Séismes et coups de mer en Méditerranée

Tôt ce matin, un séisme de magnitude 6,1 a secoué les fonds méditerranéens, à proximité de l’enclave de Melilla. Les dégâts sont uniquement matériels et demeurent limités. Cet événement est cependant l’occasion de se remémorer quelques épisodes ayant marqué la Côte d’Azur et la Riviera du Ponant.

En Méditerranée, les tsunamis sont rares et d’intensité modérée. La masse d’eau, la topographie des fonds marins et les relativement faibles magnitudes des séismes (6,5 étant considéré comme un maximum) ne permettent pas le développement d’importants mouvements d’eau verticaux. La plupart des raz-de-marée sont causés par des éboulements sous-marins, ou bien par des tempêtes.

La fausse alerte de tsunami en Corse en avril 2015 ne doit pas faire oublier que la Méditerranée a plusieurs fois été le théâtre d’épisodes météorologiques causant des dégâts plus ou moins importants. Un raz-de-marée a ainsi ravagé la côte niçoise en 1979, faisant plusieurs victimes et causant d’importants dommages. Une vague de 2,5 à 3,5 mètres avait alors englouti la plage de Salis à Antibes.

Le site du Centre d’Alerte aux Tsunamis (CENALT) analyse l’activité sismique en Méditerranée et informe quant aux risques de tsunamis.
Pour en savoir plus sur ses activités : Le défi de l’alerte aux tsunamis en Méditerranée – LeMonde.fr
Pour en savoir plus sur les phénomènes de raz-de-marée en Méditerranée et l’historique de ces évènements : http://www.azurseisme.com

Épicentre du séisme du 25 janvier 2016 - Source : LeMonde.fr
Épicentre du séisme du 25 janvier 2016 – Source : LeMonde.fr
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A quoi sert la mémoire des risques naturels

Quatre ans après la tempête Xynthia, la mémoire de cet événement tragique commence déjà à s’effacer dans la mémoire collective, et beaucoup de résolutions évoquées sur l’instant se sont évaporées de l’agenda politique. Et pourtant, à l’occasion de cette tragédie, des historiens spécialistes du climat et des risques naturels ont été consultés, et même mandatés pour rendre un avis et apporter, au-delà d’un éclairage, des outils d’aide à la décision des décideurs.

Pourtant, en 2003 déjà, une loi dite « risques » établissait des règles très claires : « Dans les zones exposées au risque d’inondations, le maire, avec l’assistance des services de l’Etat compétents, procède à l’inventaire des repères de crues sur le territoire communal et établit les repères correspondant aux crues historiques, aux nouvelles crues exceptionnelles ou aux submersions marines. La commune ou le groupement de collectivités territoriales compétent matérialisent et protègent ces repères ». Qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis quelques années, des chercheurs de différentes disciplines travaillent dans les archives écrites et orales afin de modéliser les zones de risques et nous en restituer une histoire oubliée qui forme, aujourd’hui, un outil indispensable pour mieux réagir face à ces risques récurrents. Alors, « à quoi sert la mémoire des risques naturels ? », réponse avec l’historien Emmanuel Garnier, membre de l’Institut universitaire de France, chaire « Histoire du climat et des risques naturels », et enseignant-chercheur au CNRS-Université de Caen. Auteur du livre « Les dérangements du temps », Plon, et co-auteur avec Frédéric Surville de « La crise de Xynthia à l’aune de l’Histoire », éditions Croit Vif.

Biographie :

Agrégé d’histoire et maître de conférences, Emmanuel Garnier consacre ses recherches, depuis quatre ans, à l’histoire du climat au sein du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (UMR CEA-CNRS, Saclay) et du CRHQ, UMR CNRS-Université de Caen.

Il intervient comme responsable ou collaborateur de plusieurs programmes nationaux pour le GIS – Climat-Environnement-Société -, le CNRS et le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.


La crise Xynthia à l’aune de l’histoire : Enseignements et enjeux …

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