L’exercice EU SEQUANA 2016, plus qu’un test des moyens, une mobilisation générale des acteurs de la gestion de crise

Ce 7 mars 2016 débutera à Paris l’exercice de crise EU Sequana 2016 qui a pour objectif de simuler une crue exceptionnelle de la Seine, et tester, de surcroît, le dispositif de gestion de cet événement majeur.

Etalé sur la période du 7 au 18 mars dans toute l’Île-de-France, la simulation du retour d’une crue centennale concernera le débordement de la Seine et la Marne qui entrainera des inondations. Ce sera l’occasion de tester les acteurs de la gestion de crise et la chaîne de prise de décision.

Les chiffres de l’OCDE sont éloquents pour une inondation de type 1910. Au total, ce ne sont pas moins de 5 millions de personnes qui seraient potentiellement sinistrées, 400 000 emplois qui seraient affectés, et 1,5 million de personnes privées d’électricité.

Le docteur Magalie Reghezza (ENS), dont la thèse soutenue en 2006 traite de la vulnérabilité de Paris face à une crue centennale, souligne que l’exemple de Katrina n’est pas un modèle de bonne gestion de crise. « Elle explique que dans le cas de la Nouvelle-Orléans la gestion de la crise était à un tel point ratée que les conséquences ont largement dépassé les prévisions, et que 80% de la ville a été inondée pendant plusieurs semaines. »

Bien que la magnitude intrinsèque de l’aléa soit un paramètre qui conditionne l’amplitude d’une catastrophe, une gestion de crise efficiente demeure être la meilleure arme pour limiter les impacts dommageables d’une crue exceptionnelle de la Seine.

 

Liens pratiques : 

Le programme des actions de l’exercice 

Quand la Seine submergera Paris

Vidéo, Bilan 2015 dans le monde

 

Les 7 sites où se dérouleront l'exercice - Source : Préfecture de police de Paris
Les 7 sites où se dérouleront l’exercice – Source : Préfecture de police de Paris

 

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Les inondations du Gapeau expliquées par la théorie de Von Karman sur les allées tourbillonnaires

Les allées tourbillonnaires étudiées par le célèbre physicien hongrois seraient un facteur aggravant pour les inondations sur le Gapeau. C’est la théorie défendue par un Cuersois
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Depuis les inondations de 1999 et toutes celles qui ont suivi, Stéphane Rouvier, architecte paysagiste à Cuers, est hanté par le spectacle du Gapeau débordant au niveau du pont de l’Ayguade, sur la RD 42. Depuis, il n’a eu de cesse de mieux comprendre le phénomène auquel il a assisté, puis a tenté d’alerter les autorités compétentes sur ces observations. Sans grand succès jusqu’ici, il faut bien l’avouer.

Un constat en 1999

En 1999, donc, alors que la rivière, chargée de boue et de déchets divers, menace de déborder, il tente de sauver son bateau amarré à proximité du pont, à l’embouchure de la rivière. Il a appelé un grutier, et du haut de l’engin, il dispose d’une vue et d’une perspective bien dégagées le long du chenal.

Stéphane Rouvier a fait des études sur la conduite de l’eau. Skieur extrême, chargé de mission pour prévenir les avalanches à Tignes, il se remémore alors certains principes physiques qui lui ont été inculqués: « Les avalanches, c’est de l’eau, des déchets, de la neige, de la glace. C’est pareil dans l’hydrologie, explique-t-il.

Sur le Gapeau, ce que j’ai vu m’a rappelé un bouquin de référence sur les cinq formes d’avalanches. Un gros tourbillon se formait en amont des coques de bateaux, qui a emporté un voilier de 7 mètres en le catapultant vers le centre du Gapeau.

La rivière n’avait plus qu’une sortie diminuée, avec une zone de calme en aval. Il y avait plusieurs tourbillons qui formaient comme des marches d’eau qui montaient, jusqu’à immerger les piliers du pont.

Avec ma compagne, nous avons convaincu quelques plaisanciers de mettre leurs bateaux dans le bon sens. En un quart d’heure, l’eau a baissé de deux mètres ».

Fréquence de détachement

Pour Stéphane Rouvier, l’explication se trouve dans la théorie de Von Karman sur les allées de tourbillons.

Cet ingénieur et physicien hongrois, connu pour ses travaux sur les fluides, avait observé que lorsqu’un objet est immergé dans le courant, des tourbillons de sens inversé se forment autour.

« En fonction du débit, de la vitesse, de la viscosité, et aussi de la taille de l’objet, les tourbillons qui se sont formés restent collés à l’objet, la boue les fait ralentir et grossir. Et dès que les déchets s’évacuent, le niveau baisse d’un coup.

Ainsi, quand le débit augmente et que l’eau est plus claire, les tourbillons se décrochent de l’objet. Ces objets immergés génèrent l’allée de Von Karman.

Il a étudié la fréquence de détachement de ces tourbillons de sens inversé qui augmentent corrélativement par rapport à la vitesse de l’eau. Ils occupent en éventail la largeur de la rivière et forment ces marches d’eau qui montent jusqu’au niveau du pont. Lorsque les plaisanciers mettent leur bateau dans le bon sens, l’eau s’évacue ».

Pour lui, une solution permettrait d’éviter pas mal de dégâts : évacuer les bateaux amarrés sur les berges en cas d’alerte.

Autre remarque de cet observateur : les salins antiques comportaient souvent un drain, comme en Camargue. « L’existence de ce drain m’a été confirmée par deux domaines locaux, affirme Stéphane Rouvier. Je soupçonne que ce drain agit comme une pompe bélier qui détournait le Gapeau vers les Salins ».

Des pistes à approfondir en vue des inondations futures ?

Source : Var matin

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Conseil général de l’Essonne: une banque des savoirs sur l’inondation et le risque majeur

La Banque des savoirs du Conseil général de l’Essonne, site de vulgarisation scientifique et technique pour le grand public, vient de mettre en ligne un jeu pour permettre aux Essonniens de tester leurs connaissances sur le risque d’inondation.

L’Essonne : un département concerné par plusieurs risques majeurs

Outre les risques industriels dus à la présence de certaines entreprises sur le territoire, l’Essonne, avec le CEA de Saclay (Commissariat à l’Energie Atomique), dispose d’une installation nucléaire qui nécessite un dispositif de surveillance et d’information accrue.

Autre catégorie de risque majeur, le risque inondation. En effet, ce département de la région Île-de-France, avec ses nombreux cours d’eau dont la Seine et l’Essonne, peut être amené à subir de graves et sérieux débordements.

Un politique d’information et de communication en phase avec son époque

Le Conseil général a donc décidé depuis plusieurs années de mettre à disposition de tous les Essonniens la cartographie de l’ensemble des zones ayant connu des inondations et des conseils pour prévenir ce genre d’aléas. Aussi, à l’heure des réalités virtuelles et addictives, des jeux en ligne, des possibilités de jeu offertes par l’ensemble de la toile pour nous et nos enfants, ce jeu nous semble une excellente initiative.

Un jeu sur les crues :
S’il est impossible d’empêcher une crue de se produire, on peut toutefois prévenir le risque. Pour cela, nous pouvons agir pour réduire la crue elle-même et limiter les dommages. Êtes-vous prêts à relever le défi ?

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Les agriculteurs inondés reprochent aux Maires le manque d’entretien des fossés et des chemins ruraux

A la suite des inondations du 21 mai sur la commune de Saix, les propriétaires exploitants ont adressé une lettre à la municipalité pour exprimer leur mécontentement. Dans ce courrier, ils reprochent le manque d’entretien des fossés et des chemins ruraux depuis plusieurs années.

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Le bon entretien des fossés contribue au drainage des terrains et facilite l’évacuation des eaux surtout en période de fortes pluies.

Le maire fait  son mea culpa

Cette question était à l’ordre du jour du conseil municipal du 29 mai: 15 agriculteurs, dont 4 sont conseillers, attendent des réponses. Le maire Robert Marteling leur a donné la parole. Jean-Michel Trudeau lit une synthèse des griefs reprochés à la municipalité: des chemins laissés à l’abandon, des fossés qui se comblent au fil des années… avec pour conséquence la crue du 21 mai.

« C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. » Tout en étant conscients toutefois du caractère exceptionnel des précipitations. « Si les fossés avaient été entretenus, comme c’était le cas auparavant, l’eau n’aurait sans doute pas envahi les champs, la mairie, la salle des fêtes, provoquant des éboulements avec les conséquences que l’on sait », affirme Jean-Pierre Ripoche.

Le maire, soutenu par ses adjoints, déclare « avoir volontairement traîné les pieds sur cet entretien », évoquant le coût difficile à assumer pour le budget de la commune.
Anicette Gilbert s’est heurtée aux 2 adjoints sur la question de l’association foncière dissoute en 2007: « La commune s’est engagée en 1984 à entretenir les chemins et les fossés, cette promesse tenue au début, ne l’est plus depuis plusieurs années », affirme-t-elle. La taxe foncière sur les propriétés non bâties rapporte 16.851€ à la commune. Elle pourrait selon les agriculteurs largement permettre cet entretien. D’autant que la commune possède le matériel et le personnel pour effectuer de travail.

Vers la création d’une association

Loin de vouloir créer une polémique stérile, les propriétaires exploitants « souhaitent, au contraire, vouloir oeuvrer pour le bien de tous les habitants de la commune ». « Il nous semble que le maire et ses adjoints n’ont pas compris le souhait de la population. Nous envisageons la création d’une association qui aura à coeur de promouvoir la sécurité, l’environnement et le vivre-ensemble sur la commune de Saix. Tous les habitants seront invités à y participer pour construire ensemble l’harmonie nécessaire à un petit bourg rural! »

Le maire de Saix n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur ce sujet, en marge du conseil municipal. La population sera prochainement invitée pour une réunion d’information « sur la commune », fait-on savoir.

Source Centre presse

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