Quand les sirènes retentissent, les habitants ne savent toujours pas quoi faire

Ce qui vient de passer le 9 juillet dernier à Dunkerque ne doit pas nous laisser indifférent, élus, gestionnaires des risques et prescripteurs. En effet, lors d’un test du nouveau système d’alerte et d’information des population du bassin de risque dunkerquois, de très nombreux riverains se sont trouvés fort dépourvus lorsque les sirènes retentirent. Chacun se posant la question critique : que dois-je faire ?

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Cette situation, certes d’essais, démontre toute la nécessité d’informer et de former la population aux gestes à tenir en situation d’urgence, conjointement au déploiement des outils d’alerte. Cet impératif vaut aussi bien pour les outils déployés à l’échelle nationale que locale. Ce test montre aussi l’obligation de communiquer vers ses administrés en utilisant tous les canaux disponibles, du plus basique au plus sophistiqué, et ne pas faire reposer sa communication sur le média le plus en vogue…votre population n’est pas toute « #geek ».

Connaissance_signal_alerteOn ne peut toutefois constater que la situation a guère évolué par rapport à celle de décembre 2011, lorsque le sondage présenté aux Assises nationales des risques naturels de Bordeaux, révélait que seuls 22% des personnes interrogées (1.001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus) affirment connaître les consignes liées au déclenchement du signal national d’alerte. Les individus sondés avaient une interprétation très floue de ce que le signal d’alerte signifie. La majorité d’entre eux s’estimaient par ailleurs mal informés sur les risques naturels (63%) et industriels (75%) auxquels ils sont exposés.

Retour sur l’exercice du 9 juillet à Dunkerque avec la Voix du Nord

Le test du système d’alerte des populations (SAIP) effectué le jeudi 9 juillet sur les nouvelles sirènes de Rosendaël et Petite-Synthe n’avaient été annoncés que sur les réseaux sociaux. Du coup, des milliers de Dunkerquois se sont posé des questions. Et si une véritable alerte survenait pour un accident industriel, que feraient-ils ?

Et à Dunkerque, les risques industriels sont bien réels. Mais quand les sirènes retentissent, qui connaît les bonnes consignes ?

Téléphoner au journal local, ne sera jamais un mauvais réflexe, on pourra toujours quelque chose pour vous. Mais les dizaines de personnes qui ont appelés le journal ce jeudi matin n’ont pas eu tout de suite la réponse qu’elles attendaient. Et les questions, à la vitesse du web, se sont répandues de la même façon sur les réseaux sociaux, avec son lot de commentaires à prendre avec précaution évidemment.

Les essais effectués sur les nouvelles sirènes, vers 10h30 à Malo, puis plus tard à Petite-Synthe, ont provoqué, si ce n’est la panique, au moins une grande surprise chez les riverains concernés, habitués à les entendre à midi pile le premier mercredi de chaque mois.

Annoncés uniquement sur Facebook et Twitter, ce qui démontre des failles et un sacré virage dans la communication de la Préfecture, ces essais ont prouvé au moins une chose : dans une agglomération exposée à de gros risques industriels avec notamment ses quinze sites Seveso, les consignes de sécurité, qui sont autant de consignes de bon sens, ne sont pas assimilées par la population. Ce jeudi, les Dunkerquois qui ignoraient qu’il s’agissait d’un exercice ont rarement eu les bons réflexes. Ils ont fini par en sourire… Mais si le pire survient un jour, on pourrait s’apercevoir combien la culture du risque est déficiente, ce qui affaiblit logiquement sa gestion.

Des messages sur Facebook riches d’enseignement pour les gestionnaires de crise

– Jocelyne : « Je me suis demandé ce qu’il se passait, j’ai regardé le ciel de long en large. Pas sympa de nous faire peur, surtout en ce moment. Il faudrait nous prévenir au moins 24 h à l’avance pour des essais comme celui-là. »
– Stéphanie : « Le problème avec ces essais sans que l’on soit au courant, c’est que le jour où ça sonnera pour une raison réelle, on n’y fera pas attention. »

L’alerte résonne ! les conseils du ministère de l’intérieur

1 – notoriété des consignes à tenir par les Français

Notoriete_consignes_alerte2 – Consignes à tenir : les essentielles

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Exercices nocturnes pour tester les systèmes d’alerte et la préparation des habitants

symbole_inondation_lenteEn aparté de la présentation des enjeux français à la 3ème conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophes qui va se tenir à Sendaï, du 14 au 18 mars, sous l’égide de l’ONU, la Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, a évoqué sa volonté de « vérifier les systèmes d’alerte des communes » en organisant des exercices de nuit.


Ces exercices nocturnes d’alerte aux inondations vont être organisés dans les communes les plus exposées. La ministre va solliciter les préfets pour qu’ils identifient les territoires les plus exposés, afin d’organiser « des répétitions grandeur nature de nuit d’une alerte en cas de risque d’inondation ».

Ce type de simulation n’a jamais été fait de nuit. Ces exercices se feront avec l’aide de la sécurité civile et donc en coordination avec le ministère de l’Intérieur. Selon la directrice de la prévention des risques, Patricia Blanc, ces simulations concerneraient « 3 000 communes particulièrement exposées ». « Une ou deux » simulations devraient avoir lieu en guise de test, « avant l’été ».

« Le but de ces entrainements est de vérifier les systèmes d’alerte des communes et la bonne préparation des citoyens ». En effet, Ségolène Royal a été « très étonnée » lors de la tempête Xynthia de constater que « des communes n’avaient pas de sirènes » ni de moyens plus modernes d’information et d’alerte des habitants comme les envois ciblés de SMS.

Allo_alerte_MARGUERITE2Aussi, après plus de 10 années d’existence et plus d’un millier de communes équipées d’automate d’appel, ces méthodes d’alerte par voie de SMS vont être testées par le ministère, et probablement vulgarisées. A noter toutefois, que ces nouvelles technologies d’information et de communication font logiquement partie du cahier des charges du nouveau SAIP, actuellement déployé par le ministère de l’intérieur.

Enfin, dans les zones les plus à risque, les populations vont être invitées à se munir de façon permanente de « kits de survie » (eau potable, conserves, lampes de poche, etc.).  

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ANNEMASSE : une gestion intégrée des risques majeurs autour d’un PCS, d’un DICRIM, d’une télé-alerte

Annemasse_PavillonOrangeSituée à 433 m d’altitude, d’une superficie de 498 ha, Annemasse est le centre de la deuxième agglomération de Haute-Savoie. Celle-ci, composée de douze communes et frontalière avec Genève occupe une position géographique et économique privilégiée. Annemasse compte aujourd’hui 30 123 habitants au sein d’une Agglomération qui en compte près de 77 000. Elle se situe au débouché naturel des vallées de la Haute-Savoie du Nord, les vallées de l’Arve et du Giffre. Elle est longée par la rivière Arve qui prend sa source dans le massif du Mont-Blanc pour se jeter dans le Rhône à Genève.

Consciente qu’elle n’est pas à l’abri d’accidents aux conséquences importantes, la Ville d’Annemasse s’implique, depuis plusieurs années, dans la prévention et la gestion des risques naturels et technologiques existants sur le territoire communal. Située dans une zone de sismicité de niveau 4, exposée aux crues de l’Arve et aux transports de marchandises dangereuses, la commune a bien évidement élaboré un plan communal de sauvegarde. Annemasse est d’ailleurs soumise à un Plan de Prévention du risque inondation de l’Arve (PPRn). Sa politique volontariste de prévention des risques et de sauvegarde a d’ailleurs reçu en 2013, le label « Pavillon Orange ».

Premier pilier de la gestion intégrée : le plan communal de sauvegarde
Plan communal de sauvegarde annemasse
Le PCS qui détaille l’ensemble des mesures d’urgence qui permettront de gérer au mieux les évènements inattendus, complète à l’échelon communal les différents plans de secours diligentés par l’Etat ( ORSEC – Organisation de Réponse de SEcurité Civile sous l’autorité du Préfet). En cas de survenance d’évènements graves tels qu’une inondation de l’Arve, un séisme, une tempête, un accident industriel, nucléaire ou lors du transport de matières dangereuses le PCS va mobiliser des moyens humains et des matériels appropriés pour sauvegarder les biens et les personnes (astreinte 24H/24 et 7j/7). Pour Agnès Cuny, Adjointe en charge de de la Sécurité et des risques majeurs : « il ne s’agit pas de se substituer aux missions des pompiers ou du SAMU mais, au contraire, de s’affirmer comme un précieux soutien ». En effet, diffuser des messages d’alerte, repérer les personnes sinistrées, définir des lieux d’accueil sont autant d’actes qui ne s’improvisent pas.

Ainsi, pour chaque risque qui menace la commune, le PCS d’Annemasse répond donc aux questions suivantes:
1. Quelles mesures les services municipaux doivent-ils prendre pour être prêts à intervenir et faire face aux événements ?
2. Comment diffuser et gérer l’alerte ?
3. Quels sont les moyens dont nous disposons ?
4. Quelles mesures logistiques doivent être mises en place pour aider, soigner,informer,héberger, restaurer la population sinistrée, jusqu’au retourà la normale ?
5. Où sont situés les lieux de mise à l’abri de la population ?

Deuxième pilier : le Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs (DICRIM)
DICRIM annemasse
Pour Agnès Cuny : « si les Annemassiens connaissent tous les risques quotidiens, ils mesurent moins clairement ceux qui sont exceptionnels. Ils existent pourtant et chaque citoyen doit les connaître et savoir les comportements à adopter face à ces risques majeurs ».

Comme son nom l’indique, le document d’information communal sur les risques majeurs est un document d’information et de prévention destiné aux habitants d’Annemasse pour les sensibiliser sur les risques naturels, technologiques et sanitaires qui peuvent être encourus sur le territoire communal. Toutefois, la Maire Adjointe se veut rassurante, « s’il doit être lu attentivement dans chaque foyer et conservé par la suite, il ne doit en aucun cas faire naître un quelconque affolement dans l’esprit collectif à propos de risques dont on sait pertinemment qu’ils sont extrêmement rares et limités ». En plus de son rôle pédagogique sur la nature des risques majeurs, le DICRIM est destiné à informer les Annemassiens sur la conduite à tenir et les consignes à appliquer en cas de crise. Il synthétise le Plan Communal de Sauvegarde qui fixe, entre autres, les règles et mesures que la collectivité mettrait en œuvre pour l’assistance à la population, si d’aventure survenait un sinistre.

L’objectif du DICRIM est donc simple :
“sensibiliser le citoyen aux risques majeurs, le responsabiliser pour le rendre acteur de sa sécurité”,
Quels risques ? À quels endroits ? Quelles actions des pouvoirs publics ? Et, surtout, que faire en cas de danger ?

Troisième pilier : le système de téléalerte
Dans le cadre de la prévention des risques majeurs et afin d’assurer au mieux la sécurité des Annemassiens, la Mairie a complété son dispositif d’alerte à la population et s’est dotée d’un système d’alerte automatisé.
tele alerte annemasse

Le principe d’une télé-alerte est de permettre, en complément des dispositifs habituels existants, de prévenir par téléphone les personnes résidant ou exerçant une activité sur le territoire communal. Pratique et performant, ce système peut cibler tout ou partie de la population en fonction de la zone à risque ou de sa vulnérabilité.

L’abonnement à la télé-alerte est gratuit. Les données téléphoniques ont été collectées grâce à l’annuaire universel des pages blanches et jaunes . Il est donc automatique pour les personnes figurant sur cet annuaire. Bien entendu, chaque foyer dispose d’un droit de modification dans ce fichier.
Toutefois, la seule exploitation de ces annuaires peut s’avérer insuffisante pour alerter efficacement toutes les personnes concernées. Aussi, il appartient aux Annemassiens de manifester sa volonté d’être prévenu, en s’inscrivant directement grâce à un module d’inscription en ligne ou en remplissant un formulaire type afin de communiquer ses coordonnées aux services de la Mairie. Il est bien entendu que ces données personnelles seront exclusivement utilisées pour ce système.

Comment fonctionne une télé-alerte?
Si un événement majeur nécessite la mise en œuvre d’une procédure de vigilance ou la gestion d’une situation de crise, la ville informera les personnes référencées et inscrites dans un délai extrêmement court en délivrant un message. Ce message vocal ou ce SMS sera diffusé sur chaque téléphone fixe et/ou mobile. Les habitants pourront également recevoir un fax. ou un courriel (si l’adresse e-mail a été communiquée).

Pour savoir si les personnes prévenues ont bien reçu le message d’alerte, à la fin du message, l’automate d’appel demande de confirmer la bonne réception de l’appel téléphonique. Il est donc impératif d’écouter le message dans sa totalité sans raccrocher et de suivre les instructions dictées et la procédure de validation. En cas d’absence, le dispositif permet une répétition de l’appel jusqu’au décroché.

A la suite de ce message, les habitants doivent respecter attentivement les consignes qui leur ont été données. Règle importante, après réception du message d’alerte et pour ne pas saturer leur standard, il est demandé de n’appelez les pompiers que pour signaler des situations de réelle détresse ou d’urgence.

http://www.ville-annemasse.fr/

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Nouveau SAIP : de plus en plus d’interrogations des communes

Du chant des sirènes à l’alerte de la population… Chaque début de mois, à l’heure du déjeuner, c’est toujours le même rituel : de longs hurlements résonnent dans la ville. Pour le moment, du moins. Car ces reliques de la Seconde Guerre mondiale sont vouées à la disparition. Pour cause : le ministère de l’Intérieur, qui s’est engagé depuis 2010 à moderniser ces systèmes d’alerte, va mettre en place un nouveau dispositif. Lequel est pris en charge par la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise.

Créé pour alerter la population en cas de danger aérien, le réseau national d’alerte (RNA) est devenu obsolète. Si la technologie rustique alliant gros boutons et diodes lumineuses dignes d’un vieux James Bond fonctionne parfaitement, c’est surtout que plus personne ne sait vraiment comment réagir en cas de sonnerie.

En Savoie, 144 sirènes du réseau national fonctionnent dans 70 communes

Utilisées au fil des années pour prévenir la population en cas de catastrophe, d’inondation ou de feux de forêts, les sirènes du RNA ne sont plus adaptées à un monde connecté. En Savoie, 144 sirènes du réseau national fonctionnent dans 70 communes. L’objectif, dans le département, est d’en raccorder 27 à ce système baptisé SAIP (Système d’alerte et d’information des populations), avec une première vague de déploiement prévu pour 2013-2015.

SAIP1L’idée est de redéployer les outils existants. En cas de danger, la population sera alors alertée grâce à des panneaux à messages variables et aux téléphones mobiles. Un dispositif plus complet qui permettra de détailler la nature du risque, son imminence et le comportement à adopter : évacuation, confinement, point de rassemblement… Mais certaines communes, comme, par exemple, celles concernées par des risques de crues torrentielles, conserveront leur sirène. C’est le cas notamment en Haute-Savoie, à Annecy, autour du dépôt pétrolier de Vovray (site classé Seveso II).

Pour les communes qui souhaitent conserver leur sirène, elles le pourront. Mais le coût, aujourd’hui onéreux, sera à leur charge.

Le système SAIP sera activé par les autorités de police administrative (maire, préfet, ministère de l’Intérieur) avec des messages définis à l’avance. Un dispositif qui permettra de cibler les alertes et de conseiller aux gens de fuir ou de se confiner, en fonction de leur position.

Déjà actif dans quelques pays, ce système va être testé cette année à Lyon et Marseille avant d’être déployé dans toute la France entre 2014 et 2017. Mais d’ici là, nombre des 4 500 sirènes du RNA auront été déconnectées.

De nombreux Elus souhaiteraient connaître les réelles fonctionnalités de ce nouveau système d’alerte dont l’enveloppe budgétaire, initialement prévue à hauteur de 80 millions d’euros, est, compte tenu du contexte actuel de limitation des dépenses, tombée à moins de 20 millions. D’autre part, les communes engagées dans une démarche de protection des populations qui disposent déjà d’outils d’alerte comme les automates d’appel et les panneaux lumineux  s’interrogent sur l’articulation de leurs moyens d’information et d’alerte de leurs habitants avec ce nouveau SAIP.

 

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