SEVESO et menaces

Le 10 juillet 1976 se produisait la catastrophe de Seveso, petite commune italienne de la région lombarde. Le réacteur de l’usine chimique Icmesa laissa s’échapper un nuage contenant de la dioxine sur toute la plaine lombarde. Depuis, l’Union Européenne a développé la directive Seveso qui imposent aux Etats membres d’identifier les sites industriels qui présentent des risques majeurs. Le niveau de prévention et de sécurité au sein de ces sites sensibles doit toujours être élevé. La première directive dite directive Seveso 1 date de 1982, et ne cessera d’être révisée depuis pour devenir en 2012 la directive Seveso 3. Aujourd’hui, le nombre d’établissements concernés par la directive sont au nombre de 1200 rien qu’en France. Focus sur menace bien réelle depuis l’attentat de Charlie Hebdo survenu le 7 janvier 2015.

Face à la menace terroriste, les industriels de 15 sites Seveso de Loire-Atlantique ont décidé dans le courant du mois de juillet 2015 de renforcer la sécurité autour des sites, comme le rappelle la revue Entreprises. Après la tragédie de janvier 2015, l’Etat avait déjà adressé une note aux industriels pour renforcer la vigilance. Le clou est enfoncé après l’attentat sur le site d’Air Products le 14 juillet. Effectivement, le ministère de l’Intérieur a demandé immédiatement un renforcement des normes de sécurité sur l’ensemble des sites français. Pour faire face à une situation exceptionnelle des moyens sont déployés par les industriels, avec entre autres mesures, une accentuation de la surveillance (24/24h), un renforcement des accès aux points névralgiques tout comme à l’ensemble des sites.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 le journal Le Monde titrait : « Après les attentats, les mesures de sécurité sont renforcées dans les usines sensibles. » Finalement, entre janvier et novembre 2015 l’Etat n’a jamais véritablement lâché la pression sur les industriels de ces sites sensibles. Et va de nouveau accentuer son discours sécuritaire après cette nouvelle vague d’attentats. Mais comme le rappelle un industriel interrogé par le Monde, le niveau de sécurité est déjà très élevé : « On essaie d’être encore plus vigilants, mais que peut-on faire de plus ? Depuis cet été, nos sites sont déjà extrêmement contrôlés. » Le plan Vigipirate, réponse sécuritaire de l’Etat, ne pouvait quant à lui déjà plus être réévalué puisque son niveau maximal était déjà atteint.

Malgré tout cet arsenal pour renforcer la sécurité, Alain Juillet (président du Club des directeurs et de sûreté des entreprises) analyse dans la revue L’usine Nouvelle, que des failles ont pu permettre le 26 juin 2015 dans l’usine d’Air Products à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) à un prestataire de projeter son véhicule sur des bonbonnes de gaz industriels pour les faire exploser. Et que quelques semaines plus tard, le 14 juillet, deux explosions criminelles touchaient un site pétrochimique à Berre-L’Étang (Bouches-du-Rhône), sans faire de victime. Bien heureusement, depuis des normes drastiques ont été mises en place et l’Etat réfléchit à l’opportunité de classer des établissements Seveso points d’importance vitale, c’est-à-dire répondant à des contraintes de sûreté encore plus drastiques.

Bien que tout un panel de mesures soient aujourd’hui établies, les industriels et l’Etat ne peuvent que se prémunir contre toutes les formes de risques. Malgré tous les efforts consentis, le risque zéro, lui, n’existe pas.

 

– Terrorisme. Les industriels des sites Seveso s’arment face à la menace

– Après les attentats, les mesures de sécurité sont renforcées dans les usines sensibles

– Des usines à mieux protéger

Raffinerie de pétrole, un site Seveso. Source : Jacques Krabal
Raffinerie de pétrole, un site Seveso. Source : Jacques Krabal
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Le Pavillon Orange au salon Préventica

Dans le cadre de la parution de son ouvrage paru chez Territorial éditions, le Général François VERNOUX, Fondateur du Pavillon Orange HCFDC, animera une conférence lors du prochain congrès salon Préventica dédié à la maîtrise globale des risques le jeudi 9 juin à 11h45 à Lille Grand Palais sur le thème : « Conduite des OPERATIONS COMMUNALES de sauvegarde des populations ». Il présentera les bonnes pratiques opérationnelles à adopter : Organisation du PCC, Réserve communale, Points de rassemblement, Centres d’accueil…

 

Nous revenons sur le programme des trois journées du salon : 

  • L’une des thématiques sera consacrée à la Santé et Sécurité au travail
    • Management de la santé : organisation du travail, réglementation, enseignement…
    • Enjeux transversaux : risques routiers, risques chimiques, risques électriques…
    • Enjeux sectoriels : industrie, fonction publique, médical et social…
  • L’une des thématiques sera consacrée à la Santé – Bien-être / QVT
    • Management de la QVT : politique globale, gestion RH, médiation professionnelle…
    • Pathologies professionnelles : RPS, addiction alcool/drogue, TMS…
    • Environnement de travail : conception des locaux, aménagement des espaces, hygiène /propreté
  • L’une des thématiques sera consacrée à la Sécurité/Sûreté des entreprises
    • Risques majeurs : Seveso/ICPE, gestion de crise/PCA
    • Sécurité incendie : management de la sécurité incendie, formation/certification, évacuation…
    • Sécurité de l’entreprise/Enjeux transversaux : sûreté – Malveillance, sécurité électronique, sécurité de l’information…
    • Sécurité de l’entreprise/Enjeux sectoriels : assurance dommages, établissements de santé, sûreté des chantiers…

 

– Inscription au congrès salon Préventica Lille 

– Programme complet des conférences 

Préventica à Lille Grand Palais. Source : Stéphane Mortagne
Préventica à Lille Grand Palais. Source : Stéphane Mortagne
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Risque et perceptions

Source : vincentabry
Source : vincentabry

Dans une société où l’être humain, siècle après siècle, n’a cessé de faire reculer et d’amoindrir les conséquences des risques auxquels il est exposé, par la maîtrise du territoire et l’évolution technologique, comment se fait-il qu’il soit toujours plus préoccupé par le risque ? En une trentaine d’années, la notion de risque a conquis le lexique courant pour aujourd’hui devenir un concept-clé. Bien que nous nous dotions d’un arsenal législatif et que nous nous prémunissions à travers l’aménagement du territoire, la question du risque ne cesse d’alimenter nos craintes, ainsi que nos aspirations à rendre nos vies toujours plus sûres. Dans cet article, nous nous proposons d’identifier quelque-uns des facteurs qui influencent nos perceptions et nos représentations du risque.

L’effet du genre, ou la différence de perception homme-femme du risque, selon de très nombreuses études que cite Slovic (1999), ont montré que les hommes tendent à appréhender les risques de façon plus faible et moins problématique que les femmes. Qu’ils s’agissent des femmes françaises, chinoises, roumaines, des adolescentes américaines, ou encore des femmes de Chicago, celles-ci ont donc toute la même point commun. Le niveau de risque perçu par les femmes est plus important que celui des hommes qui tendent à la considérer d manière plus faible.

L’effet de l’âge est également un déterminant profond de la perception du risque, bien que les études menées n’aient pas permis de mette en évidence une tendance nette. Néanmoins, nous savons, que selon les pays, la culture, etc, les perceptions et représentations du risques fluctuent avec l’âge. Certaines études mettent en évidence que les plus jeunes ont une perception des risques moins élevée que les plus âgés, et qu’à l’inverse, d’autres ont montré que les plus jeunes avaient une perception des risques supérieure à celle des plus âgés.

L’effet du du niveau d’éducation influence directement nos perceptions et nos représentations. Les études dans ce domaine sont très explicitent et sans ambiguïtés, les individus moins instruits perçoivent globalement plus de risques que les individus plus instruits.

L’effet de la profession sur le risque est bien documenté. Selon de nombreuses études, la perception des risques par les infirmières est la plus élevée, alors que dans un même temps, la perception du risque la moins élevée concerne les étudiants diplômés. Le niveau d’études ne semble pas être déterminant, alors que la confrontation plus ou moins fréquente à certains risques, dans le contexte professionnel, apparaît influencer la perception des risques.

L’effet du niveau de revenus et leur analyse tend à confirmer que les individus les plus pauvres ont les perceptions des risques les plus élevées. Effectivement, ayant des moyens financiers moins élevés, les personnes les plus pauvres semblent plus préoccupés par les risques car elles se sentent exposées plus personnellement.

Les influences ont également un impact non négligeable sur les perception et représentations des risques. On notera par exemple l’influence du statut des individus dans la société, l’influence de l’exposition médiatique,  l’influence des visions du monde, l’influence de l’anxiété, l’influence de la confiance sociale, l’influence des croyances religieuses, ou encore l’influence de la personnalité.

– Influence des variables distales sur la perception des risques : une revue de littérature

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