18 juin 2013 : les Hautes Pyrénées subissaient une catastrophe naturelle de grande ampleur

Les 18 & 19 juin 2014, les Hautes Pyrénées et les Pyrénées Atlantiques subissaient une catastrophe de grande ampleur qui fera deux morts et des millions de dommages. En cette mi-juin 2013, la conjonction de trois phénomènes majeurs, un manteau neigeux en fusion d’une valeur en eau d’environ 800 mm soit l’équivalent de 7 mois de pluie bloquée sous forme de neige sur les Pyrénées, un réchauffement rapide et brutal des températures depuis une dizaine de jours avec des maximales de plus de 32° le 16 juin, un épisode pluvieux les 17 & 18 juin où il tombera de 103 à 182 mm d’eau sur un axe Barèges – Gavarnie, va propulser des montagnes d’énormes masses d’eau vers les vallées et provoquer un effet dit « chasse d’eau ».

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En quelques heures, des quantités énormes d’eau vont descendre des montages en charriant des tonnes de terre et d’énormes blocs de pierre. Les cours d’eau en crue vont racler le fond de leur lit, arracher les berges, et transporter tous ces matériaux sur des kilomètres en les jetant un peu partout. En considérant uniquement la partie argile, limons, sables, graviers et cailloux, le calcul d’estimation sur le Gave de Pau entre Pierrefitte et Lourdes, serait de 1 728 000 tonnes de matériaux transportés et déposés au cours d’une journée…cela représente 43 200 bennes de camion chargés à 40 tonnes ! ou 173 trains de 100 wagons chargés à 100 tonnes chacun  ! ou encore 173 péniches chargées à 10 000 tonnes !  Il convient d’y ajouter la quantité industrielle de troncs d’arbres, de branches, de plastiques de toutes sortes qui ont été flottés par les eaux.

La suite hélas, on la connaît, 100 kms de chaîne pyrénéenne ont été plus ou moins durement touchés: dévastation complète de Barèges à Luz St Sauveur puis toute la zone de Pierrefitte-Nestalas, Villelongue, Soulom… Dégâts considérables sur le Gave de Cauterets surtout au niveau des infrastructures routières, puis Argelès, Lourdes, Nay (chemin de fer), Pau… Les Vallées des Nestes, la Pique (Luchon, St Mamet), la Garonne où St Béat a été cruellement touché, et on ignore toujours, un an après, si le village pourra se reconstruire.

De nombreuses familles ont vu une vie entière d’efforts anéantie en quelques heures. Les causes, on les connaît : beaucoup de neige accumulée sur les sommets, des barrages et des nappes phréatiques pleins à craquer, des pluies diluviennes associées aux températures printanières ont généré cette catastrophe naturelle de grande ampleur qui, de par sa force et ses dégâts, est à rapprocher de la crue de 1897.

Pourtant, quand on parle de catastrophes naturelles dans les Hautes-Pyrénées, on pense tout  de suite aux tremblements de terre ou aux avalanches, mais un peu moins aux inondations.    Pourtant les crues de nos rivières peuvent être dévastatrices. La plus forte inondation    connue est celle du 1er juillet 1678 qu’on qualifia de déluge général, mais celles de 1875, 1897 et 2013 furent aussi très spectaculaires. Tous nos cours d’eau sont    concernés (Adour, Echez, Neste, Gave, Garonne, Arros…). Les images des inondations de Lourdes en octobre 2012, ainsi que celles des vallées des Gaves (Barèges, Luz,    Pierrefitte, Lourdes…) en juin 2013 ont fait le tour du monde avec l’appui des nouvelles technologies (internet, satellites, images en HD…) et même si ces inondations ont choqué, elles ne sont qu’une parmi d’autres (tous les 30-40 ans environ pour Lourdes).

Analyse de la catastrophe de Mardi 18 Juin 2013 par Jean-Sébastien Gion, Master en Aménagement des Ressources Naturelles, UPS, Toulouse

Jean-Sébastien Gion qui connaît bien cette région, a publié sur internet une analyse sur les terribles crues de juin 2013. La première partie de son exposé, très détaillée techniquement, s’intéresse aux phénomènes météorologiques et à leurs conséquences. La deuxième partie aborde plus particulièrement la question du déclenchement des alertes avec des propos clairs et engagés qui sortent des clichés et du politiquement correct. Tout n’est pas, en effet, à mettre sur le dos du réchauffement climatique ou la faute à pas de chance. L’émotion passée, l’heure est à l’analyse et aux interrogations légitimes. Bonne lecture.

 

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Etat de catastrophe naturelle pour 64 communes

64 communes de 24 départements peuvent se prévaloir de l’état de « catastrophe naturelle » suite à des inondations et à des coulées de boue en 2010-2011 ou suite à des mouvements de terrain en 2009-2010-2011.

C’est ce qu’indique un arrêté publié au Journal officiel du jeudi 15 décembre 2011. Les départements concernés sont les suivants : Aisne, Allier, Alpes-Maritimes, Ardennes, Ariège, Cantal, Eure, Finistère, Gers, Gironde, Indre-et-Loire, Landes, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Nord, Orne, Hautes-Pyrénées, Sarthe, Deux-Sèvres, Tarn, Var, Val-d’Oise, Guadeloupe et Martinique.

L’état de catastrophe naturelle est constaté par un arrêté interministériel qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages occasionnés par celle-ci. La victime dispose de 10 jours après la parution de l’arrêté au Journal officiel pour en faire la déclaration à son assureur.

Arrêté du 12 décembre 2011 portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle : @

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