Un exercice de confinement sur le thème de la menace terroriste dans un lycée de Metz

Source : Lycée Robert Schuman Metz
Source : Lycée Robert Schuman Metz

Suite aux attentats de Paris en novembre dernier, les établissements scolaires ont réactivé leur Plan particulier de mise en sûreté (PPMS). Ceux-ci détaillent, en cas de crise liée à un risque naturel, technologique ou autre, les référents ainsi que les comportements et les lieux de confinement à privilégier. Selon la circulaire du 25 novembre 2015, de tels exercices doivent être organisés annuellement dans chaque établissement.

Au lycée Schuman, l’exercice a mobilisé tant les élèves (1600 jeunes) que le personnel pendant une demi-heure. Respectant les consignes de sécurité prescrites en cas de menace de type terroriste ou intrusive, les participants se sont barricadés tout en tentant de maintenir le calme.

Engageant plusieurs acteurs, cette initiative a permis de souligner la complexité de la coordination entre acteurs d’une même structure. Les élèves, quant à eux, ont pu acquérir certains réflexes et approfondir leur réflexion sur les risques majeurs.

Lire l’article du Républicain Lorrain 

 

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Campagne de prévention du service public Versus pression médiatique des réseaux sociaux

Pourquoi les campagnes d’information du service public sur la prévention sont inefficaces et trop souvent détournées par les commentaires et les rumeurs diffusés sur Internet et les réseaux sociaux. Une  étude réalisée par l’université de Washington publiée cette semaine dans le Journal of Advertising tente de nous éclairer et nous donne quelques conseils pour mieux communiquer sur la prévention sanitaire. Les chercheurs en marketing nous révèlent entre autre que les commentaires sur internet ont une plus grande influence sur certaines personnes que les campagnes de prévention issues du service public. Aussi, pour éviter que la pression médiatique des réseaux sociaux sur ces campagnes de prévention, ne propage des informations sanitaires erronées, les concepteurs de campagnes de prévention doivent attacher une attention particulière au fait de présenter leurs arguments de manière à ce qu’ils ne soient pas perçus comme une tentative de manipulation. Ils devront mettre en évidence les risques potentiels de certaines méthodes de soins, autant que les bienfaits. Cela éviterait à beaucoup de personnes d’imaginer des complots sanitaires partout. Si l’étude porte plus particulièrement sur la problématique de la vaccination, elle peut sans conteste être élargie à la plupart des campagnes de prévention du risque quelque soit sa nature.


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Article publié par le Figaro santé

«Les gens se fient à des inconnus»

Pour ce faire, ils ont invité 129 volontaires à visionner deux spots TV imaginés et conçus pour l’occasion, en leur faisant croire que le premier film, pro-vaccination, était sponsorisé par le centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et le second, anti-vaccination, par le conseil américain de l’information sur les vaccins (NVIC). La diffusion des deux films de prévention était suivie de commentaires «issus d’internet» exprimant différents points de vue, positifs comme négatifs. Les participants n’ont reçu aucune information quant à l’identité des commentateurs et des prénoms unisexes ont été utilisés pour éviter tous préjugés de genre.

Les volontaires ont ensuite répondu à un questionnaire visant à évaluer leurs opinions et intentions concernant la vaccination. Tous ont accordé autant de crédit aux spots TV qu’aux commentaires dénichés sur le web. «Cela nous a énormément surpris», explique Ioannis Kareklas, «Les gens se fient autant aux commentaires de personnes inconnues qu’aux messages de prévention émanant d’organismes de santé reconnus».

Les chercheurs ont ensuite expliqué aux participants que les commentaires provenaient d’un étudiant en littérature, d’un lobbyiste spécialiste en questions de santé et d’un médecin spécialisé en maladies infectieuses et vaccination. Les commentaires du médecin ont été jugés comme «plus convaincants que les spots», ont constaté les chercheurs. «Lorsque les auteurs de commentaires sur internet sont identifiés comme fiables, ils ont un impact supérieur sur l’attitude des participants et sur leur intention au regard de la vaccination que celui des organismes de santé», s’étonne Ioannis Kareklas.

La rougeole aux États-Unis

«Les résultats de notre étude apportent des premiers éléments d’explications relatifs à la persistance du mouvement anti-vaccination en dépit de campagnes publiques de prévention omniprésentes. Les gens accordent souvent plus de crédit au bouche à oreille (y compris sur internet et plus particulièrement sur les réseaux sociaux) qu’aux informations délivrées par les campagnes de prévention ou les médias spécialisés en sciences et santé», déplore Darrel Muehling.

Cette étude arrive à point nommé aux États-Unis, au moment même où le pays se débat avec une épidémie de rougeole d’une ampleur inédite: 102 cas recensés au cours du mois, la plupart issus d’une contamination survenue en décembre dans un parc d’attraction californien. Une baisse des vaccinations a favorisé les conditions d’installation du virus, selon les autorités sanitaires américaines, qui mettent en cause une rumeur totalement infondée, mais néanmoins répandue aux États-Unis, consistant à penser que l’antiviral contre la rougeole favorise le développement de l’autisme chez les plus jeunes.

Côté français, un sondage IFOP publié en 2013 constatait que les intentions de vaccination antigrippe des Français de 18 ans et plus étaient en baisse de six points par rapport à l’année précédente (28 % en 2013 contre 34 % en 2012). 56 % de ceux qui n’envisagent pas de se faire vacciner s’interrogent sur «l’utilité» du vaccin et 23 % le jugent «trop risqué». L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) rappelle pourtant chaque année à travers ses campagnes de prévention que «les effets indésirables des vaccins, le plus souvent limités (fièvre, douleurs au point d’injection), font encourir beaucoup moins de risque que les maladies elles-mêmes».

«Imaginer des complots sanitaires partout»

Mais si les campagnes des autorités sanitaires ne sont que peu efficaces, de quelles armes disposons-nous pour lutter contre la propagation d’informations sanitaires erronées sur la toile? Les auteurs de l’étude avancent quelques pistes de réflexion. «Des titres de presse santé en viennent à bannir les commentaires négatifs de leur site après avoir noté des tentatives de discréditer des preuves scientifiques», expliquent les auteurs de l’étude. «C’est une technique inefficace car cela fait perdre toute crédibilité au journal si l’on ne peut poster que des commentaires positifs», souligne Darrel Muehling, directeur de la recherche, qui suggère aux médias spécialisés en santé de toujours inclure des points de vues opposés mais pertinents dans leurs articles et d’afficher des sources facilement accessibles pour les lecteurs.

«Les concepteurs de campagnes de prévention doivent attacher une attention particulière au fait de présenter leurs arguments de manière à ce qu’ils ne soient pas perçus comme une tentative de manipulation: en mettant en évidence les risques potentiels de certaines méthodes de soins, autant que les bienfaits. Cela éviterait à beaucoup de personnes d’imaginer des complots sanitaires partout», conclut le chercheur.

 

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Prévention des inondations : quand le bon sens civil devient illégal

A Durban, commune située dans le département de l’Aude, un petit millier de viticulteurs a mené une opération « illégale » de curage du lit de la Berre. Officiellement, l’action est illégale. Mais tous les participants préfèrent la désobéissance civile aux dégâts de nouvelles inondations.
PCS Resilience curage_berre

Partis de Portel le mardi 23 décembre, entre 700 et 1000 viticulteurs se sont retrouvés à Durban pour nettoyer la Berre, rivière qui traverse la commune. Un nettoyage non autorisé par la loi mais jugé indispensable à la sécurité de population et à la protection des vignobles, auquel se joignent d’ailleurs plusieurs maires.

En effet, dévastée par les inondations de 1999, la commune de Durban-Corbières a subi de nouvelles crues dévastatrices lors de l’épisode cévenol du 28-29-30 octobre. Durant la nuit du samedi au dimanche, les Durbanais n’ont pas fermé l’œil. Voyant la Berre monter, tous ont revécu les terribles inondations de 1999 qui avaient fait de la commune un champ de ruines. Cette fois-ci, ponts et berges ont encore été inondés et endommagés.

La gestion du cours d’eau est mise en cause

Le maire Christian Gaillard mettait en cause l’ensablement du lit de la rivière, les embâcles et autres arbustes qui encombrent le cours d’eau. Selon lui, tous les travaux engagés en 2004 ont été inefficaces. Le conseil municipal condamne la gestion de la rivière par le Syndicat du bassin de la Berre et du Rieu, estimant que le lit de la rivière a été ré-ensablé ce qui n’a d’autre effet que d’élever son niveau. La municipalité n’a de cesse de demander des travaux sur la Berre et demande un grand nettoyage des berges et des enrochements. Au lendemain des inondations de ce dernier week-end d’octobre, la mairie avait d’ailleurs l’intention de porter plainte pour mise en danger de la population.

Des avis partagés sur l’efficacité du curage

A l’annonce de cette opération, de nombreux internautes se sont manifestés sur le danger d’une telle opération. Pour ces détracteurs, en cas de crue, le courant sera accéléré et donc le débit augmenté, ce qui aura pour effet d’augmenter le niveau de crue en aval vers la commune de Sigean, sérieusement touchée elle aussi, en octobre. D’autre part, le curage n’aurait qu’une action limitée dans le temps. Pour réduire l’aléa, ces opposants au nettoyage préconisent de ralentir les écoulements en restaurant et en entretenant les ripisylves (bandes boisées) et en prévoyant des zones d’expansion des crues.

Ces réflexions reprennent bien souvent les travaux de l’hydrogéologue, le Professeur Pierre Verdeil, qui proposaient d’agir sur les moyens de ralentir l’arrivée concomitante de toutes les eaux lorsque le bassin versant d’un cours d’eau est entièrement concerné par de fortes pluies, comme ce fut le cas en 1999. Il s’agit de dresser de petits barrages de terre (avec un bulldozer) en amont, pour entraver les nombreux petits lits des ruisseaux dits « temporaires » qui drainent le bassin versant, essentiellement sur les hauteurs désertiques (en particulier dans le massif des Corbières). Ces petits barrages (ou levées de terre) sont prévus pour céder après avoir retenu l’eau un certain temps, et dont l’écoulement se fait progressivement. L’autre préconisation évoquée serait de prévoir des dispositifs anti-embâcles, toujours en amont, sur les hauteurs également.

Lire un article publié lors du décès du Pr Verdeil, en 2004 : http://www.ladepeche.fr/article/2005/12/30/361070-narbonne-11-inondations-une-etude-de-pierre-verdeil-rendue-publique.html

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Gestion Integree des Risques & des Crises : une réalité

La gestion intégrée des risques permet d’appréhender la problématique de façon globale et systématique, englobant les trois secteurs principaux d’action, à savoir les mesures de précaution (Prévention, Préparation, Prévision-Veille), la maîtrise de la situation afin de limiter l’ampleur du phénomène et le rétablissement pour revenir à une activité physique, économique, sociale et environnementale normales le plus rapidement possible.

En effet, un événement majeur peut engendrer une profonde déstabilisation fonctionnelle, voire structurelle, pour la société qui la subit. Afin d’éviter de telles conséquences, il importe avant tout d’agir sur l’ampleur et la probabilité d’un dommage potentiel, en fonction de la nature de l’aléa, des vulnérabilités qui en découlent, tenant compte des éventuels facteurs de résilience, cela dans un contexte d’espace et de temps donné. Quant à la planification de la protection contre les risques, elle implique de se poser un certain nombre de questions : que peut-il se passer ? que peut-on accepter ? que doit-on faire ?

Réduire la vulnérabilité et limiter l’ampleur de la catastrophe : les 2 fondements de la Gestion Intégrée des Risques

Réduire la vulnérabilité

Face à l’ampleur et aux conséquences de certaines catastrophes sur les sociétés et individus touchés, le rôle de la prévention prend en effet de plus en plus d’importance. Avant la survenue d’un événement, de nombreuses mesures peuvent en effet être prises afin de réduire ou d’annuler son impact sur la société et l’environnement. Cette phase d’atténuation peut être divisée en deux étapes : la prévention et la préparation.
Dans la phase de prévention, il s’agit tout d’abord de se demander dans quelle mesure l’événement majeur est susceptible de se produire (évaluation de l’aléa), puis, quelles pourraient en être les conséquences (évaluation de la vulnérabilité).
Le 100% prévention étant illusoire, une phase de préparation à la réalisation du risque doit être organisée. Cette phase comprend l’ensemble des mesures destinées à prévoir les effets d’une catastrophe et à y faire face, en organisant entre autre l’évacuation des personnes et des biens menacés et en facilitant les opérations de secours et de réhabilitation, dans le but de minimiser les pertes en vie humaines et les dommages.
Il s’agit de définir un plan d’urgence comprenant l’ensemble des mesures concrètes de sauvegarde et de secours à actionner dès la survenue du phénomène. Cela implique l’élaboration de systèmes d’alerte précoce et d’évacuation (qui nécessite un important travail d’information et de diffusion auprès de tous les acteurs impliqués, en particulier de la population), une planification des ressources matérielles, financières et humaines, la formation des équipes d’intervention, mais aussi la couverture assurancielle.

Limiter l’ampleur de la catastrophe

Malgré toutes les mesures d’atténuation déployées, il est malheureusement impossible d’éviter la venue d’un événement déclencheur catastrophique. Aussi, si celui-ci vient à se réaliser, la « Société » doit être en capacité de réagir à cette intrusion afin d’en limiter l’ampleur.
Dans cette phase de réponse qui implique l’ensemble des mesures, décisions et actions, engagées pendant et après l’événement, les procédures planifiées lors de la phase de préparation vont être activées, tout en les réajustant en fonction des circonstances propres.
La première tâche va consister à mettre en place une cellule de crise qui permettra de centraliser les compétences. Il s’agira ensuite pour cette cellule de crise d’évaluer la situation et les besoins de façon à être en mesure de mobiliser le plus rapidement possible les capacités de réponse. Elle devra agir de façon proactive, sur la base de scénarios prévus à cet effet, tout en procédant à des réajustements chaque fois que c’est nécessaire. La cellule de crise devra ainsi non seulement piloter le système tout au long de la crise mais aussi gérer l’après-crise. Cela implique en particulier : la conduite des éventuelles expertises scientifiques (identification d’experts crédibles et compétents) et la gestion de la communication.
Une fois le diagnostic posé, cette phase de réponse aux catastrophes va comprendre trois étapes successives : l’engagement, la remise en état et enfin, la reconstruction.

En conclusion

Partant toujours du principe qu’une image vaut 1 000 mots, je vous invite à bien observer le cycle de gestion intégrée des risques développé par l’OFFICE FÉDÉRAL DE LA PROTECTION DE LA POPULATION présenté en préambule…tout y est dit.

gestion intégrée risques majeurs

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