Quand les risques majeurs s’invitent enfin dans la campagne municipale

La semaine dernière, à Mios dans la Gironde, l’une des équipes municipales engagée pour les prochaines élections municipales a organisé une réunion publique sur la prévention des risques naturels. Pour débattre de cette problématique et notamment des inondations et des incendies de forêts, l’association « Tous Pour Mios » avait convié deux spécialistes : Yorik Baunay, expert en risques d’inondations de la société Ubyrisk Consultants et Bruno Lafon, président de la DFCI de Gironde et d’Aquitaine, invité pour partager son expertise sur les risques de feux de forêts.

Municipale et risques majeursA l’heure où les événements climatiques extrêmes semblent être de plus en plus récurrents sur l’ensemble du territoire, cette initiative d’inviter la politique de prévention des risques majeurs dans la campagne municipale, est courageuse et de plus, trop rare pour ne pas être médiatisée.

Pour le candidat Tête de liste « la prévention des risques c’est l’affaire de tous. Beaucoup de gens estiment que, puisqu’ils paient une assurance, ils sont couverts. Rien ne peut se faire sans la volonté des Miossais, les solutions doivent venir d’eux et les équipes dirigeantes sont là pour les accompagner. Il vaut mieux prévenir que guérir». Aussi souhaite t-il dans son mandat déployer une démarche collaborative et participative sur ce domaine de la gestion des risques.

Un débat sans langue de bois piloté par deux experts du risque naturel

  • Mios et les inondations

Pour Yorik Baunay, il y a peu de risque grave sur la commune de Mios mais il y a tout de même un risque local d’inondation et d’incendie puisque nous sommes dans une commune forestière. Les sinistres relevés à Mios sont inférieurs à la moyenne nationale. Néanmoins des problèmes existent :

  • la commune est étendue et ne dispose pas de document interne qui mette en relation l’habitat et le risque d’inondation…Dicrim par exemple,
  • la croissance démographique est importante et le sera encore plus dans les années à venir, d’où un problème de gestion du foncier.

Actuellement les services de la Préfecture s’intéressent à la mise en place de Plans de Prévention de risque de submersion marine, ce qui est différent d’un plan de prévention du risque d’inondation. A Mios, bien que la commune soit fortement boisée, il n’y a pas non plus de plan de prévention du risque incendie. L’extension des zones d’habitat sur les zones forestières peut entraîner des problèmes. Il serait opportun de mettre en place ces deux plans de prévention d’ici 5 à 6 ans de manière à être prêts, face au développement de la ville.

L’objectif est d‘arriver à ce que les contraintes de la nature s’entendent avec l’urbanisation présente et à venir : bassins de rétention, élargir les dispositifs qui ralentissent les crues, ne pas construire en zone inondable, prescrire des obligations et, pour les constructions existantes, prévoir une sortie sur le toit des maisons.

A Mios, il y a heureusement du foncier disponible et la commune n’est pas obligée de construire en bordure de l’Eyre. D’autre part, la commune n’a pas besoin d’attendre la rédaction d’un Plan de prévention pour mettre en place des mesures de prévention. Elle peut, dans le cadre de l’urbanisme, interdire toute construction à moins de 50 m d’un cours d’eau. Elle doit informer les futurs propriétaires des éventuelles remontées des nappes, afin que ces derniers prévoient des plans de sauvegarde.

  • Mios et les feux de forêts

Pour le Président de la DFCI de Gironde et d’Aquitaine, la commune est au coeur de la forêt des Landes de Gascogne et force est de constater que ce n’est pas la forêt qui met le feu mais bien la population, suite à la pression urbaine. Il est donc important de faire comprendre aux nouveaux habitants que lorsqu’ils viennent demeurer dans une région sensible aux incendies de forêts, ils en acceptent toutes les conséquences.

En effet, la Gironde est la première région de France en nombre de départ de feux, dont la plus grande partie incombe aux engins motorisés. Le comportement des habitants est souvent égoïste ; ce sont les mêmes qui veulent des maisons en bois mais qui paradoxalement ne veulent pas couper d’arbres. Demeurant en lisière de forêt (voire
en forêt) ils font des barbecues sans se soucier du vent.

Il est indispensable que chacun entretienne son terrain, pour diminuer le risque d’incendie, et ses fossés, pour diminuer le risque d’inondation. A Mios le massif appartient à un très grand nombre de propriétaires. Chacun d’eux paie 2.30 € de l’hectare par an à la DFCI afin que celle-ci entretienne la forêt, les chemins DFCI.

Enfin, même si la DFCI a mis au point des cartes de vigilances applicables à tout le massif forestier landais en fonction de l’intensité du risque d’incendie, les élus doivent informer régulièrement la population sur les dangers induits par la vie dans une commune entourée de forêts. Car si le risque dort, pour autant il ne se repose jamais et il peut se réveiller à tout moment comme en 1949 où 82 hommes ont péri dans le plus grand incendie de la région.

Mieux connaître Mios

Mios est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Gironde (région Aquitaine). Ses quelques 7 545 habitants sont appelés les Miossais.

Galerie photos & site de la commune

Share Button

Etat de catastrophe naturelle pour 64 communes

64 communes de 24 départements peuvent se prévaloir de l’état de « catastrophe naturelle » suite à des inondations et à des coulées de boue en 2010-2011 ou suite à des mouvements de terrain en 2009-2010-2011.

C’est ce qu’indique un arrêté publié au Journal officiel du jeudi 15 décembre 2011. Les départements concernés sont les suivants : Aisne, Allier, Alpes-Maritimes, Ardennes, Ariège, Cantal, Eure, Finistère, Gers, Gironde, Indre-et-Loire, Landes, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Nord, Orne, Hautes-Pyrénées, Sarthe, Deux-Sèvres, Tarn, Var, Val-d’Oise, Guadeloupe et Martinique.

L’état de catastrophe naturelle est constaté par un arrêté interministériel qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages occasionnés par celle-ci. La victime dispose de 10 jours après la parution de l’arrêté au Journal officiel pour en faire la déclaration à son assureur.

Arrêté du 12 décembre 2011 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle : @

Share Button

Biganos (33) honorée par la presse pour son Pavillon Orange

La commune de Biganos, première ville de Gironde à avoir acquis le label de sécurité civile « Pavillon Orange » se voit honoré par la presse régionale (voir article de la Dépêche ci dessous).
Cette reconnaissance médiatique vient légitimer l’engagement du Maire, Bruno LAFON, et de son équipe communale, dans sa politique de gestion intégrée des risques.
Pour renforcer la sécurité et la protection de sa population face aux risques majeurs, Biganos a notamment mis en place un plan communal de sauvegarde, rédigé son DICRIM et constitué une réserve communale de sécurité civile.
En 23 mai dernier, Frédéric Roy, directeur général des services (DGS) de Biganos, s’est vu remettre par Paul Girod, membre honoraire du Parlement et président du HCFD au Sénat, le diplôme ainsi que le drapeau orange.
Pavillon orange Biganos
Mieux découvrir les actions concrètes de la commune en matière de prévention et de gestion intégrée des risques majeurs : http://www.villedebiganos.fr/vivre-a-biganos/securite-sauvegarde/plan-communal-de-sauvegarde/index.html

Share Button