Situation des PCS sur le bassin de la Cèze, haut lieu des phénomènes cévenols

Le bassin de la Cèze est situé au nord du département du Gard. Il commence sur les flancs du Mont Lozère, et se déploie des Cévennes gardoises jusqu’au Rhône, en empiétant sur le sud du département de l’Ardèche. Le bassin de la Cèze est un territoire relativement peu urbanisé et peu industrialisé (3% de la surface totale), qui compte environ 77 500 habitants permanents répartis dans une centaine de communes. La commune la plus peuplée est Bagnols-sur-Cèze (18 000 habitants à elle seule).
Bassin de la Cèze


11 crues importantes depuis la fin du 19° siècle

Le bassin de la Cèze est particulièrement concerné par les phénomènes dits « cévenols *» avec 11 crues importantes depuis la fin du 19° siècle. Les crues du 30 septembre 1958 et des 8-9 septembre 2002 ont d’ailleurs fortement marqué le territoire.

L’intensité des événements à l’origine des crues induit des temps de réponse courts, en particulier sur les petits bassins versants correspondant aux affluents. La montée des eaux est souvent très rapide et les actions à mettre en oeuvre pour la sauvegarde des populations doivent être très rapidement opérationnelles.

Seule la Cèze est dotée d’un dispositif de prévision et d’alerte

L’alerte de crue réglementaire, assurée par l’état (Service de Prévision des Crues Grand Delta), n’est effective que sur le cours principal de la Cèze. Aussi, les Communautés de communes Val de Tave et Rhône – Cèze se sont dotées d’un système d’assistance et conseil pour l’alerte (Prédict). Sur le reste du bassin, il n’existe aucun dispositif de prévision et d’alerte en dehors de celui géré par le SPC GD relatif aux seules crues de la Cèze. Pourtant, la plupart des affluents peuvent aussi être à l’origine de dégâts en cas de crues importantes.

Situation des plans communaux de sauvegarde (PCS)

Une fois les outils de prévision et d’alerte élaborés, la gestion locale du risque d’inondation qui incombe au Maire au titre de son pouvoir de police, est assurée par le plan communal de sauvegarde. Celui-ci permet d’assurer l’organisation et l’efficacité de l’action communale en en déclinant les mesures à prendre le jour où l’événement se réalise.

En 2011, sur la bassin de la Cèze, il y a 17 PCS approuvés : Allègre-les-Fumades, Bordezac, Chusclan, Goudargues, Rochegude, Bordezac, Laudun, Le Garn, St André-de-Roquepertuis, St Victor la Coste, Communauté de communes du Val de Tave (Tresques, Saint-Paul-les-Fonts, Saint-Pons-la-Calm, Cavillargues, Le Pin, Gaujac, Connaux). 7 autres PCS sont en cours : Gagnières, St Nazaire, Vénéjan, Rousson, Bagnols-sur-Cèze, Sabran et Salindres.

Il reste à réaliser un PCS pour 5 communes en risque fort (Codolet, Montclus, Robiac-Rochessadoule, La Roque-sur-Cèze, Saint-Ambroix), ces communes auront d’ailleurs obligation de le réaliser lorsque le PPRi en cours seront approuvés. 14 communes en risque moyen vont également avoir obligation de le réaliser.

La réalisation de chaque PCS est appuyée et suivie par un Comité de pilotage qui regroupe notamment la commune Maître d’ouvrage, le CG 30 et le SMAB Cèze.

Afin d’aider les communes dans leur démarche de mise en place des Plans Communaux de Sauvegarde, le Conseil général du Gard apporte un appui technique, qui consiste à :
– fournir un cahier des charges type et à l’adapter à chaque cas
– aider au dépouillement des offres et suivre le travail du prestataire
– fournir des éléments techniques notamment sur la propagation des ondes de crue
– valider les documents définitifs.

Le Coût moyen d’un PCS est de 15 000 € HT. Il est financé pour moitié par l’Union Européenne et pour 20% par la région Languedoc-Roussillon.

Découvrir le Syndicat Mixte ABCèze: http://www.abceze.fr/index.php?id_rubrique=11

*Définition du phénomène « Episode Cévenol » par la préfecture du Rhône

« Les orages « cévenols » Un épisode « cévenol » se dit d’une situation météorologique durant laquelle soufflent des vents de Sud chargés d’humidité en provenance de Méditerranée vers les versants sud du Massif Central (Cévennes), des Alpes ou des Pyrénées. En arrivant sur le continent, l’air chaud rencontre de l’air froid, condition idéale pour que se forment des orages. De plus, en présence de reliefs, l’air chaud est forcé de s’élever en se refroidissant, ce qui aggrave considérablement le phénomène orageux. De fortes quantités d’eau se déversent alors. Par abus de langage, le terme d’épisode « cévenol » est désormais utilisé pour désigner des épisodes à fortes pluies sur de petits bassins versants, ou sur des bassins versants à fort relief, situés entre la Catalogne et le Piedmont italien. »

De façon générale, il s’agit de ces pluies qui nous affectent au printemps et à l’automne mais le propos de cette rubrique est de tenter avant tout de favoriser une prise de conscience globale et de contribuer au développement d’une culture du risque.

Episode cevenol
source : www.prim.net

Quelques événements mémorables :

29 septembre 1900 : en 10h, 950 litres d’eau au m² à Valleraugue au pied de l’Aigoual, record qui tient toujours en France métropolitaine. L’Aigoual, sommet des Cévennes aux confins du Gard, recueille la plus forte pluviosité annuelle moyenne de la France continentale(Aigoual, du latin aqua…).

Automne 1958 : 40 morts dans le Gard.

3 octobre 1988 : Un énorme cumulo-nimbus fait du surplace durant 6 heures sur les Hauts de Nîmes, y déverse plus de 200 litres au m² et transforme les cadereaux (torrents locaux secs hors saison) en torrents furieux qui dévalent les pentes des artères principales de la capitale gardoise, entassant les autos et causant la mort d’une dizaine de personnes.

29 janvier 1996 : Des faubourgs de Béziers sont inondés par la crue de l’Orb, bilan 4 morts.

12-13 novembre 1999 : Des pluies diluviennes s’abattent sur l’Aude, le Tarn, les Pyrénées Orientales et l’Hérault, les inondations qui s’ensuivent tuent 37 personnes.

8-9 septembre 2002 : Un phénomène cévenol s’abat entre Alès et Quissac et provoque des inondations qui coûtent la vie à une dizaine de personnes.

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