Sécheresse et tempête : le changement climatique menace aussi l’Europe

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La plupart des Européens imagine le changement climatique ailleurs, loin : montée des eaux en Asie du Sud, cultures desséchées en Afrique, tempêtes toujours plus intenses dans les tropiques, sécheresse dans les pays en développement. Pourtant, du ski en Italie aux olives espagnoles, en passant par les forêts allemandes et la côte de la mer Baltique en Pologne, le paysage et les activités sont partout menacés. Alors que le président François Hollande se prépare à accueillir la COP 21, les Européens sont déjà confrontés à de discrets signes avant-coureurs du réchauffement planétaire. Les risques au sein même de l’Europe sont pourtant nombreux, variés et de plus en plus difficile à ignorer, autant pour les mers, les forêts et les plaines que pour les villes. Témoignages de toute l’Europe.

Cet article revient sur les différentes menaces qui pèsent sur les activités et les reliefs européens, ainsi que les conséquences inévitables du changement climatique (mouvements de population, inondations…).

Source : EurActiv

Lien vers l’article d’origine : http://www.euractiv.fr/sections/climat-environnement/secheresse-et-tempete-le-changement-climatique-menace-aussi-leurope?

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Sécheresse et feux de forêts : les raisons de la calamité en infographie

La sécheresse observée depuis le début de l’été compte parmi les cinq plus importants des 50 dernières années. Les prévisions météorologiques du mois d’août ne devraient pas inverser la situation mais la pénurie d’eau, contrairement à 1976, n’est à craindre, du fait d’un très bon niveau de remplissage des nappes phréatiques.

Pour Pierre Etchevers, climatologue à Météo France, « L’épisode actuel est une sécheresse dite ‘agricole’. Elle concerne la surface et le premier mètre de terre à partir de la surface. C’est l’effet conjoint des fortes températures et du déficit des précipitations qui assèche les sols ». Au 29 juillet 2015, 66 départements sont placés en vigilance sécheresse et soumis à des restrictions d’eau.

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Raison 1 : les températures enregistrées en juin et juillet supérieures à la normale

Le mois de juin 2015 a été le 4ème plus chaud depuis 1900 (ex-aequo avec 1950) derrière 2003, 1976 et 2005. La température moyennée sur la France a dépassé la normale 1981 / 2010 de 1,5°C. L’excédent a été plus marqué au Sud qu’au Nord. Quant au début du mois de juillet, il a été exceptionnel, deux canicules se sont succédées au cours de la première quinzaine, la première ayant été relativement précoce et intense. De nombreux records mensuels de chaleurs ont été battus, comme à par exemple à St-Etienne (41,1°C), alors que les 40°C ont été atteints dans de nombreuses régions et même en Île de France et en Normandie. Le mois de juillet 2015 (arrêté au 28) se placerait au deuxième rang des mois les plus chauds après 2006.
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Raison 2 : un déficit des précipitations de 6 mois

En juin, le déficit pluviométrique était supérieur à 25% à la normale. Il dépassait 50 % sur la Bretagne, la Haute-Normandie ainsi que du Centre à la Picardie, à la Champagne-Ardenne et à la Lorraine. En juillet, si l’on excepte les régions proches de la Manche et quelques zones isolées touchées par des averses orageuses, la plus grande partie du pays n’a pas reçu la moindre goutte d’eau. Le déficit pluviométrique est actuellement de 64% en moyenne, ce qui devrait faire du cru 2015 le deuxième mois de juillet le plus sec jamais observé.

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Raison 3 : un indice d’humidité du sol qui se dégrade

Sous l’effet conjoint des fortes températures et du déficit des précipitations les sols s’assèchent. Cette situation ne fait que s’aggraver depuis le printemps. L’indice d’humidité des sols superficiels était déficitaire de plus de 40%. La situation devrait atteindre les 60% en juillet.

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Point positif : des réserves d’eau toujours excellentes

Au début du mois de juillet, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) faisait état d’un niveau des nappes phréatiques normal à supérieur à la normale dans 71% des cas. En effet, les nappes ont bénéficié, au printemps et surtout cet hiver, de recharges suffisantes pour faire face à cet été très sec.

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Sécheresse : des arrêtés de restriction d’usage de l’eau dans 12 départements

Plusieurs préfets et maires viennent de prendre les premiers arrêtés portant limitation ou interdiction provisoire des prélèvements et usages de l’eau dans certains bassins hydrographiques de leur département, voire sur l’ensemble du département. Les restrictions d’usage de l’eau sont applicables quel que soit le type de ressource sollicité (réseau d’eau potable, forage, pompage en rivière…) et impliquent aux habitants et aux entreprises de restreindre autant que faire se peut leur consommation domestique : éviter l’arrosage des pelouses, le remplissage des piscines, le lavage des véhicules, le contrôle des fuites.… Il demande aussi d’éviter toute consommation pendant les fortes chaleurs.

A ce jour, il y a 12 départements qui sont frappés d’une restriction d’usage de l’eau, l’Ardèche étant le département le plus impacté. En Indre & Loire, trois communes du nord-ouest du département sont soumises à des restrictions d’eau : le reste du département devrait suivre la semaine prochaine. Pour une situation actualisée, cliquez sur la carte pour accéder au site des arrêtés, Propulvia, du ministère de l’écologie.

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En cause: la faiblesse des précipitations au printemps dernier

La sécheresse est en cause directement dans cette pénurie : il n’a pas plu assez ces 4 derniers mois (relire la situation hydrologique au 1er juin).
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Les terres et les récoltes sont sèches et on voit se multiplier, ces derniers jours, les feux de broussailles et de chaumes ou de récoltes. Dans certaines communes, l’utilisation de l’eau par les pompiers pour éteindre les feux n’est pas pour rien dans la situation d’aujourd’hui.

En juin les précipitations ont accusé un déficit national de -15% avec toutefois de gros écarts d’une région à l’autre. Le temps s’est montré particulièrement sec en Bretagne, dans le Centre, en Île-de-France, en Picardie et Champagne-Ardenne tandis que le Sud était copieusement arrosé.

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Etat des ressources en eau du sol au 1er mai 2015

L’indice d’humidité est généralement proche de la normale. Toutefois, il est déficitaire de plus de 20 % du Cotentin aux frontières du Nord, ainsi que localement dans les départements du Puy-de-Dôme et de la Loire, dans l’arrière-pays provençal et en Corse. Il est légèrement excédentaire sur le sud de la Bretagne, du Centre à la Bourgogne, sur le nord des Alpes, dans le Tarn et le Gard. Un excédent supérieur à 40 % est localisé autour du delta du Rhône et en Île-de-France.

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Pour la 4éme année consécutive, en sortie de la saison hiver/printemps, les sols disposent de bonnes réserves en eau pour affronter la saison sèche. Une configuration favorable pour ne pas risquer de sécheresse immédiate préjudiciable pour les récoltes agricoles qui arrivent à maturité en mai et juin. On peut aussi estimer un risque moindre en ce qui concerne les incendies de forêts. Restons toutefois prudent, une arrivée brutale de fortes chaleurs comme nous venons d’en vivre cette deuxième semaine de mai accompagnée de forts vents (situation en troisième semaine) pourraient très vite accentuer le stress hydrique. Selon les spécialistes, en matière de risque feux de forêt, nous n’avons jamais été aussi proche de revivre une nouvelle catastrophe, type 2003, du fait d’une végétation très abondante consécutive à 4 hivers & printemps pluvieux.

Situation hydrologique générale
Dans la continuité du mois de mars 2015, malgré quelques passages pluvieux, un temps sec a dominé sur la majeure partie du pays au mois d’avril. En moyenne sur la France, la pluviométrie a été déficitaire de près de 15 %. Les précipitations ont été déficitaires sur la majeure partie du territoire, notamment le long des côtes de la Manche, sur l’extrême nord du pays ainsi que de l’est de la Provence aux Alpes et en Corse. Seules les régions s’étendant du Centre à la Bourgogne et du sud des Cévennes à la basse vallée du Rhône, ainsi que le sud de l’Alsace ont connu un excédent pluviométrique.
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Moyennée sur la France et sur l’ensemble du mois, la température a été supérieure de 1.5 °C à la normale. Sur l’ouest du pays, elle a souvent dépassé de plus de 2 °C la normale, favorisant l’assèchement des sols.

Le niveau des nappes d’eaux souterraines est hétérogène d’une région à l’autre au 1er mai 2015. La grande majorité des réservoirs (79%) affichent un niveau normal à supérieur à la normale. La situation traduit, sur la plus grande partie du territoire, une recharge hivernale moyenne sur la période septembre 2014 à avril 2015. La recharge n’est excédentaire que sur une partie du sud-est. Pour quelques secteurs la situation est plus favorable (niveau supérieur à la normale) notamment sur la vallée du Rhône, sur le bassin Artois-Picardie, sur la Vendée, sur quelques nappes amont pyrénéennes et sur la Corse.

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La baisse du nombre de points en hausse traduit clairement la fin de la période de recharge hivernale. La recharge de l’hiver 2015 aura été moins marquée qu’en 2014 mais réelle. La stabilisation des niveaux puis le passage progressif vers une baisse plus généralisée de ceux-ci devrait se confirmer au cours des prochains mois.

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