Nîmes : un second Programme d’Action de Prévention des Inondations (PAPI II) de 100 millions €

Le deuxième Programme d’Action de Prévention des Inondations (PAPI II) de la ville de Nîmes sera signé le 12 février. Ce programme, d’un montant global de 100 millions d’euros, couvrira la période 2015–2020. Il fait suite au PAPI  décidé en 2007 et mis en œuvre entre 2009 et 2014.

sauvegarde nimes_PAPI

100 millions d’euros pour 2015-2020

(France 3 LR) La signature du deuxième Programme d’Action de Prévention des Inondations (PAPI II) de la ville de Nîmes aura lieu le 12 février 2015 en mairie de Nîmes. Ce programme, d’un montant global de 100M€, couvrira la période 2015–2020.
L’État, principal co-financeur, interviendra à hauteur de 40M€ aux côtés des collectivités dont la ville de Nîmes, le Conseil Général du Gard, la Communauté d’agglomération Nîmes Métropole et le Conseil Régional.

Les cadereaux d’Alès et d’Uzès sont concernés

Ce projet s’inscrit dans le cadre du dispositif national PAPI, ex plan Bachelot, qui promeut une gestion intégrée des risques d’inondation en vue de réduire leurs conséquences pour les personnes, les biens, les activités économiques et l’environnement. Il permettra de développer les mesures de prévention en matière de connaissance, d’alerte, de culture du risque, de réduction de la vulnérabilité, mais aussi de terminer le programme d’aménagement structurel du cadereau d’Alès et de réaliser l’essentiel du programme d’aménagement du cadereau d’Uzès.

Le cadereau nîmois géant : ouvrage de prévention financé par la PAPI I

Inondations Nimes_cadereau

Avec ses 6m50 de large et ses presque 4m de haut, cet ouvrage souterrain aux dimensions de tunnel routier traverse la ville du nord au sud pour protéger des inondations successives. Calibré pour absorber un phénomène quarantenal de type septembre 2005, il a coûté, à lui seul, plus de 40 millions d’euros financé par la ville, l’Etat, l’Agglo de Nîmes et la région.

Qu’est-ce que le programme Cadereau ? : explication de la ville de Nîmes

Article sur les inondations à Nimes : #Nimes

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Nîmes est-elle armée pour affronter une catastrophe similaire à celle de 1988

L’origine du phénomène naturel du 3 octobre 1988 résidait dans la conjonction des airs chauds méditerranéen et des airs froids océaniques qui s’étaient auto-alimentés au-dessus de la ville. Selon les statistiques de Météo France, l’évènement de 1988 peut arriver tous les deux siècles. Autrement dit, il y a une chance sur 200 que cela se produise chaque année.

Alors la municipalité se protège: 19 bassins de rétention ont été créés ainsi qu’une carrière pouvant accueillir deux millions de mètres cube d’eau. La traversée de la zone urbaine a été aménagée par des cadereaux. « Une alerte est disposée pour prévenir les établissements accueillant des personnes. L’inondation départementale de 2005, dans une configuration différente que celle de 1988 a montré que les bassins ont une réelle efficacité. Elles ont aussi permis d’intégrer le financement de l’Etat dans la politique de protection des habitants car, jusqu’ici, les aides de l’Etat étaient consacrées uniquement aux actions menées hors de la ville », détaille Jean-Marie Filippi, adjoint au maire de Nîmes, en charge des inondations.

Poursuivre les travaux d’aménagement

Au fil du temps, des aménagements se réalisent. « Nous venons de terminer les travaux d’un cadereau, des parcelles à l’air libre s’alternant avec des parcelles souterraines, sur 7 kilomètres, route d’Alès, pour sécuriser l’Ouest de la ville », précise l’élu nîmois. Les opérations route d’Uzès, au nord-est, restent en cours. Plusieurs programmes ont été mis en place, sur les périodes 1990-2000, (18 millions d’euros), sur 2000-2007 (37 millions) et sur la période 2007-2014 (63 millions). « Un nouveau programme est d’ores et déjà prévu. Il devrait s’étendre jusqu’en 2021, mais il sera nécessaire de poursuivre ces travaux au-delà de cette période », indique Jean-Marie Filippi.

Pour les nouveaux habitants, chaque année, lors de la journée d’accueil qui leur est proposée, un stand pédagogique est réservé aux inondations (un retour historique et la description du bon comportement à adopter). Un parcours explicatif, route d’Uzès, chemin de Calvas, au-dessous du bassin de rétention de l’oliveraie, est aussi accessible à tous.

La politique d’urbanisme, un temps dans le collimateur des associations de riverains, est déléguée à la préfecture depuis l’année dernière. Du coup, des projets de lotissements comme l’éco-quartier du Mas Lombard, aux 1000 logements, à l’Est, entre le centre-ville et l’A9, sont revus à la baisse. D’autre part, plus de 100 maisons sont encore à délocaliser avec l’accord des propriétaires.

« Les inondations causent plus de décès que les feux »

Les services de Météo France ont progressé dans l’anticipation des risques. Les secours s’adaptent aussi. Les sapeurs-pompiers du service départemental des incendies et de secours (Sdis) ont vécu les inondations de 2002, 2003 et 2005 et engrangé de l’expérience. « Il n’existe pas de formation spécifique aux inondations gardoises, mais nous avons acquis un savoir-faire local », explique le directeur, Christian Simonet. Des gilets de sauvetage auto-gonflables pour les véhicules ont été fournsi pour assurer la sécurité du personnel. Des sessions de révisions annuelles sont organisées pour maîtriser l’emplacement du matériel et rappeler quelques consignes. « Les inondations causent plus de décès que les feux. Alors oui, nous sommes préparés et nous n’écartons pas la possibilité d’être confrontés de nouveau à des intempéries comme en 1988 », admet-il, avec fatalité. « Pour contenir un évènement comme celui d’il y a 25 ans, il faudrait détruire une partie de la ville… « , concède Jean-Marie Filipp. Et de poursuivre avec froideur: « Si cela se reproduisait, nous ne pourrions pas éviter une catastrophe similaire « .

(Benjamin Téoule de l’Express)

En savoir plus la politique de gestion des inondations de Nîmes : http://www.nimes.fr/index.php?id=622

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Il y a 25 ans, le 3 octobre 1988, Nîmes subissait une catastrophe historique et meurtrière

nimes_inondations_1988Il y a 25 ans, dans la nuit du 2 au 3 Octobre 1988, un phénomène météorologique d’une intensité exceptionnelle bien que relativement limité dans l’espace se met en place sur Nîmes et ses environs. Un véritable déluge s’abat durant 7 à 8 heures.

Les relevés de pluie font état de 420 mm au Mas de Ponge (garrigues), 310 mm à l’avenue Kennedy, 266 mm à Nîmes-Courbessac. Le ruissellement est tel que les cadereaux deviennent de véritables fleuves et l’on estime à 14 millions de m3 la quantité d’eau qui transite par la partie urbaine de Nîmes.

Les niveaux des plus hautes eaux (PHE) observés sur chaussée en ville dépassent 2 mètres en certains points des axes d’écoulement préférentiel des cadereaux :

  • 2,40 m au carrefour de la route d’Alès et de l’avenue Franklin-Roosevelt
  • 3,35 m au carrefour des rues Vincent Faïta et Sully
  • 1,80 m à différentes arches du viaduc ferroviaire Talabot

L’ampleur du sinistre marque la mémoire nîmoise pour longtemps : Neuf personnes ont perdu la vie dans l’inondation, auxquelles il convient d’ajouter deux victimes d’un accident d’hélicoptère.

Les dégâts se chiffrent à 610 millions d’Euros (4 milliards de Francs), avec 45 000 sinistrés, 2 000 logements endommagés,6 000 véhicules sinistrés dont 1 200 emportés, 90 km de réseaux d’eaux usées détruits, 15 km de voirie à refaire, 41 écoles sinistrées, etc ..

Lire aussi : Nîmes est-elle armée pour affronter une catastrophe similaire à celle de 1988

 

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Prévention des inondations à Nîmes : une conduite souterraine pouvant absorber un débit de 120 mètres-cube/seconde

D’un gabarit impressionnant (3 km de longueur, 3,75 m de hauteur et 5,50 m de largeur), cette conduite souterraine pouvant absorber un débit de 120 mètres-cube/seconde, constitue l’un des équipements majeurs du plan de protection des inondations de l’agglomération de Nîmes, mis en place en 1990. Au lendemain des tragiques crues bi-centennales de 1998 qui avaient causé la mort de 9 personnes et occasionné des dégâts considérables. Le cadereau Pompidou, prolongé, entre le boulevard Allende et le cimetière protestant, par 3 kms de canalisation à ciel ouvert (20 M€), a exigé à lui seul une dépense de 40 M€, assumée par la ville de Nîmes (50 %), l’Etat (25 %), le conseil régional LR (10 %) et Nîmes-Métropole (15 %), sachant que le conseil général du Gard n’intervient pas dans les zones urbaines denses. Les travaux qui ont débuté en juillet 2011 seront inaugurés au printemps prochain.

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Deux énormes buses , côte à côte, permettant de faire passer la capacité d’absorption de ces conduits souterrains de 25 mètres- cube -seconde à 120 mètres- cube- seconde !!!

Ce programme d’un montant  de 125 M€ est prévu pour atténuer d’environ 40 %, les effets dévastateurs d’une inondation type 2005. Il sera complété par le programme pluriannuel 2014-2020 (investissement quasi identique), intégrant le cadereau de la route d’Uzès, destiné à protéger le secteur est de la ville, puis le creusement, au lieu-dit les Antiquailles, d’une retenue d’eau d’une capacité de 1,8 million de mètres-cubes. Soit, peu ou prou, le doublement des capacités jusqu’alors offertes par les 22 bassins de rétention aménagées sur les bassins versants. A noter également la retenue d’eau de la carrière de Caveirac, d’une capacité de 1,5 million de mètres cubes.

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Nîmes : Des torrents de boue dévalaient les rues

Lors d’une visite de chantier, le vendredi 16 novembre, sous la conduite de Jean-Marie Filippi, maire-adjoint de Nîmes en charge de la protection contre les inondations et de Vincent Altier, responsable du service pluvial, la députée Françoise Dumas avait encore en mémoire la tragédie de 1988 où des milliers de personnes âgées avaient vu tous leurs souvenirs (documents, papiers d’identité, archives, photos…) engloutis dans un torrent impétueux. Elle rappelait qu’en quelques heures, avec un débit équivalent à celui de la Seine, ce ne sont pas moins de 14 millions de mètres-cubes d’eau qui s’étaient répandus en centre-ville.

Les cadereaux de la ville de Nîmes.

Les cadereaux sont des ruisseaux ou torrents généralement à sec, drainant l’eau des garrigues environnantes et sillonnant la ville de Nîmes.

En cas de fortes pluies, ils s’écoulent à travers la ville.

Pour mémoire, les crues du Rhône ont une vitesse de 2 m/s environ les crues du Gardon ont une vitesse de 3 m/s environ et les crues du cadereau d’Uzès ont une vitesse de 5 à 7 m/s environ.

Le cadereau d’Uzès est le plus rapide des cadereaux Nîmois, en partie à cause des fortes pentes du relief sur la partie supérieure de son bassin. Le Serre de Garde-Monnier – « le toit de Nîmes » – culmine à la cote 214, à la limite Nord-Ouest du bassin versant du cadereau d’Uzès et du cadereau de Font-Chapelle.

Depuis la ligne de crête des collines au droit du camp bâti des garrigues jusqu’au carrefour des Trois Ponts, qui constitue l’entrée dans la zone urbaine de la ville, il y a 3 km. Les crues de ce cadereau parcourent cette distance en un temps record, c’est-à-dire 7 ou 8,5, ou 10 minutes, ce qui correspond à des vitesses de 25,7 ou 21,1, ou 18 km/h. C’est donc très rapide !

Nîmes à la confluence de bassins versants

Nîmes s’est développée au pied de petits bassins versants qui, lors de fortes pluies, concentrent vers la ville les eaux de ruissellement en provenance d’un plateau calcaire – les garrigues – qui domine la ville d’une centaine de mètres.

Ainsi, voit-on occasionnellement gonfler des cours d’eau temporaires – les cadereaux – n’ayant qu’entre 4 et 12 km de longueur.

Deux d’entre eux, le cadereau d’Alès-Camplanier et celui de la Route d’Uzès, convergent directement vers le centre historique de la ville. Les superficies de leurs bassins versants sont respectivement de 29 et 14 km².

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