Risques technologiques : 10 ans après AZF, les revendications des Maires

En 2011, où en est-on ? Pourquoi la situation est-elle bloquée ? L’association AMARIS, présidée par Yves Blein (Maire de Feyzin et Vice-président du Grand Lyon), dresse un état des lieux des mesures déployées sur la décennie et pose les revendications pour agir concrètement pour la prévention des risques industriels.

Cette association de prévention des risques qui regroupe plus de 200 collectivités locales et EPCI exposés à des risques technologiques majeurs, a pour objectif d’aider ses membres à mieux gérer les risques et développer un culture de la sécurité sur leurs territoires. Reconnue comme un interlocuteur de référence, AMARIS défend les intérêts des communes dans toutes les négociations avec l’État ou les industriels. L’association accompagne également des collectivités dans l’analyse et la résolution de leurs situations conflictuelles. AMARIS offre ainsi aux collectivités locales une tribune pour faire part aux pouvoirs publics et aux industriels de leurs difficultés et propositions.

10 ans après AZF, qu’en est-il de la sécurité des riverains de zones à risques ?

La Loi Bachelot, votée en 2003 sous le coup de l’émotion, témoignait d’une volonté des pouvoirs publics d’améliorer la prévention et la réduction des risques industriels majeurs. Pour autant, sur le terrain, la situation est inquiétante. En mai 2011, sur 420 PPRT (Plans de Préventions des Risques Technologiques) prévus, 374 étaient prescrits et seuls 101 approuvés. En cause, la complexité des dispositifs à mettre en œuvre, mais aussi et surtout, de graves insuffisances dans la prise en charge financière des travaux nécessaires à la protection des populations concernées.

Comment imposer à un riverain de débourser 10 à 15 000 euros, avec une aide des pouvoirs publics limitée à 3 000€ (crédit d’impôt de 30%), lorsque ce ménage ne dispose généralement pas suffisamment de revenus pour être imposable ? Hélas, la sécurité a un prix, trois fois hélas, ce sont des personnes qui n’ont généralement pas choisi de vivre à proximité d’un site dangereux qui doivent payer.

En France, 900 sites sont placés en zone Seveso, et 9 millions de personnes vivent dans des villes concernées par le risque industriel. Ne faisons pas de ces populations des hors la loi et demandons à l’Etat de prendre ses responsabilités pour assurer leur protection.

LE DOSSIER AMARIS :
· Qu’a-t-on fait après AZF ?
· 2011, où en est-on ?
· Les revendications d’AMARIS
· Un autre « AZF » peut arriver : les alertes

entretien avec le President d'Amaris
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