Corbeil-Essonnes, une gestion adaptée

Labellisée Pavillon Orange 3 étoiles depuis l’année 2013, la commune de Corbeil-Essonnes a mis en place une gestion efficiente de l’épisode de crue qu’a connu la France aux mois de mai et juin 2016. Alors qu’au 7 juin le débit de l’Essonne était de 38,1 m3 /seconde contre 8,17 m3 /seconde en temps normal, aujourd’hui 22 juin, un bulletin prenant la forme d’un retour d’expérience a été publié sur le site de la mairie. Au-delà d’une bonne gestion de cet événement de crue exceptionnelle, nous souhaitions féliciter la commune et ses équipes pour leur investissement en matière de sauvegarde et de protection de la population.

À situation exceptionnelle, mobilisation exceptionnelle

« En conséquence des violents orages qui ont frappé la région fin mai, la Seine a atteint son pic de crue à 4,84 mètres, a inondé les quartiers riverains et affecté une centaine de foyers. Le niveau du fleuve s’est ensuite stabilisé avant de redescendre progressivement. Cependant, le risque n’était pas écarté car le débit de l’Essonne continuait d’augmenter et une nouvelle action communale a été déclenchée pour prévenir la montée des eaux dans plusieurs secteurs de la ville. […] Des dégâts ont été constatés dans plusieurs centaines de foyers ». Tel est l’état des lieux dressé le 3 juin par les services de l’Etat et les équipes communales quant à la situation en cours à Corbeil-Essonnes.

Face à cet état de faits, M. Jean-Pierre Bechter, maire de Corbeil-Essonnes, a déclenché dès le 31 mai le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) et a activé le Poste de Commandement Communal (PCC) qui est resté mobilisé 24h/24 tout au long de la crise. La force naturelle d’un PCS, c’est que celui-ci soit opérationnel, c’est-à-dire qu’il permette d’éviter ou de limiter l’impact d’un événement dommageable. C’est à partir du 2 juin que le PCC a organisé les actions du plan de sauvegarde : fermeture des écoles et prévention du public, mise en sécurité des archives communales et déploiement des équipes de logistique sur le terrain, plan d’évacuation des rues et parkings, mobilisation de la Réserve Communale de Sécurité Civile (RCSC). Autant d’actions, qui préparées en amont, menées au bon moment, et coordonnées entre elles, permettent de limiter les conséquences d’une situation critique.

Pour faire face à la catastrophe la solidarité comme rempart

Le chemin de la résilience et du retour à la normale passe également par une entraide sans faille. La commune de Corbeil-Essonnes en a conscience, puisque les équipes municipales, dont la réserve communale, ainsi qu’un réseau de volontaires ont été mobilisés pour recenser les besoins de la population dès la montée des eaux. C’est naturellement que l’aide s’est organisée sur le terrain mais également sur les réseaux sociaux, qui jouent de nos jours un véritable rôle fédérateur. Bien que la commune ait gérée avec brio cette expérience, tous les impacts ne peuvent pas être évités, et une centaine de foyers ont été touchés à divers degrés. C’est pour cela que le 6 juin la commune a déposé un dossier en préfecture en vue de la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle afin de permettre aux victimes assurées d’être indemnisées.

Ce bulletin réalisé par la mairie est une fois de plus à citer, car il permet d’impliquer les équipes communales ainsi que la population dans une démarche globale de résilience. Si la commune de Corbeil-Essonnes a pu limiter les effets négatifs de cette crue et éviter une crise majeure, c’est parce qu’elle était préparée à faire face, qu’elle a su déployer toutes ses ressources, et qu’elle a su mobiliser l’ensemble des acteurs de la société, notamment sa population.

Pour en savoir plus : La lettre du Maire

 

Le pont Patton à Corbeil-Essonnes. Source : Le Parisien
Le pont Patton à Corbeil-Essonnes. Source : Le Parisien
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Les interrogations liées à la crue

Tandis que la décrue est amorcée dans le département du Loiret, de nombreuses questions se posent quant aux conséquences des crues du Loing et de la Seine.

Quels seront les effets de l’onde de crue sur l’aval, dans le bassin versant de la Seine, jusqu’à Rouen ? Les infrastructures industrielles, et notamment les dépôts de carburants du Havre, pourraient-ils être touchés ? Le pic de crue dans le chef-lieu de la région Normandie est prévu pour samedi.

Fortes pluies en Normandie : inondations et crue de la Seine, des inquiétudes 

La population sinistrée est-elle suffisamment préparée pour faire face à une telle crise ? Comment améliorer la prise de conscience de ce risque ?

Alors que près de 20 000 foyers étaient privés d’électricité vendredi matin dans le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Île-de-France, les problématiques d’interdépendance entre réseaux se posent. Quels seront les délais de remise en état ? Alors qu’une déclaration d’intention a été signée suite à l’exercice Sequana 2016 afin de favoriser le partage d’informations entre opérateurs, cet événement jouera-t-il un rôle moteur ?

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> Crue de Seine : conséquences économiques sur le secteur du numérique 

Le Pont Alexandre III, rattrapé par les eaux
Le Pont Alexandre III, rattrapé par les eaux

Le fonds Cat Nat (ou Fonds de prévention des risques naturels majeurs), créé en 1982 suite aux crues dans les vallées de la Saône, du Rhône et de la Garonne, suffira-t-il a indemniser les sinistrés ? On estime aujourd’hui à 700 millions d’euros le montant disponible au titre de ce fonds. En guise de comparaison, le coût historique des inondations survenues dans le Rhône en 2003 avait atteint 769 millions d’euros. Bernard Spitz, président de l’Association française de l’Assurance, estimait vendredi à 600 millions d’euros le coût des dommages (AFP).

Les acteurs économiques touchés disposent-ils d’assurances adaptées pour couvrir leurs pertes d’exploitation et économiques ? Cédric Benoist, président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) confiait aux Échos que « les risques sont certes assurables, mais il faut compter avec une franchise de 25%. Et encore faut-il être assuré ! ».

Quel sera l’impact sur l’activité économique de la région ? Certaines entreprises rencontrent des difficultés importantes (usines d’Hutchinson à Montargis, de Shiseido dans l’Ormes, de Sanofi à Amilly ou de Pierre Fabre à Château-Renard. Quel est l’état des Plans de continuité d’activité de ces entreprises et plus généralement des entreprises situées en bordure de fleuve ?

Inondations : pourquoi l’Île-de-France se retrouve les pieds dans l’eau 

Quel sera le coût de la remise en état pour les communes alors que le déblocage d’un fonds de soutien de un million d’euros a été annoncé par la région Île-de-France ? Le département de Seine-et-Marne a quant à lui évoqué la possibilité de débloquer 600 000 euros d’aides.

Sartrouville est sur le pied de guerre

Quel sera l’impact sur le secteur du bâtiment étant donné les besoins en matière de réhabilitation ? En période estivale, les entreprises du secteur seront-elles en mesure de répondre à la demande des sinistrés ?

 

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Plan ORSEC : le guide S3

Mis en place à partir de 1952, le plan «Organisation des Secours», ou plan ORSEC, a évolué jusqu’à aujourd’hui pour devenir «l’Organisation de la Réponse de Sécurité Civile». Cette réponse de la mobilisation des moyens de la sécurité civile, a été pensée et déployée, afin de faire face à des catastrophes naturelles, industrielles, ou encore sanitaires. Il a pour objectif d’organiser les secours, de prendre en charge et sauvegarder les populations, et de protéger les biens ainsi que l’environnement. La nouvelle mouture de 2004 se veut comme un incubateur de la notion de culture de la sécurité civile, qui se décline à ce jour en plusieurs volets, dont le guide S3, qui n’est autre que la disposition spécifique inondation. Ce volet du plan a pour objectif, alors qu’on estime aujourd’hui que 17 millions de Français sont exposés aux différentes conséquences des inondations par débordements et que 1,4 million d’habitants sont exposés au risque de submersion marine, d’aider les préfets dans l’élaboration de leurs dispositions spécifiques ORSEC inondations.

Parmi les objectifs du plan ORSEC inondation, il nous a semblé important de faire un focus sur l’appropriation et la déclinaison des acteurs, ainsi que sur l’approche de retour à la normale. Le premier volet, appropriation et la déclinaison des acteurs, met un point d’honneur sur l’aspect de la culture opérationnelle commune, qui est issu d’un travail collégial entre les diverses parties. Effectivement, la bonne entente et la collaboration des différents services lors d’une crise semble être indispensable, pour faire face, et pour répondre avec efficacité à l’amplitude d’un événement majeur. Cette réponse efficiente à la catastrophe passe également par la formalisation, qui doit permettre, d’une part, de faciliter la gestion de l’événement le moment venu, et d’autre part, de s’approprier le dispositif. En outre, chaque acteur doit impérativement s’imprégner des missions relevant de sa compétence et décliner son organisation interne (Quelle est ma mission ? De combien de temps je dispose ? etc). L’appropriation n’a de meilleur partenaire que l’entraînement et l’exercice en conditions réelles sur le terrain. C’est pour cela que régulièrement des exercices sont pensés et réalisés afin de tester les dispositifs et l’efficience des acteurs de la sécurité civile.

Par ailleurs, l’approche de retour à la normale  est une étape décisive dans le protection des populations et dans la reprise de l’activité économique. Bien que les acteurs de la résilience ne soient pas les mêmes pendant et après la crise, il paraît judicieux de préparer cette étape avec attention. L’objectif premier de cette phase est l’assistance à travers une liste de missions qui devront être opérées par les services de l’Etat (assistance aux sinistrés, information sur les procédures d’indemnisation, évaluation des dégâts, etc). De plus, cette étape permet de déterminer quels seront les services pilotes qui s’occuperont de chacune des missions. Afin de faciliter et d’optimiser le temps de retour à la normale pour les territoires affectés (habitants, entrepreneurs, etc), un comité de suivi général (DDT, conseil régional, associations, etc) suit les travaux de préparation au retour à la normale.

Ce guide S3 décline l’ensemble des bonnes pratiques à mettre en place pour optimiser la gestion des inondations. Si le guide S3 est consacré à la gestion du risque d’inondation, d’autres volets du plan ORSEC sont disponibles, tout comme le guide G4 (Alerte et information de la population), ou encore le guide G2 (Soutien des populations). Cette déclinaison de guide pratique du plan ORSEC permet de mieux appréhender de futurs événements dommageables qui ne manqueront pas de se manifester.

Découvrez le Guide S3 – Plan ORSEC inondation

 

Inondation d’un quartier construit dans une ancienne zone humide
Inondation d’un quartier construit dans une ancienne zone humide après une crue de la rivière Aa. Source : Futura Science / Lamiot

 

 

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Entreprises : se protéger contre l’inondation

historique indemnisations AFA
Historiques des indemnisations versées par les assureurs suite à des aléas naturels.
Source : Libre Blanc pour une meilleure prévention contre les aléas naturels, AFA, 2016

L’Association Française de l’Assurance a publié, suite à la COP21, un guide destiné aux entreprises afin qu’elles se protègent contre le risque d’inondation.

S’appuyant sur l’étude de l’OCDE de 2014 sur la Seine en Île-de-France, les auteurs rappellent que de nombreuses entreprises, notamment les PME-PMI, seraient en grande difficulté suite à une crue majeure.

Ainsi, ce guide détaille les questionnements à adopter pour mesurer la vulnérabilité de son entreprise, et recense les sources d’information disponibles à ce sujet. L’accent est également mis sur les systèmes d’alerte inondation mis en œuvre (mairie, radios locales, Météo-France, etc.) et insiste sur l’utilité du Plan de Continuité d’Activité.

Enfin, une série de fiches pratiques décrit les actions à mener pour réduire l’impact d’une inondation. Parmi elles figurent notamment : créez ou aménager une zone refuge hors d’eau pour les personnes, sécurisez votre fourniture d’énergie ou bien vos réseaux informatiques et de télécommunication, etc.

L’intérêt de se guide est de proposer un ensemble d’actions possibles, ainsi que les mesures et les retours d’expérience associés à celles-ci. L’élaboration d’un Plan d’Urgence Inondation (PUI) cohérent paraît alors plus aisée, et d’autant plus cruciale.

Notre seul regret demeure la faible importance accordée à la sensibilisation et à la formation du personnel, en dehors des personnes impliquées dans la gestion de crise.

Pour consulter le guide complet, cliquez ici

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