Lutter contre la radicalisation à l’échelle locale

Le 9 mai dernier, Manuel Valls, lors d’un comité interministériel pour la prévention de la délinquance et de la radicalisation, évoquait le rôle fondamental des collectivités dans la prise en charge de certaines personnes radicalisées. Les élus locaux, quant à eux, réclament une meilleure information de la part de la police, de la gendarmerie et de la justice concernant les personnes suspectées de dérives djihadistes ou fichées S.
Ainsi, alors que la France a été à nouveau touchée par le terrorisme, qu’en est-il du rôle des collectivités face à cette menace ?

 

S’insérer dans le dispositif national

Le Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme, actualisé en mai 2016, propose d’inclure les collectivités dans le dispositif national de prévention de la radicalisation. Ainsi, elles pourront être représentées, ainsi que les réseaux d’opérateurs associatifs, au sein du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) (mesure n°35). Elles sont également encouragées à inclure dans leur Contrat de Ville, et au sein des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), un volet dédié à la prévention de la radicalisation (mesures n°47 et 48). Enfin, les collectivités locales sont citées au titre du renforcement des compétences des acteurs impliqués, par le biais de formations (mesure n°53) et d’échanges d’expériences et de bonnes pratiques (mesures n°49).

 

Repérer et prévenir les processus de radicalisation

Dans une note de novembre 2015, l’AMF préconisait par ailleurs aux collectivités de diffuser largement le numéro vert du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR), afin de recueillir les signalements des familles et les transmettre à la préfecture concernée et à la DGSI.

Beaucoup d’élus se retrouvent cependant démunis face à ces dérives. Leur rôle est cependant primordial dans le repérage et le suivi des personnes. Il convient ainsi de développer la coordination entre les actions des cellules de suivi départementales et celles des services locaux, notamment en lien avec la prévention de la délinquance, l’éducation et les activités sportives et parascolaires.

Le partage d’information doit devenir un pilier de l’action contre la radicalisation, afin que chaque échelon puisse participer à la prise en charge des phénomènes de radicalisation.

 

Des obstacles encore difficiles à franchir

La formation des personnels impliqués demeure toutefois un enjeu fort pour les collectivités. Peu d’entres elles sont armées pour accompagner les familles de personnes radicalisées, ou prendre en charge psychologiquement celles-ci. À ce titre, l’échange de réflexions et d’expériences est crucial. Le Pavillon Orange, par le biais de ce blog, entend relayer autant qu’il le peut les initiatives mises en place, et permettre un échange constructif entre acteurs.

Par ailleurs, le rôle du maire dans la prévention de la radicalisation reste encore à définir. Les événements récents rappellent l’importance de l’action des acteurs d’un territoire touché par une attaque. La résilience des populations passe alors par une préparation des populations en amont, et un accompagnement des victimes, qui doit se nourrir des réseaux locaux.

Enfin, les démarches de prévention de la radicalisation (développement de l’esprit critique, apprentissage des risques liés à l’information sur internet, etc.) doivent toucher tous les publics. L’école est certes un lieu privilégié pour ces démarches. Il faut cependant élargir les publics ciblés, notamment aux personnes en marge de la société, souvent plus vulnérables car isolées et difficiles à soutenir, y compris pour les services publics.

N’hésitez pas à nous faire part de vos bonnes pratiques. pavillon-orange@hcfdc.org

 

En savoir plus :
–  Dossier de presse du Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme (PART) – 9 mai 2016
Site du SG-CIPDR
– Cahier pratique, Prévention de la radicalisation, Des outils pour les maires, par Le Courrier des maires et des élus locaux – Octobre 2015

 

Premiers signes de radicalisation djihadiste
Source : stop-djihadisme.gouv.fr
Share Button