Sorgues(84) : une gestion maîtrisée des risques majeurs

Située dans le département du Vaucluse, la commune de Sorgues de 18 046 habitants est soumise à un risque sérieux d’inondations. En effet, la ville est irriguée à l’ouest par l’Ouvèze et au sud-ouest par le Rhône. Face à cet aléa et compte tenu des ses enjeux humains, patrimoniaux et économiques, la municipalité a déployé depuis plusieurs années une politique volontariste de prévention et de gestion intégrée de ses risques.

Labellisée Pavillon Orange depuis 2009

Sorgues_pavillon

Une gestion maîtrisée des risques majeurs

Sorgues_gestion_risque_maitrisee

Share Button

Vallabrègues (30) : une culture du risque inondation fortement développée

Vallabrègues, seule commune du département du Gard située sur la rive gauche du Rhône pratiquement face au débouché de la rivière du Gard ou Gardon, est, de par cette implantation soumise à des risques importants d’inondation. Le PPRI qui a d’ailleurs été prescrit, arrive à son terme d’élaboration, puisque l’enquête publique vient d’être bouclée le 18 décembre.

Le maire de Vallabrègues, Jean-Marie Gilles, et les Vallabréguants, attendent à présent les conclusions de cette enquête avec inquiétude et espoir. Inquiet de l’arbitraire technocratique de l’Etat qui cherche bien évidement à tendre vers le risque zéro, mais confiant aussi, parce qu’ils pensent avoir démontré au préfet lors de sa visite sur le terrain, que les 1 350 habitants ont la culture du risque depuis des générations.

Nous vous livrons ci-dessous l’interview du maire de Vallabrègues par Catherine MILLE du midi libre

« À Vallabrègues, les gens ont toujours eu la culture du risque »

CM : Que propose ce PPRI ?

JMG : Il est assez strict. Beaucoup de territoires sont gelés. Presque tout est verrouillé au niveau agricole et très peu de constructions sont encore possibles en milieu urbain. Or, si on compare avec les PPRI des communes voisines (Saint-Pierre-de-Mézoargues, Boulbon) dans les Bouches-du-Rhône, on voit que tout est beaucoup plus souple. Il y a encore des possibilités pour les agriculteurs de s’installer. La lecture du risque, pour une même zone, n’est pas la même côté gardois et côté Bouches-du-Rhône !
PPRI_valabregues

CM : Vous demandez donc une vision plus souple de votre PPRI ?

JMG : On ne demande pas la lune, évidemment. On n’est pas fous : on n’a pas de projets grandioses, ni l’intention de doubler ou tripler la population du village. Mais il faut arriver à imaginer ce qu’on peut faire sans mettre en danger la vie des gens et sans qu’on asphyxie complètement la vie du village. Il faut savoir que notre zone artisanale est déjà amputée de moitié par ce PPRI.

CM : La population s’est fortement mobilisée aussi.

JMG : Il y a eu cinq cahiers entiers noircis d’observation, ce qui est très rare dans une enquête publique. Nous avons fait quatre réunions publiques avec près de 90 personnes chaque fois, pour une commune qui compte 1 350 habitants. Ici, les gens ont la culture du risque depuis des générations. C’est d’ailleurs ce que nous avons expliqué au préfet lors de sa visite sur le terrain. Une visite très intéressante car il a pu constater notre spécificité. Nous sommes des Gardois vivant dans les Bouches-du-Rhône !

CM : Vous insistez justement sur cette culture du risque ?

JMG : Nous sommes une des communes qui a le plus souvent été inondée par le Rhône. Le préfet a pu constater lors de sa visite, que tous prennent leurs dispositions pour mettre hors d’eau leurs outils de production. La crue, ici, est lente, étale. Grâce à un logiciel des pompiers de Tarascon, nous avons une vision prévisionnelle de sept heures.

Quand l’eau est dans le déversoir, nous avons encore sept heures devant nous pour évacuer. Nous avons maintenant plein d’outils à notre disposition : la téléalerte, une réserve de sécurité civile, des exercices d’alerte… Les nouveaux arrivants sont toujours informés. On est aujourd’hui beaucoup mieux protégé qu’avant. C’est pourquoi je pense que des aménagements raisonnables du PPRI sont possibles.

Share Button