis et garrigue à la Préfecture du Gard. À cette occasion a été présenté le bilan des actions mises en œuvre au titre du Plan Départemental de Protection Contre les Incendies de Forêt (PDPFCI) par les acteurs concernés par cette politique : DDTM pour le compte du Préfet, Conseil Général, SDIS, ONF, établissements publics de coopération intercommunale, ONCFS, Gendarmerie…

Avec 25 feux de forêt pour 57,65 ha brûlés – dont seulement 2 ha au cours de l’été – le bilan des incendies de forêt dans le Gard est satisfaisant en 2014. Ce résultat est dû à la combinaison d’une météorologie favorable durant l’été, d’un dispositif estival de surveillance et d’intervention précoce efficace, et d’un bon maillage des massifs forestiers par les équipements – pistes et points d’eau – de Défense des Forêts Contre l’Incendie.

Si ce bilan est satisfaisant, il n’est pas pour autant la garantie que le risque feux de forêt a disparu de notre département, bien au contraire. L’absence de grands feux depuis plusieurs étés a en effet pour conséquences un accroissement de la végétation combustible et dans le même temps une moindre conscience du risque parmi la population.

La prévention des incendies de forêt dans un département méditerranéen ne se résume pas au seul dispositif de surveillance mis en place par les pouvoirs publics pendant la période estivale. Elle repose sur un ensemble d’actions individuelles ou collectives à mettre en œuvre tout au long de l’année. Parmi elles, figure la réalisation du débroussaillement réglementaire, prévu par l’arrêté préfectoral du 8 janvier 2013 relatif au débroussaillement réglementaire destiné à diminuer l’intensité des incendies de forêt et à en limiter la propagation

http://www.gard.gouv.fr/Politiques-publiques/Securite-et-protection-de-la- population/Risques/Gestion-du-risque-feu-de-foret

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Feux et incendies de forêts : une fin d’été difficile

A la Mi-août, j’avais fait un premier bilan des feux de forêts pour cette année 2013. Le constat était plutôt positif puisque globalement nous comptabilisions près de 60% d’incendies en moins par rapport à la même période 2012.

Depuis cette date, la situation est restée stable et durant les deux dernières semaines d’août, aucun grand incendie majeur ne s’est déclaré sur l’arc méditerranéen et le sud-ouest de la France. Ainsi, en zone Méditerranée il n’y a eu que 400 feux en juillet-août, représentant 1.050 hectares de forêt brûlée entre le 1er janvier 2013 et le 4 septembre. Dans le sud-ouest, près de 880 hectares ont brûlé sur cette même période contre 3.000 en moyenne les autres années.

Il n’a jamais aussi peu brûlé en France que cet été, depuis 40 ans, début des statistiques. Les conditions météo « très favorables » avec beaucoup de pluie au printemps et un été chaud mais peu venteux expliquent principalement ce bon bilan. Mais la fin d’été pourrait être à haut risque si les chaleurs continuent et que les vents se réveillent. Ce se fut le cas ce week-end dernier dans les Pyrénées Orientales où j’ai vécu un incendie qui aurait pu détruire plusieurs habitations sans l’intervention rapide des pompiers du SDIS 66.  Météo France annonce toutefois l’arrivée d’une goutte froide qui pourrait remplacer ce risque d’incendie par les premiers épisodes dits cévenols.

Reportage

Opoul_incendieDimanche 1er septembre, il est 19h, installé confortablement sur ma terrasse qui surplombe le village d’Opoul, je goutte, un verre de muscat à la main mes dernières heures de vacances…et oui, le retour vers Paris est programmé pour demain matin 7 heures. Soudain, une importante cheminée de fumée s’élève vers le ciel, là en contre bas à quelques centaines de mètres dans la direction dit de « Feuilla ».

Spontanément, je m’esclaffe « quel idiot allume un barbecue ? » alors qu’une interdiction a été arrêtée pour tout l’été. Et puis, inquiet et surtout sensibilisé à ces signaux indicateurs d’un départ de feu, je courre vers le lieu d’où s’élève cette abondante fumée. Dévalant la colline, je découvre, de par cette position haute, qu’un incendie vient de démarrer et qu’il se développe rapidement. Poussé par une tramontane à une soixantaine de Km/h, le feu courre dangereusement vers les habitations.

Feu opoul proche maisons

canadair rotation feu OpoulJe dégaine immédiatement mon portable quand soudain, un vrombissement venu du ciel me fait découvrir 2 canadairs qui effectuent une rotation à 360° en plongeant sur la zone de feu. L’alerte avait donc déjà été donnée et je suis vraiment ému et estomaqué de voir déjà arriver l’appui aérien. Mais après 3 rotations, n’ayant pas la possibilité de larguer leur retardant, du fait de la proximité des maisons et de la présence de nombreuses personnes sur la zone, ils reprennent de l’altitude. Ils resteront en rotation plusieurs minutes jusqu’à l’arrivée d’un premier véhicule de secours.

Il est maintenant 19h15. Alors que le feu continue de progresser et que spontanément les riverains s’organisent pour protéger les habitations avec des tuyaux d’arrosage, le véhicule de patrouille du centre de secours de Rivesaltes arrive.

riverains arrosent feu

Equipés d’une pompe et d’une cuve de 700 litres, le véhicule se positionne immédiatement sur la trajectoire du feu courrant vers les habitations. Les deux pompiers engagent alors les premiers arrosages qui malheureusement auront un effet minime compte tenu de la vigueur des flammes. En effet, ce type de matériel est plus adapté pour enrayer les feux naissants.

Positionnement vehicule pompe

Heureusement, 10 minutes plus tard, une colonne de 6 véhicules du SDIS 66 de Rivesaltes arrive sur la zone. Il est à peu près 19h25, cela fait maintenant plus d’une demie heure que les flammes mangent la garrigue desséchée. Camions et pompiers vont se déployer méthodiquement par rapport à la trajectoire du feu, aux accès carrossables et aux enjeux immobiliers.

Colonne véhicule

Une première équipe de pompiers va combattre les flammes afin de stopper la progression de l’incendie. Une seconde équipe interviendra ensuite, une fois les flammes éteintes, pour « noyer le feu » sur l’ensemble de la zone brûlée.

Pompier tueur flammes

Pompiers noyeurs

Il est plus de 20h, l’incendie est éteint et aucune maison n’a subi de préjudice. Les pompiers continueront à arroser la zone et resteront positionner tard dans la soirée pour surveiller toute reprise éventuelle
Equipe noyeurs

Pompier seul

Les causes de cet incendie

Les causes sont encore mal définies. Le feu semble parti d’un chantier avec du matériel et des débris de verre. Toutefois, les conditions climatiques étaient depuis le week-end particulièrement propices aux incendies. Dans un communiqué, la Préfecture des Pyrénées-Orientales mettait en garde contre un risque très élevé de feux de forêt ou végétation dans ce département, ce dimanche 1er septembre. Météo France avait placé les Corbières et la plaine du Roussillon en « risque très sévère » de feux de forêt.

Un fin d’été à haut risque

En effet, après un printemps humide, les fortes températures de juillet & août n’avaient pas encore vraiment entamée la résistance de la végétation. Et puis tout le mois d’août, un vent marin soufflait sur les Pyrénées Orientales. Mais depuis quelques jours, la disparition de cette humidité marine, conjuguée au retour d’un régime de tramontane, ont asséché la garrigue et favorisé la recrudescence des départs de feu, et notamment dans les secteurs proches du littoral.

La préfecture invite donc la population à la plus grande prudence jusqu’à la fin de cette première semaine de septembre. Sont particulièrement déconseillés les comportements à risques, notamment lors de l’utilisation de cigarettes, allumettes ou barbecues.

Opoul et les incendies

A ce village d’Opoul …haut lieu du catharisme où malheureusement les feux s’y réveillent chaque année. Le 5 septembre dernier 2012, un incendie avait détruit 100 ha au lieu dit « Moulin 9″ et mobilisé sur place un effectif important : 130 sapeurs-pompiers, 30 véhicules, un groupement feu tactique. Un appui aérien de 4 canadairs, un hélicoptère bombardier d’eau, un dash (avion bombardier d’eau), 2 trackers et le dragon 66 étaient venus en renfort. Il faut préciser que ce feu courrait à la vitesse de la tramontane vers un dépôt d’explosif de la société TITANOBEL. Dans la nuit du 30 au 31 août 2009, 60 hectares étaient ravagés par le feu. Le 10/08/2006, une malveillance (supposée) va menacer les Habitations et brûler 300 ha.

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La cellule « Vulcain » : la brigade du tigre des incendies de forêts

Pompiers, agents de l’Office nationale des forêts et gendarmes forment la cellule Vulcain et enquêtent sur les origines des incendies de végétation. Depuis dix ans, ils travaillent de concert pour comprendre les origines des feux.

cellule_vulcain
Le plan « Vulcain », qu’est-ce que c’est ?

C’est un dispositif de coopération inter-services pour lutter contre les incendies de forêts. Il est mis en œuvre pour la durée de la période estivale, du 15 juin au 15 septembre.

Des pompiers et gendarmes, divers fonctionnaires de l’Etat et des communes, des personnels de l’office national des forêts, des bénévoles des comités communaux des feux de forêt…travaillent de concert pour comprendre les origines des feux.

Que font-ils précisément ?

► Outre des actions de prévention, ils mettent en œuvre des moyens spécifiques et opérationnels lorsqu’un incendie est détecté sur une zone concernée.
► Ils font respecter les décisions des autorités judiciaires et administratives (ex : les arrêtés préfectoraux d’interdiction d’accès aux massifs forestiers).
►Lorsqu’un incendie s’est produit, ils déclenchent une enquête. A cette occasion, une expertise est réalisée par une équipe pluridisciplinaire (un gendarme territorialement compétent, un technicien en identification criminelle*, un agent de la direction départementale des territoires et un sapeur-pompier). Cette équipe donne un avis sur l’origine du feu : naturelle, technique, humaine (volontaire ou fortuite) ou indéterminée.

Les peines encourues en cas d’incendie d’origine humaine peuvent aller jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle et 150 000 euros d’amende.


Reportage sur la cellule « Vulcain » dans le Var
: (après la pub…)

Incendies : le Var crée une cellule pour… par BFMTV

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