Risques industriels : une bombe à retardement (à revoir)

Un reportage de la chaine LCP qui traite des risques industriels et du PPRT est actuellement rediffusé en cette période estivale. L’émission « L’écho des Lois » reflète bien la situation nationale. Toutefois, la problèmatique PPRT est encore trop confidentielle alors qu’environ 8 millions de français sont concernés par les risques technologiques.

Rappel : en 2003, encore traumatisée par la catastrophe de l’usine AZF, la France adoptait la loi Bachelot sur les risques industriels. Cette loi prévoit notamment la mise en place de Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT) appliqués autour des sites industriels à risques.

Mais cette loi pavée de bonnes intentions se révèle être une véritable usine à gaz : certains riverains doivent être expropriés, d’autres doivent faire des travaux de sécurisation de leurs logements … Résultat : 11 ans après la catastrophe toulousaine, la loi est encore peu appliquée, la majorité des PPRT n’a toujours pas été approuvée par les préfectures, et les riverains ne sont pas mieux protégés d’un nouvel accident industriel.

l’avis des associations riveraines des sites séveso

L’association reconnait que le travail d’investigation auquel s’est livré le journaliste est excellent. La pluralité des situations présentées démontre que le ressenti des riverains est identique et leurs exigences communes. Oui, la loi Bachelot doit être révisée pour permettre aux riverains de faire entendre leurs exigences et faire valoir leurs droits.Parce qu’ils ne sont pas responsables des risques auxquels ils sont exposés, il est indécent d’imaginer de les faire payer pour se protéger. C’est à l’industriel, générateur des risques d’assumer cette charge, la règle d’or étant la réduction des risque à la source. Les revendications exprimées par les habitants impactés par un PPRT ont été entendues par plusieurs conseils municipaux, députés, conseils généraux. Il faut que les députés notamment prennent position. J’ ajouterai enfin que le doute est de plus en plus fort quant à la mature des travaux de renforcement préconisés : il suffit de constater ce qui s’est passé à Toulouse. Il est important que chaque association de défense des riverains ne reste pas isolée…

Share Button

POI, PPI, PCS, ORSEC : cohérence et interdépendance

De grands progrès sont constatés dans la sécurité globale des territoires. L’Etat, les Industriels et la Collectivité collaborent de plus à l’élaboration et au test des PPI, POI, PCS. L’exemple de Genay le démontre (voir article ci-dessous).

Lorsqu’une commune est soumise à un risque qu’il soit naturel ou technologique, elle a l’obligation de réaliser un plan communal de sauvegarde afin d’être en capacité d’alerter et de mettre en sécurité ses habitants. Ce PCS doit être cohérent avec le plan ORSEC de la Préfecture afin de pouvoir relayer les actions de secours déployées par les services de sécurité civile.

Quant à l’industriel, implanté sur la commune et potentiellement générateur de risques, il a l’obligation, si son établissement est classé Seveso, de pouvoir traiter tout incident grâce à son plan opération interne (POI). Si cette défaillance industriel venait à dépasser l’enceinte de l’établissement, le dispositif PPI pour plan particulier intervention, élaboré par la Préfecture du département, assurerait la protection des populations riveraines.

Tous ces dispositifs peuvent donc être interconnectés comme le montre l’exercice à la Coatex, classée SEVESO seuil haut, installée à Genay dans le Rhône. Au départ, une fuite sur une cuve de distillats dans un atelier nécessite le déclenchement du POI de l’établissement. Ensuite, des émanations de vapeurs explosives oblige les services de secours à mettre en place un périmètre de sécurité autour de l’établissement dans le cadre du PPI. La sirène de l’entreprise sera également activée dans le cadre du PPI. Informé de l’incident, le maire de Genay activera son PCS et formera une cellule de crise afin d’alerter ses administrés et leurs rappeler les consignes de sécurité à tenir.

Ainsi, ces exercices dits « grandeur nature » mettant en oeuvre l’industriel, la commune, l’Etat, voire le citoyen permettent aux différents acteurs de valider leur collaboration et leur coordination pour le jour où un réel risque se réalisait.

exercice Genay

Share Button

Risques industriels en Ile-de-France

Un dossier réalisé par Sophie Stadler du Parisien rappelle que les Institutions, collectivités et industriels de cette région doivent contrôler les risques des usines potentiellement dangereuses mais indispensables à l’économie locale. L’enjeu est particulièrement important en Ile-de-France, qui reste une région à très forte densité de population et de sites industriels.

Sur les 680 établissements classés à risque majeur (dits « Seveso seuil haut ») que compte l’Hexagone, 38 sont concentrés sur le territoire francilien et 2434 autres installations représentent — à proximité de Paris — des risques importants d’explosion, de pollution ou encore d’émanations toxiques. Seul le risque nucléaire n’existe pas en Ile-de-France, puisque aucune centrale n’est installée sur le territoire.

La plus proche est celle de Nogent-sur-Seine (Aube), située à 110 km de Paris. Mais comment la région-capitale pourrait-elle se passer de raffineries, de sites chimiques, d’usines de traitement des déchets, d’incinérateurs ou encore de dépôts de solvants ou d’hydrocarbures, indispensables à son fonctionnement et à son économie? « Il y a vingt-cinq ans, l’industrie représentait un quart de l’activité économique régionale, aujourd’hui elle n’est plus que de 15%.

Entre la classification des sites dangereux et le renforcement des mesures de sécurité, les risques sont désormais mieux maîtrisés. Pour la Driee, depuis 2003, de nombreuses actions ont été menées. Réduction des risques à la source, maîtrise de l’urbanisation, intensification des contrôles, prescription de 28 plans de prévention des risques technologiques (PPRT) dans la région…

Les industriels investissent pour améliorer la sécurité dans et autour de leurs bâtiments. La loi a créé une obligation d’informer les acheteurs ou locataires de biens immobiliers situés en PPRT, et les permis de construire à proximité de ces zones ne sont plus délivrés.

Même si le risque zéro n’existe pas, la probabilité d’un accident sur l’un des sites classés Seveso serait, selon l’Institut national de l’environnement industriel et des risques, inférieure à un accident tous les 100 000 ans.

Share Button