Le Beausset (Var) affiche la sauvegarde communale !

Remise du Pavillon Orange par le Général Vernoux, Le Beausset, 1er Mars 2016
Remise du Pavillon Orange par le Général Vernoux, Le Beausset, 1er Mars 2016

Dans cette commune du Var, Océane Petit est sur tous les fronts pour diffuser la culture du risque et l’esprit de sauvegarde. Responsable de ce domaine à la mairie du Beausset, elle a fait intervenir une équipe du SDIS 83 pour enseigner en milieu scolaire « les comportements qui sauvent ». De ces interventions et du rendu des écoliers et collégiens, elle a eu matière pour une exposition. Excellente pratique : les parents se déplacent pour admirer les œuvres des enfants, et par la même occasion s’informent…

Pour l’inauguration de cette exposition, le maire a convié la population à une conférence sur la sauvegarde. Les risques majeurs sont naturellement le feu de forêt et les inondations mais aussi une zone de fontis, sans oublier les Transports de Matières Dangereuses (TMD).

Lors de cette soirée, le général (2s) François Vernoux a remis le Pavillon Orange que la ville a obtenu en février. Prochaine étape : la constitution d’une réserve communale et l’obtention du bouclier orange pour les établissements scolaires.

Un bel exemple de dynamisme dans un département trop souvent meurtri par les risques naturels.

« Je ne me prépare pas, je gémis déjà »
Léonard de Vinci.

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Trois ans après: le 15 juin 2010, le Var était dévasté par les inondations

L’incroyable conjonction de phénomènes météorologiques va plonger la Dracénie et la plaine de Fréjus dans le chaos et la mort. Le 15 juin 2010, en trois heures, certains rivières vont monté de près de sept mètres pour envahir les rues et les maisons. Cette catastrophe causera la mort de 25 personnes.
inauguration_15juin_var

Trois ans après, après de multiples rapports*, la préfecture a révisé et/ou prescrit 14 plans de prévision des risques inondations (PPRI) sur la base d’une modélisation. Actuellement soumis à concertation, ils devraient être adoptés à la fin de l’année. Côté prévention, 35 des 74 communes dracénoises se sont dotées d’un document recensant les risques et 40 ont mis en place un plan communal de sauvegarde. C’est deux fois plus qu’en juin 2010. Enfin, depuis décembre dernier, le conseil général du Var pilote un programme d’action et de prévention des inondations (PAPI) pour réduire à l’avenir les conséquences des crues sur l’ensemble de l’Argens et de ses affluents, au travers de 39 actions (travaux, sensibilisation…).

Trois ans après : l’analyse du CNRS, Département de Géographie, Université de Nice-Sophia-Antipolis.

Pour l’universitaire, l’épisode du 15 juin 2010 est exceptionnel par l’abondance des précipitations et par leur concentration dans le temps. Ainsi, les méthodes statistiques utilisées (lois de GUMBEL, de WEIBULL…) donnent des valeurs centennales plus faibles que les approches adoptées pour les PPR. Pour les chercheurs, la réalisation d’un tel épisode pouvait évidemment être prédite. Et l’on peut même imaginer bien pire : des précipitations plus abondantes, plus intenses, plus concentrées dans le temps, tombant à la fin d’une période pluvieuse, comme c’est le cas cette année 2013.

Les pessimistes trouveront donc des raisons de se faire encore beaucoup de souci. Les optimistes penseront qu’il ne se reproduira rien de sérieux avant longtemps. Les réalistes considèreront qu’il faut tirer les enseignements de cet épisode. Aussi, deux points particuliers méritent d’être améliorés : la prévision hydro-météorologique et l’alerte des populations.

Les travaux de l’UMR 6012 « ESPACE » du CNRS C._Martin_-_EGP_2010_-_Inondations_Var

Trois ans après : le reportage de Var matin

Une après-midi surréaliste. Une nuit dantesque. Un petit matin d’apocalypse. Vingt-cinq morts, une population traumatisée, des bassins de vie réduits à néant. Ce mardi 15 juin, l’attention se focalise sur l’aire toulonnaise où, conformément à l’alerte météo, des inondations monopolisent les secours. Rien d’affolant. La masse orageuse poursuit sa route et touche cette fois les secteurs du Luc, Le Cannet puis Lorgues. Une centaine d’interventions sont comptabilisées. Rien d’insurmontable néanmoins.

Vague meurtrière

Vers 13 h 30, les pluies diluviennes s’intensifient sur Draguignan et alentours. Le phénomène, très localisé, prend rapidement une dimension exceptionnelle. Quelques routes et quartiers commencent à subir la fureur des eaux. Rien, cependant, qui ne bouleverse la vie locale.

Pourtant, sur les rives de l’Aille, le visage de l’horreur commence à se dessiner. Impuissants, un couple d’éleveurs voit leurs 1200 bêtes emportées par une vague de plus d’un mètre. Un peu plus loin, à Saint-Julien, les ouvriers d’un domaine viticole n’ont d’autre choix que de rester sur place. Devant eux, des flots de boue dévalent la route.

La situation se dégrade notablement après 15 heures, alors que les bassins versants saturés vomissent leurs trop-pleins d’eau, de boue et de pierres. L’inquiétude commence à poindre. Une demi-heure plus tard, l’impondérable météorologique vire au chaos mortel : alors que le ciel ébène continue à dégueuler de liquide, la rupture d’une énorme cavité karstique, en amont du hameau de Rebouillon, sur la Nartuby, va provoquer un raz-de-marée. Une vague de dix mètres de haut, d’une force irrésistible, qui va finir de broyer ce qui était déjà sous les eaux.

Panique générale

En ce mois de juin, vers 16 h 30, alors que le plafond opaque a plongé la Dracénie dans une nuit artificielle, des drames humains sont déjà noués, d’autres se jouent minute par minute. Des centaines de personnes n’ont pas le temps de se mettre à l’abri. S’accrochent aux buissons des ronds-points. Se réfugient dans les arbres, sur les toits. Le PC opérationnel du centre de secours dracénois est submergé en quelques minutes. Le SDIS a les pieds dans l’eau. Une cellule d’urgence se reconstitue dans l’hypermarché du Salamandrier.

Le salut des airs

Son sang-froid sera exceptionnel. Tout comme la réactivité du préfet qui va briser tous les codes administratifs et réquisitionner ce que la région compte d’hélicoptères. Toute la nuit durant, dans des conditions encore dantesques, les pilotes vont hélitreuiller quelque 1300 personnes. Et sauver, au bas mot, plus de 300 âmes.

Quelques heures plus tard, le phénomène se répercute dans la plaine de Fréjus où s’ajoute le débit monstrueux du fleuve Argens. Comble de fatalité, la tempête en mer empêche l’écoulement des eaux. Le désastre poursuit son œuvre.

Des plans pour l’avenir

Un cataclysme naturel que l’entreprise humaine, par ses aménagements inconsidérés, a forcément amplifié. Alors, État et collectivités locales et territoriales ont souhaité prendre les choses en main. Via des Plans de prévention des risques d’inondation et le fameux Papi, destiné à fédérer les travaux sur les bassins versants de la Nartuby et de l’Argens. Il faudra du temps et de l’argent pour assurer un semblant de sécurité aux citoyens. Et aux politiques une grosse dose de courage pour résister aux appétits des cupides bâtisseurs…

Trois ans après: pour ne pas oublier, les chiffres

Le bilan des 15 et 16 juin 2010 dans l’Est-Var :
– 25 personnes décédées ;
– 300 personnes sauvées d’une mort certaine (estimation) ;
– 2450 sauvetages (1100par le sol, 1350 par hélicoptère) ;
– 32000 sinistrés déclarés (9791 sinistres automobiles) ;
– 700 millions d’euros de dégâts estimés (sans compter les biens non assurables et non assurés;
– 2979 salariés impactés en chômage ou chômage partiel sur 359 entreprises.

Trois ans après : le choc des photos: les Images du 15 juin 2010

Trois ans après : relire pour ne pas oublier

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Mission Commune d’Information sur les Inondations dans le Var

Lors de sa réunion du 17 janvier 2012, la conférence des présidents a décidé la création d’une mission d’information sur les inondations dans le Var, et plus largement, dans le Sud-Est de la France, au mois de novembre 2011

La mission d’information du Sénat sur les inondations du sud-est a livré ce 5 avril à Draguignan ses premières réflexions. En juin 2010, d’importantes inondations avaient fait 23 morts et 2 disparus dans le Var. Un nouvel épisode a frappé la région en novembre dernier, où 120 communes du Var et des Alpes-Maritimes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle.

La mission sénatoriale a d’abord pointé du doigt la loi sur l’eau et les règles de la comptabilité publique. « Tout le monde se plaint de la loi sur l’eau à la rigueur hétérogène et sélective », a déclaré le président de la mission, le sénateur (UMP) Louis Nègre, préconisant « des assouplissements et quelques avancées pour que ça fonctionne ». « Il faut qu’il y ait une véritable chaîne, y compris au niveau du pouvoir judiciaire, que le droit soit appliqué », a-t-il ajouté, précisant aussi qu' »il y a des réglementations qui se contrarient ».

Autre préoccupation : les règles de la comptabilité publique qui bloquent le paiement des aides et subventions, souligne la mission. « Le préfet du Var nous a dit que seulement 20% de la ligne budgétaire allouée en 2010 avait été utilisée, » affirme Louis Nègre. « Sur les 18 millions d’euros d’autorisations d’engagement, seulement 5,5 millions ont été payés », a confirmé le rapporteur de la commission, le sénateur (RDSE) Pierre-Yves Collombat.

Autre impératif, « la prise en compte des risques naturels majeurs », a dit Louis Nègre, qui a préconisé que « les maires suivent une information sur la question ». « Tous les responsables, politiques, associatifs, doivent intégrer que le fait que le risque existe, » a-t-il insisté. Pour lui, il faut raviver la mémoire collective qui a pu oublier, au cours des décennies, que les catastrophes naturelles existaient. « 13 crues de l’Argens en 1913, 8 crues en 1959, » a-t-il rappelé.

Parmi les autres points évoqués, « l’urbanisation qui aggrave la situation », la nécessité d’une « vision et d’une gestion par bassin » en tenant compte des eaux de ruissellement, la réflexion sur la mise en place d’un système financier pour permettre aux collectivités d’engager rapidement les travaux… La question de l’information – « que dire et à qui ? » – a également été abordée, sachant que dans le Var notamment, les systèmes de communications entre collectivités ont été améliorés depuis 2010.

Après les Alpes-Maritimes le 6 avril, la mission ira ultérieurement dans le Vaucluse et le Gard. Selon Louis Nègre, elle devrait rendre son rapport « d’ici à la fin juillet ou début septembre » (AFP).

Bilan au terme du déplacement dans le Var et les Alpes-Maritimes :
http://videos.senat.fr/video/videos/2012/video12610.html

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REX des inondations du Var (15 & 16 juin 2010)

L’inspection générale de l’administration a publié en janvier son rapport sur les circonstances des inondations survenues en Dracénie les 15 et 16 Juin 2010. Ce document de plus de 90 pages mesure la qualité et l’efficacité des mesures de prévention prises pendant la crise et détaille les points forts et faibles des solutions mises en place, notamment celles déployées dans le cadre des plans communaux de sauvegarde.

Bilan sur l’opérationnalité des PCS les 15 & 16 juin

Bien qu’un recensement précis reste à valider, de nombreuses communes disposent de Plans Communaux de Sauvegarde (PCS) qui, dans la plupart des cas étaient connus des responsables municipaux et ont été utilisés lors des opérations de secours.

1.1. Les points faibles
Toutefois la plupart des PCS ont été élaborés dans la perspective de survenance de feux de forêts, risque considéré comme majeur dans toutes ces communes, du moins depuis quelques années. De ce fait, le recensement des moyens d’intervention et d’aide, ainsi que des lieux d’accueil, n’a pas examiné leur fragilité face à l’inondation, fut-elle moins importante que celle de juin 2010.
Ce recensement n’a pas non plus pris en compte systématiquement les besoins spécifiques à ce genre d’événement comme les cordes, les couvertures de survie, la fabrication de boissons chaudes, le matériel de nettoyage, etc.

Dans certains cas les PCS se sont avérés non opérationnels parce qu’ils étaient archivés ou parce que l’absence d’exercice régulier les avait rendus inopérants. Heureusement, la présence d’équipes communales connaissant parfaitement le territoire et les équipements communaux a pu pallier cet inconvénient.

Il est rapidement apparu que les PCS les plus utilisés sont ceux qui étaient faciles à lire et rapidement maîtrisés, notamment ceux établis sous forme de fiches « réflexe », à l’opposé de documents plus littéraires ou trop exhaustifs, voire mal adaptés à la spécificité de la commune concernée.

Enfin, le manque de relations entre les communes a interdit toute information de l’amont vers l’aval, information qui eut été fort utile pour une meilleure anticipation. Certes, dans le cas précis, les liaisons téléphoniques ont fait défaut, mais le principe d’une information réciproque n’était présent à aucun moment dans les préoccupations des collectivités.

1.2. Les points forts
Les PCS existants ont permis d’effectuer un véritable recensement des moyens des communes et de les porter à la connaissance des intervenants potentiels, notamment par une connaissance exhaustive des lieux d’accueil, la mise en place de stocks de produits et de matériels utiles, l’indication de lieux de fourniture etc. Ils ont pu assurer, dans les cas où ils étaient valides et adaptés, une réactivité plus grande de tous les intervenants, notamment les équipes municipales et les pompiers.

La réactivité très grande des équipes dès le constat de l’événement a fortement compensé le manque d’anticipation dont les causes ont été décrites plus haut. La connaissance des lieux par les municipalités, étayée soit par la présence ancienne, soit par les travaux faits durant l’élaboration du PCS, a permis dans de nombreuses communes d’imaginer sur l’instant ce qui paraissait « impensable ». Les évacuations, les repliements vers les lieux connus, le soutien aux personnes évacuées, le blocage des voies ont pu être très rapidement engagés.

Furent ainsi mises à l’abri de très nombreuses personnes qui se seraient trouvées sans cela dans des situations particulièrement critiques.
La mobilisation remarquables de volontaires, notamment les membres des comités communaux feux de forêts (CCF), fut sans aucun doute un élément déterminant de relai de l’alerte dans de nombreuses communes : par leur connaissance des éléments des PCS, par leur réactivité face aux soutiens des populations, ils ont à la fois relayé les informations vers les populations, guidé les évacuations, pris des initiatives heureuses parce qu’encadrées dans des dispositifs préétablis.
Cette action, soulignée dans de très nombreux cas, est la preuve a posteriori de l’intérêt de la préparation de la crise par l’élaboration de PCS, relayée par des exercices réguliers.

Lien vers le rapport :

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