Inondations dans l’Aude : une expo pour développer une conscience et une culture du risque

Créée par la fédération des syndicats de bassin de l’Aude, le SMMAR, une exposition itinérante vise à sensibiliser la population au risque d’inondations.

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En effet, dans le département de l’Aude, 223 communes sont exposées au risque d’inondation. La politique de prévention menée par le conseil général depuis 2002 au travers du SMMAR (Syndicat Mixte des milieux aquatiques et des rivières)  définit une importante mission d’information à mener auprès des populations qui vivent dans les zones à risques. Informer les habitants des communes, notamment les plus jeunes, nécessite de développer une conscience et une culture du risque inondation. L’exposition «Mémoire du risque inondation» est un outil d’information et de sensibilisation, accessible à tous les habitants, enfants et adultes du département de l’Aude.

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Vingt et un panneaux documentés et clairs pour un parcours très pédagogique.

Elle est construite autour de trois thèmes : un rappel de l’historique des crues qui ont touché les villes audoises, des plus anciennes, recensées en 1174, aux plus récentes en 2006 ; une explication pédagogique du fonctionnement des rivières et du mécanisme des crues ; une présentation de la politique de prévention et d’alerte, des travaux engagés et prévus et des différents acteurs mobilisés dans les actions de prévention.

Destiné à l’ensemble des habitants de notre département, le dépliant «Que faire en cas d’inondation ?» présente les mesures efficaces à mettre en œuvre pour mieux se protéger des inondations, un petit guide pratique pour avoir les bons réflexes au bon moment. Il donne les consignes très concrètes de sécurité et la marche à suivre en cas d’inondation, depuis l’alerte jusqu’après l’inondation.

La lutte contre les inondations dans l’Aude

Lors du dernier week-end de novembre 2014, les audois ont fait face à des pluies d’une très forte intensité. Plus de 700 personnes ont dû être évacuées, soit de manière préventive soit pour échapper aux inondations. Fort heureusement seuls des dégâts matériels sont à déplorer. Lors des inondations de 1999, 25 personnes avaient péri.

Les enseignements de 1999 ont donc porté leurs fruits et les actions de prévention et sauvegarde réalisées dans le département de l’Aude ont permis de limiter les dégâts.

Ainsi, depuis 1999, 40km de digues et barrages ont été construits, reconstruits ou confortés. De plus, le nettoyage systématique de 2000km de rives a fait presque disparaître les embâcles (amoncellements de branches ou de troncs d’arbres). Enfin, plus de 200 plans communaux de sauvegarde ont été élaborés par les municipalités qui par ailleurs ont développé des actions d’information et de sensibilisation des populations à la gestion des crises.

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Les communes Euréliennes doivent aussi se préparer au risque d’inondations

De nouvelles inondations se produiront en Eure-et-Loir et si les inondations mémorables de l’hiver 1995 ont connu des précédents au cours de l’histoire, elles ne seront certainement pas les dernières.

DDRM_28Les inondations débutent le 23 janvier 1995. Quel est le contexte climatique à l’époque ? À partir du 9 janvier, on est en régime perturbé ouest-sud ouest, surtout entre le 17 et le 31. Les flux sud-ouest donnent traditionnellement des perturbations sur ce département. L’automne 1994 avait été pluvieux, les précipitations de janvier sont donc tombées sur des sols saturés, l’eau n’avait pas le temps d’être absorbée.

Quelles hauteurs atteignent ces précipitations ? Le mois de janvier 1995 se caractérise par des précipitations mensuelles records, quasiment dans tout le département. On atteint la normale mensuelle, 50 mm, soit 50 litres au mètre carré, dès le 19 janvier. C’est-à-dire que tout ce qui est tombé après cette date est excédentaire. On arrive à la fin du mois avec des chiffres proches des derniers records (187 mm à Senonches et Nogent-le-Rotrou, lors de l’automne 1962).

Par exemple à Authon- du-Perche, il est tombé 181 mm, quasiment 25 % de la pluviométrie annuelle. C’est le cas également à Miermaigne, avec 166 mm, ou à Rueil-la-Gadelière où il est tombé 144 mm, ou encore à Chartres avec 100 mm, soit deux fois la normale.

À Châteaudun, on a un record ce mois-là, avec 120 mm de pluie tombés en 134 heures. Entre le 21 et le 31, l’ouest du département, et Nogent-le-Rotrou en particulier, ont reçu 100 mm de pluie.

Peut-on s’attendre à de nouvelles inondations prochainement ? On ne peut absolument pas les prévoir. On ne retrouve pas de cycles réguliers, les durées de retour sont très variables. Je ne peux pas vous dire quand il y en aura, mais, oui, il y en aura d’autres. Car on ne peut pas exclure des précipitations de plus de 100 mm sur un hiver X ou Y à l’avenir. Ajoutez à cela le changement climatique, qu’on ne peut ignorer, et l’augmentation des surfaces goudronnées et bétonnées qui concentrent le ruissellement sur des surfaces moins grandes, et donc augmentent le risque d’avoir des hauteurs d’eau plus importantes.

Mélanie Content pour l’Echo républicain

L’Eure-et-Loir déjà régulièrement sous les eaux au XVIIe

L’Eure-et-Loir n’est pas un département particulièrement sensible aux cahots climatiques, car, rappelle Jean Trideau, « il n’y a pas de phénomènes climatologiques perturbants réguliers. Le Perche concentre les précipitations en raison d’un effet de fœhn sur ses collines. Quand une perturbation arrive avec des nuages très bas, le fait de passer sur un relief entraîne des précipitations. Une fois le relief passé, la masse d’air est asséchée. C’est pourquoi on retrouve les minimums de précipitations en Beauce. Les inondations ne sont pas nouvelles dans le département. Dans un recueil de phénomènes météorologiques réalisé par l’abbé Jean Brossard, on note ainsi que les 3 et 13 février 1635, il y a déjà des inondations en hiver à Saint-Prest et à Thivars. En 1651, Jouy est sous les “grandes eaux”, puis c’est au tour de Lèves et Miermaigne en 1699. J’ai ensuite retrouvé d’autres phénomènes en hiver 1701, puis en 1718 et 1757 ».

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Bretagne : un an après le cycle infernal d’intempéries quelles mesures de prévention ont été déployées

Il y a un an, la Bretagne entrait dans un cycle infernal de tempêtes et de pluies diluviennes à l’origine d’inondations aussi spectaculaires que destructrices. Pour mieux se prémunir contre ce fléau, neuf communes bretonnes très exposées à ce risque ont engagé dernièrement de coûteux travaux ou envisagent de le faire.
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Plus de 300 millions d’euros. C’est le coût estimé des inondations de l’hiver dernier en Bretagne. Heureusement, aucune victime n’est venue alourdir ce bilan déjà catastrophique pour de nombreux habitants de la région. Que faire ? Le problème ne date pas d’hier. Et si l’on en croit le relevé des arrêtés de catastrophe naturelle publiés depuis 1982 au Journal officiel, les inondations de l’hiver dernier ont fait beaucoup moins de dégâts que celles de 1995, 1999 et 2000.

Au cours de ces dix dernières années, de gros investissements ont été réalisés pour tenter de contrôler au mieux le débit des rivières. On peut citer le barrage de Guily-Glaz à Châteaulin (29), où six millions d’euros ont été dépensés, ou celui de Lochrist (56) – plus d’un million d’euros – qui, grâce à un système de clapets, permettent de contrôler le niveau de l’Aulne et du Blavet.

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Hauteur de pluie lors de l’hiver 2013-2014

Malgré ces mesures de prévention coûteuses, ces deux communes de ont été inondées l’hiver dernier, comme en 2000. En effet, d’autres facteurs entrent en ligne de compte : la pluie, les coefficients de marée, le vent et la conjonction de ces éléments peuvent faire exploser tous les schémas.

Les habitants de Morlaix (29) se souviennent de leur dernier réveillon de Noël. Il a suffi de pluies diluviennes pendant quelques heures, sur le sol déjà gorgé du centre-Bretagne, pour que, sans prévenir, les rivières se mettent à déborder, inondant copieusement le centre-ville à marée haute.

Les inondations seraient une fatalité pour la Bretagne ? Il s’agit, en tout cas, de la catastrophe naturelle la plus dévastatrice dans la région, loin devant les tempêtes, l’action des vagues, la neige… et la sécheresse. Le nombre d’arrêtés parle de lui-même : depuis 1982, les deux tiers des déclarations reconnues dans la région concernent les inondations.

Réduire les coûts générés par les sinistres

Il est impossible d’éliminer ce fléau. L’objectif pour les collectivités est d’en réduire le coût… mais pas à n’importe quel prix. Là, chacun sa formule et sa gestion du calendrier.

À court terme : , Redon (35) insiste sur l’amélioration de son système d’information. Morlaix a renouvelé son stock de sacs de sable et réfléchit à un achat massif de bâtardeaux. Pontivy multiplie les clapets pour tenter de mieux contrôler le Blavet. Inzinzac-Lochrist relève ses merlons quand Quimperlé (29), particulièrement touchée l’hiver dernier, répare dans l’urgence et tente de consolider ce qui peut l’être.

Les projets plus ambitieux : Landerneau (29) réfléchit à la construction d’une digue de 70 mètres, en aval. Châteaulin penche vers les retenues sèches pour un coût estimé à sept millions d’euros. Pas donné. Et c’est bien là le problème. Pour réaliser ces projets, les collectivités vont devoir obtenir des financements extérieurs, de l’État notamment. La meilleure solution : faire valider au plus vite leur Programme d’actions de prévention contre les inondations. Ce fameux Papi qui ouvre droit à dotations. Et ensuite engager les grands travaux. Trop tard pour cet hiver…

Lire en détail les actions déployées par ces 9 communes bretonnes :

http://www.letelegramme.fr/static/ftp/infographie/long-format/Inondations-en-Bretagne/Neuf-communes-face-aux-crues.html

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Prévention des inondations : quand le bon sens civil devient illégal

A Durban, commune située dans le département de l’Aude, un petit millier de viticulteurs a mené une opération « illégale » de curage du lit de la Berre. Officiellement, l’action est illégale. Mais tous les participants préfèrent la désobéissance civile aux dégâts de nouvelles inondations.
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Partis de Portel le mardi 23 décembre, entre 700 et 1000 viticulteurs se sont retrouvés à Durban pour nettoyer la Berre, rivière qui traverse la commune. Un nettoyage non autorisé par la loi mais jugé indispensable à la sécurité de population et à la protection des vignobles, auquel se joignent d’ailleurs plusieurs maires.

En effet, dévastée par les inondations de 1999, la commune de Durban-Corbières a subi de nouvelles crues dévastatrices lors de l’épisode cévenol du 28-29-30 octobre. Durant la nuit du samedi au dimanche, les Durbanais n’ont pas fermé l’œil. Voyant la Berre monter, tous ont revécu les terribles inondations de 1999 qui avaient fait de la commune un champ de ruines. Cette fois-ci, ponts et berges ont encore été inondés et endommagés.

La gestion du cours d’eau est mise en cause

Le maire Christian Gaillard mettait en cause l’ensablement du lit de la rivière, les embâcles et autres arbustes qui encombrent le cours d’eau. Selon lui, tous les travaux engagés en 2004 ont été inefficaces. Le conseil municipal condamne la gestion de la rivière par le Syndicat du bassin de la Berre et du Rieu, estimant que le lit de la rivière a été ré-ensablé ce qui n’a d’autre effet que d’élever son niveau. La municipalité n’a de cesse de demander des travaux sur la Berre et demande un grand nettoyage des berges et des enrochements. Au lendemain des inondations de ce dernier week-end d’octobre, la mairie avait d’ailleurs l’intention de porter plainte pour mise en danger de la population.

Des avis partagés sur l’efficacité du curage

A l’annonce de cette opération, de nombreux internautes se sont manifestés sur le danger d’une telle opération. Pour ces détracteurs, en cas de crue, le courant sera accéléré et donc le débit augmenté, ce qui aura pour effet d’augmenter le niveau de crue en aval vers la commune de Sigean, sérieusement touchée elle aussi, en octobre. D’autre part, le curage n’aurait qu’une action limitée dans le temps. Pour réduire l’aléa, ces opposants au nettoyage préconisent de ralentir les écoulements en restaurant et en entretenant les ripisylves (bandes boisées) et en prévoyant des zones d’expansion des crues.

Ces réflexions reprennent bien souvent les travaux de l’hydrogéologue, le Professeur Pierre Verdeil, qui proposaient d’agir sur les moyens de ralentir l’arrivée concomitante de toutes les eaux lorsque le bassin versant d’un cours d’eau est entièrement concerné par de fortes pluies, comme ce fut le cas en 1999. Il s’agit de dresser de petits barrages de terre (avec un bulldozer) en amont, pour entraver les nombreux petits lits des ruisseaux dits « temporaires » qui drainent le bassin versant, essentiellement sur les hauteurs désertiques (en particulier dans le massif des Corbières). Ces petits barrages (ou levées de terre) sont prévus pour céder après avoir retenu l’eau un certain temps, et dont l’écoulement se fait progressivement. L’autre préconisation évoquée serait de prévoir des dispositifs anti-embâcles, toujours en amont, sur les hauteurs également.

Lire un article publié lors du décès du Pr Verdeil, en 2004 : http://www.ladepeche.fr/article/2005/12/30/361070-narbonne-11-inondations-une-etude-de-pierre-verdeil-rendue-publique.html

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