Les collectivités résilientes honorées à la conférence mondiale la réduction des risques de catastrophes

Pour un monde plus sûr et durable, le Prix Sasakawa des Nations Unies (UNISDR) reconnaît l’excellence d’initiatives visant à réduire les risques de catastrophe. Doté d’environ 50 000 dollars américains, le Prix Sasakawa des Nations Unies pour la prévention des catastrophes se partage entre le lauréat Sasakawa et les bénéficiaires des Certificats de distinction et de mérite.

Conférence mondiale reduction catastrophes

Quatre ans après le tsunami et la catastrophe de Fukushima qui ont ravagé le Japon, les Etats se réunissent à Sendaï, du 14 au 18 mars, sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, pour mettre au point un cadre d’action commun pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques.  L’objectif est de faire le bilan de la mise en œuvre du cadre d’action de Hyogo (2005- 2015) pour la réduction des risques de catastrophe et d’adopter sous l’impulsion du Japon qui en assure la présidence un nouveau cadre pour l’après 2015.  Organisée sous l’égide des Nations Unies, la Stratégie internationale pour la prévention des catastrophes est une incitation au niveau mondial pour pousser les Etats à s’engager dans une gestion responsable des risques de catastrophe.  La cérémonie de remise du Prix Sasakawa aura lieu à l’occasion de cette  de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophes, le 17 Mars 2015 à Sendai (Japon).

Critères d’admissibilité pour le prix Sasakawa

PCS Resilience SasaKawa UNISDR

Toute organisation ou individu ayant mené à bien une action exceptionnelle au plan international visant à contribuer aux buts stratégiques et aux priorités du Cadre d’action de Hyogo 2005-2015 : Pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes. Les candidats doivent être en mesure de démontrer le lien entre les résultats obtenus et la toute dernière campagne de prévention des risques, « Pour des villes résilientes – Ma ville se prépare », encourageant la réalisation d’autant de points essentiels (il y en a Dix) que possible pour renforcer la gouvernance locale et prévenir les risques urbains.

les Dix points essentiels pour rendre les villes résilientes

  1. Mettre en place une organisation et une coordination pour s’assurer que toutes les parties comprennent leur rôle et leurs responsabilités.
  2. Affecter un budget et attribuer des subventions aux propriétaires de maisons, aux familles à faibles revenus, au secteur privé pour qu’ils procèdent à des investissements afn de réduire les risques de catastrophe.
  3. Maintenir des données à jour sur les aléas et les vulnérabilités, évaluer les risques et partager les informations.
  4. Investir dans des infrastructures essentielles, comme les réseaux d’égouts, et en assurer la maintenance.
  5. Évaluer la sécurité de toutes les écoles et de tous les établissements de santé et l’améliorer, le cas échéant. Faire appliquer les réglementations sur la construction conformes aux risques et les principes d’aménagement du territoire.
  6. Identifer, pour les citoyens à faibles revenus, les terrains sûrs.
  7. S’assurer que des programmes d’enseignement et de formation sur la réduction des risques de catastrophe sont en place dans les écoles et les communautés locales.
  8. Protéger les écosystèmes et les zones tampons naturelles afn d’atténuer les aléas. S’adapter aux changements climatiques.
  9. Installer des structures de systèmes d’alerte rapide et de gestion des urgences.
  10. Après une catastrophe naturelle, s’assurer que les besoins des populations affectées fgurent bien au centre de la reconstruction.

Chronologie: 2015 du prix Sasakawa des Nations Unies

PCS Resilience SasaKawa

Key dates

  • 23 June 2014: Nominations are open
  • 31 October 2014: Nominations are closed
  • 1 November 2014: Start of Evaluation
  • December 2014: Longlist is announced
  • Mid-February 2015: Shortlist is announced
  • 17 March 2015: Winner announced at the World Conference.

Pour en savoir plus : Prix Sasakawa

PCS Resilience SasaKawa_Hyogo

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La résilience face aux catastrophes : le mot d’ordre de l’ONU pour l’année 2015

Malgré des progrès dans la réduction de la mortalité et du nombre de personnes touchées par des catastrophes naturelles, la résilience face à ces événements majeurs sera la priorité de la troisième conférence mondiale sur la prévention des catastrophes de l’ONU.

Resilience Conference_mondiale_ONU

Il y aura dix ans ce mois-ci, les représentants de 168 États membres des Nations Unies se sont réunis à Kobe, la capitale de la préfecture de Hyogo au Japon, pour décider d’une meilleure gestion des risques suite au tsunami dévastateur de l’océan Indien, qui a coûté plus de 227 000 vies. Cinq jours durant, comprenant notamment l’anniversaire du tremblement de terre de Kobe de 1995, ils ont élaboré le Cadre d’action de Hyogo (HFA), un train de mesures visant à « réduire les pertes en vies et en capitaux sociaux, économiques et environnementaux des communautés et des pays. »

Catastrophes en cascade

Dans deux mois, les États membres de l’ONU se réuniront pour la troisième Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes dans une autre ville japonaise synonyme de risques de catastrophe : Sendai, le centre de la région de Tōhoku, qui a le plus souffert du tremblement de terre et du tsunami de 2011 qui ont conduit à la crise nucléaire de Fukushima. A cette réunion, tous les participants auront la même question en tête : le monde a-t-il été à la hauteur des objectifs ambitieux du Cadre d’action de Hyogo (HFA) ?

Le bilan de la dernière décennie (marquée par quelques-unes des pires catastrophes naturelles recensées) est loin d’être favorable. Port-au-Prince s’est effondrée dans un tremblement de terre. L’ouragan Katrina a dévasté la Nouvelle-Orléans. La sécheresse a tué un nombre indéterminé de personnes dans la Corne de l’Afrique. Les inondations et les tremblements de terre ont touché des millions de personnes au Pakistan et en Chine. Les vagues de chaleur et les incendies de forêt ont ravagé plusieurs pays dans le monde.

Ces catastrophes nous rappellent avec violence le besoin de nous doter d’instruments comme le Cadre d’action de Hyogo (HFA), en particulier parce que les facteurs de risques de catastrophe restent nombreux : mauvaise utilisation des sols, codes du bâtiment inexistants ou mal appliqués, dégradation de l’environnement, pauvreté, changement climatique et plus grave encore, une mauvaise gouvernance par des institutions inadaptées et insuffisantes. C’est pourquoi les dirigeants du monde doivent s’entendre sur une version actualisée du HFA à la conférence de Sendai.
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Un milliard de personnes touchées en moins

Il y a eu bien sûr quelques réussites importantes quoique moins remarquées au cours des dix dernières années. En Asie, où sont concentrées 80% des catastrophes mondiales, le nombre de personnes directement touchées est en baisse de près d’un milliard sur la décennie, grâce à des mesures telles que le système d’alerte rapide aux tsunamis dans l’océan Indien.
En effet, les évacuations rapides face à de grands systèmes orageux prévus avec précision ont permis aux Philippines et à l’Inde de sauver des milliers de vies l’année dernière. Et au cours des trois dernières années, la Chine a travaillé dur pour stabiliser ses pertes économiques dans sa fourchette ciblée sur 1,5% du PIB.

En outre, la Turquie devra mettre en œuvre sa prévention anti-sismique dans toutes les écoles et les hôpitaux du pays d’ici 2017. L’Éthiopie a développé un système de gestion de données sophistiqué pour aider à orienter ses efforts pour s’attaquer non seulement à la sécheresse mais aussi à d’autres risques naturels. Ces deux pays ainsi que de nombreux autres ont intégré l’étude des risques de catastrophes dans leurs programmes scolaires.

En Amérique latine, une analyse coûts-avantages en Équateur  a conclu que chaque dollar investi dans la réduction des risques de catastrophe, en éliminant les pertes récurrentes dues aux inondations et aux tempêtes, représente en fin de compte 9,50 dollars d’économies. De même, l’Union européenne estime que 1 € (1,18 dollar) consacré à la protection contre les inondations rapporte 6 € d’économies.

Au Royaume-Uni par exemple, l’investissement dans les défenses contre les inondations signifie que 800 000 propriétés ont été protégées durant les tempêtes de l’hiver dernier, ce qui a réduit de manière significative les dépenses en intervention et en réparations.

Intensifier les efforts

Mais il faut faire plus. Ces 44 dernières années, les catastrophes causées par la météo, le climat et les dangers liés à l’eau ont provoqué 3,5 millions de morts. Malgré des progrès certains dans la réduction de la mortalité liée aux catastrophes, ce chiffre reste encore beaucoup trop élevé :  selon le Centre de Recherches en épidémiologie des catastrophes , le nombre de décès liés aux catastrophes n’a pas augmenté de manière significative durant la dernière décennie, en dépit d’une légère augmentation du nombre de catastrophes.

En outre, même si la vie des gens a été sauvée, leurs moyens de subsistance ont souvent été réduits à néant. Depuis 1960 les catastrophes ont coûté au monde plus de 3,5 mille milliards de dollars. Les pays développés et en développement paient un prix énorme en termes de pertes de productivité et d’infrastructures endommagées.

C’est pourquoi lors de la prochaine conférence de l’ONU à Sendai en mars prochain, les dirigeants mondiaux doivent s’entendre sur un HFA mis à jour, pour intensifier leurs efforts dans la lutte face aux risques posés par la montée du niveau de la mer, par le réchauffement climatique, l’urbanisation galopante et la croissance rapide de la population. Seul avec un engagement politique fort au plus haut niveau peut permettre une réelle avancée vers un avenir plus sûr et plus durable.

Le soutien à un HFA actualisé ne devrait pas poser trop de problèmes. Après tout, il n’y a aucune raison convaincante ni rationnelle pour qu’un ministre des finances ou un PDG choisisse de payer pour la reprise, sans rien investir dans la prévention.

Villes_resilienceIl est temps que le monde intègre la résilience aux catastrophes dans le processus d’industrialisation et le développement urbain, en tenant compte de facteurs comme les menaces sismiques, les plaines inondables, l’érosion du littoral et la dégradation de l’environnement. Si la conférence de l’ONU débouche sur accord valide, la résilience pourrait devenir le mot d’ordre de l’année 2015 et donner le ton aux futurs accords de cette année sur le changement climatique et le développement durable, qui auront d’importantes implications sur les risques de catastrophes.

Margareta Wahlström / Sous-Secrétaire générale pour la réduction des risques des catastrophes @WahlstromM

Copyright: Project Syndicate 2015 – L’année de la résilience face aux catastrophes naturelles

 

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