Les élus rétais refusent le scénario d’apocalypse de submersion marine de l’Ile de Ré

Ce jeudi 6 novembre, les maires de l’île de Ré ont rejeté la dernière révision du Plan de prévention des risques littoraux (PPRL), qui réglemente notamment la constructibilité des terrains, estimant que ces nouvelles cartes signeraient « la mort de l’île ».

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Dix élus, dont le président de la Communauté de communes de l’île de Ré et président de la mission littorale du Conseil général de Charente-Maritime, Lionel Quillet, ont dénoncé à l’issue d’une réunion à la préfecture, un « simulacre de concertation » et rejeté les nouvelles cartes présentées par la préfète. Ces dix maires rétais jugent le nouveau plan de prévention des risques littoraux trop contraignant et disproportionné par rapport aux dégâts qu’avait occasionnés la tempête Synthia.

Les élus dénoncent un « scénario d’apocalypse de submersion marine »

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« Les élus sont sortis déçus », a reconnu jeudi soir la préfète, Béatrice Abollivier, lors d’un point de presse. « Ces cartes d’aléas, dessinées après concertation technique entre les bureaux d’études de la Communauté de communes de l’île de Ré et les experts nationaux de l’Etat et arrêtées par le ministère de l’Ecologie et du développement durable sont les seules à avoir valeur réglementaire », a-t-elle toutefois souligné.

Les élus rétais critiquent depuis 2012 les propositions de révision du PPRL de l’Etat, qui intègrent, selon eux, un « scénario d’apocalypse de submersion marine ». Les élus accusent aussi l’Etat de vouloir geler des zones en les déclarant inconstructibles afin de ne plus avoir besoin de les protéger par la construction ou le renforcement de digues.

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Prévention du risque de submersion rapide : les bonnes volontés d’après crise peinent à se concrétiser

submersion_marine_infographieUn rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) publié le 13 juin 2014 sur l’évaluation à mi-parcours du Plan « submersions rapides » (PSR) dénonce les lenteurs de mise en œuvre des plans de prévention des risques littoraux (PPRL).

En effet, la couverture complète des territoires exposés à risque de submersion rapide par des PPR opposables à l’été 2014 comme stipulée par la circulaire du 2 août 2011, ne sera pas atteinte. Sur les 303 PPRL prioritaires identifiés en 2011 et prescrits aucun n’a été approuvé définitivement. Quant au plan communal de sauvegarde (PCS), obligatoire là où un PPR est prescrit, il fait toujours défaut dans les communes à risque de submersion mais aussi, sur l’ensemble du territoire, puisque 6.069 communes sur les 11.348 inondables (toutes natures confondues) sont équipées de cet outil d’organisation en cas d’événement majeur, soit un peu plus de 50%.

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La mission du CGEDD a constaté combien ces politiques de prévention conduisent à des conflits récurrents entre des particuliers, les collectivités et l’Etat. Si l’affinement des connaissances et la réduction des incertitudes permettent parfois de progresser vers un diagnostic partagé, la mission considère qu’une grande partie de ces conflits découle des imprécisions des doctrines générales et de la qualité insuffisante des études préalables.

Ce flou est incompatible avec le cadre désormais imposé par la directive européenne inondation. Le rapport préconise de progresser résolument dans la consolidation des connaissances et des doctrines par la constitution d’une expertise nationale de référence, la fixation des règles applicables par décrets et arrêtés, le calage progressif des doctrines, par suivi régulier et retour d’expérience de la mise en œuvre de ces règles.

Evaluation à mi-parcours du « Plan Submersions Rapides » (PSR)

Lancé en février 2011 pour une durée de 5 ans (2011-­2015), à la suite du passage de la tempête Xynthia (28 février 2010) qui avait provoqué 59 décès et des inondations par crues soudaines et ruissellement dans le Var (15 juin 2010) où 26 personnes sont décédées, le « Plan Submersions Rapides » (PSR) rassemble un ensemble complet d’actions pour prévenir les inondations.

En réponse aux nombreuses insuffisances constatées à la suite de ces événements dramatiques de 2010 (insuffisante maîtrise de l’urbanisation, défaut de connaissance sur les submersions marines et sur les ruissellements, mauvais état général des digues et autres ouvrages de protection, manque de culture du risque des populations), le PSR visait à :

  1. articuler des démarches régaliennes et volontaires d’aménagement, afin de prendre en compte ces risques à court et à long terme ;
  2. organiser et accélérer la préparation aux crises, par l’amélioration de la connaissance des phénomènes et l’anticipation plus fine de leurs impacts sur les territoires ;
  3. apporter 500 M€ sur 5 ans, prélevés sur le fonds Barnier, pour inciter à consolider ou rehausser 1.200 km d’ouvrages, de façon ponctuelle ou dans des stratégies plus globales sur des bassins de risques ;
  4. relancer des actions pour sensibiliser la population, renforcer la culture du risque et préparer les crises.

Ainsi, à mi chantier de ce PSR, s’appuyant sur une documentation fournie, ainsi que sur de nombreux entretiens au  niveau  national, la mission du CGEDD préconise :

  1. de mettre en œuvre résolument la directive inondation et fondre le PSR dans la Stratégie Nationale de Gestion du Risque Inondation ;
  2. d’accorder la priorité à la protection des vies humaines en privilégiant des actions durables de sauvegarde efficaces et en adaptant certaines procédures pour les accélérer si des vies humaines sont en jeu ;
  3. de relancer les actions de réduction de la vulnérabilité, d’acculturation aux risques et de résilience, en commençant par les plus urgentes pour les vies humaines ;
  4. de simplifier la gouvernance, les procédures et les périmètres d’intervention, pour mettre en œuvre efficacement des stratégies territoriales globales et cohérentes ;
  5. de mieux définir les priorités d’utilisation du fonds Barnier et suivre sa consommation. Les conditions de l’utilisation du fonds Barnier devraient correspondre à des priorités clairement identifiées, de façon cohérente avec les enjeux et les moyens disponibles, et non selon une logique de guichet.

Lire le rapport complet (155 pages)

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Qualification de l’aléa « submersion marine »

Le guide relatif à l’élaboration des PPRL fournira des éléments méthodologiques de qualification de l’aléa « submersion rapide ». À titre indicatif, la qualification de l’aléa submersion pourra s’appuyer sur un tableau similaire à celui présenté ci-dessous (il est rappelé que le PPRL doit prendre en compte au minimum deux niveaux d’aléa) :

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Possibilités de déplacement des personnes en fonction de la hauteur d’eau et de la vitesse d’écoulement (source guide PPR inondations, note complémentaire sur le ruissellement péri-urbain)

actions suivant niveau eau

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