le Président de la République précise l’architecture et le fonctionnement du futur SAIP

Lors de la clôture du 118e Congrès des Sapeurs Pompiers, le Président de la République a évoqué le futur Système d’Alerte et d’Information des Populations (SAIP) et précisé l’architecture de ce nouvel outil opérationnel d’alerte.

Pour avertir les populations, la diffusion de l’alerte sera transmise, bien sûr, par des sirènes, mais également par des messages diffusés à la radio, à la télévision, et sur les téléphones portables. Pour le Chef de l’Etat, « Il me semble quand même normal dans un pays où tout le monde a la téléphonie mobile que les services de secours puissent, en cas de crise, isoler un bassin de population et prévenir les gens de la catastrophe qui arrive par un message sur leur téléphone portable »

Extrait du discours de Nicolas Sarkozy au Congrès des Pompiers sur le SAIP

Je veux également évoquer un outil qui me tient particulièrement à cœur : le futur Système d’Alerte et d’Information des Populations (SAIP), parce que c’est vraiment le cœur de votre métier. Les troubles climatiques sont de plus en plus fréquents, de plus en plus virulents et surtout, – ce qui est absolument exceptionnel – , de plus en plus localisés. Aujourd’hui la mise sous alerte climatique de tout un département n’est pas forcément pertinente. On peut avoir une grande partie du département totalement laissée en dehors de la crise et quelques cantons ayant à faire face à des phénomènes de véritables tornades. Il faut donc un réseau d’alerte qui permette de toucher la population.

Nous avons lancé une procédure de marché. Il nous faut un nouvel outil opérationnel pour avertir les populations par la diffusion d’une alerte transmise, bien sûr, par des sirènes, mais également par des messages diffusés à la radio, à la télévision, et sur les téléphones portables. Il me semble quand même normal dans un pays où tout le monde a la téléphonie mobile que les services de secours puissent, en cas de crise, isoler un bassin de population et prévenir les gens de la catastrophe qui arrive par un message sur leur téléphone portable. Cela me semble plus important que la dernière dépêche urgente sur tel ou tel sujet qui ne nous concerne pas forcément. Je crois que c’est même crucial parce qu’il ne faut pas que vous, les sapeurs-pompiers, risquiez votre vie pour aller chercher des gens qu’on aurait parfaitement pu prévenir en vous évitant ainsi d’aller les chercher. C’est le devoir de la société de mettre en œuvre ce système. Monsieur le Ministre de l’Intérieur, je compte beaucoup là-dessus parce que nous en sommes parfois restés au temps du Moyen Age. Peut-on penser qu’un haut-parleur, en pleine nuit, sous des trombes d’eau, c’est très efficace ? Voyez, Monsieur le Maire, – je travaille décidément pour le confort des maires – , le téléphone portable, c’est mieux que de demander à la mairie, dans un village de 300 ou 400 habitants, d’aller frapper à toutes les portes pour avertir les gens de la catastrophe. Ce n’est pas digne du système de secours qui est le nôtre.

Discours intégral : http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2011/118eme-congres-de-la-federation-nationale-des.12070.html

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Dijon : une politique de gestion des risques bien engagée

La capitale des Ducs de Bourgogne est exposée à plusieurs risques majeurs. Sur le territoire de la commune de Dijon, six risques potentiels ont été identifiés : inondations, mouvements de terrain, transports de matières dangereuses, risques industriels, risques nucléaires et évènements météorologiques. Aussi, la mairie a élaboré un dispositif pour être en mesure répondre de façon adaptée et en cohérence avec les services de secours si un risque se réalisait.

Présenté en conseil municipal le 27 juin 2011 par le conseiller municipal délégué à la sécurité civile et à la protection civile de la ville de Dijon, Michel Julien, ce dispositif intègre entre autre un Plan communal de sauvegarde (PCS) avec son DICRIM et un d’un système de téléalerte.

Près de 18 mois de travail en partant de zéro

En effet, du fait de la présence sur le territoire communal des Raffineries du Midi, classées Seveso seuil haut, Dijon se situe dans une zone concernée par un Plan particulier d’intervention (PPI). Cette contrainte oblige notamment la commune à se doter d’un PCS, en vertu de la loi de modernisation de 2004, complétée par le décret en 2005.
La commune avait donc besoin d’un outil pour assurer l’information préventive et la sauvegarde de la population au niveau communal tout en recensant les moyens dont elle dispose pour gérer une crise.
Piloté par Alain Millot, premier adjoint chargé de la sécurité, et , Michel Julien, conseiller municipal délégué à la sécurité civile et à la protection civile, le Plan communal a été élaboré en étroite collaboration avec l’ensemble des services municipaux, afin que ceux-ci se sentent davantage concernés par le projet. A en croire les deux élus, les services de sécurité civile de la municipalité ont accompli un très gros travail. « Avant, il n’existait quasiment rien. Nous avons commencé à travailler vraiment sur le sujet à partir de début 2010 », confie Alain Millot.



Le PCS : un classeur de 80 fiches

En pratique, le PCS de Dijon est une sorte de classeur qui contient environ quatre-vingt fiches, dont le détail du contenu reste confidentiel. Il comporte d’autre part le Document d’information communal sur les risques majeurs (Dicrim), qui a été envoyé aux Dijonnais, avec le magazine municipal. Pour Alain Millot, le but n’est pas de faire peur aux habitants mais au contraire de les informer sur les risques majeurs potentiels et sur les bons comportements à tenir lors de leur réalisation. Quant au poste de commandement, il sera positionné au palais des sports et non pas à la mairie pour des raisons d’accessibilité.

D’autre part, le Plan communal de sauvegarde de Dijon s’intègre parfaitement dans l’organisation générale des secours. Autrement dit, lors d’un incident majeur, le PCS complète le plan Orsec élaboré par la Préfecture. Michel Julien, « tout se fait en complémentarité avec les services de l’État. La mairie a un rôle d’alerte, d’assistance aux habitants, de ravitaillement, etc. ; les services de l’État s’occupent des services d’urgence… « .

Les objectifs du PCS dijonnais sont les suivants :

– Assurer l’information préventive et la protection de la population au niveau communal
– Recenser les moyens disponibles
– Déterminer, en fonction des risques connus, les mesures de sauvegarde et de protection des personnes
– Fixer l’organisation nécessaire à la diffusion de l’alerte et des consignes de sécurité
– Définir les mesures d’accompagnement et de soutien de la population

Une téléalerte pour contacter 4.500 numéros en dix minutes

Concernant l’alerte aux populations, maillon faible dans les dispositifs élaborés par les villes, Dijon va s’équiper d’un système de téléalerte, qui sera très prochainement opérationnel. Ce système donnera accès à une plate-forme technique constituée de plusieurs centaines de lignes téléphoniques situées sur des sites sécurisés permettant d’appeler 4.500 numéros en dix minutes. Il sera ainsi possible de diffuser un message pré-enregistré ou réalisé en direct à un ou plusieurs destinataires sélectionnés. Le système combinera plusieurs réseaux d’alerte : téléphone, sms, fax ou courriel.

Un exercice grandeur nature digne de ce nom

Enfin, il est programmé de tester grandeur nature l’ensemble du dispositif une fois par an. D’ores et déjà, la ville de Dijon a annoncé qu’elle va effectuer un exercice pratique dans les prochaines semaines, sans pour autant dévoiler la date précise afin de garantir l’effet de surprise et la justesse du test. En effet, pour le conseiller municipal délégué à la sécurité civile, les exercices sont trop souvent réalisés pour faire plaisir aux autorités et aux médias dans un soucis d’harmonie entre le scénario et le plan d’actions définis.

Communiqué de François REBSAMEN, sénateur-maire de Dijon, président du Grand Dijon sur la présentation du PCS et de la téléalerte :

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