Faire face à la menace terroriste en période estivale

Suite à l’attentat de Manchester, le 23 mai dernier, Gérard Collomb avait rappelé l’importance de renforcer les mesures de sécurité dans le domaine culturel à l’approche de l’été. Revenons aujourd’hui sur les dispositifs mis en œuvre concrètement sur le territoire.

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Source : L’Express

Renforcement de la présence militaire et policière

En Gironde, dans le Morbihan ou encore sur les côtes de Picardie, les renforts de sécurité sont conséquents. Comme en 2016, environ 80 CRS et militaires de l’opération Sentinelle seront déployés sur les sites touristiques de la côte aquitaine. Les chefs de poste CRS ainsi que leurs adjoints seront alors équipés de leur arme de service, y compris sur la plage. Des hélicoptères médicalisés seront également déployés.

Une attention particulière portée aux événements culturels

En avril dernier, le ministère de la Culture et de la Communication avait publié un référentiel méthodologique complet sur les mesures de sûreté et de sécurité applicables aux événements et sites culturels. Constitué de nombreuses fiches pratiques, il énumère les grands axes de renforcement de la sécurité de sites tels que les musées, les salles de concert, les festivals, etc.

Dix questionnaires permettent ainsi d’établir un diagnostic adapté aux besoins de chaque territoire dans les domaines suivants :

  • Plan de sûreté
  • Bonnes pratiques d’entretien des locaux
  • Contrôle d’accès
  • Vidéosurveillance
  • Fouille
  • Evacuation et confinement
  • Fiabilité du personnel
  • Sécurité des informations professionnelles
  • Communication interne
  • Manifestation prestigieuse

Ce référentiel est disponible en téléchargement ici.

Des forces régaliennes qui font parfois défaut

À Agde, les renforts estivaux de policiers n’ont pu être déployés qu’à partir du 18 juillet. Comme chaque année, la saison, quant à elle, débute le 1er juillet. Ainsi, pour protéger les quelques 250 000 visiteurs annuels de la cité balnéaire, la commune n’a eu d’autre choix que de mobiliser ses policiers municipaux. Le surcoût annuel estimé s’élève à 500 000 euros. Le maire souligne toutefois que « la sécurité sera bien assurée, car nous avons l’habitude d’organiser ces événements ».

💡 Pour aider les collectivités à se prémunir face à ces menaces, les questionnaires d’évaluation du Pavillon Orange intègreront, à partir de septembre 2017, les problématiques liées à la sûreté des territoires.

 

Bibliographie

  • « Agde, une sécurité renforcée pour la saison estivale », Dimitri Pavlenko, Sud Radio, 9 juillet 2017, lien vers l’article
  • « Côte picarde : le dispositif de sécurité renforcé cet été », Johann Rauch, Le Journal d’Abbeville, 12 juillet 2017, lien vers l’article
  • « Sarzeau. Les services de secours et surveillance renforcés », Gabriel Simon, Le Télégramme, 13 juillet 2017, lien vers l’article
  • « Gironde : cet été, la sécurité des plages face au risque terroriste », Julien Lestage, Sud Ouest, 28 juin 2017, lien vers l’article
  • « Menace terroriste : quelle sécurité en France cet été ? », Charlie Vanderkhove, 5juin 2017, lien vers l’article
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La police municipale une nouvelle fois en deuil

La police municipale une nouvelle fois en deuil (communiqué de la fédération autonome de la Police Municipale 34-30)
police_deuil Après les actes de barbarie d’hier, qui ont endeuillé la France et frappant au cœur de nos libertés (la presse) et faisant 12 morts, lâchement abattus dont deux collègues de la Police Nationale, c’est la Police Municipale qui est attaquée !

Aujourd’hui, nous pleurons la mort d’une jeune collègue, non armée, qui a été tuée en service sur une mission des plus banales de la voie publique.

Cet acte, aussi barbare soit-il, doit renforcer notre détermination à défendre la République et nos concitoyens. Faut-il encore en avoir les moyens !

Avec des armes de guerre, la France est attaquée. La réponse de l’Etat Français doit être à la hauteur des attaques que nous venons de subir.

La position de la FADPM 34-30 est celle d’une organisation syndicale endeuillée qui souhaite rester digne, professionnelle et respectueuse du deuil qui touche la Police Française.

L’heure n’est pas pour le moment à la polémique, mais rapidement nous devons obtenir du gouvernement des mesures concrètes et des actions visant à protéger, ceux qui dans les villes, les villages sont chargés d’assurer la protection des populations.

Les élus locaux, de toutes les tendances politiques doivent prendre conscience que la police municipale, par cette attaque, est touchée car elle représente la FORCE et l’ACTION PUBLIQUE dans les territoires.

Il est temps de réunir toutes les instances nationales pour ENSEMBLE trouver les moyens adapter pour exercer notre profession à laquelle nous sommes tous très attachés.

Notre volonté d’assurer un SERVICE PUBLIC de qualité reste entière, mais nous devons être épaulés par la République.

A l’accord de votre hiérarchie, nous appelons les collègues à porter les blasons barrés d’un bandeau noir en signe de deuil pendant huit jours.

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Les chiffres clés de la Police Municipale

Parce que les Policiers municipaux sont bien souvent des acteurs majeurs de la politique de sauvegarde des communes, il me parait intéressant d’avoir en tête les chiffres clés relatifs aux polices municipales.
Chiffres clés Police Municipale

(Source mairie-info) Selon les chiffres rendus publics la semaine dernière par le ministère de l’Intérieur, 4 349 communes employaient en 2012 un total de 19 479 policiers municipaux, dont 4 276 polices municipales pour 18 824 policiers en métropole et 112 pm pour 927 policiers dans en outre mer.

Ces données chiffrées qui comptabilisent les effectifs des policiers municipaux, commune par commune, viennent confirmer des informations déjà connues : la grande majorité des communes ayant une police municipale ne comptent que quelques policiers municipaux ou gardes champêtres.

Ainsi, sur les 4 349 communes concernées, 3 619 d’entre-elles ont une police municipale ne dépassant pas un effectif de cinq agents. A l’autre bout de l’échelle, une poignée de communes, 13 au total, possède une police municipale dépassant les 100 agents.

C’est le cas de plusieurs villes du sud de la France : Nice (370 policiers municipaux), Cannes (204), Marseille (229), Nîmes (148), Toulouse (175), Bordeaux (104), Montpellier (130), Avignon (105). Les cinq autres villes sont Lyon (326), Saint-Etienne (108), Orléans (107), Strasbourg (157) et Dijon (108).
TOP 30 des polices municipalesAucune police municipale ne dépasse les 100 agents en Ile-de-France (pour mémoire, Paris n’a pas de police municipale, son maire ne disposant pas de pouvoirs de police). Dans la région francilienne, c’est dans les Hauts-de-Seine qu’il y a le plus grand nombre de policiers municipaux (569) et que plusieurs villes ont des polices municipales avoisinant la cinquantaine d’agents. Deux régions, Provence-Alpes-Côte-d’Azur (3 797) et l’Ile-de-France (2 224), emploient à elles seules le tiers des effectifs.

Cette double réalité des polices municipales, tant au niveau des effectifs que des missions confiées à leurs agents, avait déjà été soulignée par plusieurs rapports dont celui de l’Inspection Générale de l’Administration en décembre 2010 sur le rôle et le positionnement des polices municipales et celui, thématique, de la Cour des comptes en juillet 2011 sur les forces de sécurité publique.

Les chiffres publiés la semaine dernière font également état d’un effectif total de 5 983 ASVP (agents de surveillance de la voie publique) et de 983 gardes champêtres.

D’autre part, il n’existe que très peu de polices intercommunales. Deux départements semblent faire exception : le Gard et le Val-d’Oise. Cinq polices intercommunales existent dans le Gard, dont quatre à l’échelle de communautés de communes, la cinquième étant celle de la communauté d’agglomération du Grand Alès. Dans le Val-d’Oise, deux communautés d’agglomération en ont créé une, la troisième police intercommunale du département étant celle de la communauté de communes de Roissy Portes de France, la première à avoir été créée en France.

Cette question des polices intercommunales devrait être abordée lors de la discussion de la proposition de loi des sénateurs Vandierendonck et Pillet visant notamment à créer des polices territoriales se substituant aux polices municipales en fusionnant dans un même cadre d’emplois policiers municipaux et gardes champêtres (lire Maire info des 4 octobre 2012 et 31 octobre 2013). Première concernée, l’Association des maires de France a déjà fait savoir qu’elle demandait « le maintien de la terminologie de polices municipales », rappelant que « la doctrine d’emploi des policiers municipaux relève du maire ». L’examen de cette proposition de loi est annoncé au premier semestre 2014.112 927

Consulter les effectifs des polices municipales, commune par commune.

Les communes où la police municipale est la plus proche de ses habitants compte tenu du ration policier/habitant. Les experts du domaine estiment qu’au delà de 1 000 habitants par policier, la sécurité n’est plus de bonne qualité.

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Police municipale : ne tirez pas sur la troisième force de sécurité publique de la France

logo policeAprès ‘l’enquête exclusive » de la chaine M6, diffusée dimanche 20 janvier 2013 (voir extrait ci-dessous), Émilie Therouin, Adjoint au Maire chargé de la sécurité de la Ville d’Amiens, réagit vivement sur son blog.

Vidéo Enquête exclusive : Polices Municipales : les nouvelles forces de l’ordre – M6

Enquête exclusive sur les polices municipales : comparons ce qui est comparable ! par Emilie Therouin

Ce 20 janvier, M6 a diffusé Enquête exclusive spéciale polices municipales, émission qui ne va pas améliorer l’image que les Français ont des agents de police municipale. Les polices municipales, et singulièrement la police municipale d’Amiens, ne sont guère « montrées » sous leur meilleur jour, et c’est le moins qu’on puisse dire… Je le regrette vivement.

Certaines réactions sont vives et je les comprends. Beaucoup d’agents de police municipale ne se reconnaissent d’ailleurs pas dans ce documentaire. Il n’y a même rien de valorisant, c’est tout juste caricatural : les agents de police municipale seraient “sous-diplômés” et des frustrés de la police nationale qui sont par défaut en police municipale. L’on y montre un agent qui vient d’être armé et qui se fait renvoyer de la police municipale pour faute grave, et cetera, et cetera. Pour couronner le tout, le partenariat avec la police nationale est présenté comme franchement défaillant.

Bref, si l’on en croit M6, la police municipale c’est des courses-poursuites, de la vidéosurveillance, des traques nocturnes, des armes à feu, des casques, des boucliers de maintien de l’ordre, etc. En revanche, sont tournés en ridicule ou absents la police de proximité, les rapports privilégiés avec les habitants, l’assistance aux personnes, le statut d’agent de police judiciaire adjoint, ou encore le renseignement. Malheureusement, ce documentaire a volontairement passé sous silence la richesse des missions affectées aux policiers municipaux pour se concentrer uniquement sur du sensationnel et a dévalorisé la profession. Je ne m’étendrai pas plus sur la ligne éditoriale adoptée par le documentaire « les polices municipales : les nouvelles forces de l’ordre ». Rappelons que le maintien de l’ordre relève exclusivement de l’État…

J’entends également les sarcasmes suite aux images diffusées concernant Amiens, son quartier Nord, ses habitants et nos agents de police municipale. Le montage de l’émission a choisi de comparer l’incomparable : l’action de la police municipale de Nice (343 000 habitants) en centre-ville et celle de la police municipale d’Amiens (137 000 habitants) dans le quartier Nord classé en zone de sécurité prioritaire en août dernier.

Nous pourrions, comme je l’entends souvent parmi nos nombreux détracteurs, changer notre doctrine et délaisser les quartiers afin de concentrer nos effectifs de police municipale en centre-ville. Cela ferait de beaux reportages. Mais ce n’est pas le choix que nous avons fait. Il ne s’agit pas pour la police municipale de suppléer la brigade anti-criminalité dans le centre-ville à la recherche d’hommes isolés sous l’emprise de psychotropes, comme nous l’avons vu à Nice, mais bien d’aller renouer le contact dans tous les quartiers en assurant une présence dissuasive et rassurante.

Au printemps dernier, ce sont bien des heures de tournage que les journalistes ont faites dans de nombreux quartiers de la ville, pour suivre différentes missions confiées à la police municipale d’Amiens dans le cadre des pouvoirs de police du maire. Nous y avions évoqué les valeurs du métier, le besoin de reconnaissance ou encore la nécessité d’un nouveau cadre législatif. La mobilisation de l’État et de la municipalité est complètement passée sous silence et les efforts fournis se retrouvent balayés d’un revers de main, et ce, en quelques minutes par une émission de télévision, tandis que nous affirmons des missions claires pour les agents municipaux, augmentons les effectifs notamment en doublant ceux affectés dans les postes de quartier, soutenons la professionnalisation et la formation, leur mettons à disposition de nouveaux locaux et renforçons le partenariat avec la police nationale. Il n’en est nullement question dans le montage. Et pour cause ! Les violences urbaines d’Amiens Nord d’août dernier ont brutalement changé la focale. On nous montre désormais notre ville uniquement sous l’angle du sensationnalisme, de la violence, d’une jeunesse qui ferait peur et de professionnels qui agissent, mais qui doutent dans l’action. Même si cela peut correspondre à une part de réalité, il n’en reste pas moins que cette réalité est malheureusement la même dans la plupart des grandes villes de France, y compris Nice…

S’il apparaît que les affrontements de l’été dernier n’ont fait que renforcer le besoin de police au quotidien pour la population, il n’est un secret pour personne que les uniformes ne sont pas partout les bienvenus… Dans ces conditions, je salue d’autant plus le travail réalisé par les policiers nationaux et municipaux pour ne pas « lâcher le terrain », malgré les provocations et les difficultés. Je veux particulièrement rendre hommage à l’ensemble des agents de police municipale d’Amiens, et notamment aux dix fonctionnaires qui sont affectés au poste Nord, qui forment une équipe volontaire et motivée.

En dépit des difficultés et des évènements, la municipalité revendique le choix d’une pleine implication en faveur de la sécurité, en s’appuyant notamment sur une police municipale de proximité qui patrouille dans tous les quartiers. Avec l’État et nos partenaires, nous continuerons à œuvrer de concert pour rétablir le dialogue et l’ordre républicain.

Rappel : Au quotidien, les Policiers municipaux gèrent les bagarres, les vols et les accidents dans les communes. Ce sont eux qui verbalisent les chauffards. Ils sont 20 000 en France : leur nombre a explosé au cours des dix dernières années. Ces hommes en uniforme sont recrutés et payés par les municipalités. Leurs missions : assurer l’ordre et la sécurité sur la voie publique.

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