Indiana Djeuns : une prévention ludique

Plus que jamais, la volonté politique et celle des acteurs de la gestion des risques est d’impliquer le citoyen dans sa propre sauvegarde. À travers ce nouveau paradigme, c’est toute la chaîne de la prévention des risques qui est influencée et qui se métamorphose au fil des années. Pour ne citer que quelques exemples d’évolution positive, nous pouvons évoquer le Dossier d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM) ainsi que le Plan Familial de Mise en Sûreté (PFMS) qui se modernisent et s’adaptent un peu plus  aux citoyens à chaque nouvelle version. C’est dans cette volonté de sensibilisation et d’information que le Département des Alpes-Maritimes et le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS 06) ont lancé une campagne de prévention des risques et des gestes de premiers secours auprès des collégiens du département, qui est soutenue par l’Education Nationale. Retour sur une bonne pratique destinée aux plus jeunes : Indiana Djeuns.

Indiana Djeuns, c’est un personnage qui n’est pas sans nous rappeler les aventures du célèbre professeur d’archéologie interprété par Harrison Ford dans la sage de Steven Spielberg. Le héros se sort de manière brillante de toutes les situations critiques grâce à sa grande bravoure, mais surtout en s’adaptant à tous les contextes auxquels il doit faire face. Tout comme dans les films, Indiana Djeuns prodigue à travers de nombreuses aventures, illustrées par des bandes dessinées, les comportements adaptés et donne aux collégiens les clefs pour identifier les risques et les dangers en fonction des risques auxquels ils sont exposés. Cette campagne, pédagogique et novatrice, se matérialise par une brochure mais également par un support en ligne qui permet aux collégiens d’interagir et de réfléchir.

Cette démarche de prévention des risques, qui se veut avant tout citoyenne, a été conçue par les sapeurs-pompiers des Alpes-Maritimes. Aujourd’hui, elle fait référence et prend de l’ampleur au niveau national. Notons que le lieutenant-colonel Frédéric Castagnola, qui nous a reçu dans les locaux du SDIS 06, est un expert en matière de prévention et de sensibilisation. Il est l’un des acteurs majeurs qui a rendu possible, par son investissement, la concrétisation de cette campagne de prévention. Un exemple citoyen qui ne demande qu’à être développé dans d’autres régions et départements de France.

 

– La brochure illustrée sous forme de bandes dessinées

– La prévention interactive en ligne

Indiana Djeuns, le site. Source : Département 06
Indiana Djeuns, le site. Source : Département 06

 

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Les communes Pavillon Orange au coeur de la sauvegarde

Le Techni-cités N° 293 de mai aborde un sujet peu commun : celui du rôle des services municipaux dans la sauvegarde de la population.

Le général François Vernoux, fondateur du Pavillon Orange introduit ce dossier ainsi :

« La loi du 13 août 2004, dite de modernisation de la sécurité civile, confie la sauvegarde des populations aux maires et les incite à y impliquer le citoyen. Les services municipaux sont-ils pour autant exclus de la sauvegarde ? Que nenni ! Ils en sont même le cœur… »

Plusieurs bonnes pratiques de villes Pavillon Orange illustrent l’article :

  • Gonfreville l’Orcher (76) et sa box d’alerte
  • Saint Etienne (42) et son dicrim interactif
  • Feyzin (69) et ses totems de rue
  • Fourques (30) et son Rhonomètre
  • Guichen (35) et sa malette PPMS
  • Le Beausset (83) et son exposition
  • Cereste (04) et son téléphone satellitaire
  • Tours (37) et ses spectacles de rue
  • Hyeres les Palmiers et sa vigilance de crue du Gapeau
  • Amiens (80) et sa prévention des fontis…
  • l’inter-communauté Caux Vallée de Seine et son équipe d’intervention.

Tant d’exemples qui démontrent le rôle essentiels des services municipaux dans une bonne sauvegarde de la population.

Suite aux tragiques événements survenus à la fin du 20ème et au début du 21ème (tempête, inondation, AZF…), la loi de 2004 sur la modernisation de la sécurité civile est établie. C’est une refonte totale des dogmes où l’Etat protecteur tend à investir le citoyen dans sa propre sauvegarde. Au-delà de l’implication de la population pour sa propre sécurité, l’entraînement, l’exercice, et la connaissance mutuelle des acteurs deviennent le fer de lance d’une nouvelle stratégie de lutte contre les risques naturels. Municipalités, industriels, établissements scolaires, opérateurs, ainsi que les services de l’Etat doivent se préparer et s’organiser pour faire front ensemble. Pour la commune, la mutation s’opère à travers la sensibilisation et l’information des citoyens. Pour cela, de nouveaux documents sont pensés, comme le Plan Familial de Mise en Sûreté (PFMS), ou bien encore le Dossier d’Information Communale sur les Risques Majeurs (DICRIM). A cela vient se greffer la création de la Réserve Communale de Sécurité Civile (RCSC), qui intervient pour soutenir les actions des agents communaux sur le terrain. Un nouvel outil est également créé pour conforter les missions des municipalités. Le Plan Communal de Sauvegarde (PCS) conditionne les agents à des situations d’exceptions dont les scénarios rivalisent par leur ingéniosité.

 Au centre des dispositifs de sauvegarde nous retrouvons la rédaction du Plan Communal de Sauvegarde (PCS), outil incontournable réalisé sous le contrôle du maire, qui à pour objectif de planifier les actions des acteurs communaux de la gestion du risque (élus, agents municipaux, réserve communale, bénévoles…) en cas d’événements majeurs, qu’ils soient naturels, technologiques, ou encore sanitaires. Ainsi, la rédaction de chaque phase du plan incombe à un service qualifié dans le domine d’expertise. Par exemple, les acteurs qui auront à mener les opération de sauvegarde se devront d’évaluer les risques, tout comme la vulnérabilité des enjeux sur un territoire exposé. L’un des principes fondateurs, et l’une des forces du PCS, c’est d’établir plusieurs scénarios adaptés à chacun des risques auxquels la commune est exposée. En temps de gestion de crise, ces scénarios seront un guide précieux pour le Poste de Commandement Communal (PCC) qui mènera ses actions en fonction de ce plan.

Le dossier présente en annexe des fiches opérationnelles portant sur :

  • Les réflexes individuels
  • Les réflexes de groupe
  • Les actions

« La lumière, quand elle brille, est braquée sur l’implication de la population. Mais sans le travail obscur des agents municipaux, point de lumière. » 

– Liens vers le site Techni Cités

Techni Cités n°293
Techni Cités n°293
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L’explosion poudrerie de Bergerac dénonce l’impréparation de la municipalité face aux risques

Après l’explosion de la Poudrerie à Bergerac, qui a fait trois blessés, un premier constat, au delà de l’enquête administrative conduite par la Dreal*, dénonce l’impréparation de la municipalité. En effet, les obligations légales induites par la présence de plusieurs risques industriels et naturels sur le territoire de la commune ne sont toujours pas mises en œuvre. Ainsi, la ville de Bergerac n’a toujours pas finalisé son Dicrim ni son PSC comme en témoigne le reportage d’Antoine Tinel du journal Sud-Ouest.

Lire le reportage de la presse locale

Après l’accident de la Poudrerie, comment prévenir les dangers ?

L’explosion qui a eu lieu lundi en fin d’après-midi sur le site de la Poudrerie n’est pas sans rappeler un accident similaire survenu il y a un peu plus d’an et demi, au même endroit.

bergerac_explosion

Le 31 août 2011, en effet, deux explosions successives faisaient six blessés. Des ouvriers qui, déjà, travaillaient sur les locaux désaffectés de la société BNC. Là aussi, la présence de résidu de nitrocellulose semblait être la cause de l’accident. Plus près dans le temps, l’incendie qui a ravagé, en janvier, l’usine Bouchillou, s’inscrit dans cette liste d’événements qui peuvent survenir sur le territoire de la commune. Et potentiellement représenter un danger pour les Bergeracois.

Si les activités comportant des risques sont encadrées, ceux-ci doivent être connus de la population. Tout comme les mesures à prendre ou les attitudes à adopter, en cas de réalisation de ces fameux risques, doivent l’être également. Idem pour les catastrophes naturelles. Plusieurs documents existent à cet effet.

« Le danger existe »

« Une fois de plus, cet accident prouve qu’en matière de risque industriel, le danger existe », rappelle Lionel Frel, conseiller municipal et responsable du comité local d’Europe Écologie – Les Verts. Il poursuit : « La plus grande rigueur doit être apportée à la gestion de ce risque particulier. » Et l’élu, qui était en charge de ce dossier avant de se dessaisir de ses délégations municipales à cause d’un désaccord avec le maire, Dominique Rousseau, de pointer du doigt des manquements de la part de la municipalité : « EELV rappelle qu’un certain nombre d’obligations légales ne sont toujours pas mises en œuvre en matière de gestion des risques industriels. » Lionel Frel fait ici référence au Dicrim, le document d’information communal sur les risques majeurs, destiné à informer les habitants en cas de catastrophe naturelle comme, ici, une crue exceptionnelle de la Dordogne.

Ou encore un accident industriel. « Le Dicrim n’a toujours pas été publié », regrette Lionel Frel, qui précise que, « pourtant, le document est prêt ». Ce que confirme la mairie, par la voix de David Bonin, directeur de cabinet : « Il est rédigé, dit-il. Il faut désormais le diffuser aux établissements qui doivent en être destinataires. » Ces établissements, publics ou privés, sont ceux qui accueillent du public, mais aussi les entreprises de plus de 50 salariés. Au total, près de 450 structures. Le document devra également être tenu à la disposition des habitants. Le retard serait dû aux aléas des effectifs des services concernés.

Les entreprises concernées au premier plan, comme peuvent l’être celles qui travaillent sur la plate-forme de l’ancienne Poudrerie, possèdent quant à elles leurs propres documents.

Pas de psychose

Lionel Frel souligne aussi que le plan communal de sauvegarde (PCS) n’a « toujours pas été présenté au Conseil municipal ». L’élaboration du PCS ne vise pas à réaliser un simple document, mais à préparer et organiser la commune pour faire face aux situations d’urgence. Il ne se contente pas d’être informatif, comme peut l’être le Dicrim. Plusieurs municipalités, potentiellement menacées notamment par les dangers que peut présenter la rivière Dordogne, ont élaboré un tel plan. D’ailleurs, l’hiver dernier, Gardonne a réalisé un exercice grandeur nature, en supposant des crues exceptionnelles. « Le plan communal de sauvegarde n’est pas encore finalisé, reconnaît David Bonin, mais tout devrait aller assez vite. »

Lionel Frel, sans vouloir tomber dans la psychose, assure qu’il y a « un problème de culture du risque ». « Pour éviter la panique, il faut que les gens sachent quoi faire estime l’élu municipal. Il ne faut pas les laisser dans l’ignorance. »

À titre d’exemple, la présence de nombreux riverains de l’entreprise Bouchillou, rejoints par quelques curieux, aux abords des lieux lors de l’incendie de cet hiver, peut confirmer les dires de Lionel Frel. Alors, bien évidemment, il ne s’agit pas de tomber dans un excès de catastrophisme. Mais ne dit-on pas d’un homme averti qu’il en vaut deux ?

http://www.sudouest.fr/2013/05/28/trois-blesses-dans-une-explosion-a-la-poudrerie-1066158-1733.php

 

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