Le CESER de l’atlantique analyse les enjeux fonciers des territoires littoraux et s’empare du risque submersion

Dans un volumineux rapport de 112 pages, les CESER de Bretagne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes et Aquitaine regroupés dans une association « CESER de l’Atlantique » ont élaboré une contribution commune sur les enjeux fonciers sur le littoral atlantique de plus en plus soumis à l’érosion côtière et au submersion marine.

En effet, cette façade maritime est caractérisée depuis les années 1980 par un « tropisme atlantique ». Cette forte concentration des populations et des activités est source de nombreux enjeux liés à la maîtrise de l’urbanisation, à l’accessibilité au foncier pour les activités primaires, à la problématique de la saisonnalité, à l’accès au logement, à la mixité sociale, à la protection des espaces naturels, à la prévention des risques naturels, etc.

Au delà des pressions d’origine anthropique qui s’exercent sur cette façade atlantique, il s’exerce des pressions d’origine naturelle sur le foncier. Sans nier l’importance des autres catégories de risques, les CESER de l’Atlantique ont choisi de se focaliser sur les risques naturels qui sont spécifiques au littoral et interagissent fortement avec l’enjeu foncier : il s’agit de l’érosion côtière, et de la submersion marine.

La façade atlantique est fortement exposée au risque d’érosion côtière. L’aléa érosion concerne 27,4% des côtes. D’autre part, les surfaces artificialisées, où se concentrent principalement les enjeux humains et économiques, occupent plus de 25% des territoires situés à moins de 250 m des côtes en recul sur la façade atlantique.

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Concernant, le risque de submersion marine, même si la délimitation précise des zones soumises à cet aléa est complexe, la façade atlantique concentre 56% des zones basses. Sur le territoire de la Charente-Maritime, 34 phénomènes de submersion significatifs ont été recensés depuis le 15e siècle, soit près de la moitié des évènements constatés sur toute la France métropolitaine.

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Cette exposition des territoires littoraux aux risques d’érosion côtière et de submersion marine, déjà bien réelle, va s’aggraver avec le changement climatique programmé. Les deux paramètres du changement climatique auxquels sera exposé le littoral atlantique, seront l’élévation du niveau de la mer, et l’éventuelle évolution du régime des tempêtes.

Face à ces constats de  forte exposition aux risques littoraux, susceptible de s’accroître en lien avec le changement climatique, plusieurs stratégies de gestion des risques peuvent permettre aux territoires littoraux de s’adapter :

  • la lutte active, ou résistance, dure (digues) ou douce (rechargement des dunes et des plages) ;
  • la « contre-attaque » (remblaiements, repolderisation) ;
  • l’adaptation du bâti, dans le cas de la submersion marine (création de pièces refuges à l’étage ou d’étages complets) ;
  • le recul ou « repli stratégique » (suppression, déplacement ou relocalisation des biens et activités).

Tout cela doit s’intègrer dans un processus global de gestion des risques dont les objectifs sont de :
– ne pas aggraver les situations d’exposition au risque,
– améliorer la sécurité des habitants,
– réduire les dommages,
– réduire le délai de retour à « la normale » après un événement.

Processus global de gestion des risques
Processus global de gestion des risques

Toutefois, la prévention se heurte à une culture et à une mémoire du risque nettement insuffisante parmi les populations littorales. Jusqu’à très récemment (milieu du 20e siècle), ces populations avaient une connaissance empirique des ces risques, et ce savoir était transmis d’une génération à l’autre. L’évolution des modes de vie, l’attractivité démographique et l’urbanisation de certaines zones du territoire, complétées par la mise en place d’ouvrages de protection et par des systèmes de garantie (assurances), ont contribué sinon à une disparition ou du moins à une dilution de cette connaissance empirique et de la responsabilisation des nouvelles populations et de certains élus locaux.

Vivre avec le risque

En complément des actions de prévention, il faut donc impérativement renforcer cette culture du risque. Les CESER de l’Atlantique se félicitent à cet égard de l’initiative de la Région Pays de la Loire, qui a décidé, à la suite de la tempête Xynthia, en lien avec les acteurs locaux, la création d’un centre dédié au grand public sur la commune de l’Aiguillon-sur-mer : Litoralis. Ce centre affiche trois grands objectifs : être un lieu de connaissance pour initier le public de façon pédagogique aux aléas littoraux, mais offrant également un regard nouveau sur le littoral ; un lieu de mémoire, en hommage aux victimes de la tempête et au travail des secouristes ; et un lieu de débat et d’échange, notamment sur la question de l’appréhension des risques.

Les CESER de l’Atlantique rappellent également l’importance de pratiquer régulièrement des exercices de mise en situation, voire d’évacuation, dans les zones à risques. Par ailleurs,  les acquéreurs de biens doivent être informés de l’ensemble des risques inhérents à leur localisation. Mais cette disposition semble pour l’instant insuffisamment appliquée. Les CESER de l’Atlantique invitent donc les acteurs concernés à respecter et faire respecter

Enfin, cette exposition aux risques des territoires littoraux pose la question de l’assurabilité des biens immobiliers, qu’ils soient à usage d’habitation ou de développement économique. Cette problématique se pose avec une acuité particulière sur le littoral atlantique depuis la tempête Xynthia.

PPR_submersion
Etat des PPR submersion marine

Rapport_CESER_Foncier littoral


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