Guingamp (Côtes-d’Armor) : un drone pour modéliser les crues du Trieux

gingampDepuis six mois, la Ville, avec le Pays de Guingamp et la Commission locale de l’eau, réfléchit sur la problématique des inondations. Un gros travail de croisement de données a été effectué : hauteurs de crues, documents historiques, témoignages de riverains, relevés topographiques, analyses des études établies depuis 30 ans et actualisées… Grâce à un survol du Trieux par drone effectué la semaine dernière, une modélisation des crues est aussi réalisée.

« Ce travail va nous permettre de réfléchir aux aménagements les plus appropriés, en fonction de leur rapport coût efficacité », déclare le maire, Philippe Le Goff. Dans une démarche préventive, quatre repères de crue ont été installés en ville : deux à Sainte-Croix, un à Saint-Sébastien et un au Moulin-de-la-Ville.

Une réunion publique est également organisée demain mercredi, à laquelle ont été conviés les 120 foyers habitant en périmètre rouge, inondable. « Il est important de maintenir une culture du risque. Nous voulons re-sensibiliser les citoyens à la problématique des crues, intimement liée à notre territoire, quoi qu’il arrive. »

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Deux mètres cinquante d’eau à Sainte-Croix en 1880
C’est ce qu’ont fait les spécialistes du Sage et du Smega qui ont exhumé des archives municipales deux crues terribles dont la plus significative est survenue… en plein mois d’août ! « C’était en 1880. Il a plu 53 heures non-stop. Il y avait 2,50 m d’eau rue Penquer », rapporte Xavier Le Gal, coordonnateur du Sage Trégor-Goëlo, qui évoque aussi l’inondation de 1773 (1,50 m d’eau), comptée parmi celles qui éprouvèrent le plus durement la partie basse de la ville. « Se plonger dans la mémoire, c’est important, car cela permet de maintenir la culture du risque sans céder au catastrophisme », soutient le maire, un oeil sur les premiers repères de crue (un autocollant indiquant les niveaux atteint par les eaux lors de la tempête Xynthia, en 2010) posés à Sainte-Croix, à Saint-Sébastien et au Moulin-de-la-ville.
 Si la municipalité n’a pas attendu les derniers scrutins pour s’interroger sur les zones inondables (un système d’alerte crue est, entre autres, déployé depuis plusieurs années), cela fait « six mois » que le maire, le Pays de Guingamp et la Commission locale de l’eau ont mis un coup d’accélérateur pour dresser un diagnostic général, le long des rives du Trieux. Études des documents hydrographiques, épluchages topographiques…
C’est aussi à l’aide d’un drone (celui acquis l’an dernier par le Pays) que la collectivité a capté des clichés susceptibles d’étayer les réflexions. Se souvenir et anticiper « À l’aide d’images aériennes, on va pouvoir faire des simulations qui permettront d’envisager précisément quelles sont les zones inondables en fonction de la pluviométrie », expliquent les techniciens. « En qualité d’élus, notre devoir c’est de se souvenir et d’anticiper », résume Philippe Le Goff qui, sur la base des premiers rapports, pourra ensuite envisager « les aménagements adéquats et leurs financements » afin de mettre un maximum la population à l’abri. Cela signifie-t-il que la mairie et ses partenaires auront d’emblée les moyens de réaliser des aménagements efficaces et significatifs ? « Il faut envisager un niveau d’intervention réaliste », tempère le maire qui sait, comme le souligne Xavier Le Gal, que le problème global ne peut se traiter « qu’à l’échelle du bassin-versant ».
Source : le Télégramme

 

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